Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְאַף עַל גַּב דְּהַשְׁתָּא לָא קָרֵינַן בֵּיהּ ״לֹא יִגֹּשׂ״, סוֹף אָתֵי לִידֵי ״לֹא יִגֹּשׂ״.Et bien que maintenant, pendant la septième année, on ne lise pas à son sujet l'interdit : « Il ne pressera pas » son prochain (Deutéronome 15, 2), puisque l'échéance n'est pas encore arrivée, il finira par arriver à la situation du « il ne pressera pas » ; c'est pourquoi la dette est annulée comme les autres.
- מֵתִיב רַב כָּהֲנָא: אוֹמְדִים כַּמָּה אָדָם רוֹצֶה לִיתֵּן וְיִהְיוּ אֶלֶף זוּז בְּיָדוֹ בֵּין לִיתֵּן מִכָּאן וְעַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, וּבֵין לִיתֵּן מִכָּאן וְעַד עֶשֶׂר שָׁנִים. וְאִי אָמְרַתְּ שְׁבִיעִית מְשַׁמַּטְתּוֹ – כּוּלְּהוּ נָמֵי בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי לֵיהּ!Rav Kahana a objecté : la Michna (enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) dit : on estime combien un homme voudrait donner pour garder en main mille zouz (pièces d'argent), selon qu'il doive les rendre d'ici trente jours ou qu'il doive les rendre d'ici dix ans. Or si tu dis que la septième année annule le prêt de dix ans, les témoins zomemim (faux témoins convaincus par la procédure de hazama) devraient lui payer la totalité de la somme, puisque cette dette aurait été entièrement effacée !
- אָמַר רָבָא: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – בְּמַלְוֶה עַל הַמַּשְׁכּוֹן, וּבְמוֹסֵר שְׁטָרוֹתָיו לְבֵית דִּין. דִּתְנַן: הַמַּלְוֶה עַל הַמַּשְׁכּוֹן, וְהַמּוֹסֵר שְׁטָרוֹתָיו לְבֵית דִין – אֵין מַשְׁמִיטִין.Rava a dit : de quoi nous occupons-nous ici ? De celui qui prête sur gage et de celui qui remet ses créances au tribunal. Car nous avons appris dans une Michna (Chevi'it 10, 2) : celui qui prête sur gage et celui qui remet ses créances au tribunal, ces prêts ne sont pas annulés par la septième année.
- אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ לְעֶשֶׂר שָׁנִים – אֵין שְׁבִיעִית מְשַׁמַּטְתּוֹ. וְאַף עַל גַּב דְּאָתֵי לִידֵי ״לֹא יִגֹּשׂ״, הַשְׁתָּא מִיהָא לָא קָרֵינַן בֵּיהּ ״לֹא יִגֹּשׂ״.Certains disent cette autre version : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : celui qui prête à son prochain pour dix ans, la septième année n'annule pas sa créance. Et bien qu'il doive arriver à la situation du « il ne pressera pas », maintenant du moins on ne lit pas à son sujet « il ne pressera pas ».
- אָמַר רַב כָּהֲנָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: אוֹמְדִין כַּמָּה אָדָם רוֹצֶה לִיתֵּן וְיִהְיוּ אֶלֶף זוּז בְּיָדוֹ, בֵּין לִיתֵּן מִכָּאן וְעַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, וּבֵין לִיתֵּן מִכָּאן וְעַד עֶשֶׂר שָׁנִים. וְאִי אָמְרַתְּ שְׁבִיעִית מְשַׁמַּטְתּוֹ – כּוּלְּהוּ נָמֵי בָּעוּ שַׁלּוֹמֵי לֵיהּ.Rav Kahana a dit : nous aussi, nous l'avons appris dans la Michna : on estime combien un homme voudrait donner pour garder en main mille zouz, selon qu'il doive les rendre d'ici trente jours ou qu'il doive les rendre d'ici dix ans. Or si tu dis que la septième année annule ce prêt, les témoins devraient lui payer la totalité ; puisque ce n'est pas le cas, c'est la preuve qu'elle ne l'annule pas.
- אָמַר רָבָא: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – בְּמַלְוֶה עַל הַמַּשְׁכּוֹן, וּבְמוֹסֵר שְׁטָרוֹתָיו לְבֵית דִּין, דִּתְנַן: הַמַּלְוֶה עַל הַמַּשְׁכּוֹן, וְהַמּוֹסֵר שְׁטָרוֹתָיו לְבֵית דִין – אֵין מַשְׁמִיטִין.Rava a dit : aucune preuve n'en découle, car de quoi nous occupons-nous ici ? De celui qui prête sur gage et de celui qui remet ses créances au tribunal. Car nous avons appris dans une Michna : celui qui prête sur gage et celui qui remet ses créances au tribunal, ces prêts ne sont pas annulés.
- וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״עַל מְנָת שֶׁלֹּא תְּשַׁמְּטֵנִי שְׁבִיעִית״ – שְׁבִיעִית מְשַׁמֶּטֶת. לֵימָא קָסָבַר שְׁמוּאֵל: מַתְנֶה עַל מָה שֶׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה הוּא, וְכׇל הַמַּתְנֶה עַל מָה שֶׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה – תְּנָאוֹ בָּטֵל?Et Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : celui qui dit à son prochain : « Je te prête à condition que la septième année ne m'annule pas ma créance », la septième année l'annule. La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) propose : dirons-nous que Chmouel pense que c'est là poser une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah, et que quiconque pose une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah, sa condition est nulle ?
- וְהָא אִיתְּמַר, הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ: ״עַל מְנָת שֶׁאֵין לְךָ עָלַי אוֹנָאָה״, רַב אוֹמֵר: יֵשׁ לוֹ עָלָיו אוֹנָאָה, וּשְׁמוּאֵל אוֹמֵר: אֵין לוֹ עָלָיו אוֹנָאָה.Mais voici qu'il a été dit par les Amoraïm : celui qui dit à son prochain : « Je te vends cet objet à condition que tu n'aies pas contre moi de recours pour onaa » (lésion sur le prix), Rav dit : il a contre lui un recours pour onaa ; et Chmouel dit : il n'a pas contre lui de recours pour onaa ! Selon Chmouel, on peut donc poser une condition contraire à la Torah en matière d'argent.
- הָא אִיתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַב עָנָן: לְדִידִי מִפָּרְשָׁא לֵיהּ מִינֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, ״עַל מְנָת שֶׁאֵין לְךָ עָלַי אוֹנָאָה״ – אֵין לוֹ עָלָיו אוֹנָאָה. ״עַל מְנָת שֶׁאֵין בּוֹ אוֹנָאָה״ – הֲרֵי יֵשׁ בּוֹ אוֹנָאָה.La Guemara répond : voici qu'il a été dit à ce sujet : Rav Anan a dit : cela m'a été expliqué par Chmouel lui-même : tout dépend de la formule. « À condition que tu n'aies pas contre moi de recours pour onaa » : il n'a pas contre lui de recours pour onaa, car l'acheteur renonce à son argent. « À condition qu'il n'y ait pas là d'onaa » : il y a là onaa.
- הָכָא נָמֵי, ״עַל מְנָת שֶׁלֹּא תְּשַׁמְּטֵנִי בַּשְּׁבִיעִית״ – אֵין שְׁבִיעִית מְשַׁמַּטְתּוֹ. ״עַל מְנָת שֶׁלֹּא תְּשַׁמְּטֵנִי שְׁבִיעִית״ – שְׁבִיעִית מְשַׁמַּטְתּוֹ.Ici aussi : « À condition que tu ne m'annules pas la créance pendant la septième année » : la septième année ne l'annule pas, car l'emprunteur renonce seulement à son droit. « À condition que la septième année ne m'annule pas » : la septième année l'annule, car cette condition contredit la Torah.
- תָּנָא: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ סְתָם – אֵינוֹ רַשַּׁאי לְתוֹבְעוֹ פָּחוֹת מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם. סְבַר רַבָּה בַּר בַּר חַנָּה קַמֵּיהּ דְּרַב לְמֵימַר: הָנֵי מִילֵּי בְּמִלְוֶה בִּשְׁטָר, דְּלָא עֲבִד אִינִישׁ דְּטָרַח דְּכָתֵב שְׁטָר בְּצִיר מִתְּלָתִין יוֹמִין, אֲבָל מִלְוֶה עַל פֶּה – לָא. אֲמַר לֵיהּ רַב: הָכִי אָמַר חֲבִיבִי: אֶחָד הַמַּלְוֶה בִּשְׁטָר וְאֶחָד הַמַּלְוֶה עַל פֶּה.Il a été enseigné : celui qui prête à son prochain sans préciser de durée n'a pas le droit de lui réclamer le remboursement avant trente jours. Rabba bar bar 'Hanna pensait dire devant Rav : cela ne s'applique qu'à un prêt par acte, car on n'a pas l'habitude de se donner la peine d'écrire un acte pour moins de trente jours ; mais pour un prêt verbal, non. Rav lui a dit : voici ce qu'a dit mon oncle Rabbi 'Hiya : c'est la même chose pour celui qui prête par acte et pour celui qui prête verbalement.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ סְתָם – אֵינוֹ רַשַּׁאי לְתוֹבְעוֹ פָּחוֹת מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם, אֶחָד הַמַּלְוֶה בִּשְׁטָר וְאֶחָד הַמַּלְוֶה עַל פֶּה.On a aussi enseigné ainsi dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : celui qui prête à son prochain sans préciser de durée n'a pas le droit de lui réclamer le remboursement avant trente jours, que ce soit celui qui prête par acte ou celui qui prête verbalement.
- אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב מַתְנָה: לָא תִּיתֵּיב אַכַּרְעָיךָ עַד דִּמְפָרְשַׁתְּ לָהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא: מְנַָא הָא מִילְּתָא דַאֲמוּר רַבָּנַן: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ סְתָם אֵינוֹ רַשַּׁאי לְתוֹבְעוֹ פָּחוֹת מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם, אֶחָד הַמַּלְוֶה בִּשְׁטָר וְאֶחָד הַמַּלְוֶה עַל פֶּה?Chmouel a dit à Rav Matana : ne t'assieds pas sur tes pieds avant de m'avoir expliqué cet enseignement : d'où vient cette règle qu'ont énoncée nos Maîtres : celui qui prête à son prochain sans préciser de durée n'a pas le droit de lui réclamer le remboursement avant trente jours, que ce soit celui qui prête par acte ou celui qui prête verbalement ?
- אֲמַר לֵיהּ: דִּכְתִיב ״קָרְבָה שְׁנַת הַשֶּׁבַע שְׁנַת הַשְּׁמִטָּה״, מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״קָרְבָה שְׁנַת הַשֶּׁבַע״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁהִיא שְׁנַת שְׁמִטָּה? אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״שְׁנַת הַשְּׁמִטָּה״? לוֹמַר לָךְ: [יֵשׁ] שְׁמִטָּה אַחֶרֶת שֶׁהִיא כָּזוֹ, וְאֵיזוֹ – זוֹ הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ סְתָם, שֶׁאֵינוֹ רַשַּׁאי לְתוֹבְעוֹ בְּפָחוֹת מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם. דְּאָמַר מָר: שְׁלֹשִׁים יוֹם בַּשָּׁנָה חָשׁוּב שָׁנָה.Rav Matana lui a dit : car il est écrit : « Elle approche, la septième année, l'année de la chemita » (Deutéronome 15, 9). Du fait qu'il est dit : « Elle approche, la septième année », ne sais-je pas que c'est l'année de la chemita ? Alors, pourquoi le verset dit-il : « l'année de la chemita » ? Pour te dire [qu'il y a] une autre annulation qui est semblable à celle-ci. Et laquelle ? C'est celui qui prête à son prochain sans préciser de durée, qui n'a pas le droit de lui réclamer le remboursement avant trente jours : pendant cette période, on ne peut pas exiger le paiement. Et ce laps de temps est appelé « année », car le Maître a dit : trente jours dans l'année comptent pour une année.
- וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הַפּוֹתֵחַ בֵּית הַצַּוָּאר בְּשַׁבָּת – חַיָּיב חַטָּאת. מַתְקֵיף לָהּ רַב כָּהֲנָא: וְכִי מָה בֵּין זֶה לִמְגוּפַת חָבִית? אֲמַר לֵיהּ: זֶה חִבּוּר, וְזֶה אֵינוֹ חִבּוּר.Et Rav Yehouda a dit au nom de Rav : celui qui ouvre l'encolure d'une tunique neuve le Chabbat est passible d'un sacrifice 'hatat (expiatoire), s'il l'a fait par inadvertance, car il achève ainsi un vêtement. Rav Kahana objecte : quelle différence y a-t-il entre cela et le bouchon d'un tonneau, que l'on a le droit de percer le Chabbat ? Rava lui a dit : celui-ci est une partie intégrante du vêtement, et celui-là n'est pas une partie intégrante du tonneau.
- וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שְׁלֹשֶׁת לוּגִּין מַיִם שֶׁנָּפַל לְתוֹכָן קוּרְטוֹב שֶׁל יַיִן, וּמַרְאֵיהֶן כְּמַרְאֵה יַיִן, וְנָפְלוּ לְמִקְוֶה – לֹא פְּסָלוּהוּ. מַתְקֵיף לָהּ רַב כָּהֲנָא: וְכִי מָה בֵּין זֶה לְמֵי צֶבַע? דִּתְנַן: רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מֵי צֶבַע פּוֹסְלִין אֶת הַמִּקְוֶה בִּשְׁלֹשֶׁת לוּגִּין. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: הָתָם ״מַיָּא דְצִבְעָא״ מִקְּרֵי, הָכָא ״חַמְרָא מְזִיגָא״ מִקְּרֵי.Et Rav Yehouda a dit au nom de Rav : trois log (mesure de liquide) d'eau puisée dans lesquels est tombé un kortov (un soixante-quatrième de log) de vin, et dont l'aspect est celui du vin, et qui sont tombés dans un mikvé (bain rituel) incomplet, ne l'ont pas invalidé, car ce liquide a le statut de vin. Rav Kahana objecte : quelle différence y a-t-il entre cela et l'eau de teinture ? Car nous avons appris dans une Michna (Mikvaot 7, 3) : Rabbi Yossé dit : l'eau de teinture invalide le mikvé à raison de trois log. Rava lui a dit : là-bas, on appelle cela « eau de teinture » ; ici, on appelle cela « vin coupé d'eau ».
- וְהָתָנֵי רַבִּי חִיָּיא: הוֹרִידוּ אֶת הַמִּקְוֶה! אָמַר רָבָא: לָא קַשְׁיָא, הָא רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי, הָא רַבָּנַן, דִּתְנַן: שְׁלֹשֶׁת לוּגִּין מַיִםMais Rabbi 'Hiya n'a-t-il pas enseigné : ces trois log font déchoir le mikvé de sa validité ? Rava a dit : ce n'est pas difficile : celui-ci, Rav, suit Rabbi Yo'hanan ben Nouri ; celui-là, Rabbi 'Hiya, suit nos Maîtres. Car nous avons appris dans une Michna (Mikvaot 7, 5) : trois log d'eau
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