Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וּמִנַּיִן שֶׁאַף בִּשְׁטָר? וְדִין הוּא: וּמָה כֶּסֶף, שֶׁאֵין מוֹצִיא – מַכְנִיס, שְׁטָר, שֶׁמּוֹצִיא – אֵינוֹ דִּין שֶׁמַּכְנִיס?La baraïta poursuit : Et d'où savons-nous qu'une femme s'acquiert aussi par un acte écrit ? C'est logique : si l'argent, qui ne fait pas sortir la femme du mariage, la fait entrer par les fiançailles, l'acte, qui fait sortir (le get, acte de divorce), n'est-il pas logique qu'il fasse entrer ?
- מָה לְכֶסֶף, שֶׁכֵּן פּוֹדִין בּוֹ הֶקְדֵּשׁ וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי. תֹּאמַר שְׁטָר, שֶׁאֵין פּוֹדִין בּוֹ הֶקְדֵּשׁ וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי, דִּכְתִיב: ״וְנָתַן הַכֶּסֶף וְקָם לוֹ״!On réfute : Qu'en est-il de l'argent ? C'est qu'on rachète avec lui les biens consacrés et la seconde dîme (maasser chéni). Le diras-tu de l'acte, avec lequel on ne rachète ni les biens consacrés ni la seconde dîme, comme il est écrit : « il donnera l'argent et cela lui restera acquis » (cf. Lévitique 27, 19) ?
- אָמַר קְרָא: ״וְיָצְאָה״ ״וְהָיְתָה״ – מַקִּישׁ הֲוָיָה לִיצִיאָה: מָה יְצִיאָה בִּשְׁטָר – אַף הֲוָיָה נָמֵי בִּשְׁטָר. וְאַקֵּישׁ נָמֵי, יְצִיאָה לַהֲוָיָה: מָה הֲוָיָה בַּכֶּסֶף – אַף יְצִיאָה בְּכֶסֶף!C'est pourquoi le verset dit : « elle sortira de sa maison et elle sera à un autre homme » (Deutéronome 24, 2) : il rapproche le fait de devenir épouse de la sortie : de même que la sortie se fait par un acte, de même le fait de devenir épouse peut se faire aussi par un acte. La Guemara demande : Rapprochons aussi la sortie du fait de devenir épouse : de même que le fait de devenir épouse se fait par l'argent, de même la sortie se ferait par l'argent !
- אָמַר אַבָּיֵי: יֹאמְרוּ: כֶּסֶף מַכְנִיס, כֶּסֶף מוֹצִיא, סָנֵיגוֹר יֵעָשֶׂה קָטֵיגוֹר? אִי הָכִי, שְׁטָר נָמֵי יֹאמְרוּ: שְׁטָר מוֹצִיא, שְׁטָר מַכְנִיס, קָטֵיגוֹר יֵעָשֶׂה סָנֵיגוֹר?Abayé a dit : Les gens diraient : l'argent fait entrer, l'argent fait sortir ; le défenseur [sanégor] deviendrait-il accusateur [kategor] ? Il ne convient pas que le moyen qui unit l'homme et la femme serve aussi à les séparer. La Guemara objecte : S'il en est ainsi, pour l'acte aussi, on dirait : l'acte fait sortir, l'acte fait entrer ; l'accusateur deviendrait-il défenseur ?
- מִילֵּי דְּהַאי שְׁטָרָא לְחוֹד וּמִילֵּי דְּהַאי שְׁטָרָא לְחוֹד. הָכָא נָמֵי, הַאי כַּסְפָּא לְחוֹד וְהַאי כַּסְפָּא לְחוֹד! טִיבְעָא מִיהָא חַד הוּא.Elle répond : Les termes de cet acte-ci sont à part, et les termes de cet acte-là sont à part : leur contenu diffère. On objecte : Ici aussi, cet argent-ci est à part et cet argent-là est à part ! On répond : La pièce, du moins, est une seule et même chose : rien ne distingue la pièce des fiançailles de celle du divorce.
- רָבָא אָמַר: אָמַר קְרָא: ״וְכָתַב לָהּ״ בִּכְתִיבָה מִתְגָּרֶשֶׁת, וְאֵינָהּ מִתְגָּרֶשֶׁת בְּכֶסֶף. וְאֵימָא: בִּכְתִיבָה מִתְגָּרֶשֶׁת – וְאֵינָהּ מִתְקַדֶּשֶׁת בִּכְתִיבָה! הָא כְּתִיב ״וְיָצְאָה״ ״וְהָיְתָה״ מַקִּישׁ וְכוּ׳.Rava a dit : On le déduit d'ailleurs : le verset dit : « et il lui écrira » (Deutéronome 24, 1) : par l'écrit elle est divorcée, et elle n'est pas divorcée par l'argent. La Guemara objecte : Mais disons : par l'écrit elle est divorcée, et elle n'est pas consacrée par l'écrit ! On répond : Il est pourtant écrit « elle sortira… et elle sera » : il rapproche, etc.
- וּמָה רָאִיתָ? מִסְתַּבְּרָא קָאֵי בְּגֵירוּשִׁין מְמַעֵט גֵּירוּשִׁין, קָאֵי בְּגֵירוּשִׁין וּמְמַעֵט קִידּוּשִׁין?!Et qu'as-tu vu pour interpréter ainsi, et non à l'inverse ? Il est logique que, lorsque le verset traite du divorce, il exclue un mode de divorce ; traiterait-il du divorce et exclurait-il un mode de fiançailles ?!
- וּלְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, דְּאַפֵּיק לֵיהּ לְהַאי קְרָא לִדְרָשָׁא אַחֲרִינָא, שֶׁאֵינָהּ מִתְגָּרֶשֶׁת בְּכֶסֶף מְנָא לֵיהּ? אָמַר קְרָא: ״סֵפֶר כְּרִיתֻת״ – סֵפֶר כּוֹרְתָהּ, וְאֵין דָּבָר אַחֵר כּוֹרְתָהּ.La Guemara demande : Et selon Rabbi Yossé HaGuelili, qui tire de ce verset une autre interprétation, d'où sait-il qu'elle n'est pas divorcée par l'argent ? Le verset dit : « un acte de séparation [séfèr keritout] » (Deutéronome 24, 1) : un acte la sépare, et rien d'autre ne la sépare.
- וְרַבָּנַן, הַאי ״כְּרִיתֻת״, מַאי עָבְדִי לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְדָבָר הַכּוֹרֵת בֵּינוֹ לְבֵינָהּ,Et les Rabbanan, ce mot « keritout », qu'en font-ils ? Il leur est nécessaire pour enseigner qu'il faut une chose qui sépare entièrement lui d'elle,
- כִּדְתַנְיָא: ״הֲרֵי זֶה גִּיטֵּיךְ עַל מְנָת שֶׁלֹּא תִּשְׁתִּי יַיִן״, ״עַל מְנָת שֶׁלֹּא תֵּלְכִי לְבֵית אָבִיךְ לְעוֹלָם״ – אֵין זֶה כְּרִיתוּת. ״כָּל שְׁלֹשִׁים יוֹם״ – הֲרֵי זֶה כְּרִיתוּת.comme il a été enseigné dans une baraïta : si le mari dit : « Voici ton get, à condition que tu ne boives pas de vin », ou « à condition que tu n'ailles jamais à la maison de ton père », ce n'est pas une séparation, car elle reste liée à lui pour toujours. S'il dit : « pendant trente jours », c'est une séparation.
- וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי? מִכָּרֵת כְּרִיתֻת קָא נָפְקָא לֵיהּ. וְרַבָּנַן? כָּרֵת כְּרִיתֻת לָא מַשְׁמַע לְהוּ.Et Rabbi Yossé HaGuelili ? D'où tire-t-il cette règle ? Il la tire de la forme keritout employée au lieu de karèt. Et les Rabbanan ? La différence entre karèt et keritout n'a pas de sens pour eux.
- חֲדָא מֵחֲדָא לָא אָתְיָא, תֵּיתֵי חֲדָא מִתַּרְתֵּי! הֵי תֵּיתֵי? לָא לִיכְתּוֹב רַחֲמָנָא בִּשְׁטָר, וְתֵיתֵי מֵהָנָךְ – מָה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן הֲנָאָתָן מְרוּבָּה.La Guemara demande : L'un des modes de fiançailles ne découle pas de l'autre, soit ; mais que l'un découle des deux autres ! On répond : Lequel en découlerait ? Si l'on dit : que le Miséricordieux (la Torah) n'écrive pas l'acquisition par un acte, et qu'elle découle de ceux-là (l'argent et la relation conjugale), on réfute : qu'en est-il de ceux-là ? C'est que leur jouissance est grande, alors que l'acte ne procure aucune jouissance.
- לָא נִיכְתּוֹב רַחֲמָנָא בְּבִיאָה, וְתֵיתֵי מֵהָנָךְ – מָה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן קִנְיָנָן מְרוּבֶּה.Si l'on dit : que le Miséricordieux n'écrive pas l'acquisition par la relation conjugale, et qu'elle découle de ceux-là (l'argent et l'acte), on réfute : qu'en est-il de ceux-là ? C'est que leur pouvoir d'acquisition est étendu.
- לָא נִיכְתּוֹב רַחֲמָנָא בְּכֶסֶף, וְתֵיתֵי מֵהָנָךְ – מָה לְהָנָךְ שֶׁכֵּן יֶשְׁנָן בְּעַל כׇּרְחָהּ.Si l'on dit : que le Miséricordieux n'écrive pas l'acquisition par l'argent, et qu'elle découle de ceux-là (la relation conjugale et l'acte), on réfute : qu'en est-il de ceux-là ? C'est qu'ils opèrent même contre son gré : la relation conjugale pour la yevama (veuve tenue au lévirat), l'acte pour le divorce.
- וְכִי תֵּימָא כֶּסֶף נָמֵי בְּעַל כׇּרְחָהּ, בְּאָמָה הָעִבְרִיָּה – בְּאִישׁוּת מִיהָא לָא אַשְׁכְּחַן.Et si tu dis : l'argent aussi opère contre son gré, chez la servante hébreue, que son père vend sans son accord, en matière de mariage du moins, nous ne le trouvons pas.
- אָמַר רַב הוּנָא: חוּפָּה קוֹנָה מִקַּל וָחוֹמֶר: וּמָה כֶּסֶף שֶׁאֵינוֹ מַאֲכִיל בִּתְרוּמָה – קוֹנֶה, חוּפָּה שֶׁמַּאֲכֶלֶת בִּתְרוּמָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁתִּקְנֶה?Rav Houna a dit : La 'houppa (dais nuptial) acquiert la femme, par un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si l'argent, qui ne fait pas manger de la terouma (prélèvement donné au Cohen) à la fiancée d'un Cohen, acquiert, la 'houppa, qui fait manger de la terouma, n'est-il pas logique qu'elle acquière ?
- וְכֶסֶף אֵינוֹ מַאֲכִיל? וְהָאָמַר עוּלָּא: דְּבַר תּוֹרָה, אֲרוּסָה בַּת יִשְׂרָאֵל אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכֹהֵן כִּי יִקְנֶה נֶפֶשׁ קִנְיַן כַּסְפּוֹ״, וְהַאי ״קִנְיַן כַּסְפּוֹ הוּא״.La Guemara objecte : Et l'argent ne fait-il pas manger de la terouma ? Oula n'a-t-il pas dit : Selon la Torah, une fille d'Israël fiancée à un Cohen mange de la terouma, comme il est dit : « Et un Cohen, s'il acquiert une personne, acquisition de son argent, il en mangera » (Lévitique 22, 11), et celle-ci est « l'acquisition de son argent » ?
- וּמַה טַּעַם אָמְרוּ אֵינָהּ אוֹכֶלֶת – גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִמְזְגוּ לָהּ כּוֹס בְּבֵית אָבִיהָ וְתַשְׁקֶנּוּ לְאָחִיהָ וְלַאֲחוֹתָיהּ.Et pour quelle raison les Sages ont-ils dit qu'elle ne mange pas ? C'est un décret, de peur qu'on ne lui verse une coupe de vin de terouma dans la maison de son père et qu'elle n'en fasse boire à ses frères et à ses sœurs. Selon la Torah, l'argent la fait donc bien manger de la terouma.
- אֶלָּא פְּרֵיךְ הָכִי: וּמָה כֶּסֶף שֶׁאֵינוֹ גּוֹמֵר – קוֹנֶה,Il faut plutôt formuler la réfutation ainsi : si l'argent, qui n'achève pas l'acquisition de la femme, acquiert pour les fiançailles,
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