Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֵין לָהּ שִׁיעוּר לְמַעְלָה, אֲבָל יֵשׁ לָהּ שִׁיעוּר לְמַטָּה. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, כַּיּוֹצֵא בּוֹ לוּלָב אֵין לוֹ שִׁיעוּר, הָכִי נָמֵי דְּאֵין לוֹ שִׁיעוּר כְּלָל?La baraïta signifie que la tsitsit (les franges rituelles) n'a pas de mesure vers le haut, c'est-à-dire pas de longueur maximale, mais elle a une mesure vers le bas, une longueur minimale. Car si tu ne dis pas ainsi, alors dans un cas semblable à celui-ci, où il est enseigné que le loulav (branche de palmier de Souccot) n'a pas de mesure, serait-ce aussi qu'il n'a aucune mesure du tout ?
- וְהָתְנַן: לוּלָב שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שְׁלֹשָׁה טְפָחִים כְּדֵי לְנַעְנֵעַ בּוֹ – כָּשֵׁר, אֶלָּא: אֵין לוֹ שִׁיעוּר לְמַעְלָה, אֲבָל יֵשׁ לוֹ שִׁיעוּר לְמַטָּה; הָכִי נָמֵי אֵין לוֹ שִׁיעוּר לְמַעְלָה, אֲבָל יֵשׁ לוֹ שִׁיעוּר לְמַטָּה.Or nous avons appris (dans la Michna, Souka 29b) : un loulav qui a trois téfa'him (largeurs de main) de long, assez pour l'agiter, est valable ! Un loulav plus court est donc invalide. Il faut plutôt comprendre qu'il n'a pas de mesure vers le haut, mais il a une mesure vers le bas ; de même pour la tsitsit : elle n'a pas de mesure vers le haut, mais elle a une mesure vers le bas.
- תָּנוּ רַבָּנַן: ״צִיצִת״ – אֵין צִיצִית אֶלָּא עָנָף, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וַיִּקָּחֵנִי בְּצִיצִת רֹאשִׁי״, וְאָמַר אַבָּיֵי: וְצָרִיךְ לְפָרוֹדַהּ כִּי צוּצִיתָא דְּאַרְמָאֵי.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : le verset dit « tsitsit » (Nombres 15, 38). Tsitsit ne désigne rien d'autre qu'une mèche pendante, et ainsi il dit dans le verset : « Il me saisit par une mèche (betsitsit) de ma tête » (Ézéchiel 8, 3). Et Abayé a dit : et il faut la séparer en fils comme la mèche de cheveux des Araméens, tressée en partie et libre pour le reste.
- תָּנוּ רַבָּנַן: הֵטִיל עַל הַקֶּרֶן, אוֹ עַל הַגְּדִיל – כְּשֵׁירָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב (אוֹמֵר) פּוֹסֵל בִּשְׁתֵּיהֶן.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : s'il a fixé les franges sur le coin même, à sa pointe, ou sur la bordure tissée (le gadil), elle est valable. Rabbi Eliézer ben Yaakov invalide dans les deux cas.
- כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: צִיצִית צְרִיכָה שֶׁתְּהֵא נוֹטֶפֶת עַל הַקֶּרֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם״, כְּמַאן? כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב.Selon qui va ce qu'a dit Rav Guidel au nom de Rav : la tsitsit doit être insérée au-dessus du coin de façon à pendre sur le coin, comme il est dit : « sur les coins de leurs vêtements » (Nombres 15, 38) ? Selon qui ? Selon Rabbi Eliézer ben Yaakov.
- אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְצָרִיךְ שֶׁיַּרְחִיק מְלֹא קֶשֶׁר גּוּדָל.Rabbi Yaakov a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et il faut éloigner le trou du bord du vêtement de la pleine longueur d'une phalange du pouce.
- וְאִיצְטְרִיךְ דְּרַב פָּפָּא, וְאִיצְטְרִיךְ דְּרַבִּי יַעֲקֹב, דְּאִי מִדְּרַב פָּפָּא הֲוָה אָמֵינָא: תּוֹךְ שָׁלֹשׁ דְּלָא לַירְחֵיק טְפֵי, וְכַמָּה דִּמְקָרַב מְעַלֵּי, אִיצְטְרִיךְ דְּרַבִּי יַעֲקֹב.Et il a fallu énoncer l'enseignement de Rav Pappa (41b) selon lequel le trou doit se trouver à moins de trois doigts du bord, et il a fallu aussi celui de Rabbi Yaakov. Car si nous n'avions eu que celui de Rav Pappa, j'aurais dit que « à moins de trois » vient seulement enseigner qu'il ne faut pas éloigner davantage le trou du bord, mais que plus on rapproche, mieux c'est : il a donc fallu dire celui de Rabbi Yaakov.
- וְאִי מִדְּרַבִּי יַעֲקֹב, הֲוָה אָמֵינָא: מְלֹא קֶשֶׁר גּוּדָל, דְּלָא לִיקְרַב טְפֵי, וְכַמָּה דְּרַחִיק מְעַלֵּי, צְרִיכָא.Et si nous n'avions eu que celui de Rabbi Yaakov, j'aurais dit que « la pleine phalange du pouce » vient enseigner qu'il ne faut pas rapprocher davantage le trou du bord, mais que plus on éloigne, mieux c'est : il fallait donc les deux.
- רָבִינָא וְרַב סַמָּא הֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּרַב אָשֵׁי, חַזְיֵיהּ רַב סַמָּא לְקַרְנֵיהּ דִּגְלִימֵיהּ דְּרָבִינָא דִּסְתַר וּבְצַר מִמְּלֹא קֶשֶׁר גּוּדָל, אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר לְהָא דְּרַבִּי יַעֲקֹב? אֲמַר לֵיהּ: בִּשְׁעַת עֲשִׂיָּיה אִיתְּמַר.Ravina et Rav Sama étaient assis devant Rav Achi. Rav Sama vit que le coin du manteau de Ravina s'était déchiré et que le trou était donc à moins de la pleine longueur d'une phalange du pouce du bord. Il lui dit : le Maître ne tient-il pas compte de cet enseignement de Rabbi Yaakov ? Ravina lui dit : cela a été dit pour le moment de la confection ; si le coin se déchire ensuite, la tsitsit reste valable.
- אִיכְּסִיף, אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי: לָא תִּתְּקִיף לָךְ, חַד מִינַּיְיהוּ כִּתְרֵי מִינַּן.Rav Sama eut honte. Rav Achi lui dit : ne te peine pas de ce que Ravina soit plus savant que toi : un seul d'entre eux, les Sages de la terre d'Israël, vaut deux d'entre nous, les Sages de Babylonie.
- רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב רָמֵי אַרְבַּע, וְעָיֵיף לְהוּ מֵיעָף, וּמְעַיֵּיל לְהוּ בִּגְלִימָא, וְאָבֵיק לְהוּ מֵיבָק. קָסָבַר: בָּעֵינַן תְּמָנְיָא בִּגְלִימָא, כִּי הֵיכִי דְּלֶיהְוֵי ״גְּדִיל״ ״גְּדִילִים״ בִּמְקוֹם פְּתִיל.Rav A'ha bar Yaakov posait quatre fils, il les pliait en deux, les insérait par la pliure dans le manteau, et les nouait en boucle, en repassant les extrémités dans les boucles. Il pensait en effet qu'il nous faut huit fils dans le manteau, afin qu'il y ait gadil (cordon tressé, deux fils) et « guedilim » (cordons, Deutéronome 22, 12, soit quatre fils doublés) au lieu du petil, le fil qui pend.
- רַב יִרְמְיָה מִדִּפְתִּי רָמֵי תְּמָנְיָא, דְּאִינְהוּ שִׁיתְּסַר, וְלָא אָבֵיק לְהוּ. מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא עָבֵיד כְּדִידַן.Rav Yirmeya de Difti posait huit fils, qui font seize une fois pliés, et ne les nouait pas en boucle. Mar, fils de Ravina, faisait comme nous : quatre fils insérés dans le trou, pliés pour en faire huit.
- רַב נַחְמָן אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה רָמֵי חוּטֵי, וְקָא מְבָרֵךְ ״לַעֲשׂוֹת צִיצִית״. אֲמַר לֵיהּ: מַאי ״צִיצִי״ [דְּקָא] שָׁמַעְנָא? הָכִי אָמַר רַב: צִיצִית אֵין צְרִיכָה בְּרָכָה.Rav Na'hman trouva Rav Ada bar Ahava en train de poser des fils à un vêtement en récitant la bénédiction « de faire la tsitsit ». Il lui dit : quel est ce « tsitsi » que j'entends ? se moquant de lui. Ainsi a dit Rav : la tsitsit ne requiert pas de bénédiction au moment où on la fixe.
- כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב הוּנָא, עָל רַב חִסְדָּא לְמִירְמֵא דְּרַב אַדְּרַב, וּמִי אָמַר רַב: צִיצִית אֵין צָרִיךְ בְּרָכָה? וְהָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מִנַּיִן לְצִיצִית בְּגוֹי שֶׁהִיא פְּסוּלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״דַּבֵּר אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְעָשׂוּ לָהֶם צִיצִת״ – בְּנֵי יִשְׂרָאֵל יַעֲשׂוּ וְלֹא הַגּוֹיִם יַעֲשׂוּ!Quand Rav Houna mourut, Rav 'Hisda entra au beth hamidrach pour opposer un enseignement de Rav à un autre de Rav : Rav a-t-il vraiment dit : la tsitsit ne requiert pas de bénédiction ? Or Rav Yehouda a dit au nom de Rav : d'où savons-nous que la tsitsit faite par un non-Juif est invalide ? Comme il est dit : « Parle aux Bnei Israël et ils se feront des tsitsit » (Nombres 15, 38) : les Bnei Israël les feront, et non les non-Juifs !
- וְהָא מַאי רוּמְיָא? אָמַר רַב יוֹסֵף: קָסָבַר רַב חִסְדָּא: כׇּל מִצְוָה שֶׁכְּשֵׁירָה בְּגוֹי – בְּיִשְׂרָאֵל אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ, כׇּל מִצְוָה שֶׁפְּסוּלָה בְּגוֹי – בְּיִשְׂרָאֵל צָרִיךְ לְבָרֵךְ.Mais quelle est cette contradiction ? Rav Yossef a dit : Rav 'Hisda pense que toute mitsva (commandement) dont l'objet est valable s'il est fait par un non-Juif : chez un Juif, on n'a pas à réciter de bénédiction en le faisant ; toute mitsva dont l'objet est invalide s'il est fait par un non-Juif : chez un Juif, on doit réciter une bénédiction.
- וּכְלָלָא הוּא? וַהֲרֵי מִילָה דִּכְשֵׁירָה בְּגוֹי, דְּתַנְיָא: עִיר שֶׁאֵין בָּהּ רוֹפֵא יִשְׂרָאֵל, וְיֵשׁ בָּהּ רוֹפֵא אַרְמַאי וְרוֹפֵא כּוּתִי – יָמוּל אַרְמַאי וְאַל יָמוּל כּוּתִי, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כּוּתִי וְלֹא אַרְמַאי.Mais est-ce une règle générale ? Voici la circoncision, valable par un non-Juif, comme il a été enseigné (dans une baraïta) : une ville où il n'y a pas de médecin juif, et où il y a un médecin araméen (non-Juif) et un médecin couti (samaritain) : que l'Araméen circoncise et que le Couti ne circoncise pas, ce sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yehouda dit : le Couti et non l'Araméen.
- וּבְיִשְׂרָאֵל צָרִיךְ לְבָרֵךְ, דְּאָמַר מָר: הַמָּל אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַמִּילָה״.Et chez un Juif, on doit réciter une bénédiction, comme le Maître l'a dit : celui qui circoncit dit : « Béni sois-Tu… qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la circoncision ».
- מִידֵּי הוּא טַעְמָא, אֶלָּא לְרַב? רַב מִיפְסָיל פָּסֵיל, דְּאִיתְּמַר: מִנַּיִן לְמִילָה בְּגוֹי שֶׁפְּסוּלָה? דָּרוּ בַּר פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב אָמַר: ״וְאַתָּה אֶת בְּרִיתִי תִשְׁמֹר״.Est-ce là la raison ? Sinon pour Rav ? La difficulté de Rav 'Hisda ne se pose qu'à l'égard de Rav : or Rav invalide bel et bien la circoncision par un non-Juif, comme il a été dit : d'où savons-nous que la circoncision par un non-Juif est invalide ? Darou bar Pappa a dit au nom de Rav : « Et toi, Mon alliance tu garderas » (Genèse 17, 9) : seuls les descendants d'Avraham peuvent la pratiquer.
- רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״הִמּוֹל יִמּוֹל״, הַמָּל יִמּוֹל.Rabbi Yo'hanan a dit : on le déduit de « himol yimol » (il sera certes circoncis, Genèse 17, 13), lu ainsi : celui qui est circoncis (hamal) circoncira.
- סוּכָּה מְסַיַּיע לֵיהּ, תְּפִילִּין הָוֵי תְּיוּבְתֵּיהּ.La souka (cabane de Souccot) lui donne appui à Rav 'Hisda, les tefilin (phylactères) sont sa réfutation.
- הֲרֵי סוּכָּה דִּכְשֵׁירָה בְּגוֹי, דְּתַנְיָא: סוּכַּת גּוֹיִם, סוּכַּת נָשִׁים, סוּכַּת בְּהֵמָה, סוּכַּת כּוּתִיִּים, סוּכָּה מִכׇּל מָקוֹם – כְּשֵׁירָה, וּבִלְבַד שֶׁתְּהֵא מְסוּכֶּכֶת כְּהִילְכָתָהּ.Voici la souka, valable si elle est faite par un non-Juif, comme il a été enseigné (dans une baraïta) : la cabane de non-Juifs, la cabane de femmes, la cabane pour le bétail, la cabane de Coutim, une cabane de quelque sorte que ce soit, est valable, pourvu qu'elle soit couverte selon sa halakha.
- וּבְיִשְׂרָאֵל אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ, דְּתַנְיָא: הָעוֹשֶׂה סוּכָּה לְעַצְמוֹ אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם שֶׁהֶחֱיָינוּ וְקִיְּמָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה״, בָּא לֵישֵׁב בָּהּ אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לֵישֵׁב בַּסּוּכָּה״, וְאִילּוּ ״לַעֲשׂוֹת סוּכָּה״ לָא מְבָרֵךְ.Et chez un Juif, on n'a pas à réciter de bénédiction sur sa construction, comme il a été enseigné (dans une baraïta) : celui qui fait une souka pour lui-même dit : « Béni sois-Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre, nous a maintenus et nous a fait parvenir à ce temps » ; quand il vient s'y asseoir, il dit : « Béni sois-Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de résider dans la souka » ; alors que « de faire la souka », il ne le récite pas.
- תְּפִילִּין תְּיוּבְתֵּיהּ, וַהֲרֵי תְּפִילִּין דִּפְסוּלוֹת בְּגוֹי, דְּתָנֵי רַב חִינָּנָא בְּרֵיהּ דְּרָבָאLes tefilin sont sa réfutation : voici les tefilin, invalides s'ils sont écrits par un non-Juif, comme l'a enseigné Rav 'Hinana, fils de Rava,
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