Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- יְצִיאָה דִּכְווֹתַהּ קָא מְמַעֵט.Il exclut une sortie semblable à elle : de même que, lorsqu'aucun argent n'est versé (à la sortie de la servante), c'est son maître qui aurait pu le recevoir, de même, lorsqu'il y a de l'argent (lors des fiançailles), il revient à celui qui a autorité sur elle, c'est-à-dire son père.
- וְהָא לָא דָּמְיָא הַאי יְצִיאָה לְהַאי יְצִיאָה, הָתָם נָפְקָא לַהּ מֵרְשׁוּת אָדוֹן לִגְמָרֵי, וְהָכָא אַכַּתִּי מִיחַסְּרָא מְסִירָה לְחוּפָּה! בַּהֲפָרַת נְדָרִים מִיהָא נָפְקָא לַהּ מֵרְשׁוּתֵיהּ. דִּתְנַן: נַעֲרָה הַמְאוֹרָסָה אָבִיהָ וּבַעְלָהּ מְפִירִין נְדָרֶיהָ.La Guemara objecte : Mais cette sortie-ci ne ressemble pas à cette sortie-là ! Là-bas, la servante sort totalement de l'autorité du maître, tandis qu'ici, lors des fiançailles, il lui manque encore la remise par son père à la 'houppa (dais nuptial), et jusque-là elle n'a pas entièrement quitté l'autorité paternelle. La Guemara répond : Pour l'annulation des vœux, du moins, elle sort de son autorité, comme nous avons appris dans une Michna (Nedarim 66b) : Une jeune fille fiancée, son père et son mari annulent ensemble ses vœux ; le père ne peut donc plus les annuler seul.
- וְהַאי ״וְיָצְאָה חִנָּם״ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא? הָא מִבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא, דְּתַנְיָא: ״וְיָצְאָה חִנָּם״ – אֵלּוּ יְמֵי בַּגְרוּת, ״אֵין כָּסֶף״ – אֵלּוּ יְמֵי נַעֲרוּת.La Guemara demande : Mais ce verset « elle sortira gratuitement » (Exode 21, 11) vient-il pour cela, enseigner qu'il n'y a pas d'argent pour ce maître-ci mais qu'il y en a pour un autre ? Il est nécessaire pour ce qui a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna). Car il a été enseigné : « Elle sortira gratuitement » – ce sont les jours de la bagrout (majorité de la jeune fille, à partir de douze ans et demi) : la servante hébreue quitte son maître lorsqu'elle devient majeure ; « sans argent » – ce sont les jours de la naarout (adolescence, à partir de douze ans avec les signes de puberté) : elle le quitte lorsqu'elle devient naara.
- אָמַר רָבִינָא: אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא ״אֵן כָּסֶף״. מַאי ״אֵין כָּסֶף״ – אֵין כֶּסֶף לְאָדוֹן זֶה אֲבָל יֵשׁ כֶּסֶף לְאָדוֹן אַחֵר, וּמַאן נִיהוּ – אָב.Ravina a dit : S'il en est ainsi, que le verset ne serve qu'à cela, que le verset dise èn kessef, sans la lettre yod. Que signifie eïn kessef, écrit avec un yod ? Il enseigne : il n'y a pas d'argent pour ce maître-ci, mais il y a de l'argent pour un autre maître. Et qui est-il ? Le père, qui reçoit l'argent lorsque sa fille quitte son autorité par les fiançailles.
- וּמִמַּאי דְּדָרְשִׁינַן הָכִי – דְּתַנְיָא: ״וְזֶרַע אֵין לָהּ״Et d'où savons-nous que nous interprétons ainsi le yod du mot eïn ? Car il a été enseigné dans une baraïta, au sujet de la fille d'un Cohen (prêtre) mariée à un non-Cohen, puis veuve ou divorcée : « et elle n'a pas de descendance » (Lévitique 22, 13), elle revient à la maison de son père et peut de nouveau manger de la terouma (prélèvement donné au Cohen).
- – אֵין לִי אֶלָּא זַרְעָהּ. זֶרַע זַרְעָהּ מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״זֶרַע אֵין לָהּ״ – עַיֵּין לָהּ. וְאֵין לִי אֶלָּא זֶרַע כָּשֵׁר. זֶרַע פָּסוּל מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״זֶרַע אֵין לָהּ״ – עַיֵּין לָהּ.Je n'aurais appris cela que pour sa descendance directe. La descendance de sa descendance, d'où le savons-nous ? Le verset dit : « elle n'a pas [eïn la] de descendance », ce que l'on lit, grâce au yod, ayèn la – examine-la, pour voir si elle a des descendants. Et je n'aurais appris cela que pour une descendance valable. Une descendance disqualifiée, par exemple un mamzer (enfant né d'une union interdite), d'où le savons-nous ? Le verset dit : « elle n'a pas de descendance » – examine-la.
- וְהָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לְזֶרַע זַרְעָהּ! זֶרַע זַרְעָהּ לָא אִיצְטְרִיךְ קְרָא, דִּבְנֵי בָנִים הֲרֵי הֵן כְּבָנִים. כִּי אִיצְטְרִיךְ קְרָא – לְזֶרַע פָּסוּל.La Guemara objecte : Mais tu l'as déjà utilisé pour la descendance de sa descendance ! Elle répond : Pour la descendance de sa descendance, un verset n'était pas nécessaire, car les enfants des enfants sont comme les enfants. Là où le verset était nécessaire, c'est pour la descendance disqualifiée.
- וְתַנָּא גּוּפֵיהּ מְנָלֵיהּ דְּדָרֵישׁ הָכִי? אָמְרִי: כְּתִיב ״מֵאֵן בִּלְעָם״ וּ״מֵאֵן יְבָמִי״, דְּלָא כְּתִיב בְּהוּ יוֹד. וְהָכָא, כְּתִיב בֵּיהּ יוֹד – שְׁמַע מִינַּהּ לִדְרָשָׁא הוּא דַּאֲתָא.Et le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) lui-même, d'où sait-il qu'on interprète ainsi ? On dit : il est écrit « Bilam refuse [méèn] » (Nombres 22, 14) et « mon yavam (beau-frère tenu au lévirat) refuse [méèn] » (Deutéronome 25, 7), où le yod n'est pas écrit ; et ici, le yod est écrit. Déduis-en qu'il vient pour une drasha (interprétation du verset).
- וְאִיצְטְרִיךְ לְמִכְתַּב קִידּוּשֶׁיהָ לְאָבִיהָ, וְאִיצְטְרִיךְ לְמִכְתַּב מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ לְאָבִיהָ. דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא קִידּוּשֶׁיהָ לְאָבִיהָ, הֲוָה אָמֵינָא מִשּׁוּם דְּלָא טָרְחָא בְּהוּ, אֲבָל מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ דְּקָא טָרְחָא בְּהוּ אֵימָא דִּידַהּ הָווּ.Et il était nécessaire d'écrire que ses fiançailles (l'argent ou l'acte de fiançailles) reviennent à son père, et il était nécessaire d'écrire que le produit de son travail revient à son père. Car si le Miséricordieux (la Torah) avait écrit seulement que ses fiançailles reviennent à son père, j'aurais dit que c'est parce qu'elle ne s'est pas donné de peine pour elles ; mais le produit de son travail, pour lequel elle se donne de la peine, je dirais qu'il est à elle.
- וְאִי אַשְׁמְעִינַן מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ, דְּקָא מִתַּזְנָא מִינֵּיהּ, אֲבָל קִידּוּשֶׁיהָ דְּמֵעָלְמָא קָאָתֵי לַהּ אֵימָא דִּידַהּ הָווּ, צְרִיכָא.Et si le verset nous avait appris seulement le produit de son travail, on aurait dit qu'il revient au père parce qu'elle est nourrie par lui ; mais ses fiançailles, qui lui viennent de l'extérieur, je dirais qu'elles sont à elle. Il était donc nécessaire d'écrire les deux.
- גּוּפָא: ״וְיָצְאָה חִנָּם״ – אֵלּוּ יְמֵי בַּגְרוּת, ״אֵין כֶּסֶף״ – אֵלּוּ יְמֵי נַעֲרוּת. וְלִכְתּוֹב רַחֲמָנָא נַעֲרוּת, וְלָא בָּעֵי בַּגְרוּת!Revenons au texte même de la baraïta : « Elle sortira gratuitement » – ce sont les jours de la bagrout ; « sans argent » – ce sont les jours de la naarout. La Guemara demande : Que le Miséricordieux écrive la naarout, et il ne serait pas nécessaire d'écrire la bagrout ! Si elle sort déjà à la naarout, à quoi bon enseigner qu'elle sort à la bagrout ?
- אָמַר רַבָּה: בָּא זֶה וְלִמֵּד עַל זֶה.Rabba a dit : Celui-ci est venu et a enseigné sur celui-là. Comme aucun des deux versets ne précise explicitement la naarout, s'il n'y en avait qu'un, on l'aurait appliqué à la bagrout ; le second vient montrer que l'un d'eux concerne la naarout.
- מִידֵּי דְּהָוֵה אַתּוֹשָׁב וְשָׂכִיר. דְּתַנְיָא: ״תּוֹשָׁב״ – זֶה קָנוּי קִנְיַן עוֹלָם, ״שָׂכִיר״ – זֶה קָנוּי קִנְיַן שָׁנִים.C'est comme pour le « résident » et le « salarié ». Car il a été enseigné dans une baraïta, à propos de la terouma (« le résident du Cohen et le salarié ne mangeront pas de sainteté », Lévitique 22, 10) : « Résident » – c'est celui qui est acquis d'une acquisition perpétuelle, l'esclave hébreu à l'oreille percée, qui reste chez son maître jusqu'au Jubilé ; « salarié » – c'est celui qui est acquis d'une acquisition de six années.
- יֵאָמֵר ״תּוֹשָׁב״ וְלֹא יֵאָמֵר ״שָׂכִיר״, וַאֲנִי אוֹמֵר: קָנוּי קִנְיַן עוֹלָם אֵינוֹ אוֹכֵל, קָנוּי קִנְיַן שָׁנִים לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?La baraïta demande : Que le verset dise « résident » et ne dise pas « salarié », et je dirais : si celui qui est acquis d'une acquisition perpétuelle ne mange pas de terouma, celui qui est acquis d'une acquisition de six années ne le pourra-t-il pas à plus forte raison ?
- אִילּוּ כֵּן, הָיִיתִי אוֹמֵר: ״תּוֹשָׁב״ – זֶה קָנוּי קִנְיַן שָׁנִים. אֲבָל קְנוּי קִנְיַן עוֹלָם – אוֹכֵל. בָּא ״שָׂכִיר״ וְלִימֵּד עַל ״תּוֹשָׁב״, שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁקָּנוּי קִנְיַן עוֹלָם – אֵינוֹ אוֹכֵל.Elle répond : S'il en était ainsi, j'aurais dit : « Résident » – c'est celui qui est acquis d'une acquisition de six années ; mais celui qui est acquis d'une acquisition perpétuelle mange de la terouma. « Salarié » est venu et a enseigné sur « résident » : même s'il est acquis d'une acquisition perpétuelle, il ne mange pas. Il en va de même pour la naarout et la bagrout.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: מִי דָּמֵי? הָתָם תְּרֵי גוּפֵי נִינְהוּ, דְּכִי נָמֵי כְּתַב רַחֲמָנָא ״תּוֹשָׁב נִרְצָע לֹא יֹאכַל״ וַהֲדַר כְּתַב אִידַּךְ, הֲוָה שָׂכִיר מִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר, וּמִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר טָרַח וְכָתַב לַהּ קְרָא.Abayé lui a dit : Ces cas sont-ils comparables ? Là-bas, ce sont deux personnes distinctes, car même si le Miséricordieux avait écrit explicitement « le résident percé ne mangera pas », puis avait écrit l'autre cas, on aurait pu répondre : bien que le salarié soit une chose qui découle d'un kal va'homer (raisonnement a fortiori), une chose qui découle d'un kal va'homer, le verset prend parfois la peine de l'écrire.
- אֶלָּא הָכָא, חַד גּוּפָא הִיא – כִּי נָפְקָא לַהּ בְּנַעֲרוּת, בַּגְרוּת מַאי בָּעֲיָא גַּבֵּיהּ?Mais ici, c'est une seule personne, la même servante : une fois qu'elle est sortie à la naarout, que fait-elle chez lui à la bagrout ?
- אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְבֶגֶר דְּאַיְלוֹנִית,Abayé a donc dit plutôt : Ce verset n'est nécessaire que pour la bagrout d'une aylonit (femme stérile, qui ne développe pas de signes de puberté et passe directement de la minorité à la majorité, à vingt ans).
- סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: בְּנַעֲרוּת תִּיפּוֹק, בְּבַגְרוּת לָא תִּיפּוֹק, קָא מַשְׁמַע לַן.Il te serait venu à l'esprit de dire : à la naarout elle sort, à la bagrout atteinte directement, elle ne sort pas ; le verset nous enseigne qu'elle sort aussi alors.
- מַתְקֵיף לַהּ מָר בַּר רַב אָשֵׁי: וְלָאו קַל וָחוֹמֶר הוּא? וּמָה סִימָנִין שֶׁאֵין מוֹצִיאִין מֵרְשׁוּת אָב – מוֹצִיאִין מֵרְשׁוּת אָדוֹן, בַּגְרוּת שֶׁמּוֹצִיאָה מֵרְשׁוּת אָב – אֵינוֹ דִּין שֶׁמּוֹצִיאָה מֵרְשׁוּת אָדוֹן?Mar bar Rav Achi objecte : N'est-ce pas un kal va'homer ? Si les signes de puberté, qui ne font pas sortir la jeune fille de l'autorité du père, la font sortir de l'autorité du maître, la bagrout, qui la fait sortir de l'autorité du père, n'est-il pas logique qu'elle la fasse sortir de l'autorité du maître ?
- אֶלָּא אָמַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְעִיקַּר זְבִינָא דְאַיְלוֹנִית, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: דְּאַתְיָא סִימָנֵי נַעֲרוּת – הָוֵי זְבִינָא, דְּלָא אַתְיָא סִימָנֵי נַעֲרוּת – לָא הָוֵי זְבִינַהּ זְבִינָא,Mar bar Rav Achi a donc dit plutôt : Ce verset n'est nécessaire que pour la validité même de la vente d'une aylonit comme servante. Il te serait venu à l'esprit de dire : celle chez qui viennent les signes de la naarout, c'est une vente valable ; celle chez qui ne viennent pas les signes de la naarout, sa vente n'est pas une vente,
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