Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- לֹא, אִם אָמַרְתָּ בְּזָכָר — שֶׁכֵּן אִיסּוּר אֶחָד, תֹּאמַר בִּנְקֵבָה — שֶׁשְּׁנֵי אִיסּוּרִין.Non, tu ne peux pas raisonner ainsi, car si tu dis cela pour un mâle – dont le cas ne comporte qu'un seul interdit éventuel, celui d'introduire un animal profane dans le parvis du Temple –, diras-tu la même chose pour une femme, dont le cas comporte deux interdits ? Ici s'achève la baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna).
- מַאי שְׁנֵי אִיסּוּרִין? לָאו אִיסּוּר נְבֵילָה וְחוּלִּין בַּעֲזָרָה? מַתְקֵיף לַהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא: וְדִילְמָא מִיחַיַּיב עֲלֵיהּ, מִשּׁוּם דְּמִיתְחֲזֵי כִּתְרֵין אִיסּוּרִין מִדְּרַבָּנַן!La Guemara demande : Quels sont ces deux interdits ? N'est-ce pas l'interdit de manger de la charogne – l'oiseau tué par pincement (melika) – et celui d'introduire du profane dans le parvis ? Cela prouverait que, selon Rabbi Yossé bar Rabbi Yehouda, ce dernier interdit est de la Torah. Rav A'ha, fils de Rav Ika, objecte : Mais peut-être n'est-on pas passible en vertu de la Torah, et la baraïta veut dire qu'on en est passible parce que cela a l'apparence de deux interdits, alors que ceux-ci ne sont que d'ordre rabbinique !
- לֵימָא כְּתַנָּאֵי: עַד מָתַי מַדִּיר אֶת בְּנוֹ בְּנָזִיר — עַד שֶׁיָּבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עַד שֶׁיַּגִּיעַ לְעוֹנַת נְדָרִים.La Guemara revient à la question de savoir si le droit du père de vouer son fils au naziréat est une halakha (loi) transmise à Moché au Sinaï ou une mesure éducative. Dirons-nous que cette question correspond à une divergence de Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) ? Car il a été enseigné : Jusqu'à quand un père peut-il vouer son fils comme nazir (celui qui s'est interdit par vœu le vin, la coupe des cheveux et l'impureté des morts) ? Jusqu'à ce qu'il présente deux poils pubiens : telles sont les paroles de Rabbi Yehouda HaNassi. Rabbi Yossé bar Rabbi Yehouda dit : Jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge des vœux, généralement un an plus tôt, lorsque l'enfant comprend la portée d'un vœu.
- מַאי לָאו תַּנָּאֵי הִיא? דְּרַבִּי סָבַר הֲלָכָה הִיא בְּנָזִיר, וְאַף עַל גַּב דְּהִגִּיעַ לְעוֹנַת נְדָרִים, מַדִּיר לֵיהּ וְאָזֵיל עַד דְּמַיְיתֵי שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת. וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: עַד שֶׁיַּגִּיעַ לְעוֹנַת נְדָרִים, סָבַר כְּדֵי לְחַנְּכוֹ בְּמִצְוֹת, וְכֵיוָן דְּנָפֵיק מֵרְשׁוּתֵיהּ — תּוּ לָא מִיחַיַּיב?N'est-ce pas là une divergence de Tannaïm : Rabbi Yehouda HaNassi pense que c'est une halakha transmise à Moché au Sinaï concernant le nazir, et donc, bien que l'enfant ait atteint l'âge des vœux, le père continue à le vouer jusqu'à ce qu'il présente deux poils ; et Rabbi Yossé bar Rabbi Yehouda, qui dit : Jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge des vœux, pense que le père voue son fils afin de l'éduquer aux mitsvot (commandements), et dès lors que le fils est sorti de son autorité, le père n'y est plus obligé ?
- אָמְרִי: לָא. דְּכוּלֵּי עָלְמָא הֲלָכָה הִיא בְּנָזִיר, וְהָכָא בְּ״מוּפְלָא הַסָּמוּךְ לְאִישׁ״ קָמִיפַּלְגִי.La Guemara rejette cette proposition : Ils disent : Non. Tous s'accordent à dire que c'est une halakha concernant le nazir, et ici ils divergent sur le moufla hassamoukh leïch (l'enfant doué de discernement, tout proche de l'âge adulte), dont le vœu est valable s'il en comprend le sens ; la divergence porte sur la source de cette règle.
- רַבִּי סָבַר: מוּפְלָא הַסָּמוּךְ לְאִישׁ — דְּרַבָּנַן, וְאָתְיָא דְּאוֹרָיְיתָא דָּחֲיָא דְּרַבָּנַן. וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: מוּפְלָא הַסָּמוּךְ לְאִישׁ — דְּאוֹרָיְיתָא.Rabbi Yehouda HaNassi pense : le statut du moufla hassamoukh leïch est d'ordre rabbinique, et la halakha de la Torah, permettant au père de vouer son fils, vient et repousse ce statut d'ordre rabbinique. Et Rabbi Yossé bar Rabbi Yehouda pense : le statut du moufla hassamoukh leïch est de la Torah ; aussi le père ne peut-il plus vouer son fils.
- וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דְּכוּלֵּי עָלְמָא כְּדֵי לְחַנְּכוֹ בְּמִצְוֹת, וּמוּפְלָא הַסָּמוּךְ לְאִישׁ — דְּרַבָּנַן הִיא. רַבִּי סָבַר: אָתֵי חִינּוּךְ דְּרַבָּנַן וְדָחֵי מוּפְלָא הַסָּמוּךְ לְאִישׁ דְּרַבָּנַן.Et si tu veux, dis plutôt que tous s'accordent : le père voue son fils afin de l'éduquer aux mitsvot, ce qui est d'ordre rabbinique, et le statut du moufla hassamoukh leïch est lui aussi d'ordre rabbinique. Rabbi Yehouda HaNassi pense : l'éducation, d'ordre rabbinique, vient et repousse le statut du moufla hassamoukh leïch, d'ordre rabbinique.
- וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר עַד שֶׁיַּגִּיעַ לְעוֹנַת נְדָרִים, קָסָבַר: לָא אָתֵי חִינּוּךְ דְּרַבָּנַן וְדָחֵי מוּפְלָא הַסָּמוּךְ לְאִישׁ.Et Rabbi Yossé bar Rabbi Yehouda, qui dit : Jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge des vœux, pense : l'éducation, d'ordre rabbinique, ne vient pas repousser le statut du moufla hassamoukh leïch. Il n'y a donc aucun lien nécessaire entre cette divergence et celle de Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich.
- לֵימָא הָנֵי תַּנָּאֵי כִּי הָנֵי תַּנָּאֵי, דְּתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי חֲנִינָא שֶׁהִדִּירוֹ אָבִיו בְּנָזִיר, וֶהֱבִיאוֹ לִפְנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל. וְהָיָה רַבָּן גַּמְלִיאֵל בּוֹדְקוֹ לֵידַע אִם הֵבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת, אִם לֹא הֵבִיא.La Guemara propose : Dirons-nous que la divergence de ces Tannaïm est comme celle de ces autres Tannaïm ? Car il a été enseigné dans une baraïta : Il arriva que Rabbi 'Hanina, que son père avait voué comme nazir dans son enfance, fut amené devant Rabban Gamliel. Et Rabban Gamliel l'examinait pour savoir s'il avait présenté deux poils, auquel cas le vœu du père serait sans effet, ou s'il n'en avait pas présenté.
- רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לֵידַע אִם הִגִּיעַ לְעוֹנַת נְדָרִים, אִם לָאו. אָמַר לוֹ: רַבִּי, אַל תִּצְטַעֵר לְבוֹדְקֵנִי, אִם קָטָן אֲנִי — אֶהְיֶה בִּשְׁבִיל אַבָּא, אִם גָּדוֹל אֲנִי — אֶהְיֶה בִּשְׁבִיל עַצְמִי. עָמַד רַבָּן גַּמְלִיאֵל וּנְשָׁקוֹ עַל רֹאשׁוֹ, אָמַר: מוּבְטָח אֲנִי בָּזֶה שֶׁמּוֹרֶה הֲלָכָה בְּיִשְׂרָאֵל. אָמְרוּ: לֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִים עַד שֶׁהוֹרָה הוֹרָאָה בְּיִשְׂרָאֵל.Rabbi Yossé dit : il l'examinait pour savoir s'il avait atteint l'âge des vœux ou non. L'enfant lui dit : Mon maître, ne te donne pas la peine de m'examiner : si je suis mineur, je serai nazir à cause de mon père ; si je suis majeur, je le serai à cause de moi-même. Rabban Gamliel se leva et l'embrassa sur la tête, et dit : Je suis assuré que celui-ci sera un jour un décisionnaire de halakha en Israël. On rapporte : Il ne s'écoula que peu de jours (c'est-à-dire peu d'années) avant qu'il ne rendît des décisions en Israël.
- בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: עַד שֶׁיַּגִּיעַ לְעוֹנַת נְדָרִים, הַיְינוּ דְּקָאָמַר ״אִם קָטָן אֲנִי אֶהְיֶה בִּשְׁבִיל אַבָּא״. אֶלָּא לְרַבִּי, דְּאָמַר: עַד שֶׁיָּבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת — ״וְאִם גָּדוֹל אֲנִי אֶהְיֶה בִּשְׁבִיל עַצְמִי״,La Guemara explique sa proposition : Certes, selon Rabbi Yossé bar Rabbi Yehouda, qui dit : Jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge des vœux, c'est bien ce que l'enfant a dit : « Si je suis mineur, je serai nazir à cause de mon père », c'est-à-dire si je n'ai pas encore atteint l'âge des vœux. Mais selon Rabbi Yehouda HaNassi, qui dit : Jusqu'à ce qu'il présente deux poils, que signifie : « Et si je suis majeur, je serai nazir à cause de moi-même » ?
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