Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- ״יְבָרְכוּךָ טוֹבִים״ — הֲרֵי זוֹ דֶּרֶךְ הַמִּינוּת. ״עַל קַן צִפּוֹר יַגִּיעוּ רַחֲמֶיךָ״, וְ״עַל טוֹב יִזָּכֵר שְׁמֶךָ״, ״מוֹדִים מוֹדִים״ — מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ.« Que les bons Te bénissent » : voici que c'est là une voie d'hérésie, car les hérétiques partagent le monde en deux domaines, le bien et le mal. Si quelqu'un dit dans sa prière : « Ta miséricorde s'étend jusqu'au nid d'oiseau », c'est-à-dire : de même que Tu as ordonné de renvoyer la mère avant de prendre les petits (voir Deutéronome 22, 6-7), étends sur nous Ta miséricorde ; ou : « Que Ton Nom soit mentionné pour le bien » ; ou : « Nous rendons grâce, nous rendons grâce », deux fois, il est soupçonné d'hérésie et on le fait taire.
- הַמְכַנֶּה בַּעֲרָיוֹת — מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ. הָאוֹמֵר: ״׳וּמִזַּרְעֲךָ לֹא תִתֵּן לְהַעֲבִיר לַמּוֹלֶךְ׳, לֹא תִתֵּן לְאַעְבָּרָא בְּאַרְמָיוּתָא״ — מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ בִּנְזִיפָה.Celui qui emploie un euphémisme en lisant les lois des unions interdites, on le fait taire. Celui qui dit, en traduisant le verset : « Et de ta descendance, tu ne donneras pas pour faire passer au Molekh » (Lévitique 18, 21) : tu ne donneras pas de ta descendance pour féconder une Araméenne, on le fait taire avec une réprimande.
- גְּמָ׳ בִּשְׁלָמָא ״מוֹדִים מוֹדִים״ — דְּמִיחֲזֵי כִּשְׁתֵּי רָשׁוּיוֹת. ״וְעַל טוֹב יִזָּכֵר שְׁמֶךָ״ נָמֵי, דְּמַשְׁמַע: עַל טוֹב — אִין, וְעַל רַע — לָא, וּתְנַן: חַיָּיב אָדָם לְבָרֵךְ עַל הָרָעָה כְּשֵׁם שֶׁהוּא מְבָרֵךְ עַל הַטּוֹבָה. אֶלָּא: ״עַל קַן צִפּוֹר יַגִּיעוּ רַחֲמֶיךָ״ מַאי טַעְמָא?Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) : La Michna a cité trois cas où l'on fait taire l'officiant. Il est compréhensible qu'on fasse taire celui qui répète « Nous rendons grâce, nous rendons grâce », car il semble reconnaître deux autorités divines. On comprend aussi qu'on fasse taire celui qui dit « Que Ton Nom soit mentionné pour le bien », car cela sous-entend : pour le bien, oui, et pour le mal, non ; or nous avons appris dans une Michna (Berakhot 54a) : l'homme est tenu de bénir D.ieu pour le mal comme il bénit pour le bien. Mais celui qui dit « Ta miséricorde s'étend jusqu'au nid d'oiseau », quelle est la raison pour laquelle on le fait taire ?
- פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי בְּמַעְרְבָא: רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר זְבִידָא, חַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁמֵּטִיל קִנְאָה בְּמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית, וְחַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁעוֹשֶׂה מִדּוֹתָיו שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא רַחֲמִים, וְאֵינָן אֶלָּא גְּזֵירוֹת.Deux Amoraïm (Sages de l'époque de la Guemara) d'Occident, c'est-à-dire de la terre d'Israël, sont en désaccord à ce sujet : Rabbi Yossé bar Avin et Rabbi Yossé bar Zevida. L'un a dit : parce qu'il jette la jalousie dans l'œuvre de la Création, en laissant entendre que D.ieu a favorisé une créature parmi les autres ; et l'autre a dit : parce qu'il fait des attributs du Saint, béni soit-Il, de la miséricorde, alors qu'ils ne sont que des décrets du Roi, à accomplir sans en chercher la raison.
- הַהוּא דִּנְחֵית קַמֵּיהּ דְּרַבָּה, אֲמַר: אַתָּה חַסְתָּ עַל קַן צִפּוֹר — אַתָּה חוּס וְרַחֵם עָלֵינוּ! (אַתָּה חַסְתָּ עַל ״אוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ״ — אַתָּה חוּס וְרַחֵם עָלֵינוּ.) אֲמַר רַבָּה: כַּמָּה יָדַע הַאי מֵרַבָּנַן לְרַצּוֹיֵי לְמָרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא ״מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ״ תְּנַן!Un certain officiant descendit devant l'arche en présence de Rabba et dit : Toi, Tu as eu pitié du nid d'oiseau, Toi, aie pitié et miséricorde pour nous ! (Toi, Tu as eu pitié de « lui et son petit », qu'il est interdit d'abattre le même jour, Toi, aie pitié et miséricorde pour nous.) Rabba dit : Comme ce Sage sait apaiser son Maître ! Abayé lui dit : Mais nous avons appris dans la Michna : « on le fait taire » !
- וְרַבָּה, לְחַדּוֹדֵי לְאַבָּיֵי הוּא דִּבְעָא.Et Rabba, lui aussi, s'en tenait à cette Michna : c'est aiguiser l'esprit d'Abayé qu'il voulait, afin de l'inciter à exprimer ce qu'il savait.
- הַהוּא דִּנְחֵית קַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא, אָמַר: ״הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא הָאַדִּיר וְהֶחָזָק וְהָאַמִּיץ״.Un certain officiant descendit devant l'arche en présence de Rabbi 'Hanina. Il prolongea sa prière et dit : « Le D.ieu grand, puissant et redoutable, le majestueux, le fort et le vaillant. »
- אֲמַר לֵיהּ: סַיֵּימְתִּינְהוּ לִשְׁבָחֵיהּ דְּמָרָךְ? הַשְׁתָּא הָנֵי תְּלָתָא, אִי לָאו דְּכַתְבִינְהוּ מֹשֶׁה בְּאוֹרָיְיתָא, וַאֲתוֹ כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה וְתַקְּנִינְהוּ — אֲנַן לָא אָמְרִינַן לְהוּ. וְאַתְּ אָמְרַתְּ כּוּלֵּי הַאי! מָשָׁל לְאָדָם שֶׁהָיוּ לוֹ אֶלֶף אַלְפֵי אֲלָפִים דִּינְרֵי זָהָב, וְהָיוּ מְקַלְּסִין אוֹתוֹ (בְּאֶלֶף) דִּינְרֵי כֶסֶף. לֹא גְּנַאי הוּא לוֹ?!Quand il eut fini, Rabbi 'Hanina lui dit : As-tu épuisé les louanges de ton Maître ? Ces trois louanges mêmes que nous disons (grand, puissant et redoutable), si Moché ne les avait pas écrites dans la Torah (Deutéronome 10, 17) et si les hommes de la Grande Assemblée n'étaient pas venus les instituer dans la prière (voir Né'hémie 9, 32), nous ne les dirions pas. Et toi, tu en as dit tant ! Cela ressemble à un homme qui possédait mille milliers de milliers de dinars d'or, et que l'on louait pour (mille) dinars d'argent. N'est-ce pas pour lui un déshonneur ? Toutes les louanges qu'on peut adresser à D.ieu ne sont ainsi que quelques pièces d'argent auprès d'une immense fortune d'or.
- אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: הַכֹּל בִּידֵי שָׁמַיִם חוּץ מִיִּרְאַת שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה יִשְׂרָאֵל מָה ה׳ אֱלֹהֶיךָ שׁוֹאֵל מֵעִמָּךְ כִּי אִם לְיִרְאָה״.La Guemara cite un autre enseignement de Rabbi 'Hanina. Rabbi 'Hanina a dit : Tout est entre les mains du Ciel, hormis la crainte du Ciel, car l'homme est libre de servir D.ieu ou non, comme il est dit : « Et maintenant, Israël, que te demande Hachem ton D.ieu, sinon de craindre » Hachem ton D.ieu (Deutéronome 10, 12). Puisque D.ieu le demande à l'homme, c'est donc que cela dépend de lui.
- מִכְּלָל דְּיִרְאָה מִילְּתָא זוּטַרְתִּי הִיא?! אִין, לְגַבֵּי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ מִילְּתָא זוּטַרְתִּי הִיא. מָשָׁל לְאָדָם שֶׁמְּבַקְּשִׁין הֵימֶנּוּ כְּלִי גָּדוֹל וְיֵשׁ לוֹ — דּוֹמֶה עָלָיו כִּכְלִי קָטָן. קָטָן וְאֵין לוֹ — דּוֹמֶה עָלָיו כִּכְלִי גָּדוֹל.Peut-on en déduire que la crainte du Ciel est une petite chose ? Car le verset la présente comme si D.ieu ne demandait rien d'important. Oui, pour Moché notre maître, c'est une petite chose. Cela ressemble à un homme à qui l'on demande un grand récipient et qui en possède un : il lui paraît comme un petit récipient, puisqu'il l'a ; mais un petit récipient qu'il ne possède pas lui paraît comme un grand récipient. C'est pourquoi Moché a pu dire « que te demande… sinon de craindre » : à ses yeux, c'était peu de chose.
- אָמַר רַבִּי זֵירָא: הָאוֹמֵר ״שְׁמַע שְׁמַע״ — כְּאוֹמֵר ״מוֹדִים מוֹדִים״ דָּמֵי.Rabbi Zeira a dit : Celui qui dit « Chema, Chema » (en répétant la lecture du Chema Israël) est comme celui qui dit « Nous rendons grâce, nous rendons grâce ».
- מֵיתִיבִי: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וְכוֹפְלָהּ — הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה. מְגוּנֶּה הוּא דְּהָוֵי, שַׁתּוֹקֵי לָא מְשַׁתְּקִינַן לֵיהּ?! לָא קַשְׁיָא: הָא דְּאָמַר מִילְּתָא מִילְּתָא וְתָנֵי לַהּ, הָא דְּאָמַר פְּסוּקָא פְּסוּקָא וְתָנֵי לֵהּ.On a objecté à partir d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Celui qui lit le Chema et le redouble, voici que c'est répréhensible. C'est répréhensible, mais on ne le fait pas taire ?! Ce n'est pas difficile : ici, il s'agit de celui qui dit chaque mot et le répète (il gâche sa lecture, mais on ne le fait pas taire) ; là, de celui qui dit chaque verset et le répète, car il semble alors s'adresser à des autorités distinctes.
- אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְרָבָא: וְדִלְמָא מֵעִיקָּרָא לָא כַּוֵּין דַּעְתֵּיהּ וְהַשְׁתָּא כַּוֵּין דַּעְתֵּיהּ? אֲמַר לֵיהּ: חַבְרוּתָא כְּלַפֵּי שְׁמַיָּא? אִי לָא מְכַוֵּין דַּעְתֵּיהּ, מָחֵינָא לֵיהּ בְּאַרְזַפְתָּא דְנַפָּחָא עַד דִּמְכַוֵּין דַּעְתֵּיהּ.Rav Pappa dit à Rava : Mais peut-être qu'au début il n'a pas concentré son esprit et que maintenant il concentre son esprit ? Rava lui dit : De la camaraderie envers le Ciel ? Peut-on traiter ainsi ses paroles à la légère ? S'il n'a pas concentré son esprit, nous le frappons avec un marteau de forgeron jusqu'à ce qu'il concentre son esprit.
- הַמְכַנֶּה בַּעֲרָיוֹת מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ. תָּנֵי רַב יוֹסֵף: קְלוֹן אָבִיו וּקְלוֹן אִמּוֹ.Nous avons appris dans la Michna : Celui qui emploie un euphémisme pour les unions interdites, on le fait taire. Rav Yossef a enseigné : il s'agit de celui qui traduit « la honte de son père et la honte de sa mère » au lieu de « la nudité de ton père et la nudité de ta mère » (Lévitique 18, 7).
- הָאוֹמֵר: ״וּמִזַּרְעֲךָ לֹא תִתֵּן לְהַעֲבִיר וְכוּ׳״. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: בְּיִשְׂרָאֵל הַבָּא עַל הַגּוֹיָה וְהוֹלִיד מִמֶּנָּה בֵּן לַעֲבוֹדָה זָרָה הַכָּתוּב מְדַבֵּר.Nous avons appris dans la Michna : Celui qui dit : « Et de ta descendance, tu ne donneras pas pour faire passer, etc. » : un Sage de l'école de Rabbi Ichmaël a enseigné : celui-là prétend que c'est d'un Israélite qui a des relations avec une non-Juive et qui engendre d'elle un fils pour l'idolâtrie que le verset parle.
- מַתְנִי׳ מַעֲשֵׂה רְאוּבֵן — נִקְרָא וְלֹא מִתַּרְגֵּם. מַעֲשֵׂה תָמָר — נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם. מַעֲשֵׂה עֵגֶל הָרִאשׁוֹן — נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם, וְהַשֵּׁנִי — נִקְרָא וְלֹא מִתַּרְגֵּם. בִּרְכַּת כֹּהֲנִים, מַעֲשֵׂה דָוִד וְאַמְנוֹן — נִקְרָאִין וְלֹא מִתַּרְגְּמִין.Michna (enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) : L'épisode de Reouven (« Reouven alla et coucha avec Bilha, concubine de son père », Genèse 35, 22) est lu en public mais n'est pas traduit en araméen pour l'assemblée, afin qu'on ne vienne pas à dénigrer Reouven. L'épisode de Tamar (Genèse 38) est lu et traduit. Le premier récit du Veau d'or (Exode 32, 1-20) est lu et traduit, et le second, c'est-à-dire le compte rendu d'Aharon à Moché (Exode 32, 21-24), est lu mais n'est pas traduit. La bénédiction des Cohanim (prêtres ; Nombres 6, 24-26) et l'épisode de David et Amnon (II Samuel 13) sont lus mais ne sont pas traduits.
- אֵין מַפְטִירִין בַּמֶּרְכָּבָה, וְרַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֵין מַפְטִירִין בְּ״הוֹדַע אֶת יְרוּשָׁלַםִ״.On ne conclut pas la lecture de la Torah par une haftara (lecture tirée des Prophètes) avec le Char divin (Yé'hezkel 1), et Rabbi Yehouda le permet. Rabbi Eliézer dit : On ne conclut pas avec « Fais connaître à Jérusalem ses abominations » (Yé'hezkel 16, 2), car ce passage parle de façon infamante du peuple d'Israël.
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: יֵשׁ נִקְרִין וּמִתַּרְגְּמִין, וְיֵשׁ נִקְרִין וְלֹא מִתַּרְגְּמִין, וְיֵשׁ לֹא נִקְרִין וְלֹא מִתַּרְגְּמִין. אֵלּוּ נִקְרִין וּמִתַּרְגְּמִין. בָּלַ״ת עָקָ״ן נִשְׁפֶּ״ה סִימָן.Guemara : Nos Maîtres ont enseigné : Il y a des passages qui sont lus et traduits, il y en a qui sont lus mais non traduits, et il y en a qui ne sont ni lus ni traduits. Voici ceux qui sont lus et traduits : BaLaT, 'AKaN, NiChPeH est le moyen mnémotechnique de ces passages, comme la Guemara va l'expliquer.
- מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: אָתוּ לְשַׁיּוֹלֵי מָה לְמַעְלָה מָה לְמַטָּה,La Guemara énumère les passages indiqués par ces lettres. L'œuvre de la Création (Berèchit, la lettre bèt) est lue et traduite. C'est évident ! Pourquoi penserait-on autrement ? Tu aurais pu dire qu'en lisant ce passage en public, les gens viendront à demander ce qu'il y a en haut, ce qu'il y a en bas,
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