Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מַתְנִי׳ חוֹמֶר בָּעֲבָדִים מִבַּנָּשִׁים, שֶׁהוּא מֵפֵר נִדְרֵי אִשְׁתּוֹ, וְאֵינוֹ מֵפֵר נִדְרֵי עַבְדּוֹ. הֵפֵר לְאִשְׁתּוֹ — הֵפֵר עוֹלָמִית. הֵפֵר לְעַבְדּוֹ — יָצָא לְחֵירוּת וּמַשְׁלִים נְזִירוּתוֹ.MICHNA : La Michna précédente a enseigné une rigueur de la nezirout (le naziréat) des femmes qui ne s'applique pas aux esclaves. Celle-ci ajoute : Il y a une plus grande rigueur pour les esclaves que pour les femmes : car un homme annule les vœux de sa femme, mais il n'annule pas les vœux de son esclave, bien qu'il puisse l'empêcher de les accomplir. De plus, s'il a annulé pour sa femme, il a annulé pour toujours, même si elle est ensuite divorcée ou veuve. S'il a annulé pour son esclave, en le contraignant à enfreindre sa nezirout, et que celui-ci est sorti libre, il achève sa nezirout.
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: לְמָה רַבּוֹ כּוֹפוֹ? לִנְזִירוּת, אֲבָל לֹא לִנְדָרִים וְלַעֲרָכִין.GUEMARA : Nos Maîtres ont enseigné : Pour quoi son maître peut-il le contraindre ? Pour la nezirout, mais non pour les vœux et les arakhin (vœux d'estimation).
- מַאי שְׁנָא גַּבֵּי נָזִיר — דְּאָמַר רַחֲמָנָא ״לֶאְסֹר אִסָּר עַל נַפְשׁוֹ״, בְּמִי שֶׁנַּפְשׁוֹ קְנוּיָה לוֹ — יָצָא עֶבֶד שֶׁאֵין נַפְשׁוֹ קְנוּיָה לוֹ. אִי הָכִי, אֲפִילּוּ גַּבֵּי נְדָרִים נָמֵי!La Guemara demande : En quoi le nazir est-il différent, pour que le maître puisse contraindre son esclave ? Car le Miséricordieux a dit : « Pour lier d'un lien son âme » (Nombres 30, 3) : il s'agit de celui dont l'âme lui appartient, ce qui exclut l'esclave, dont l'âme ne lui appartient pas. S'il en est ainsi, même pour les vœux aussi il devrait en être de même, car ce verset parle des vœux !
- אָמַר רַב שֵׁשֶׁת, הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן: כְּגוֹן שֶׁהָיָה אֶשְׁכּוֹל שֶׁל עֲנָבִים מוּנָּח לְפָנָיו. גַּבֵּי נְדָרִים, דְּכִי מִיתְּסַר בְּהַאי לָא מִיתְּסַר בְּאַחֲרִינֵי — לָא מָצֵי כָּפֵי לֵיהּ.Rav Chéchet a dit : De quoi s'agit-il ici ? D'un cas où une grappe de raisin était posée devant lui, et l'esclave a fait vœu de ne pas en profiter. Pour les vœux, s'il lui est interdit de manger celle-ci, il ne lui est pas interdit d'en manger d'autres : il (son maître) ne peut pas le contraindre, car il n'a aucune raison de tenir à cette grappe-là.
- גַּבֵּי נְזִירוּת, דְּכִי מִיתְּסַר בְּהַאי אִיתְּסַר בְּכוּלְּהוּ — מָצֵי כָּפֵי לֵיהּ. וְגַבֵּי נְדָרִים, מִי לָא עָסְקִינַן דְּלֵיכָּא אֶלָּא הַאי אֶשְׁכּוֹל, דְּאִי לָא אָכֵיל לֵיהּ, חָלֵישׁ?Pour la nezirout, s'il lui est interdit de manger celle-ci, il lui est interdit de consommer toutes les autres : il peut le contraindre, car la privation affaiblit l'esclave, qui appartient à son maître. La Guemara objecte : Mais pour les vœux, ne s'agit-il pas aussi du cas où il n'y a que cette grappe, de sorte que s'il ne la mange pas, il s'affaiblit ?
- אֶלָּא אָמַר רָבָא: כְּגוֹן שֶׁהָיָה חַרְצָן מוּנָּח לְפָנָיו. גַּבֵּי נְדָרִים, בְּהַאי הוּא דְּמִיתְּסַר — לָא מָצֵי כָּפֵי לֵיהּ. גַּבֵּי נָזִיר, דְּאִיתְּסַר נָמֵי בְּאַחֲרֵינִי — מָצֵי כָּפֵי לֵיהּ.Mais Rava a dit : Il s'agit d'un cas où un pépin de raisin était posé devant lui, et il a fait vœu de ne pas le manger. Pour les vœux, c'est seulement celui-ci qui lui est interdit : il ne peut pas le contraindre, car s'abstenir d'un pépin ne l'affaiblit pas. Pour le nazir, à qui d'autres produits de la vigne sont aussi interdits, il peut le contraindre.
- וְגַבֵּי נְדָרִים, מִי לָא עָסְקִינַן דְּלֵיכָּא אֶלָּא הַאי חַרְצָן, דְּאִי לָא אָכֵיל לֵיהּ, חָלֵישׁ?La Guemara objecte encore : Mais pour les vœux, ne s'agit-il pas aussi du cas où il n'y a que ce pépin, de sorte que s'il ne le mange pas, il s'affaiblit ?
- אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: לְמָה רַבּוֹ צָרִיךְ לִכְפּוֹתוֹ — לִנְזִירוּת. וְאֵין צָרִיךְ לִכְפּוֹתוֹ לִנְדָרִים, וְאֵינוֹ צָרִיךְ לִכְפּוֹתוֹ לִשְׁבוּעָה.Mais Abayé a dit : La baraïta signifie ceci : Pour quoi son maître a-t-il besoin de le contraindre ? Pour la nezirout. Mais il n'a pas besoin de le contraindre pour les vœux, et il n'a pas besoin de le contraindre pour un serment, car ceux-ci ne prennent pas du tout effet.
- מַאי טַעְמָא? דְּאָמַר קְרָא: ״לְהָרַע אוֹ לְהֵיטִיב״, מָה הֲטָבָה רְשׁוּת — אַף הֲרָעָה רְשׁוּת. יָצָא לְהָרַע לַאֲחֵרִים — שֶׁאֵין הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ.Quelle en est la raison ? Car le verset dit au sujet des serments : « pour faire du mal ou pour faire du bien » (Lévitique 5, 4). De même que faire du bien est un acte facultatif, de même faire du mal doit être un acte facultatif, par exemple se priver soi-même d'une chose. Cela exclut le fait de faire du mal à autrui, pour lequel il n'a pas la liberté d'agir. Or l'esclave qui se prive nuit à son maître : son vœu et son serment sont donc sans effet.
- מַתְנִי׳ עָבַר מִכְּנֶגֶד פָּנָיו, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: לֹא יִשְׁתֶּה, וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יִשְׁתֶּה.MICHNA : Un esclave a fait vœu de nezirout, mais son maître l'a empêché de l'observer. S'il s'est enfui de devant lui, sans avoir été affranchi : Rabbi Méïr dit : Il ne boira pas de vin. Et Rabbi Yossé dit : Il boira.
- גְּמָ׳ לֵימָא בְּדִשְׁמוּאֵל קָמִיפַּלְגִי, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הַמַּפְקִיר עַבְדּוֹ יָצָא לְחֵירוּת, וְאֵין צָרִיךְ גֵּט שִׁיחְרוּר.GUEMARA : La Guemara suggère : Dirons-nous qu'ils divergent sur l'enseignement de Chmouel ? Car Chmouel a dit : Celui qui abandonne son esclave (le déclare sans maître) : l'esclave sort libre et n'a pas besoin d'un acte d'affranchissement.
- רַבִּי מֵאִיר אִית לֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל. רַבִּי יוֹסֵי לֵית לֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.Rabbi Méïr admettrait l'avis de Chmouel, et l'esclave en fuite serait soumis à la nezirout comme un homme libre ; Rabbi Yossé n'admettrait pas l'avis de Chmouel.
- לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא אִית לְהוּ דִּשְׁמוּאֵל. אֶלָּא: מַאן דְּאָמַר יִשְׁתֶּה, סָבַר: סוֹף סוֹף מִיהְדָּר הָדַר וְאָתֵי גַּבֵּיהּ, לִישְׁתֵּי חַמְרָא כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיכְחוֹשׁ. וּלְמַאן דְּאָמַר לֹא יִשְׁתֶּה, סָבַר: לֶיהֱוֵי לֵיהּ צַעְרָא כִּי הֵיכִי דְּלִיהְדַּר גַּבֵּיהּ.La Guemara rejette : Non : tout le monde admet l'avis de Chmouel. Mais il s'agit ici d'un maître qui n'a pas abandonné son esclave en fuite, et qui veut le récupérer. Celui qui dit : Il boira, pense : à la fin, il reviendra et retournera auprès de lui ; qu'il boive donc du vin, afin de ne pas s'affaiblir. Et celui qui dit : Il ne boira pas, pense : qu'il souffre, afin qu'il retourne auprès de lui.
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