Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְהַשְּׁאָר נֶאֱכָלוֹת בְּפִדְיוֹן. אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא: הָא דְּלָא כְּרַבִּי.et les autres pains se mangent moyennant un rachat. Les Sages ont dit devant Rav 'Hisda : cette baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, qui tient que l'abattage des agneaux confère aux pains une sainteté intrinsèque ; or ici, deux des pains l'auraient, sans qu'on sache lesquels.
- דְּאִי רַבִּי, כֵּיוָן דְּאָמַר שְׁחִיטָה מְקַדְּשָׁא, דְּפָרֵיק לְהוּ – הֵיכָא?Car si la baraïta était de Rabbi Yehouda HaNassi, puisqu'il dit que l'abattage consacre les pains, quand elle enseigne qu'il les rachète, où donc le ferait-il ?
- אִי דְּפָרֵיק לְהוּ מֵאַבָּרַאי, כֵּיוָן דִּכְתִיב ״לִפְנֵי ה׳״, אִיפְּסִיל לְהוּ בְּיוֹצֵא. אִי גַּוַּואי, הָא מְעַיֵּיל חוּלִּין לָעֲזָרָה.Pour ce rachat, il faudrait poser les quatre pains devant soi et déclarer rachetés les deux qui n'ont pas de sainteté intrinsèque. S'il les rachète à l'extérieur de la cour du Temple, puisqu'il est écrit à leur sujet « devant Hachem » (Lévitique 23, 20), ils sont disqualifiés du fait d'être sortis de la cour. Si c'est à l'intérieur, une fois deux pains rachetés, voici qu'il introduit du profane dans la cour du Temple, ce qui est interdit.
- אֲמַר לְהוּ רַב חִסְדָּא: לְעוֹלָם כְּרַבִּי, וּפָרֵיק לְהוּ גַּוַואי, וְחוּלִּין מִמֵּילָא קָא הָוְויָין.Rav 'Hisda leur dit : en réalité, la baraïta est conforme à Rabbi Yehouda HaNassi, et il les rachète à l'intérieur de la cour ; et ce n'est pas interdit, car ces pains deviennent profanes d'eux-mêmes : ils s'y trouvaient déjà et n'y ont pas été introduits une fois profanes.
- אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָתַנְיָא, כְּשֶׁהוּא פּוֹדָן – אֵין פּוֹדָן אֶלָּא בַּחוּץ.Ravina dit à Rav Achi : mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta sur ce même cas : lorsqu'il les rachète, il ne les rachète qu'à l'extérieur de la cour ? Cela contredit Rav 'Hisda.
- הָא וַדַּאי רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאִי רַבִּי – הָא אִיפְּסִלוּ לְהוּ בְּיוֹצֵא!Rav Achi répondit : celle-ci est assurément de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon, car si elle était de Rabbi Yehouda HaNassi, voici qu'ils seraient disqualifiés du fait d'être sortis !
- אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, מִיהָא דְּאִיתְּמַר: תּוֹדָה שֶׁשְּׁחָטָהּ עַל שְׁמוֹנִים חַלּוֹת – חִזְקִיָּה אָמַר: קָדְשׁוּ אַרְבָּעִים מִתּוֹךְ שְׁמוֹנִים, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לֹא קָדְשׁוּ אַרְבָּעִים מִתּוֹךְ שְׁמוֹנִים.Rav A'ha, fils de Rava, dit à Rav Achi : disons que la baraïta selon laquelle, sur quatre pains abattus avec les agneaux de Chavouot, deux sont consacrés, serait une réfutation (teyouvta) de Rabbi Yo'hanan, d'après ce qui a été dit par les Amoraïm (Sages de l'époque de la Guemara) : une toda (sacrifice d'action de grâce) qu'on a abattue sur quatre-vingts pains au lieu des quarante requis : 'Hizkiya dit : quarante sont consacrés parmi les quatre-vingts ; et Rabbi Yo'hanan dit : quarante ne sont pas consacrés parmi les quatre-vingts.
- וְלָאו מִי אִיתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַבִּי זֵירָא: הַכֹּל מוֹדִים הֵיכָא דְּאָמַר ״לִיקְדְּשׁוּ אַרְבָּעִים מִתּוֹךְ שְׁמוֹנִים״ דְּקָדְשָׁה, הָכָא נָמֵי דְּאָמַר ״לִיקְדְּשׁוּ תַּרְתֵּי מִתּוֹךְ אַרְבַּע״.La Guemara répond : n'a-t-il pas été dit à ce sujet que Rabbi Zeira a dit : tous reconnaissent que là où il a dit « que quarante soient consacrés parmi les quatre-vingts », ils sont consacrés ? Ici aussi, il s'agit d'un cas où il a dit : « que deux soient consacrés parmi les quatre ».
- תָּנֵי רַבִּי חֲנִינָא טִירָתָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: שָׁחַט אַרְבָּעָה כְּבָשִׂים עַל שְׁתֵּי חַלּוֹת – מוֹשֵׁךְ שְׁנַיִם מֵהֶן, וְזוֹרֵק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן.Rabbi 'Hanina Tirata a enseigné devant Rabbi Yo'hanan : si on a abattu quatre agneaux de Chavouot, au lieu des deux requis, sur deux pains, on en tire deux du lot et on asperge leur sang sans intention de leur destination, puis on asperge le sang des deux autres pour leur destination.
- שֶׁאִם אִי אַתָּה אוֹמֵר כָּךְ, הִפְסַדְתָּ אֶת הָאַחֲרוֹנִים.Car si tu ne dis pas ainsi, et que l'on asperge d'abord le sang de deux d'entre eux pour leur destination, tu auras fait perdre les derniers : ayant été exclus de leur destination, ils ne pourraient plus être aspergés même pour une autre.
- אָמַר לוֹ רַבִּי יוֹחָנָן: וְכִי אוֹמֵר לוֹ לְאָדָם ״עֲמוֹד וַחֲטָא בִּשְׁבִיל שֶׁתִּזְכֶּה״?!Rabbi Yo'hanan lui dit : dit-on donc à un homme : « Lève-toi et pèche afin de gagner » ? Convient-il que le Cohen (prêtre) asperge les premiers sans intention de leur destination pour que les seconds restent valables ?
- וְהָתְנַן: אֵבְרֵי חַטָּאת שֶׁנִּתְעָרְבוּ בְּאֵבְרֵי עוֹלָה, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יֻתְּנוּ לְמַעְלָה, וְרוֹאֶה אֲנִי אֶת בְּשַׂר חַטָּאת לְמַעְלָה כְּאִילּוּ הִיא עֵצִים, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: תְּעוּבַּר צוּרָתָן וְיֵצְאוּ לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה.Or n'avons-nous pas appris dans la Michna (Zeva'him 77a) : des membres d'une 'hatat (sacrifice expiatoire, dont la chair est mangée par les Cohanim) qui se sont mêlés à des membres d'une ola (holocauste, brûlé sur l'autel) : Rabbi Eliézer dit : qu'ils soient tous placés en haut, sur l'autel, et je considère la chair de la 'hatat en haut comme si c'était du bois. Et les Sages disent : que leur forme se perde et qu'ils sortent au lieu de combustion.
- אַמַּאי? לֵימָא: ״עֲמוֹד וַחֲטָא בִּשְׁבִיל שֶׁתִּזְכֶּה״!Rabbi Yo'hanan poursuit : pourquoi les Sages exigent-ils cela ? Qu'on dise au Cohen : « Lève-toi et pèche afin de gagner » ! Qu'il brûle tout sur l'autel, la 'hatat comprise, pour ne pas perdre la ola.
- עֲמוֹד וַחֲטָא בְּחַטָּאת בִּשְׁבִיל שֶׁתִּזְכֶּה בְּחַטָּאת – אָמְרִינַן, עֲמוֹד וַחֲטָא בְּחַטָּאת בִּשְׁבִיל שֶׁתִּזְכֶּה בְּעוֹלָה – לָא אָמְרִינַן.Rabbi 'Hanina Tirata répondit : « Lève-toi et pèche avec une 'hatat afin de gagner avec une 'hatat », nous le disons, car c'est un même type de sacrifice ; ainsi également pour les agneaux de Chavouot, où l'on pèche et l'on gagne sur le même sacrifice. Mais « Lève-toi et pèche avec une 'hatat afin de gagner avec une ola », nous ne le disons pas.
- וּבַחֲדָא מִילְּתָא מִי אָמַר? וְהָא תַּנְיָא: כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת שֶׁשְּׁחָטָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן, אוֹ שֶׁשְּׁחָטָן בֵּין לִפְנֵי זְמַנָּן בֵּין לְאַחַר זְמַנָּן – הַדָּם יִזָּרֵק וְהַבָּשָׂר יֵאָכֵל.Rabbi Yo'hanan objecta : et pour une seule et même chose, le dit-on ? Or n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : les agneaux d'Atséret (Chavouot) qu'on a abattus sans intention de leur destination, ou qu'on a abattus soit avant leur temps, soit après leur temps : le sang sera aspergé (sans intention de leur destination) et la chair sera mangée.
- וְאִם הָיְתָה שַׁבָּת, לֹא יִזְרוֹק. וְאִם זָרַק – הוּרְצָה לְהַקְטִיר אֵימוּרִין לָעֶרֶב.Mais si c'était Chabbat, on n'aspergera pas : disqualifiés comme sacrifices publics, ils ne repoussent plus le Chabbat. Et si on a aspergé, le sacrifice est agréé, à condition de faire fumer les parties grasses le soir, après la sortie de Chabbat.
- וְאַמַּאי? לֵימָא: ״עֲמוֹד חֲטָא בִּשְׁבִיל שֶׁתִּזְכֶּה״!Pourquoi donc interdire l'aspersion ? Qu'on dise : « Lève-toi, pèche afin de gagner » ! Qu'il asperge le sang pour gagner de faire fumer les parties grasses le soir et d'en manger la chair.
- עֲמוֹד חֲטָא בְּשַׁבָּת כְּדֵי שֶׁתִּזְכֶּה בְּשַׁבָּת – אָמְרִינַן, עֲמוֹד חֲטָא בְּשַׁבָּת כְּדֵי שֶׁתִּזְכֶּה בַּחוֹל – לָא אָמְרִינַן.Il répondit : « Lève-toi, pèche pendant Chabbat afin de gagner pendant Chabbat », nous le disons ; « Lève-toi, pèche pendant Chabbat afin de gagner en semaine », nous ne le disons pas.
- וּבְתַרְתֵּי מִילֵּי לָא אָמַר? וְהָתְנַן: חָבִית שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּגַת הָעֶלְיוֹנָה, וּבַתַּחְתּוֹנָה חוּלִּין טְמֵאִין – מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם יָכוֹל לְהַצִּיל מִמֶּנָּה רְבִיעִית בְּטׇהֳרָה יַצִּיל.La Guemara demande : et pour deux choses distinctes, ne le dit-on pas ? Or n'avons-nous pas appris dans la Michna (Teroumot 8, 9) : un tonneau de terouma (prélèvement donné au Cohen) qui s'est brisé dans la partie supérieure du pressoir, alors que dans la partie inférieure se trouve du vin profane tamé (impur rituellement) : Rabbi Eliézer et Rabbi Yehochoua reconnaissent que si l'on peut en sauver un reviit (quart de log) en pureté, on le sauvera, même si le reste tombe et que tout le mélange soit perdu.
- וְאִם לָאו, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר:Et sinon, si l'on ne peut rien en sauver, Rabbi Eliézer dit :
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