Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- סָבַר לַהּ כְּוָותֵיהּ בַּחֲדָא, וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא.Réponse de la Guemara : il (Rabbi Méïr) partage son avis (celui de Rabbi Akiva) sur un point : couper du fourrage qui n'a pas encore atteint le tiers de sa croissance n'est pas un début de moisson ; et il s'oppose à lui sur un point : couper du fourrage qui a atteint le tiers de sa croissance constitue selon lui un début de moisson, même si c'est pour les bêtes, et cela ne divise donc pas le champ pour la péa (coin du champ laissé aux pauvres).
- קוֹצְרִין מִפְּנֵי הַנְּטִיעוֹת, וּמִפְּנֵי בֵּית הָאֵבֶל, וּמִפְּנֵי בֵּית הַמִּדְרָשׁ. מַאי טַעְמָא? ״קְצִירְכֶם״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא קְצִיר מִצְוָה.La Michna a enseigné : on moissonne avant l'omer (offrande d'orge nouvelle apportée le 16 Nissan) à cause des jeunes plants que les céréales voisines risquent d'abîmer, à cause de la maison de deuil, pour faire de la place à ceux qui viennent consoler les endeuillés, et à cause de la maison d'étude, pour faire de la place aux élèves. Quelle en est la raison ? C'est que « votre moisson » (Lévitique 23, 10), a dit le Miséricordieux : l'omer doit précéder votre moisson personnelle, et non une moisson de mitsva (commandement).
- וְלֹא יַעֲשֶׂה כְּרִיכוֹת, אֲבָל מַנִּיחָן צְבָתִים. מַאי טַעְמָא? דְּכַמָּה דְּאֶפְשָׁר לָא טָרְחִינַן.La Michna a enseigné : mais il ne fera pas de liasses, il les laisse plutôt en poignées non liées. Quelle en est la raison ? C'est que, bien que la moisson soit permise, autant que possible, nous ne nous donnons pas de peine avec la céréale nouvelle.
- מִצְוַת הָעוֹמֶר לְהָבִיא מִן הַקָּמָה. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְאִם תַּקְרִיב מִנְחַת בִּכּוּרִים״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁמִּצְוַת הָעוֹמֶר לְהָבִיא מִן הַקָּמָה, מִנַּיִן שֶׁאִם לֹא מָצָא מִן הַקָּמָה יָבִיא מִן הָעֳמָרִין? תַּלְמוּד לוֹמַר ״תַּקְרִיב״.La Michna a enseigné : la mitsva de l'omer est de l'apporter à partir des épis sur pied. Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : « Et si tu présentes une offrande de prémices à Hachem, tu présenteras comme offrande de tes prémices des épis grillés au feu, du gruau de grain frais » (Lévitique 2, 14) : que vient enseigner le verset ? Puisque la mitsva de l'omer est de l'apporter à partir des épis sur pied, d'où savons-nous que si l'on n'en a pas trouvé sur pied, on l'apportera à partir des gerbes déjà moissonnées ? Le verset enseigne : « tu présenteras », pour inclure ce cas.
- דָּבָר אַחֵר: ״תַּקְרִיב״ – לְפִי שֶׁמִּצְוָה לְהָבִיא מִן הַלַּח, וּמִנַּיִן שֶׁאִם לֹא מָצָא מִן הַלַּח יָבִיא מִן הַיָּבֵשׁ? תַּלְמוּד לוֹמַר ״תַּקְרִיב״. דָּבָר אַחֵר: ״תַּקְרִיב״ – לְפִי שֶׁמִּצְוָתוֹ לִקְצוֹר בַּלַּיְלָה, מִנַּיִן שֶׁאִם נִקְצַר בַּיּוֹם כָּשֵׁר? תַּלְמוּד לוֹמַר ״תַּקְרִיב״.Autre explication : « tu présenteras » : puisque la mitsva est de l'apporter à partir de la céréale fraîche, d'où savons-nous que si l'on n'en a pas trouvé de fraîche, on l'apportera à partir de la céréale sèche ? Le verset enseigne : « tu présenteras ». Autre explication : « tu présenteras » : puisque sa mitsva est de le moissonner la nuit, d'où savons-nous que s'il a été moissonné de jour, il est valable ? Le verset enseigne : « tu présenteras ».
- וְדוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת, תַּלְמוּד לוֹמַר ״תַּקְרִיב״, ״תַּקְרִיב״ – כׇּל שֶׁהוּא, ״תַּקְרִיב״ – מִכׇּל מָקוֹם, ״תַּקְרִיב״ – וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת, ״תַּקְרִיב״ – וַאֲפִילּוּ בְּטוּמְאָה.Et d'où savons-nous qu'il repousse le Chabbat ? Le verset enseigne : « tu présenteras ». « Tu présenteras » : de quelque façon que ce soit, même à partir de gerbes ; « tu présenteras » : de quelque endroit que ce soit en Terre d'Israël, même loin de Jérusalem ; « tu présenteras » : même le Chabbat ; « tu présenteras » : même en état d'impureté.
- נִקְצַר בַּיּוֹם – כָּשֵׁר. וְהָתְנַן: כׇּל הַלַּיְלָה כָּשֵׁר לִקְצִירַת הָעוֹמֶר, וּלְהַקְטִיר חֲלָבִים וְאֵבָרִים. זֶה הַכְּלָל: דָּבָר שֶׁמִּצְוָתוֹ כׇּל הַיּוֹם – כָּשֵׁר כׇּל הַיּוֹם, דָּבָר שֶׁמִּצְוָתוֹ בְּלַיְלָה – כָּשֵׁר כׇּל הַלַּיְלָה.La Michna a enseigné : s'il a été moissonné de jour, il est valable. Or n'avons-nous pas appris (Méguila 20b) : toute la nuit est valable pour la moisson de l'omer et pour faire brûler sur l'autel les graisses et les membres des sacrifices. Voici la règle : ce dont la mitsva s'accomplit de jour est valable pendant tout le jour ; ce dont la mitsva s'accomplit de nuit est valable pendant toute la nuit.
- קָתָנֵי לַיְלָה דּוּמְיָא דְּיוֹם, מָה דְּיוֹם – בַּלַּיְלָה לָא, אַף דְּלַיְלָה – בַּיּוֹם נָמֵי לָא.Elle enseigne le cas de la nuit à la ressemblance de celui du jour : de même que ce qui relève du jour n'est pas valable la nuit, de même ce qui relève de la nuit n'est pas non plus valable le jour. Pourquoi donc notre Michna valide-t-elle l'omer moissonné de jour ?
- אָמַר רַבָּה: לָא קַשְׁיָא, הָא רַבִּי, וְהָא רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. דְּתַנְיָא: הָיָה עוֹמֵד וּמַקְרִיב מִנְחַת הָעוֹמֶר וְנִטְמֵאת, אִם יֵשׁ אַחֶרֶת – אוֹמֵר לוֹ: ״הָבֵא אַחֶרֶת תַּחְתֶּיהָ״, וְאִם לָאו – אוֹמֵר לוֹ: ״הֱוֵי פִּקֵּחַ וּשְׁתוֹק״, דִּבְרֵי רַבִּי.Rabba a dit : ce n'est pas difficile. Celle-ci (notre Michna) est de Rabbi (Rabbi Yehouda HaNassi), et celle-là (la Michna de Méguila) est de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon. Car il a été enseigné (dans une baraïta) : si un Cohen (prêtre) se tenait et présentait l'offrande de l'omer et qu'elle soit devenue tamé (rituellement impure), s'il y en a une autre, encore à moissonner, on lui dit : « Apporte-en une autre à sa place » ; et sinon, on lui dit : « Sois avisé et tais-toi », c'est-à-dire ne révèle à personne qu'elle est impure : telles sont les paroles de Rabbi.
- רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ, אוֹמַר לוֹ: ״הֱוֵי פִּקֵּחַ וּשְׁתוֹק״, שֶׁכׇּל הָעוֹמֶר שֶׁנִּקְצַר שֶׁלֹּא כְּמִצְוָתוֹ – פָּסוּל.Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon, dit : dans un cas comme dans l'autre, je lui dis : « Sois avisé et tais-toi », car tout omer qui a été moissonné de façon non conforme à sa mitsva est invalide. Or sa mitsva est d'être moissonné de nuit.
- אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּשִׁיטַת רַבִּי עֲקִיבָא רַבּוֹ שֶׁל אָבִיו אֲמָרָהּ, דִּתְנַן: כְּלָל אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: כׇּל מְלָאכָה שֶׁאֶפְשָׁר לוֹ לַעֲשׂוֹתָהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת.Rabba bar bar 'Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon, a dit cela selon la méthode de Rabbi Akiva, le maître de son père. Car nous avons appris (dans la Michna, Chabbat 130a) : Rabbi Akiva a énoncé une règle : tout travail que l'on peut accomplir la veille de Chabbat ne repousse pas le Chabbat.
- וְסָבַר לַהּ כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, דְּאָמַר קְצִירַת הָעוֹמֶר מִצְוָה, דִּתְנַן: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: מָה חָרִישׁ רְשׁוּת, אַף קָצִיר רְשׁוּת, יָצָא קְצִיר הָעוֹמֶר שֶׁהִיא מִצְוָה.Et il pense comme Rabbi Ichmaël, qui a dit que la moisson de l'omer est une mitsva. Car nous avons appris (Chevi'it 1, 4) : Rabbi Ichmaël dit : le verset « au labour et à la moisson tu te reposeras » (Exode 34, 21) parle du Chabbat, et enseigne que de même que le labour interdit le Chabbat est facultatif, de même la moisson interdite est facultative ; est exclue la moisson de l'omer, qui est une mitsva et se fait donc même le Chabbat.
- וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ נִקְצַר שֶׁלֹּא כְּמִצְוָתוֹ כָּשֵׁר, אַמַּאי דָּחֵי שַׁבָּת? נִקְצְרֵיהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת! אֶלָּא מִדְּדָחֵי שַׁבָּת, שְׁמַע מִינַּהּ: נִקְצַר שֶׁלֹּא כְּמִצְוָתוֹ – פָּסוּל.Et s'il te venait à l'esprit que l'omer moissonné de façon non conforme à sa mitsva est valable, pourquoi sa moisson repousserait-elle le Chabbat ? Qu'on le moissonne la veille de Chabbat ! Mais puisqu'elle repousse le Chabbat, déduis-en que s'il a été moissonné de façon non conforme à sa mitsva, il est invalide.
- וְרַבִּי, לָאו תַּלְמִידֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הוּא?La Guemara s'étonne : et Rabbi n'est-il pas le disciple de Rabbi Chimon, lui-même disciple de Rabbi Akiva ? Il devrait admettre le principe de Rabbi Akiva : puisque selon lui l'omer moissonné de jour est valable, pourquoi sa moisson repousserait-elle le Chabbat ?
- וְהָתַנְיָא, אָמַר רַבִּי: כְּשֶׁהָיִינוּ לְמֵדִין תּוֹרָה אֵצֶל רַבִּי שִׁמְעוֹן בִּתְקוֹעַ, הָיִינוּ מַעֲלִין לוֹ שֶׁמֶן וַאֲלוּנְטִית מֵחָצֵר לְגַג, וּמִגַּג לְקַרְפֵּיף, וּמִקַּרְפֵּיף לְקַרְפֵּיף אַחֵר, עַד שֶׁאָנוּ מַגִּיעִין לְמַעְיָין שֶׁאָנוּ רוֹחֲצִין בּוֹ.Et n'a-t-il pas été enseigné (dans une baraïta) : Rabbi a dit : lorsque nous étudiions la Torah auprès de Rabbi Chimon à Tekoa, nous lui montions de l'huile et une serviette (alountit) de la cour au toit, du toit à un enclos, et d'un enclos à un autre enclos, jusqu'à ce que nous arrivions à la source dans laquelle nous nous baignions, sans passer par le domaine public.
- סָבַר לַהּ כְּאִידַּךְ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּתַנְיָא: אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: בֹּא וּרְאֵה כַּמָּה חֲבִיבָה מִצְוָה בִּשְׁעָתָהּ, שֶׁהֲרֵי הֶקְטֵר חֲלָבִים וְאֵבָרִים כְּשֵׁרִים כׇּל הַלַּיְלָה, וְלֹא הָיָה מַמְתִּין לָהֶן עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ.Réponse : il pense comme l'autre enseignement de Rabbi Chimon. Car il a été enseigné : Rabbi Chimon a dit : viens et vois combien est chère une mitsva accomplie en son temps ! En effet, la combustion des graisses et des membres est valable toute la nuit, et pourtant on n'attendait pas pour eux jusqu'à la tombée de la nuit : on les faisait brûler même le Chabbat. De même, bien que l'omer soit valable s'il est moissonné de jour, sa moisson de nuit repousse le Chabbat parce qu'une mitsva est chère en son temps.
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