Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- הַמַּרְבֶּה בַּמַּעֲשֵׂר – פֵּירוֹתָיו מְתוּקָּנִים וּמַעְשְׂרוֹתָיו מְקוּלְקָלִין. וְאַמַּאי? נֵימָא: כֹּל שֶׁאֵינוֹ בְּזֶה אַחַר זֶה אֲפִילּוּ בְּבַת אַחַת אֵינוֹ.Dans le cas de celui qui augmente la dîme – il prélève deux dixièmes au lieu d'un – ses fruits sont rendus aptes à la consommation, puisqu'ils ont été dûment prélevés, mais ses dîmes sont gâtées, car on ignore quelle part est la vraie dîme : le tout n'a ni le statut de dîme, ni celui de produit prélevé. Et pourquoi ses fruits seraient-ils rendus aptes, selon l'opinion de Rabba ? Disons que tout ce qui n'est pas réalisable l'un après l'autre, même simultanément n'est pas réalisable ! Puisqu'on ne peut désigner un dixième puis un second dixième comme dîme, on ne devrait pas non plus pouvoir désigner les deux d'un coup.
- אֲמַר לֵיהּ: שָׁאנֵי מַעֲשֵׂר, דְּאִיתֵיהּ לַחֲצָאִים, דְּאִי אָמַר: ״תִּיקְדּוֹשׁ פַּלְגָא דְחִיטְּתָא״ – קָדְשָׁה.Rabba lui a dit : la dîme est différente, car elle existe par moitiés, puisque s'il dit : « Que soit consacrée la moitié du grain de blé », elle est consacrée. Ainsi, lorsqu'il prélève deux dixièmes, la moitié de chaque grain devient dîme, sans que l'on puisse identifier laquelle ; la dîme est donc gâtée, mais le reste de la récolte est bien prélevé.
- וַהֲרֵי מַעְשַׂר בְּהֵמָה, דְּלֵיכָּא לַחֲצָאִין, וְלֵיכָּא בְּזֶה אַחַר זֶה. וְאָמַר רָבָא: יָצְאוּ שְׁנַיִם בַּעֲשִׂירִי, וּקְרָאָן ״עֲשִׂירִי״ – עֲשִׂירִי וְאַחַד עָשָׂר מְעוֹרָבִים זֶה בָּזֶה.La Guemara objecte encore à Rabba : Mais voici la dîme du bétail, qui n'existe pas par moitiés – on ne peut consacrer la moitié d'un animal – et qui n'existe pas non plus l'un après l'autre – une fois le dixième désigné, on ne peut en désigner un autre. Et pourtant Rava a dit : Si deux animaux sont sortis ensemble de l'enclos au rang de dixième et qu'il les a appelés « dixième », le dixième et le onzième sont mélangés l'un à l'autre : l'un a la sainteté de la dîme du bétail et l'autre celle d'un sacrifice de paix, sans qu'on sache lequel. Selon le principe de Rabba, aucun des deux ne devrait être consacré !
- שָׁאנֵי מַעְשַׂר בְּהֵמָה, דְּאִיתֵיהּ בְּטָעוּת. דִּתְנַן: קָרָא לַתְּשִׁיעִי ״עֲשִׂירִי״, וְלָעֲשִׂירִי ״תְּשִׁיעִי״, וְלָאַחַד עָשָׂר ״עֲשִׂירִי״ – שְׁלָשְׁתָּן מְקוּדָּשִׁין.La Guemara répond : La dîme du bétail est différente, car elle existe pour deux animaux successifs dans le cas d'une erreur. Comme nous avons appris dans une Michna (Bekhorot 60a) : S'il a appelé le neuvième « dixième », le dixième « neuvième » et le onzième « dixième », tous les trois sont consacrés. Une sainteté peut donc s'appliquer à plus d'un animal lorsqu'ils sont désignés par erreur.
- הֲרֵי תּוֹדָה, דְּלֵיתַהּ בְּטָעוּת, וְלֵיתַהּ נָמֵי בְּזֶה אַחַר זֶה, וְאִיתְּמַר: תּוֹדָה שֶׁנִּשְׁחֲטָה עַל שְׁמוֹנִים חַלּוֹת, חִזְקִיָּה אָמַר: קָדְשִׁי לַהּ אַרְבָּעִים מִתּוֹךְ שְׁמוֹנִים. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לָא קָדְשִׁי לַהּ אַרְבָּעִים מִתּוֹךְ שְׁמוֹנִים.La Guemara objecte encore : Voici les pains du sacrifice de toda (action de grâce), qui ne sont pas consacrés par erreur et ne le sont pas non plus l'un après l'autre – si deux séries de pains sont désignées successivement pour le même sacrifice. Et pourtant il a été dit par les Amoraïm : Une toda qui a été égorgée avec quatre-vingts pains, soit le double de ce qui est requis : 'Hizkiya a dit : Quarante parmi les quatre-vingts sont consacrés pour elle. Et Rabbi Yo'hanan a dit : Quarante parmi les quatre-vingts ne sont pas consacrés pour elle. Ils semblent donc discuter du principe de Rabba.
- לָאו אִיתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַכֹּל מוֹדִים כֹּל הֵיכָא דְּאָמַר: ״קָדְשִׁי לַהּ אַרְבָּעִים מִתּוֹךְ שְׁמוֹנִים״ – קָדְשִׁי, ״לֹא יִקְדְּשׁוּ אַרְבָּעִים אֶלָּא אִם כֵּן קָדְשִׁי שְׁמוֹנִים״ – לָא קָדְשִׁי.La Guemara rejette cette preuve : N'a-t-il pas été dit à ce sujet que Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit : Tous reconnaissent que partout où il a dit : « Que quarante parmi les quatre-vingts soient consacrés pour elle », ils sont consacrés ; et s'il a dit : « Que quarante ne soient consacrés que si les quatre-vingts sont consacrés », ils ne sont pas consacrés.
- לֹא נֶחְלְקוּ אֶלָּא בִּסְתָם, מָר סָבַר: לְאַחְרָיוּת קָא מִיכַּוַּון. וּמָר סָבַר: לְקׇרְבָּן גָּדוֹל קָא מִיכַּוַּון.Ils ne divergent que dans le cas où il a désigné les pains sans préciser. L'un des Maîtres, 'Hizkiya, pense : Il a l'intention d'apporter le surplus en garantie : si les quarante premiers se perdent ou deviennent tamé (impurs), les autres les remplaceront ; quarante sont donc consacrés. Et l'autre Maître, Rabbi Yo'hanan, pense : Il a l'intention d'apporter un grand sacrifice de quatre-vingts pains, et rien n'est consacré. Cette explication est conforme à l'opinion de Rabba.
- וְרָבָא, לְמָה לֵיהּ לְשַׁנּוֹיֵי כְּרַבָּה? תִּיפּוֹק לֵיהּ קִידּוּשִׁין שֶׁאֵין מְסוּרִין לְבִיאָה נִינְהוּ.La Guemara revient à la question initiale : Et Rava, pourquoi a-t-il besoin d'expliquer la Michna selon Rabba ? Qu'il le déduise de son propre principe : ce sont des kiddouchin (consécrations matrimoniales) qui ne sont pas livrés à la cohabitation, c'est-à-dire que l'homme ne peut vivre avec aucune des deux femmes ; or, selon Rava, de tels kiddouchin sont sans valeur !
- לִדְבָרָיו דְּרָמֵי בַּר חָמָא קָאָמַר.La Guemara répond : Rava aurait pu expliquer ainsi, mais il a parlé selon les propos de Rami bar 'Hama : à celui-ci, qui déduisait la règle d'un verset, il a répondu que le verset vise des kiddouchin successifs, tandis que notre Michna, où ils sont simultanés, s'explique par le principe de Rabba.
- אִיתְּמַר: קִידּוּשִׁין שֶׁאֵין מְסוּרִין לְבִיאָה, אַבָּיֵי אָמַר: הָווּ קִידּוּשִׁין. רָבָא אָמַר: לָא הָווּ קִידּוּשִׁין. אָמַר רָבָא: בַּר אֲהִינָא אַסְבְּרַהּ לִי: ״כִּי יִקַּח אִישׁ אִשָּׁה וּבְעָלָהּ״, קִידּוּשִׁין הַמְסוּרִין לְבִיאָה – הָווּ קִידּוּשִׁין, קִידּוּשִׁין שֶׁאֵין מְסוּרִין לְבִיאָה – לָא הָווּ קִידּוּשִׁין.Il a été dit par les Amoraïm : Au sujet de kiddouchin qui ne sont pas livrés à la cohabitation, Abayé a dit : Ce sont des kiddouchin. Rava a dit : Ce ne sont pas des kiddouchin. Rava a dit : Bar Ahina me l'a expliqué à partir du verset : « Lorsqu'un homme prend une femme et cohabite avec elle » (Deutéronome 24, 1) : des kiddouchin livrés à la cohabitation sont des kiddouchin ; des kiddouchin qui ne sont pas livrés à la cohabitation ne sont pas des kiddouchin.
- תְּנַן: הַמְקַדֵּשׁ אִשָּׁה וּבִתָּהּ אוֹ אִשָּׁה וַאֲחוֹתָהּ כְּאַחַת – אֵינָן מְקוּדָּשׁוֹת. הָא אַחַת מֵאִשָּׁה וּבִתָּהּ אוֹ מֵאִשָּׁה וַאֲחוֹתָהּ – מְקוּדֶּשֶׁת. וְאַמַּאי? קִידּוּשִׁין שֶׁאֵין מְסוּרִין לְבִיאָה נִינְהוּ! תְּיוּבְתָּא דְּרָבָא!Nous avons appris dans la Michna : Celui qui consacre une femme et sa fille, ou une femme et sa sœur, en une fois – elles ne sont pas consacrées. Il en ressort que s'il a consacré l'une d'une paire femme et sa fille, ou d'une paire femme et sa sœur, sans préciser laquelle, elle est consacrée. Et pourquoi ? Ce sont des kiddouchin qui ne sont pas livrés à la cohabitation, puisqu'il ne peut vivre avec aucune des deux, ignorant laquelle est la parente de sa fiancée ! Serait-ce une teyouvta (réfutation définitive) de Rava ?
- אָמַר לָךְ רָבָא: וּלְטַעְמָיךְ, אֵימָא סֵיפָא: מַעֲשֶׂה בְּחָמֵשׁ נָשִׁים וּבָהֶן שְׁתֵּי אֲחָיוֹת, וְלִיקֵּט אֶחָד כַּלְכַּלָּה שֶׁל תְּאֵנִים, וְשֶׁלָּהֶן הָיְתָה, וְשֶׁל שְׁבִיעִית הָיְתָה, וְאָמַר: ״הֲרֵי כּוּלְּכֶם מְקוּדָּשׁוֹת לִי בְּכַלְכַּלָּה זוֹ״. וְאָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין אֲחָיוֹת מְקוּדָּשׁוֹת. אֲחָיוֹת הוּא דְּאֵינָן מְקוּדָּשׁוֹת, הָא נָכְרִיּוֹת – מְקוּדָּשׁוֹת.Rava te dira : Et selon ton raisonnement à toi, dis la fin de la Michna : Il y eut un fait avec cinq femmes parmi lesquelles se trouvaient deux sœurs. Quelqu'un cueillit une corbeille de figues, qui étaient à elles et qui étaient de la chevi'it (année sabbatique), et dit : « Vous êtes toutes consacrées à moi par cette corbeille », et l'une d'elles l'accepta au nom de toutes. Et les Sages ont dit : Les sœurs ne sont pas consacrées. Ce sont les sœurs qui ne sont pas consacrées ; il en ressort que les étrangères – les trois autres, sans lien de parenté – sont consacrées.
- הֵיכִי דָמֵי? אִילֵימָא דְּאָמַר ״כּוּלְּכֶם״ – ״קְנִי אַתְּ וַחֲמוֹר״ הוּא, וְ״אַתְּ וַחֲמוֹר״ לֹא קָנָה.Comment cela se présente-t-il ? Si l'on dit qu'il a dit : « Vous toutes », c'est comme quelqu'un qui dit : « Acquiers, toi et l'âne », et « toi et l'âne » n'acquiert pas : l'âne ne pouvant acquérir, la personne n'acquiert pas non plus, puisque les deux acquisitions sont liées. De même ici, les sœurs ne pouvant être consacrées ensemble, les autres femmes ne devraient pas l'être non plus !
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