Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וּמַאי שְׁנָא הָתָם דְּקָתָנֵי ״הָאוֹמֵר לִשְׁלוּחוֹ״?Et en quoi est-ce différent de là-bas (au chapitre précédent, 50a), où le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) enseigne : « Celui qui dit à son mandataire » : « Va me consacrer telle femme à tel endroit » (c'est-à-dire : conclus pour moi les kiddouchin, première étape du mariage), et il l'a consacrée ailleurs, elle n'est pas consacrée ? Pourquoi la Michna parle-t-elle là-bas de mandataire, et ici simplement d'un « autre » ?
- הָכָא רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן, וְהָתָם רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן. הָכָא רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן: דְּאִי תְּנָא ״שְׁלוּחוֹ״ הֲוָה אָמֵינָא: שְׁלוּחוֹ הוּא דְּהָוֵי רַמַּאי, דְּסָמְכָה דַּעְתֵּיהּ, סָבַר: עָבֵד לִי שְׁלִיחוּתַי, אֲבָל חֲבֵירוֹ, דְּלָא סָמְכָה דַּעְתֵּיהּ, אֵימָא לָא לֶיהֱוֵי רַמַּאי.Ici elle nous enseigne une nouveauté, et là-bas elle nous enseigne une nouveauté. Ici elle nous enseigne une nouveauté : car si le Tanna avait enseigné « son mandataire », j'aurais dit : c'est son mandataire qui est considéré comme un fourbe, parce que celui qui l'envoie s'est fié à lui, pensant : il accomplira ma mission pour moi ; mais son prochain, à qui il ne se fie pas, puisqu'il ne l'a pas désigné, je dirais qu'il ne serait pas un fourbe.
- הָתָם רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן: דְּאִי תְּנָא: ״הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ״ הֲוָה אָמֵינָא: חֲבֵירוֹ הוּא דְּכִי קִדְּשָׁהּ בְּמָקוֹם אַחֵר אֵינָהּ מְקוּדֶּשֶׁת, דְּסָבַר: לָא טָרַח, אֲבָל שְׁלוּחוֹ דְּטָרַח אֵימָא: מַרְאֶה מָקוֹם הוּא לוֹ, קָא מַשְׁמַע לַן.Là-bas elle nous enseigne une nouveauté : car si le Tanna avait enseigné « celui qui dit à son prochain », j'aurais dit : c'est avec son prochain que, s'il l'a consacrée dans un autre endroit, elle n'est pas consacrée, parce que l'envoyeur pense : il ne se donnera pas de peine pour la chercher ailleurs, et il ne l'a donc chargé que de cet endroit ; mais avec son mandataire, qui se donne de la peine, je dirais que l'envoyeur ne fait que lui indiquer un endroit où la trouver, et qu'elle est consacrée même ailleurs. C'est pourquoi la Michna nous enseigne qu'elle n'est pas consacrée.
- רָבִין חֲסִידָא אֲזַיל לְקַדּוֹשֵׁי לֵיהּ אִיתְּתָא לִבְרֵיהּ, קַידְּשַׁהּ לְנַפְשֵׁיהּ. וְהָתַנְיָא: מַה שֶּׁעָשָׂה – עָשׂוּי, אֶלָּא שֶׁנָּהַג בּוֹ מִנְהַג רַמָּאוּת! לָא יַהֲבוּהּ נִיהֲלֵיהּ. אִיבְּעִי לֵיהּ לְאוֹדוֹעֵי! סָבַר: אַדְּהָכִי וְהָכִי אֲתָא אִינִישׁ אַחֲרִינָא מְקַדֵּשׁ לַהּ.Ravin le Pieux, désigné comme mandataire, alla consacrer une femme pour son fils, et il la consacra pour lui-même. Mais n'a-t-il pas été enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : ce qu'il a fait est fait, sauf qu'il a agi envers lui selon une conduite de fourberie ! Comment un homme pieux a-t-il pu agir ainsi ? Ils ne voulaient pas la lui donner (à son fils), mais seulement au père. Il aurait dû l'en informer ! Il pensa : pendant ce temps, un autre homme viendra et la consacrera.
- רַבָּה בַּר בַּר חָנָה יְהַיב לֵיהּ זוּזֵי לְרַב, אֲמַר: זִבְנַהּ נִיהֲלִי לְהַאי אַרְעָא. אֲזַל זַבְנַהּ לְנַפְשֵׁיהּ. וְהָתַנְיָא: מַה שֶּׁעָשָׂה – עָשׂוּי, אֶלָּא שֶׁנָּהַג בּוֹ מִנְהַג רַמָּאוּת! בָּאגָא דְאַלִּימֵי הֲוָה (לֵיהּ), לְרַב – נָהֲגִי בֵּיהּ כָּבוֹד, לְרַבָּה בַּר בַּר חָנָה – לָא נָהֲגִי בֵּיהּ כָּבוֹד. אִיבְּעִי לֵיהּ לְאוֹדוֹעֵי! סְבַר: אַדְּהָכִי וְהָכִי אֲתָא אִינִישׁ אַחֲרִינָא זַבֵּין לַהּ.Rabba bar bar 'Hana donna de l'argent à Rav et lui dit : achète-moi cette terre. Il alla et l'acheta pour lui-même. Mais n'a-t-il pas été enseigné : ce qu'il a fait est fait, sauf qu'il a agi envers lui selon une conduite de fourberie ! Cette terre était située dans une vallée d'hommes violents : envers Rav ils se conduisaient avec respect, envers Rabba bar bar 'Hana ils ne se conduisaient pas avec respect. Il aurait dû l'en informer ! Il pensa : pendant ce temps, un autre homme viendra et l'achètera.
- רַב גִּידֵּל הֲוָה מְהַפֵּיךְ בְּהַהִיא אַרְעָא. אֲזַל רַבִּי אַבָּא זַבְנַהּ. אֲזַל רַב גִּידֵּל קַבְלֵיהּ לְרַבִּי זֵירָא. אֲזַל רַבִּי זֵירָא וְקַבְלֵיהּ לְרַב יִצְחָק נַפָּחָא. אָמַר לֵיהּ: הַמְתֵּן עַד שֶׁיַּעֲלֶה אֶצְלֵנוּ לָרֶגֶל. כִּי סְלֵיק, אַשְׁכְּחֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: עָנִי מְהַפֵּךְ בַּחֲרָרָה, וּבָא אַחֵר וּנְטָלָהּ הֵימֶנּוּ, מַאי?Rav Guidel était en train de chercher à acquérir cette terre-là. Rabbi Abba alla et l'acheta. Rav Guidel alla se plaindre de lui à Rabbi Zeira. Rabbi Zeira alla se plaindre de lui à Rav Yits'hak Nappa'ha. Il lui dit : attends qu'il monte chez nous pour la fête de pèlerinage, où tous viennent écouter l'enseignement. Quand il monta, il le trouva et lui dit : un pauvre cherche à acquérir une galette, et un autre vient et la lui prend : qu'en est-il ?
- אֲמַר לֵיהּ: נִקְרָא רָשָׁע. וְאֶלָּא מָר מַאי טַעְמָא עֲבַד הָכִי? אֲמַר לֵיהּ: לָא הֲוָה יָדַעְנָא. הַשְׁתָּא נָמֵי נִיתְּבַהּ נִיהֲלֵיהּ מָר. אֲמַר לֵיהּ: זַבּוֹנֵי לָא מְזַבֵּינְנָא לַהּ, דְּאַרְעָא קַמַּיְיתָא הִיא, וְלָא מְסַמְּנָא מִילְּתָא. אִי בָּעֵי בְּמַתָּנָה – נִישְׁקְלֵיהּ.Il lui dit : il est appelé méchant. Il lui répliqua : Mais alors, le Maître, pour quelle raison a-t-il fait ainsi ? Il lui dit : je ne le savais pas. Maintenant aussi, que le Maître la lui donne. Il lui dit : la vendre, je ne la vendrai pas, car c'est la première terre que j'achète, et une telle chose n'est pas de bon augure. S'il la veut en cadeau, qu'il la prenne.
- רַב גִּידֵּל לָא נָחֵית לַהּ, דִּכְתִיב: ״וְשׂוֹנֵא מַתָּנֹת יִחְיֶה״. רַבִּי אַבָּא לָא נָחֵית לַהּ מִשּׁוּם דְּהַפֵּיךְ בַּהּ רַב גִּידֵּל. לָא מָר נָחֵית לַהּ וְלָא מָר נָחֵית לַהּ וּמִיתְקָרְיָא אַרְעָא דְרַבָּנַן.Rav Guidel n'y descendit pas pour en prendre possession, car il est écrit : « Mais celui qui hait les présents vivra » (Proverbes 15, 27). Rabbi Abba n'y descendit pas, parce que Rav Guidel avait cherché à l'acquérir. Ni ce Maître n'y descendit, ni cet autre Maître n'y descendit, et elle fut appelée « la terre des Maîtres ».
- וְכֵן הָאוֹמֵר לְאִשָּׁה הִתְקַדְּשִׁי לִי כּוּ׳. לֹא בָּא אַחֵר וְקִידְּשָׁה בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים, מַהוּ? רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מְקוּדֶּשֶׁת, וְאַף עַל פִּי שֶׁנִּתְאַכְּלוּ הַמָּעוֹת.La Michna enseigne : « Et de même, celui qui dit à une femme : sois-moi consacrée après trente jours », etc., et si un autre la consacre entre-temps, elle est consacrée au second. Si un autre n'est pas venu la consacrer dans les trente jours, qu'en est-il ? Rav et Chmouel disent tous deux : elle est consacrée, même si l'argent a été consommé entre-temps.
- מַאי טַעְמָא? הָנֵי זוּזֵי לָא לְמִלְוָה דָּמוּ וְלָא לְפִקָּדוֹן דָּמוּ.Quelle en est la raison ? Ces zouz (pièces d'argent) ne ressemblent ni à un prêt ni à un dépôt.
- לְפִקָּדוֹן לָא דָּמוּ – פִּקָּדוֹן בִּרְשׁוּתָא דְמָרֵיהּ קָא מִתְאַכְּלִי, וְהָנֵי בִּרְשׁוּתָא דִידַהּ קָא מִתְאַכְּלִי. לְמַלְוֶה נָמֵי לָא דָּמוּ – מִלְוָה לְהוֹצָאָה נִיתְּנָה, הָנֵי בְּתוֹרַת קִידּוּשִׁין יַהֲבִינְהוּ נִיהֲלַהּ.Ils ne ressemblent pas à un dépôt : un dépôt se consomme dans le domaine de son propriétaire, tandis que ceux-ci se consomment dans son domaine à elle. Ils ne ressemblent pas non plus à un prêt : un prêt est donné pour être dépensé, tandis que ceux-ci, il les lui a donnés au titre de kiddouchin.
- לֹא בָּא אַחֵר וְקִידְּשָׁהּ, וְחָזְרָה בָּהּ, מַהוּ? רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: חוֹזֶרֶת – אָתֵי דִּיבּוּר, וּמְבַטֵּל דִּיבּוּר. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: אֵינָהּ חוֹזֶרֶת – לָא אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל דִּיבּוּר.Si un autre n'est pas venu la consacrer et qu'elle s'est rétractée dans les trente jours, qu'en est-il ? Rabbi Yo'hanan a dit : elle peut se rétracter : une parole vient annuler une parole. Rech Lakich a dit : elle ne peut pas se rétracter : une parole ne vient pas annuler une parole.
- אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: בִּיטֵּל, אִם עַד שֶׁלֹּא תָּרַם בִּיטֵּל – אֵין תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה. וְהָא הָכָא דְּדִיבּוּר וְדִיבּוּר הוּא, וְקָאָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל דִּיבּוּר! שָׁאנֵי נְתִינַת מָעוֹת לְיַד אִשָּׁה, דְּכִי מַעֲשֶׂה דָּמוּ, וְלָא אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל מַעֲשֶׂה.Rabbi Yo'hanan objecta à Rech Lakich (Michna Teroumot 3, 4), à propos de celui qui a chargé un mandataire de prélever la terouma (prélèvement donné au Cohen) : s'il a annulé : s'il a annulé avant que le mandataire n'ait prélevé, sa terouma n'est pas terouma. Or ici, c'est une parole et une parole, et une parole vient annuler une parole ! Il répondit : Le don d'argent dans la main de la femme est différent, car il ressemble à un acte, et une parole ne vient pas annuler un acte.
- אֵיתִיבֵיהּ: הַשּׁוֹלֵחַ גֵּט לְאִשְׁתּוֹ וְהִגִּיעַ בַּשָּׁלִיחַ אוֹ שֶׁשָּׁלַח אַחֲרָיו שָׁלִיחַ וְאָמַר לוֹ: ״גֵּט שֶׁנָּתַתִּי לְךָ בָּטֵל הוּא״ – הֲרֵי זֶה בָּטֵל. וְהָא נְתִינַת גֵּט לְיַד שָׁלִיחַ, דְּכִי נְתִינַת מָעוֹת לְיַד אִשָּׁה דָּמֵי, וְקָתָנֵי הֲרֵי זֶה בָּטֵל!Il lui objecta : celui qui envoie un get (acte de divorce) à sa femme, et qui a rencontré le mandataire, ou qui a envoyé derrière lui un mandataire, et lui a dit : « Le get que je t'ai donné est annulé » : il est annulé. Or le don du get dans la main du mandataire ressemble au don de l'argent dans la main de la femme, et pourtant la baraïta enseigne qu'il est annulé !
- הָתָם נָמֵי, כֹּל כַּמָּה דְּלָא מְטָא גִּיטָּא לִידַהּ – דִּיבּוּר וְדִיבּוּר הוּא, אָתֵי דִּיבּוּר וּמְבַטֵּל דִּיבּוּר.Il répondit : Là-bas aussi, tant que le get n'est pas arrivé dans sa main à elle, c'est une parole et une parole, et une parole vient annuler une parole.
- אֵיתִיבֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַכֵּלִים יוֹרְדִין לִידֵי טוּמְאָתָן בְּמַחְשָׁבָה, וְאֵין עוֹלִים מִידֵּי טוּמְאָתָן אֶלָּא בְּשִׁינּוּי מַעֲשֶׂה.Rech Lakich objecta à Rabbi Yo'hanan : tous les ustensiles descendent à leur état de réceptivité à l'impureté par la pensée (un ustensile inachevé, dont l'artisan décide qu'il n'y travaillera plus, a aussitôt le statut d'ustensile fini et peut devenir tamé, impur), et ils ne remontent de leur impureté que par un changement résultant d'un acte.
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