Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אַפֵּיק עֵצִים וְעַיֵּיל נְסָכִים, דְּתַנְיָא: אֲבָל הַיַּיִן וְהַדָּם וְהָעֵצִים וְהַקְּטֹרֶת אֵין טְעוּנִין מֶלַח.La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) répond : retire de la baraïta le mot « bois » et introduis à sa place « libations », car elles n'ont pas besoin de sel, comme il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : mais le vin des libations, le sang, le bois et l'encens (kétorèt) ne nécessitent pas de sel.
- מַנִּי? אִי רַבִּי – קַשְׁיָא עֵצִים, אִי רַבָּנַן – קַשְׁיָא קְטֹרֶת.Selon qui est cette baraïta ? Si elle est selon Rabbi Yehouda HaNassi, le bois fait difficulté, car il soutient que le bois nécessite du sel ; si elle est selon les Sages, l'encens fait difficulté, car selon eux tout ce pour quoi une autre chose est apportée par obligation nécessite du sel, ce qui inclut l'encens, brûlé sur du bois.
- הַאי תַּנָּא הוּא, דְּתַנְיָא: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: מָה הַפְּרָט מְפוֹרָשׁ – דָּבָר שֶׁמְּקַבֵּל טוּמְאָה, וְעוֹלֶה לָאִשִּׁים, וְיֶשְׁנוֹ עַל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן, אַף כׇּל דָּבָר הַמְקַבֵּל טוּמְאָה וְעוֹלֶה לָאִשִּׁים וְיֶשְׁנוֹ עַל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן.Elle est selon ce Tanna (Sage de l'époque de la Michna)-ci, qui interprète autrement le verset, comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Ichmaël, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, dit : il est écrit : « Et toute offrande de farine de ta part, tu la saleras avec du sel » (Lévitique 2, 13). De même que le détail explicité, à savoir l'offrande de farine, est une chose susceptible d'impureté, qui monte sur les feux de l'autel et qui se trouve sur l'autel extérieur, de même toute chose susceptible d'impureté, qui monte sur les feux et qui se trouve sur l'autel extérieur nécessite du sel.
- יָצְאוּ עֵצִים – שֶׁאֵין מְקַבְּלִין טוּמְאָה, יָצְאוּ דָּם וָיַיִן – שֶׁאֵין עוֹלִים לָאִשִּׁים, יָצְאָה קְטֹרֶת – שֶׁאֵינָהּ עַל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן.Sont exclus le bois, qui n'est pas susceptible d'impureté ; sont exclus le sang et le vin, qui ne montent pas sur les feux, mais sont aspergés ou versés sur l'autel ; est exclu l'encens, qui n'est pas sur l'autel extérieur, mais sur l'autel intérieur.
- אֶלָּא טַעְמָא דְּמַעֲטֵיהּ קְרָא לְדָם, הָא לָאו הָכִי הֲוָה אָמֵינָא דָּם לִיבְעֵי מֶלַח? כֵּיוָן דְּמַלְחֵיהּ נָפֵיק לֵיהּ מִתּוֹרַת דָּם, דְּאָמַר זְעֵירִי אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: דָּם שֶׁבִּישְּׁלוֹ אֵינוֹ עוֹבֵר עָלָיו, וְרַב יְהוּדָה אָמַר זְעֵירִי: דָּם שֶׁמְּלָחוֹ אֵינוֹ עוֹבֵר עָלָיו.La Guemara s'étonne : mais alors, la raison pour laquelle le sang n'a pas besoin de sel serait que le verset a exclu le sang ; sinon, j'aurais dit que le sang nécessite du sel ?! Dès qu'on le sale, il sort du statut de sang, et ne peut donc plus être offert, comme l'a dit Zeïri au nom de Rabbi 'Hanina : le sang qu'on a fait cuire, on ne transgresse pas l'interdit de consommer le sang à son sujet, car il n'est plus apte à l'autel ; et Rav Yehouda a dit au nom de Zeïri : le sang qu'on a salé, on ne transgresse pas à son sujet, car le salé a le statut du cuit.
- וְרַב יְהוּדָה דִּידֵיהּ אָמַר: אֵבָרִים שֶׁצְּלָאָן וְהֶעֱלָן, אֵין בָּהֶם מִשּׁוּם ״לְרֵיחַ נִיחוֹחַ״.Et Rav Yehouda, en son propre nom, a dit : de même, les membres d'un holocauste qu'on a rôtis puis fait monter sur l'autel ne relèvent pas de « pour une odeur agréable » (Exode 29, 25). Ainsi, ce qui a été cuit ou salé perd son aptitude ; pourquoi donc fallait-il un verset pour exclure le sang ?
- מַהוּ דְּתֵימָא: מִישְׁדֵּא בַּהּ מַשֶּׁהוּ לְמִצְוָה בְּעָלְמָא – קָא מַשְׁמַע לַן.La Guemara répond : on aurait pu dire qu'il faut y jeter une quantité infime de sel, uniquement pour la mitsva (commandement), quantité qui ne ferait pas perdre au sang son statut. Le verset nous enseigne donc qu'il n'a besoin d'aucun sel.
- גּוּפָא, אָמַר זְעֵירִי אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: דָּם שֶׁבִּישְּׁלוֹ אֵינוֹ עוֹבֵר עָלָיו. יָתֵיב רָבָא וְקָא אָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא, אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: הִקְפָּה אֶת הַדָּם וַאֲכָלוֹ, אוֹ שֶׁהִמְחָה אֶת הַחֵלֶב וּגְמָעוֹ – חַיָּיב.Revenons au sujet lui-même. Zeïri a dit au nom de Rabbi 'Hanina : le sang qu'on a fait cuire, on ne transgresse pas à son sujet. Rava était assis et énonçait cet enseignement. Abayé lui a objecté une baraïta : si l'on a coagulé du sang et qu'on l'a mangé, ou si l'on a fait fondre de la graisse interdite et qu'on l'a avalée, on est 'hayav (passible), bien que la forme en ait été modifiée.
- לָא קַשְׁיָא, כָּאן שֶׁהִקְפָּה בָּאוּר, כָּאן שֶׁהִקְפָּה בַּחַמָּה. בְּאוּר – לָא הָדַר, בַּחַמָּה – הָדַר.Rava a répondu : ce n'est pas difficile : ici, chez Zeïri, il s'agit du cas où on l'a coagulé par le feu ; là, dans la baraïta, où on l'a coagulé au soleil. Par le feu, il ne revient pas à son état premier ; au soleil, il revient à son état premier.
- בַּחַמָּה נָמֵי לֵימָא: הוֹאִיל וְאִידְּחִי אִידְּחִי, דְּהָא בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי מָנִי מֵרַבִּי יוֹחָנָן: דָּם שֶׁקָּרַשׁ וַאֲכָלוֹ, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: הוֹאִיל וְנִדְחָה יִדָּחֶה. אִישְׁתִּיק.Abayé a objecté : au soleil aussi, disons : puisqu'il a été écarté de l'autel, il est écarté de l'interdit, car Rabbi Mani a demandé à Rabbi Yo'hanan : du sang qui s'est figé et qu'on a mangé, qu'en est-il ? Il lui a répondu : puisqu'il a été écarté, qu'il reste écarté. Rava se tut.
- אֲמַר לֵיהּ: דִּלְמָא וַדַּאי, כָּאן בְּחַטָּאוֹת הַחִיצוֹנִיּוֹת, כָּאן בְּחַטָּאוֹת הַפְּנִימִיּוֹת!Abayé lui a dit : peut-être y a-t-il certainement une distinction : ici, la baraïta qui rend passible parle des 'hatat (sacrifices expiatoires) extérieures, dont le sang est présenté sur l'autel extérieur ; là, Zeïri parle des 'hatat intérieures, dont le sang est aspergé à l'intérieur du Sanctuaire !
- אֲמַר, אַדְכַּרְתַּן מִילְּתָא דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: דָּם שֶׁקָּרַשׁ בְּחַטָּאוֹת וַאֲכָלוֹ – חַיָּיב, ״וְלָקַח וְנָתַן״ אָמַר רַחֲמָנָא, בַּר לְקִיחָה וּנְתִינָה הוּא. בְּחַטָּאוֹת הַפְּנִימִיּוֹת וַאֲכָלוֹ – פָּטוּר, ״וְטָבַל וְהִזָּה״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי לָאו בַּר טְבִילָה וְהַזָּאָה הוּא.Rava a dit : tu m'as rappelé une chose qu'a dite Rav 'Hisda : le sang qui s'est figé, s'il s'agit des 'hatat extérieures et qu'on l'a mangé, on est passible, car le Miséricordieux a dit : « Il prendra… et il mettra » (Lévitique 4, 25), et le sang figé est apte à être pris et mis sur l'autel ; s'il s'agit des 'hatat intérieures et qu'on l'a mangé, on est pétour (exempt), car le Miséricordieux a dit : « Il trempera… et il aspergera » (Lévitique 4, 6), et celui-ci n'est pas apte à être trempé et aspergé.
- וְרָבָא דִּידֵיהּ אָמַר: אֲפִילּוּ בְּחַטָּאוֹת הַפְּנִימִיּוֹת וַאֲכָלוֹ – חַיָּיב, הוֹאִיל וּכְנֶגְדּוֹ רָאוּי בְּחַטָּאוֹת הַחִיצוֹנוֹת. אָמַר רַב פָּפָּא: הִלְכָּךְ דָּם חֲמוֹר שֶׁקָּרַשׁ וַאֲכָלוֹ – חַיָּיב, הוֹאִיל וּכְנֶגְדּוֹ רָאוּי בְּחַטָּאוֹת הַחִיצוֹנוֹת.Et Rava, pour sa part, a dit : même s'il s'agit du sang figé des 'hatat intérieures et qu'on l'a mangé, on est passible, puisque le sang qui lui correspond est apte dans les 'hatat extérieures. Rav Pappa a dit : par conséquent, le sang d'âne qui s'est figé et qu'on a mangé rend passible, puisque le sang qui lui correspond est apte dans les 'hatat extérieures.
- אָמַר רַב גִּידֵּל, אָמַר זְעֵירִי: דָּם, בֵּין לַח בֵּין יָבֵשׁ, חוֹצֵץ. מֵיתִיבִי: הַדָּם וְהַדְּיוֹ וְהַדְּבַשׁ וְהֶחָלָב, יְבֵשִׁין – חוֹצְצִין, לַחִין – אֵינָן חוֹצְצִין. לָא קַשְׁיָא, הָא דְּסָרֵיךְ, הָא דְּלָא סָרֵיךְ.Rav Guidel a dit au nom de Zeïri : le sang, qu'il soit humide ou sec, fait séparation lors de l'immersion rituelle. On a objecté une baraïta : le sang, l'encre, le miel et le lait, secs, font séparation ; humides, ne font pas séparation. Ce n'est pas difficile : l'un parle du cas où le sang adhère à la peau, l'autre du cas où il n'adhère pas.
- ״תִּמְלָח״, לְמַאי אֲתָא? לְכִדְתַנְיָא: ״בַּמֶּלַח״ – יָכוֹל תְּבוֹנֵהוּ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּמְלָח״. אִי ״תִּמְלָח״ – יָכוֹל בְּמֵי מֶלַח? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּמֶּלַח״.« Tu saleras » : pour quoi vient ce mot (Lévitique 2, 13) ? Pour ce qui a été enseigné dans une baraïta : « avec du sel » : on aurait pu croire qu'il faut tevounéhou (terme expliqué plus bas) ; le verset enseigne : « tu saleras ». Si c'était seulement « tu saleras », on aurait pu croire que cela peut se faire avec de l'eau salée ; le verset enseigne : « avec du sel ».
- ״וְלֹא תַשְׁבִּית מֶלַח״ – הָבֵא מֶלַח שֶׁאֵינָהּ שׁוֹבֶתֶת, וְאֵיזוֹ זוֹ? מֶלַח סְדוֹמִית. וּמִנַּיִן שֶׁאִם לֹא מָצָא מֶלַח סְדוֹמִית שֶׁמֵּבִיא מֶלַח אִיסְתְּרוֹקָנִית? תַּלְמוּד לוֹמַר ״תַּקְרִיב״ – ״תַּקְרִיב״ כׇּל שֶׁהוּא, ״תַּקְרִיב״ מִכׇּל מָקוֹם, ״תַּקְרִיב״ וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת, ״תַּקְרִיב״ וַאֲפִילּוּ בְּטוּמְאָה.« Et tu ne laisseras pas manquer (tachbit) le sel » : apporte du sel qui ne cesse pas (chovétèt), c'est-à-dire qui se trouve en toute saison. Et lequel est-ce ? Le sel de Sodome. Et d'où sait-on que si l'on n'a pas trouvé de sel de Sodome, on apporte du sel istrokanit (sel de roche) ? Le verset enseigne « tu offriras » (Lévitique 2, 13) : « tu offriras » de toute sorte ; « tu offriras » de tout lieu ; « tu offriras », même le Chabbat ; « tu offriras », même en état d'impureté.
- מַאי ״תְּבוֹנֵהוּ״? אָמַר רַבָּה בַּר עוּלָּא: הָכִי קָאָמַר, יָכוֹל יִתְבּוֹנֶנּוּ כְּתֶבֶן בְּטִיט. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אִי הָכִי, ״יִתְבּוֹנֶנּוּ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: יָכוֹל יַעֲשֶׂנּוּ כְּבִנְיָן. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אִי הָכִי, ״יִבְנֶנּוּ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אָמַר רָבָא: יָכוֹל תְּבוּנֵהוּ.Que signifie tevounéhou ? Rabba bar Oula a dit : voici ce qu'il veut dire : on aurait pu croire qu'il faut l'y mélanger en grande quantité comme de la paille (tévèn) dans de l'argile. Abayé lui a dit : s'il en est ainsi, il aurait fallu dire yitbonénou ! Plutôt, Abayé a dit : on aurait pu croire qu'il faut le disposer comme un bâtiment (binyan), couche sur couche. Rava lui a dit : s'il en est ainsi, il aurait fallu dire yivnénou (« qu'il le bâtisse ») ! Plutôt, Rava a dit : on aurait pu croire tevounéhou.
- מַאי ״תְּבוּנֵהוּ״? אָמַר רַב אָשֵׁי: יָכוֹל יִתֵּן בּוֹ טַעַם כְּבִינָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּמְלָח״. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? מֵבִיא הָאֵבֶר וְנוֹתֵן עָלָיו מֶלַח, וְחוֹזֵר וְהוֹפְכוֹ וְנוֹתֵן עָלָיו מֶלַח, וּמַעֲלֵהוּ.Que signifie tevounéhou ? Rav Achi a dit : on aurait pu croire qu'il faut y donner du goût de sel dans toute l'offrande, comme l'intelligence (bina) pénètre l'homme ; le verset enseigne : « tu saleras ». Comment procède-t-on ? On apporte le membre, on met dessus du sel, on le retourne, on met dessus du sel, et on le fait monter sur l'autel.
- אָמַר אַבָּיֵי: וְכֵן לִקְדֵירָה.Abayé a dit : et de même pour la marmite : pour cuire de la viande, il suffit de la saler de cette façon, sur ses deux faces, afin d'en extraire le sang.
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.