Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מַעֲשֶׂה מוֹצִיא מִיַּד מַעֲשֶׂה וּמִיַּד מַחְשָׁבָה, מַחְשָׁבָה אֵין מוֹצִיאָה לֹא מִיַּד מַעֲשֶׂה וְלֹא מִיַּד מַחְשָׁבָה. בִּשְׁלָמָא מִיַּד מַעֲשֶׂה לָא מַפְּקָה, דְּלָא אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל מַעֲשֶׂה, אֶלָּא מִיַּד מַחְשָׁבָה מִיהָא תַּפֵּיק!Un acte fait sortir de l'état créé par un acte et de celui créé par une pensée ; une pensée ne fait sortir ni de l'état créé par un acte, ni de celui créé par une pensée. Rech Lakich objecte : Certes, de l'état créé par un acte elle ne fait pas sortir, car une parole ne vient pas annuler un acte ; mais de l'état créé par une pensée, qu'elle fasse au moins sortir ! On voit donc qu'une parole n'annule pas une parole.
- שָׁאנֵי מַחְשָׁבָה דְּטוּמְאָה, דְּכִי מַעֲשֶׂה דָּמֵי, וְכִדְרַב פָּפָּא. דְּרַב פָּפָּא רָמֵי: כְּתִיב: ״כִּי יִתֵּן״, וְקָרֵינַן: ״כִּי יוּתַּן״. הָא כֵּיצַד?La pensée relative à l'impureté est différente, car elle ressemble à un acte, et ceci conformément à Rav Pappa. Car Rav Pappa a soulevé une contradiction à propos des graines rendues réceptives à l'impureté par l'eau : il est écrit « ki yitèn » (« si l'on met » de l'eau, Lévitique 11, 38), et nous lisons « ki youtan » (« si de l'eau est mise »). Comment cela se concilie-t-il ?
- ״כִּי יוּתַּן״ דֻּומְיָא ״דְּכִי יִתֵּן״. מָה ״יִתֵּן״ דְּנִיחָא לֵיהּ, אַף ״יוּתַּן״, דְּנִיחָא לֵיהּ.« Ki youtan » est semblable à « ki yitèn » : de même que « yitèn » suppose que cela lui convient, puisqu'il met l'eau lui-même, de même « youtan » suppose que cela lui convient. La simple satisfaction du propriétaire vaut donc un acte en matière d'impureté.
- רַב זְבִיד מַתְנֵי לְהָא שְׁמַעְתְּתָא אַהָא: וְכֵן הִיא שֶׁנָּתְנָה רְשׁוּת לִשְׁלוּחָהּ לְקַדְּשָׁהּ, וְהָלְכָה הִיא וְקִדְּשָׁהּ אֶת עַצְמָהּ, אִם שֶׁלָּהּ קָדְמוּ – קִידּוּשֶׁיהָ קִידּוּשִׁין, וְאִם שֶׁל שְׁלוּחָהּ קָדְמוּ – אֵין קִידּוּשֶׁיהָ קִידּוּשִׁין.Rav Zevid enseignait cette discussion à propos de ceci : « Et de même, celle qui a donné pouvoir à son mandataire de la consacrer, et qui est allée se consacrer elle-même : si les siens ont précédé, ses kiddouchin (première étape du mariage) sont des kiddouchin ; et si ceux de son mandataire ont précédé, ses kiddouchin ne sont pas des kiddouchin. »
- לֹא קִדְּשָׁהּ אֶת עַצְמָהּ וְחָזְרָה בָּהּ, מַהוּ? רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: חוֹזֶרֶת, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: אֵינָהּ חוֹזֶרֶת. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: חוֹזֶרֶת, אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל דִּיבּוּר. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: אֵינָהּ חוֹזֶרֶת, לָא אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל דִּיבּוּר.Si elle ne s'est pas consacrée elle-même et qu'elle s'est rétractée, qu'en est-il ? Rabbi Yo'hanan a dit : elle peut se rétracter ; et Rech Lakich a dit : elle ne peut pas se rétracter. Rabbi Yo'hanan a dit : elle peut se rétracter : une parole vient annuler une parole. Rech Lakich a dit : elle ne peut pas se rétracter : une parole ne vient pas annuler une parole.
- אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: בִּיטֵּל, אִם עַד שֶׁלֹּא תָּרַם בִּיטֵּל – אֵין תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה! אָמַר רָבָא: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, כְּגוֹן שֶׁקָּדַם בַּעַל הַבַּיִת וְתָרַם אֶת כִּרְיוֹ, דְּהָוֵה לֵיהּ מַעֲשֶׂה.Rabbi Yo'hanan objecta à Rech Lakich : « S'il a annulé : s'il a annulé avant d'avoir prélevé, sa terouma (prélèvement donné au Cohen) n'est pas terouma » ! Rava a dit : de quoi nous occupons-nous ici ? D'un cas où le maître de maison a devancé le mandataire et a prélevé la terouma de son tas, ce qui constitue un acte.
- אֵיתִיבֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ: כׇּל הַכֵּלִים יוֹרְדִים לִידֵי טוּמְאָתָן בְּמַחְשָׁבָה, וְאֵין עוֹלִין מִטּוּמְאָתָן אֶלָּא בְּשִׁינּוּי מַעֲשֶׂה. מַעֲשֶׂה מוֹצִיא מִיַּד מַעֲשֶׂה וּמִיַּד מַחְשָׁבָה, מַחְשָׁבָה אֵינָהּ מוֹצִיאָה לֹא מִיַּד מַעֲשֶׂה וְלֹא מִיַּד מַחְשָׁבָה. בִּשְׁלָמָא מִיַּד מַעֲשֶׂה לָא מַפְּקָה, לָא אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל מַעֲשֶׂה, אֶלָּא מִיַּד מַחְשָׁבָה מִיהָא תַּפֵּיק!Rech Lakich lui objecta : « Tous les ustensiles descendent à leur état de réceptivité à l'impureté par la pensée, et ils ne remontent de leur impureté que par un changement résultant d'un acte. Un acte fait sortir de l'état créé par un acte et de celui créé par une pensée ; une pensée ne fait sortir ni de l'état créé par un acte, ni de celui créé par une pensée. » Certes, de l'état créé par un acte elle ne fait pas sortir : une parole ne vient pas annuler un acte ; mais de l'état créé par une pensée, qu'elle fasse au moins sortir !
- אֲמַר לֵיהּ: שָׁאנֵי מַחְשָׁבָה דְּטוּמְאָה דְּכִי מַעֲשֶׂה דָּמֵי, וְכִדְרַב פָּפָּא. דְּרַב פָּפָּא רָמֵי: כְּתִיב: ״כִּי יִתֵּן״, וְקָרֵינַן: ״כִּי יוּתַּן״. הָא כֵּיצַד? ״כִּי יוּתַּן״ דֻּומְיָא ״דָּיִתֵּן״, מָה ״יִתֵּן״ דְּנִיחָא לֵיהּ אַף ״יוּתַּן״ נָמֵי דְּנִיחָא לֵיהּ.Il lui dit : la pensée relative à l'impureté est différente, car elle ressemble à un acte, et ceci conformément à Rav Pappa. Car Rav Pappa a soulevé une contradiction : il est écrit « ki yitèn », et nous lisons « ki youtan ». Comment cela se concilie-t-il ? « Ki youtan » est semblable à « yitèn » : de même que « yitèn » suppose que cela lui convient, de même « youtan » suppose aussi que cela lui convient.
- אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: הַשּׁוֹלֵחַ גֵּט לְאִשְׁתּוֹ וְהִגִּיעַ בַּשָּׁלִיחַ אוֹ שֶׁשָּׁלַח אַחֲרָיו שָׁלִיחַ וְאָמַר לוֹ: ״גֵּט שֶׁנָּתַתִּי לְךָ בָּטֵל הוּא״ – הֲרֵי זֶה בָּטֵל תְּיוּבְתָּא דְּרֵישׁ לָקִישׁ, תְּיוּבְתָּא.Rabbi Yo'hanan objecta à Rech Lakich : « Celui qui envoie un get (acte de divorce) à sa femme, et qui a rencontré le mandataire, ou qui a envoyé derrière lui un mandataire, et lui a dit : “Le get que je t'ai donné est annulé” : il est annulé. » Teyouvta (réfutation définitive) de Rech Lakich : c'est une teyouvta.
- וְהִילְכְתָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, וַאֲפִילּוּ בְּקַמַּיְיתָא. וְאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא לְמֵימַר: שָׁאנֵי נְתִינַת מָעוֹת לְיַד אִשָּׁה דִּכְמַעֲשֶׂה דָּמֵי, אֲפִילּוּ הָכִי אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל דִּיבּוּר.Et la halakha (règle pratique) est conforme à Rabbi Yo'hanan, même dans le premier cas, celui de la femme qui se rétracte après avoir reçu l'argent. Et bien qu'on puisse dire que le don d'argent dans la main de la femme est différent, car il ressemble à un acte, malgré cela une parole vient annuler une parole.
- קַשְׁיָא הִילְכְתָא אַהִילְכְתָא. אָמְרַתְּ: הִילְכְתָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן, וְקַיְימָא לַן הִילְכְתָא כְּרַב נַחְמָן, דְּאִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ שֶׁיַּחֲזוֹר וִיגָרֵשׁ בּוֹ?Une halakha est difficile au regard de l'autre halakha. Tu as dit : la halakha est conforme à Rabbi Yo'hanan ; or nous tenons que la halakha est conforme à Rav Na'hman, car ils ont posé la question : si le mari a annulé le get envoyé par mandataire, peut-il recommencer et divorcer par lui ?
- רַב נַחְמָן אָמַר: חוֹזֵר וּמְגָרֵשׁ בּוֹ, רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: אֵינוֹ חוֹזֵר וּמְגָרֵשׁ בּוֹ. וְקַיְימָא לַן הִילְכְתָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן! נְהִי דְּבַטְּלֵיהּ מִתּוֹרַת שְׁלִיחַ, מִתּוֹרַת גֵּט לָא בַּטְּלֵיהּ.Rav Na'hman a dit : il peut recommencer et divorcer par lui. Rav Chéchèt a dit : il ne peut pas recommencer et divorcer par lui. Et nous tenons que la halakha est conforme à Rav Na'hman ! Or, selon Rabbi Yo'hanan, le get annulé ne devrait plus être valable. Réponse : Admettons qu'il l'ait annulé quant à sa qualité de mandataire ; quant à sa qualité de get, il ne l'a pas annulé.
- מְקוּדֶּשֶׁת לַשֵּׁנִי. אָמַר רַב: מְקוּדֶּשֶׁת לַשֵּׁנִי לְעוֹלָם, וּשְׁמוּאֵל אֲמַר: מְקוּדֶּשֶׁת לַשֵּׁנִי עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם פָּקְעִי קִידּוּשֵׁי שֵׁנִי וְגָמְרִי קִידּוּשֵׁי רִאשׁוֹן.La Michna enseigne : si un autre la consacre pendant les trente jours, elle est consacrée au second. Rav a dit : elle est consacrée au second pour toujours ; et Chmouel a dit : elle est consacrée au second jusqu'à trente jours ; après trente jours, les kiddouchin du second s'annulent et ceux du premier s'achèvent.
- יָתֵיב רַב חִסְדָּא וְקָא קַשְׁיָא לֵיהּ: קִידּוּשֵׁי שֵׁנִי בְּמַאי פָּקְעִי? אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף: מָר אַרֵישָׁא מַתְנֵי לַהּ וְקַשְׁיָא לֵיהּ, רַב יְהוּדָה אַסֵּיפָא מַתְנֵי לַהּ וְלָא קַשְׁיָא לֵיהּ:Rav 'Hisda était assis et cela lui faisait difficulté : par quoi les kiddouchin du second s'annulent-ils ? Ils avaient pris effet alors que ceux du premier n'existaient pas encore. Rav Yossef lui dit : le Maître enseigne cette divergence sur la première partie de la Michna, et cela lui fait difficulté ; Rav Yehouda l'enseigne sur la dernière partie, et cela ne lui fait pas difficulté :
- ״מֵעַכְשָׁיו וּלְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״ וְכוּ׳. אָמַר רַב: מְקוּדֶּשֶׁת וְאֵינָהּ מְקוּדֶּשֶׁת לְעוֹלָם. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מְקוּדֶּשֶׁת וְאֵינָהּ מְקוּדֶּשֶׁת אֶלָּא עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, לְאַחַר שְׁלֹשִׁים פָּקְעִי קִידּוּשֵׁי שֵׁנִי וְגָמְרִי קִידּוּשֵׁי רִאשׁוֹן.« À partir de maintenant et après trente jours », etc. : si un autre l'a consacrée entre-temps, Rav a dit : elle est consacrée et n'est pas consacrée, pour toujours. Et Chmouel a dit : elle est consacrée et n'est pas consacrée seulement jusqu'à trente jours ; après trente jours, les kiddouchin du second s'annulent et ceux du premier s'achèvent.
- לְרַב מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי תְּנָאָה הֲוַאי, אִי חֲזָרָה הֲוַאי. לִשְׁמוּאֵל פְּשִׁיטָא לֵיהּ דִּתְנָאָה הֲוַאי.Pour Rav, il y a doute : est-ce une condition (« si je ne me ravise pas dans les trente jours, tu es consacrée dès maintenant »), ou est-ce une rétractation (il revient sur « à partir de maintenant » pour ne consacrer qu'après trente jours) ? Pour Chmouel, il est évident que c'est une condition.
- וּבִפְלוּגְתָּא דְּהָנֵי תַּנָּאֵי, דְּתַנְיָא: ״מֵהַיּוֹם וּלְאַחַר מִיתָה״ – גֵּט וְאֵינוֹ גֵּט, דִּבְרֵי חֲכָמִים. רַבִּי אוֹמֵר: כָּזֶה גֵּט.Et ils divergent dans la machlokèt (divergence d'opinions) de ces Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna), car il a été enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : si un homme dit à sa femme : « À partir d'aujourd'hui et après la mort » : c'est un get et ce n'est pas un get, paroles des Sages. Rabbi (Yehouda HaNassi) dit : un tel acte est un get.
- וְנֵימָא רַב: הֲלָכָה כְּרַבָּנַן, וְנֵימָא שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַבִּי! צְרִיכָא. דְּאִילּוּ אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבָּנַן, הֲוָה אָמֵינָא: הָתָם דִּלְרַחוֹקַהּ קָאָתֵי, אֲבָל הָכָא, דִּלְקָרוֹבַהּ קָאָתֵי, אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל דִּתְנָאָהּ הֲוַאי.Et que Rav dise : la halakha est conforme aux Sages, et que Chmouel dise : la halakha est conforme à Rabbi ! C'est nécessaire. Car si Rav avait dit : la halakha est conforme aux Sages, j'aurais dit : là-bas, c'est qu'il vient l'éloigner ; mais ici, où il vient la rapprocher, je dirais qu'il reconnaît à Chmouel que c'est une condition.
- וְאִי אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי, הֲוָה אָמֵינָא: הָתָם הוּא דְּאֵין גֵּט לְאַחַר מִיתָה. אֲבָל הָכָא דְּיֵשׁ קִידּוּשִׁין לְאַחַר שְׁלֹשִׁים, אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַב, צְרִיכָא.Et si Chmouel avait dit : la halakha est conforme à Rabbi, j'aurais dit : c'est là-bas que c'est une condition, parce qu'il n'y a pas de get après la mort ; mais ici, où il y a des kiddouchin après trente jours, je dirais qu'il reconnaît à Rav qu'il y a doute. C'est nécessaire.
- אָמַר אַבָּיֵי: וּלְטַעְמֵיהּ דְּרַב, בָּא אֶחָד וְאָמַר לָהּ: ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי מֵעַכְשָׁיו וּלְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״, וּבָא אַחֵר וְאָמַר לָהּ: ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי מֵעַכְשָׁיו וּלְאַחַר עֶשְׂרִים יוֹם״Abayé a dit : et selon le raisonnement de Rav, si l'un est venu et lui a dit : « Te voici consacrée à moi à partir de maintenant et après trente jours », et qu'un autre est venu et lui a dit : « Te voici consacrée à moi à partir de maintenant et après vingt jours »,
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