Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- ״זֹאת תּוֹרַת הַמִּנְחָה הַקְרֵב אֹתָהּ בְּנֵי אַהֲרֹן לִפְנֵי ה׳ אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ. וְהַנּוֹתֶרֶת מִמֶּנָּה יֹאכְלוּ אַהֲרֹן וּבָנָיו מַצּוֹת תֵּאָכֵל״. אֲמַר לֵיהּ: מִצְוָה לָא קָא מִיבַּעְיָא לִי, כִּי קָא מִיבַּעְיָא לִי לְעַכֵּב.« Voici la loi de l'offrande : les fils d'Aharon l'approcheront devant Hachem, face à l'autel… Et ce qui en reste, Aharon et ses fils le mangeront ; elle sera mangée en matsot » (Lévitique 6, 7-9). Matsa désigne le pain azyme. Rabbi Perida lui a dit : ce n'est pas au sujet de la mitsva (le commandement a priori) que je pose la question ; c'est au sujet du caractère indispensable que je la pose : d'où sait-on qu'une offrande qui ne serait pas matsa est invalide ?
- אֲמַר לֵיהּ: לְעַכֵּב, נָמֵי כְּתִיב ״לֹא תֵאָפֶה חָמֵץ״, אֶלָּא מַצָּה.Rabbi Ami lui a dit : pour le caractère indispensable aussi, il est écrit : « Elle ne sera pas cuite levée » (Lévitique 6, 10), mais seulement en matsa.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב חִסְדָּא: וְאֵימָא ״לֹא תֵאָפֶה חָמֵץ״, אֶלָּא שִׂיאוּר.Rav 'Hisda a objecté : mais disons : « Elle ne sera pas cuite levée », mais elle pourrait l'être en siour (pâte en début de levée), qui n'est ni du pain levé à part entière, ni de la matsa.
- שִׂיאוּר דְּמַאן? אִי דְּרַבִּי מֵאִיר – לְרַבִּי יְהוּדָה מַצָּה מְעַלְּיָא הִיא, אִי דְּרַבִּי יְהוּדָה – לְרַבִּי מֵאִיר חָמֵץ מְעַלְּיָא הוּא.Le siour de qui ? Le siour de Rabbi Méïr est une pâte dont la surface a pâli ; celui de Rabbi Yehouda, une pâte présentant des fissures semblables à des antennes de sauterelles. Si c'est le siour de Rabbi Méïr, selon Rabbi Yehouda c'est de la matsa parfaite ; si c'est celui de Rabbi Yehouda, selon Rabbi Méïr c'est du pain levé parfait.
- אִי דְּרַבִּי מֵאִיר, לְרַבִּי מֵאִיר – מִדְּלָקֵי עֲלֵיהּ, חָמֵץ הוּא! אֶלָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, לְרַבִּי יְהוּדָה.Si c'est celui de Rabbi Méïr, selon Rabbi Méïr lui-même, puisqu'on reçoit pour lui les coups de fouet à Pessa'h, c'est du pain levé. Il s'agit donc plutôt de celui de Rabbi Yehouda, selon Rabbi Yehouda, pour qui ce n'est pas du pain levé à part entière.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, וְאֵימָא: ״לֹא תֵאָפֶה חָמֵץ״ – אֶלָּא חָלוּט. חָלוּט מַאי נִיהוּ? רְבִיכָה. אִי דְּאִיכָּא רְבוּכָה – כְּתִיב בָּהּ רְבוּכָה, וְהָא לָא כְּתִיב בָּהּ רְבוּכָה.Rav Na'hman bar Its'hak a objecté : mais disons : « Elle ne sera pas cuite levée », mais elle pourrait l'être en 'halout (pâte ébouillantée), qui n'est pas du pain levé. Le 'halout, qu'est-ce ? C'est de la revikha (pâte ébouillantée, comme il est dit de l'offrande du Cohen Gadol : « mourbékhèt »). Il n'y a alors pas d'objection : s'il y a revoukha, il est écrit à son sujet revoukha, et ici il n'est pas écrit à son sujet revoukha.
- וְאֵימָא: דִּכְתִיב בָּהּ רְבוּכָה – מִצְוָה בִּרְבוּכָה, וּדְלָא כְּתִיב בַּהּ רְבוּכָה – אִי בָּעֵי רְבוּכָה לַיְיתֵי, אִי בָּעֵי מַצָּה לַיְיתֵי.Mais disons : là où il est écrit revoukha, la mitsva est de la faire en revoukha ; et là où il n'est pas écrit revoukha, s'il veut, qu'il l'apporte en revoukha, et s'il veut, qu'il l'apporte en matsa !
- מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא, וְאֵימָא: ״לֹא תֵאָפֶה חָמֵץ״ – לְמֵיקָם גַּבְרָא בְּלָאו בְּעָלְמָא, וְאִיפְּסוֹלֵי לָא מִיפַּסְלָא?Ravina a objecté : mais disons que « Elle ne sera pas cuite levée » vient seulement placer l'homme sous le coup d'un simple interdit, tandis que l'offrande elle-même n'est pas invalidée !
- אֶלָּא מְנָלַן? כִּדְתַנְיָא: ״מַצָּה״ – יָכוֹל מִצְוָה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״תִּהְיֶה״ – הַכָּתוּב קְבָעָהּ חוֹבָה.Toutes ces objections laissant la preuve de Rabbi Ami sans fondement, d'où le savons-nous donc ? Comme il a été enseigné (dans une baraïta) : « Matsa » (Lévitique 2, 5) : on pourrait croire que c'est une simple mitsva ; le verset dit : « sera » (tihyé) : le texte l'a fixée comme une obligation indispensable.
- בְּעָא מִינַּהּ רַבִּי פְּרִידָא מֵרַבִּי אַמֵּי: מִנַּיִן לְכׇל הַמְּנָחוֹת שֶׁנִּילּוֹשׁוֹת בְּפוֹשְׁרִין, וּמְשַׁמְּרָן שֶׁלֹּא יַחֲמִיצוּ? נִלְמְדֶנָּה מִפֶּסַח, דִּכְתִיב ״וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת״.Rabbi Perida a demandé à Rabbi Ami : d'où savons-nous, pour toutes les offrandes, qu'elles sont pétries à l'eau tiède, et qu'on les surveille pour qu'elles ne lèvent pas ? Nous l'apprendrions de Pessa'h, comme il est écrit : « Vous surveillerez les matsot » (Exode 12, 17).
- אֲמַר לֵיהּ: בְּגוּפַהּ כְּתִיב ״מַצָּה תִּהְיֶה״, הַחְיֶיהָ.Rabbi Ami lui a dit : on ne l'apprend pas de Pessa'h, car il est écrit à son propre sujet : « Matsa elle sera (tihyé) » (Lévitique 2, 5), qu'on peut lire : fais-la vivre (ha'hayéha) : préserve-la telle quelle, sans la laisser lever.
- וְהָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לְעַכֵּב? אִם כֵּן, לִיכְתּוֹב קְרָא ״מַצָּה הִיא״, מַאי ״תִּהְיֶה״? שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ תַּרְתֵּי.Mais ne l'as-tu pas déjà employé pour le caractère indispensable ? S'il en était ainsi, que ce mot n'enseigne qu'une seule chose, que le verset écrive : « Matsa elle est ». Pourquoi « sera » ? Déduis-en deux choses.
- אָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן לְרַבִּי פְּרִידָא: רַבִּי עֶזְרָא בַּר בְּרֵיהּ דְּרַבִּי אַבְטוֹלָס, דְּהוּא עֲשִׂירִי לְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, דְּהוּא עֲשִׂירִי לְעֶזְרָא, קָאֵי אַבָּבָא. אֲמַר: מַאי כּוּלֵּי הַאי?Les Sages ont dit à Rabbi Perida : Rabbi Ezra, petit-fils de Rabbi Avtolas, qui est le dixième descendant de Rabbi Elazar ben Azarya, qui est le dixième descendant d'Ezra le Scribe, se tient à la porte. Il a dit : pourquoi tout cela ?
- אִי בַּר אוֹרְיָין הוּא – יָאֵי, אִי בַּר אוֹרְיָין וּבַר אֲבָהָן – יָאֵי, וְאִי בַּר אֲבָהָן וְלָא בַּר אוֹרְיָין – אִישָּׁא תֵּיכְלֵיהּ. אֲמַרוּ לֵיהּ: בַּר אוֹרְיָין הוּא. אֲמַר לְהוּ: לֵיעוּל וְלֵיתֵי.S'il est un homme de Torah, c'est bien ; s'il est un homme de Torah et de lignée, c'est bien ; mais s'il est un homme de lignée et non un homme de Torah, que le feu le dévore ! Ils lui ont dit : il est un homme de Torah. Il leur a dit : qu'il entre et vienne.
- חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה עֲכִירָא דַּעְתֵּיהּ, פְּתַח וַאֲמַר: ״אָמַרְתְּ לַה׳ אֲדֹנָי אָתָּה טוֹבָתִי בַּל עָלֶיךָ״, אָמְרָה כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, הַחֲזֵק לִי טוֹבָה שֶׁהוֹדַעְתִּיךָ בָּעוֹלָם.Rabbi Perida a vu que son esprit était troublé par cette attente. Il a ouvert un enseignement et a dit : « Tu as dit à Hachem : Tu es mon Seigneur, mon bien n'est pas sur Toi » (Psaumes 16, 2) : l'Assemblée d'Israël a dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître du monde, sois-moi reconnaissant de T'avoir fait connaître dans le monde.
- אָמַר לָהּ: ״טוֹבָתִי בַּל עָלֶיךָ״ – אֵינִי מַחְזִיק טוֹבָה אֶלָּא לְאַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב, שֶׁהוֹדִיעוּנִי תְּחִלָּה בָּעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לִקְדוֹשִׁים אֲשֶׁר בָּאָרֶץ הֵמָּה וְאַדִּירֵי כׇּל חֶפְצִי בָם״.D.ieu lui a dit : « Mon bien n'est pas sur toi » : Je ne suis reconnaissant qu'à Avraham, Its'hak et Yaakov, qui M'ont fait connaître les premiers dans le monde, comme il est dit : « Aux saints qui sont sur la terre, eux et les nobles (adirei), en qui est tout Mon désir » (Psaumes 16, 3). Rabbi Perida rendait ainsi hommage à l'ascendance de Rabbi Ezra.
- כֵּיוָן דְּשַׁמְעֵיהּ דְּקָאָמַר ״אַדִּיר״, פָּתַח וְאָמַר: יָבֹא אַדִּיר וְיִפָּרַע לְאַדִּירִים מֵאַדִּירִים בְּאַדִּירִים.Lorsqu'il l'a entendu dire « adir » (puissant, noble), Rabbi Ezra a ouvert un enseignement et a dit : que vienne le Puissant et qu'Il fasse justice pour les puissants, des puissants, par les puissants.
- יָבֹא אַדִּיר – זֶה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, דִּכְתִיב: ״אַדִּיר בַּמָּרוֹם ה׳״. וְיִפָּרַע לְאַדִּירִים – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַדִּירֵי כׇּל חֶפְצִי בָם״. מֵאַדִּירִים – אֵלּוּ הַמִּצְרִים, דִּכְתִיב: ״צָלֲלוּ כַּעוֹפֶרֶת בְּמַיִם אַדִּירִים״. בְּאַדִּירִים – אֵלּוּ מַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִקֹּלוֹת מַיִם רַבִּים אַדִּירִים מִשְׁבְּרֵי יָם״.Que vienne le Puissant : c'est le Saint, béni soit-Il, comme il est écrit : « Puissant dans les hauteurs est Hachem » (Psaumes 93, 4). Et qu'Il fasse justice pour les puissants : ce sont les Bnei Israël, comme il est dit : « et les nobles, en qui est tout Mon désir » (Psaumes 16, 3). Des puissants : ce sont les Égyptiens, comme il est écrit : « Ils ont sombré comme le plomb dans les eaux puissantes » (Exode 15, 10). Par les puissants : ce sont les eaux, comme il est dit : « Plus que les voix des grandes eaux, puissantes, les brisants de la mer » (Psaumes 93, 4).
- יָבֹא יָדִיד בֶּן יָדִיד, וְיִבְנֶה יָדִיד לְיָדִיד בְּחֶלְקוֹ שֶׁל יָדִיד, וְיִתְכַּפְּרוּ בּוֹ יְדִידִים.Rabbi Ezra a enseigné encore : que vienne le bien-aimé (yadid), fils du bien-aimé, et qu'il bâtisse le bien-aimé pour le Bien-Aimé, dans la part du bien-aimé, et que les bien-aimés y trouvent l'expiation.
- יָבֹא יָדִיד – זֶה שְׁלֹמֹה הַמֶּלֶךְ, דִּכְתִיב: ״וַיִּשְׁלַח בְּיַד נָתָן הַנָּבִיא וַיִּקְרָא שְׁמוֹ יְדִידְיָהּ בַּעֲבוּר ה׳״.Que vienne le bien-aimé : c'est le roi Chlomo, comme il est écrit : « Il envoya par la main du prophète Natan, et il appela son nom Yedidya, à cause d'Hachem » (II Samuel 12, 25).
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