Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן לָא שְׁמִיעַ לֵיהּ?!La Guemara s'étonne : et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon, n'en a-t-il pas entendu parler ?! Il connaissait forcément l'enseignement de son père selon lequel une mitsva (commandement) accomplie en son temps repousse le Chabbat ; on ne peut donc pas prouver son avis à partir du fait que la moisson de l'omer (offrande d'orge nouvelle du 16 Nissan) repousse le Chabbat.
- אֶלָּא שָׁאנֵי הָתָם, שֶׁהֲרֵי דָּחֲתָה שְׁחִיטָה אֶת הַשַּׁבָּת.Mais il faut dire qu'il connaissait ce principe et qu'il pense que là-bas, c'est différent, car l'abattage de la bête a déjà repoussé le Chabbat ; il est donc cher d'en brûler les graisses et les membres en leur temps. Pour la moisson de l'omer, en revanche, aucun travail n'a repoussé le Chabbat auparavant.
- וּלְרַבִּי, הָכִי נָמֵי דָּחֲתָה שְׁחִיטָה אֶת הַשַּׁבָּת! אֶלָּא קָסָבַר רַבִּי: קְצִירַת הָעוֹמֶר לָא דָּחֲיָא שַׁבָּת.Et selon Rabbi (Rabbi Yehouda HaNassi), il faudrait dire de même que l'abattage a repoussé le Chabbat ! Lui non plus ne pourrait donc pas tirer argument de la combustion des graisses. Mais Rabbi pense que la moisson de l'omer ne repousse pas le Chabbat.
- וְלָא? וְהָתְנַן: וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, אֶחָד שַׁבָּת וְאֶחָד חוֹל – מִשָּׁלֹשׁ הָיָה בָּא. דְּלָא כְּרַבִּי.Et elle ne le repousse pas ? Or n'avons-nous pas appris (dans la Michna, 63b) : et les Sages disent : aussi bien le Chabbat qu'en semaine, il provenait de trois séa, ce qui suppose que l'on moissonne le Chabbat. Réponse : cette Michna n'est pas conforme à Rabbi.
- וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֶחָד שַׁבָּת וְאֶחָד חוֹל – בִּשְׁלֹשָׁה, בְּשָׁלֹשׁ קוּפּוֹת וּבְשָׁלֹשׁ מַגָּלוֹת – דְּלָא כְּרַבִּי.Objection tirée de la suite de cette Michna : et les Sages disent : aussi bien le Chabbat qu'en semaine, on moissonne à trois personnes, avec trois paniers et trois faucilles. Réponse : ce n'est pas conforme à Rabbi.
- וּבְשַׁבָּת יֹאמַר לָהֶם ״שַׁבָּת זוֹ?״ – דְּלָא כְּרַבִּי!Autre objection, tirée de la Michna (65a) décrivant les questions de l'envoyé du tribunal : et le Chabbat, il leur dira : « Ce Chabbat ? » Réponse : ce n'est pas conforme à Rabbi !
- נִקְצַר בַּיּוֹם כָּשֵׁר, וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר: נִקְצַר בַּיּוֹם כָּשֵׁר? רַבִּי, וְקָתָנֵי: וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. מַאי לָאו קְצִירָה? לֹא, לְהַקְרָבָה.Autre objection, tirée de notre Michna (71a) : s'il a été moissonné de jour, il est valable, et il repousse le Chabbat. De qui as-tu entendu qu'il a dit : « s'il a été moissonné de jour, il est valable » ? C'est Rabbi ; et il enseigne : « et il repousse le Chabbat ». N'est-ce pas au sujet de la moisson ? Non : pour la présentation de l'offrande.
- אֲבָל לִקְצִירָה לָא? וְהָתַנְיָא: רַבִּי אוֹמֵר: ״וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹעֲדֵי ה׳״ – מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁלֹּא לָמַדְנוּ אֶלָּא לְתָמִיד וּפֶסַח, שֶׁנֶּאֱמַר בָּהֶן ״בְּמוֹעֲדוֹ״, ״בְּמוֹעֲדוֹ״ – וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת, ״בְּמוֹעֲדוֹ״ – וַאֲפִילּוּ בְּטוּמְאָה.Mais pour la moisson, non ? Or n'a-t-il pas été enseigné (dans une baraïta) : Rabbi dit : « Et Moché dit les solennités de Hachem » aux Bnei Israël (Lévitique 23, 44) : que vient enseigner le verset ? Puisque nous n'avons appris que pour le sacrifice perpétuel et le sacrifice de Pessa'h, à propos desquels il est dit « en son temps » (Nombres 9, 2 ; 28, 2) : « en son temps » : même le Chabbat ; « en son temps » : même en état d'impureté.
- שְׁאָר קׇרְבְּנוֹת הַצִּבּוּר מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַה׳ בְּמוֹעֲדֵיכֶם״.Les autres sacrifices de la collectivité, d'où le savons-nous ? Le verset enseigne : « Voilà ce que vous ferez pour Hachem lors de vos solennités » (Nombres 29, 39).
- מִנַּיִן לְרַבּוֹת עוֹמֶר, וְהַקָּרֵב עִמּוֹ? שְׁתֵּי הַלֶּחֶם, וְהַקָּרֵב עִמָּהֶן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹעֲדֵי ה׳״ – הַכָּתוּב קָבַע מוֹעֵד לְכוּלָּן.D'où savons-nous qu'il faut inclure l'omer et ce qui est offert avec lui, les deux pains de Chavouot et ce qui est offert avec eux ? Le verset enseigne : « Et Moché dit les solennités de Hachem » : le texte a fixé une solennité pour tous.
- לְמַאי? אִילֵימָא לְהַקְרָבָה – שְׁתֵּי הַלֶּחֶם בְּנֵי הַקְרָבָה נִינְהוּ?La Guemara analyse cette baraïta : pour quoi ces offrandes repoussent-elles le Chabbat ? Si l'on dit pour la présentation : les deux pains sont-ils aptes à être présentés sur l'autel ? Ils ne le sont pas : on les balance, puis les Cohanim (prêtres) les mangent.
- אֶלָּא פְּשִׁיטָא לִטְחִינָה וְהַרְקָדָה, וְדִכְוָתַהּ גַּבֵּי עוֹמֶר לִקְצִירָה, וְקָא דָחֵי אֶת הַשַּׁבָּת.Mais il est évident qu'il s'agit, pour les deux pains, de la mouture et du tamisage ; et de même, pour l'omer, de la moisson. Et cela repousse le Chabbat ! Or cette baraïta est de Rabbi.
- אֶלָּא, עוֹמֶר לְהַקְרָבָה, וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם לַאֲפִיָּה, וְקָסָבַר רַבִּי תַּנּוּר מְקַדֵּשׁ, אִי אָפֵי לַהּ מֵאֶתְמוֹל – אִיפְּסִילָה לַהּ בְּלִינָה.Mais il faut distinguer : l'omer repousse le Chabbat pour la présentation, et les deux pains pour la cuisson ; et Rabbi pense que le four consacre ce qui y cuit : si on les cuisait dès la veille, ils seraient invalidés pour avoir passé la nuit.
- וְסָבַר רַבִּי תַּנּוּר מְקַדֵּשׁ? וְהָתַנְיָא: כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת אֵין מְקַדְּשִׁין אֶת הַלֶּחֶם אֶלָּא בִּשְׁחִיטָה. כֵּיצַד? שְׁחָטָן לִשְׁמָן, וְזָרַק דָּמָן לִשְׁמָן – קָדַשׁ הַלֶּחֶם.Et Rabbi pense-t-il que le four consacre ? Or n'a-t-il pas été enseigné : les agneaux de Atséret (Chavouot) ne consacrent les pains que par l'abattage. Comment ? Si on les a abattus pour leur destination et qu'on a aspergé leur sang pour leur destination, les pains sont consacrés.
- שְׁחָטָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן, וְזָרַק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן – לֹא קָדַשׁ הַלֶּחֶם. שְׁחָטָן לִשְׁמָן, וְזָרַק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן – הַלֶּחֶם קָדוֹשׁ וְאֵינוֹ קָדוֹשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי.Si on les a abattus sans cette destination et qu'on a aspergé leur sang sans cette destination, les pains ne sont pas consacrés. Si on les a abattus pour leur destination et qu'on a aspergé leur sang sans cette destination, les pains sont consacrés et ne sont pas consacrés : ils le sont au point de ne pas pouvoir être rachetés, mais pas au point de pouvoir être mangés. Telles sont les paroles de Rabbi.
- רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵינוֹ קָדוֹשׁ, עַד שֶׁיִּשְׁחוֹט לִשְׁמָן וְיִזְרוֹק דָּמָן לִשְׁמָן.Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon, dit : ils ne sont en aucun cas consacrés, à moins qu'on n'abatte pour leur destination et qu'on n'asperge leur sang pour leur destination. Il apparaît donc que selon Rabbi, c'est l'abattage qui consacre les pains, et non le four.
- אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הוּקְבְּעוּ וְלֹא הוּקְבְּעוּ קָא אָמַר.Rav Na'hman bar Its'hak a dit : en réalité, Rabbi pense que le four consacre ; dans la baraïta, il parle de « fixés » et « non fixés » : les pains sont, ou non, définitivement attachés à ces agneaux, sans qu'on puisse les affecter à un autre sacrifice ; cela ne concerne pas le moment de leur consécration.
- הֲדַרַן עֲלָךְ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל.Nous reviendrons à toi, chapitre « Rabbi Ichmaël ».
- מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ מְנָחוֹת נִקְמָצוֹת, וּשְׁיָרֵיהֶן לַכֹּהֲנִים: מִנְחַת הַסֹּלֶת, וְהַמַּחֲבַת, וְהַמַּרְחֶשֶׁת, וְהַחַלּוֹת, וְהָרְקִיקִין, מִנְחַת גּוֹיִם, וּמִנְחַת נָשִׁים, וּמִנְחַת הָעוֹמֶר, וּמִנְחַת חוֹטֵא, וּמִנְחַת קְנָאוֹת.Michna : Et voici les mena'hot (offrandes de farine) dont on prélève une poignée (kemitsa) et dont les restes sont mangés par les Cohanim : l'offrande de fleur de farine, celle de la poêle, celle de la casserole, celle des 'halot (pains cuits au four) et celle des galettes, l'offrande des non-Juifs, l'offrande des femmes, l'offrande de l'omer, l'offrande du pécheur et l'offrande de jalousie (apportée par la sota, femme soupçonnée d'adultère).
- רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מִנְחַת חוֹטֵא שֶׁל כֹּהֲנִים נִקְמֶצֶת, וְקוֹמֵץ קָרֵב לְעַצְמוֹ, וְשִׁירַיִם קְרֵיבִים לְעַצְמָן.Rabbi Chimon dit : bien que ses restes ne soient pas mangés, on prélève une poignée de l'offrande du pécheur des Cohanim, et la poignée est présentée à part, et les restes sont présentés à part sur l'autel.
- גְּמָ׳ אָמַר רַב פָּפָּא: כֹּל הֵיכָא דִּתְנַן – עֶשֶׂר תְּנַן, מַאי קָא מַשְׁמַע לַן?Guemara : Rav Pappa a dit : partout où nous avons appris qu'on apporte une telle offrande, nous avons appris qu'elle comporte dix pièces d'une même sorte. Que nous enseigne-t-il ? La Michna (76a) le dit déjà.
- לְאַפּוֹקֵי מֵרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: מֶחֱצָה חַלּוֹת וּמֶחֱצָה רְקִיקִין יָבִיא, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא.C'est pour exclure l'avis de Rabbi Chimon, qui a dit : il apportera moitié de 'halot et moitié de galettes. Il nous enseigne que non : selon le Tanna de la Michna, les dix doivent être d'une seule sorte.
- וּשְׁיָרֵיהֶן לַכֹּהֲנִים, מְנָלַן? דִּכְתִיבָא – כְּתִיבָא, וּדְלָא כְּתִיבָא – כְּתִיב בַּהּ: ״וְזֹאת תּוֹרַת הַמִּנְחָה הַקְרֵב אוֹתָהּ בְּנֵי אַהֲרֹן וְגוֹ׳ וְהַנּוֹתֶרֶת מִמֶּנָּה יֹאכְלוּ אַהֲרֹן וּבָנָיו״.La Michna a enseigné : et leurs restes sont aux Cohanim. D'où le savons-nous ? La Guemara s'étonne : ce qui est écrit est écrit explicitement, et pour ce qui n'est pas écrit, il est écrit à son sujet : « Et voici la loi de l'offrande : les fils d'Aharon la présenteront, etc. Et ce qui en restera, Aharon et ses fils le mangeront » (Lévitique 6, 7-9).
- בָּאָה חִיטִּין – לָא קָמִיבַּעְיָא לַן, כִּי קָא מִיבַּעְיָא לַן – בָּאָה שְׂעוֹרִין. בָּאָה שְׂעוֹרִין נָמֵי, מִדְּנִקְמֶצֶת – שְׁיָרֶיהָ לַכֹּהֲנִים.Précision : pour celle qui provient de blé, nous ne nous posons pas la question ; là où nous nous la posons, c'est pour celle qui provient d'orge, comme l'omer et l'offrande de jalousie. Réponse : pour celle qui provient d'orge aussi, puisqu'on en prélève une poignée, ses restes sont aux Cohanim.
- אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן, לָא קָא מִיבַּעְיָא לַן; כִּי קָא מִיבַּעְיָא לַן – אַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: אִיכָּא מִנְחָה דְּמִיקַּמְצָא וְלָא מִיתְאַכְלָא.Selon les Sages, nous ne nous posons pas la question ; là où nous nous la posons, c'est selon Rabbi Chimon, qui a dit : il existe une offrande dont on prélève une poignée et qui n'est pas mangée.
- דִּתְנַן: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מִנְחַת חוֹטֵא שֶׁל כֹּהֲנִים נִקְמֶצֶת, הַקּוֹמֶץ קָרֵב בְּעַצְמוֹ, וְהַשִּׁירַיִם קְרֵיבִין בְּעַצְמָן. מְנָלַן?Car nous avons appris : Rabbi Chimon dit : on prélève une poignée de l'offrande du pécheur des Cohanim ; la poignée est présentée à part, et les restes sont présentés à part. D'où le savons-nous donc, selon lui, pour les offrandes d'orge ?
- אָמַר חִזְקִיָּה: דְּאָמַר קְרָא ״וְכׇל מִנְחָה בְלוּלָה בַשֶּׁמֶן וַחֲרֵבָה לְכׇל בְּנֵי אַהֲרֹן תִּהְיֶה״. אִם אֵינוֹ עִנְיָן לִבְלוּלָה שֶׁל חִיטִּין – תְּנֵהוּ עִנְיָן לִבְלוּלָה שֶׁל שְׂעוֹרִין, וְאִם אֵינוֹ עִנְיָן לַחֲרֵבָה שֶׁל חִיטִּין – תְּנֵהוּ עִנְיָן לַחֲרֵבָה שֶׁל שְׂעוֹרִין.'Hizkiya a dit : c'est que le verset dit : « Et toute offrande pétrie à l'huile ou sèche sera pour tous les fils d'Aharon » (Lévitique 7, 10). Si cela ne s'applique pas à l'offrande pétrie de blé, déjà connue par ailleurs, applique-le à l'offrande pétrie d'orge (l'omer) ; et si cela ne s'applique pas à l'offrande sèche de blé, applique-le à l'offrande sèche d'orge (l'offrande de jalousie).
- וְהַאי לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא? הָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: מִנַּיִן שֶׁאֵין חוֹלְקִין מְנָחוֹת כְּנֶגֶד זְבָחִים –Et ce verset vient-il pour cela ? Il est nécessaire pour ce qui a été enseigné : d'où savons-nous que l'on n'échange pas des parts d'offrandes de farine contre des parts de sacrifices d'animaux –
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