Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- זֶה פֵּירַשׁ לְמִיתָה, וְזֶה פֵּירַשׁ לְחַיִּים.Celui-ci, Rabbi Yehouda l'Indien, s'en alla vers la mort, et celui-là, Mar Zoutra, s'en alla vers la vie, en acquérant un esclave.
- וְאִיכָּא דְּאָמְרִי קָטָן הֲוָה, וּדְלָא כְּאַבָּא שָׁאוּל, דְּתַנְיָא: גֵּר שֶׁמֵּת וּבִזְבְּזוּ יִשְׂרָאֵל נְכָסָיו, וְהָיוּ בָּהֶן עֲבָדִים, בֵּין גְּדוֹלִים בֵּין קְטַנִּים – קָנוּ עַצְמָן בְּנֵי חוֹרִין. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: גְּדוֹלִים – קָנוּ עַצְמָן בְּנֵי חוֹרִין, קְטַנִּים – כׇּל הַמַּחְזִיק בָּהֶן זָכָה בָּהֶן.Et il y en a qui disent que cet esclave était mineur, et Mar Zoutra n'a donc pas agi selon l'opinion d'Abba Chaoul. Comme il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Un converti qui est mort sans héritiers, et dont des Juifs ont pillé les biens, devenus sans maître, et parmi ces biens il y avait des esclaves – qu'ils soient adultes ou mineurs, ils se sont acquis eux-mêmes et sont devenus des hommes libres, car ils peuvent s'acquérir eux-mêmes comme un bien sans maître. Abba Chaoul dit : Les adultes se sont acquis eux-mêmes et sont devenus libres ; les mineurs, quiconque en prend possession les acquiert. Selon Abba Chaoul, Mar Zoutra n'avait donc pas à se hâter d'acquérir l'esclave du vivant de Rabbi Yehouda : il aurait pu attendre sa mort.
- וְקוֹנֶה עַצְמוֹ בְּכֶסֶף כּוּ׳ בְּכֶסֶף עַל יְדֵי אֲחֵרִים. אִין, אֲבָל לֹא עַל יְדֵי עַצְמוֹ. בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא שֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ, מִכְּדֵי שְׁמַעְנָא לֵיהּ לְרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר: חוֹב הוּא לְעֶבֶד שֶׁיֵּצֵא מִיַּד רַבּוֹ לְחֵירוּת. וּתְנֵינָא: זָכִין לָאָדָם שֶׁלֹּא בְּפָנָיו, וְאֵין חָבִין לוֹ אֶלָּא בְּפָנָיו.La Michna (enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) enseigne que l'esclave cananéen s'acquiert lui-même par l'argent, etc., et Rabbi Méïr précise : par l'argent donné par d'autres. La Guemara en déduit : par d'autres, oui, mais pas par lui-même. De quoi traitons-nous ? Si l'on dit qu'il est affranchi sans son consentement, cela fait difficulté : après tout, nous avons entendu Rabbi Méïr, qui dit : C'est un désavantage pour l'esclave de sortir de la main de son maître vers la liberté, car il perd ainsi certains avantages ; et nous avons appris : On peut agir en faveur d'une personne en son absence, mais on ne peut agir à son désavantage qu'en sa présence. Comment donc l'affranchir sans son consentement ?
- אֶלָּא פְּשִׁיטָא מִדַּעְתּוֹ, וְהָא קָמַשְׁמַע לַן: עַל יְדֵי אֲחֵרִים – אִין, עַל יְדֵי עַצְמוֹ – לָא. אַלְמָא אֵין קִנְיָן לְעֶבֶד בְּלֹא רַבּוֹ.Mais alors, il est évident qu'il s'agit d'un affranchissement avec son consentement, et la Michna nous enseigne ceci : par d'autres, oui ; par lui-même, non. Il en ressort qu'il n'y a pas d'acquisition pour un esclave sans son maître : tout ce qu'acquiert l'esclave revient aussitôt à son maître, si bien qu'il ne peut détenir l'argent de son propre rachat, et cet argent doit être donné au maître par quelqu'un d'autre.
- אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: בִּשְׁטָר עַל יְדֵי עַצְמוֹ. עַל יְדֵי עַצְמוֹ – אִין, עַל יְדֵי אֲחֵרִים – לָא. וְאִי מִדַּעְתּוֹ, עַל יְדֵי אֲחֵרִים אַמַּאי לָא?La Guemara objecte : S'il en est ainsi, dis la fin de la Michna : il est affranchi par un acte d'affranchissement reçu par lui-même. On en déduit : par lui-même, oui ; par d'autres, non. Or si l'acte est rédigé avec son consentement, comme on l'a dit, pourquoi ne serait-il pas affranchi par d'autres ?
- וְכִי תֵּימָא: מַאי עַל יְדֵי עַצְמוֹ – אַף עַל יְדֵי עַצְמוֹ, וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן: דְּגִיטּוֹ וְיָדוֹ בָּאִים כְּאֶחָד, וְהָא לָא תָּנֵי הָכִי, דְּתַנְיָא: בִּשְׁטָר עַל יְדֵי עַצְמוֹ וְלֹא עַל יְדֵי אֲחֵרִים, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר!Et si tu dis : que signifie « par lui-même » ? Cela veut dire : même par lui-même, en plus de par d'autres, et la Michna nous enseigne ceci : que son acte d'affranchissement et sa main, c'est-à-dire sa capacité d'acquérir, viennent ensemble, au même instant – mais voici que Rabbi Méïr n'a pas enseigné ainsi, comme il a été enseigné dans une baraïta : L'esclave est affranchi par un acte reçu par lui-même, et non par d'autres ; ce sont les paroles de Rabbi Méïr !
- אָמַר אַבָּיֵי: לְעוֹלָם שֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ, וְשָׁאנֵי כֶּסֶף, הוֹאִיל וְקָנֵי לֵיהּ בְּעַל כּוּרְחֵיהּ – מַקְנֵי לֵיהּ בְּעַל כּוּרְחֵיהּ.Abayé a dit : En réalité, selon Rabbi Méïr, la Michna parle d'un affranchissement sans son consentement, et l'argent est différent : puisqu'il l'acquiert d'un autre maître contre son gré, sans que son consentement soit nécessaire, il le fait de même acquérir à lui-même contre son gré, bien que ce soit à son désavantage.
- אִי הָכִי, שְׁטָר נָמֵי! הַאי שְׁטָרָא לְחוֹד וְהַאי שְׁטָרָא לְחוֹד.La Guemara objecte : S'il en est ainsi, l'acte aussi devrait l'affranchir s'il est reçu par d'autres sans son consentement ! Elle répond : Cet acte-ci est à part et cet acte-là est à part : on ne peut comparer l'acte de vente d'un esclave à l'acte d'affranchissement.
- הָכָא נָמֵי, הַאי כַּסְפָּא לְחוֹד וְהַאי כַּסְפָּא לְחוֹד? טִיבְעָא מִיהָא חַד הוּא.La Guemara objecte : Ici aussi, cet argent-ci est à part et cet argent-là est à part, puisqu'il est donné dans un but différent ! Elle répond : La pièce, en tout cas, est la même : aucune différence visible ne distingue la pièce de l'achat de celle de l'affranchissement.
- רָבָא אָמַר: כֶּסֶף – קַבָּלַת רַבּוֹ גָּרְמָה לוֹ, שְׁטָר – קַבָּלַת אֲחֵרִים גָּרְמָה לוֹ.Rava a dit une autre distinction : pour l'argent, c'est la réception par son maître qui le lui cause, l'affranchissement, et non le don des autres, qui ne lui nuisent donc pas sans son consentement ; pour l'acte, c'est la réception par d'autres qui le lui cause, or on ne peut agir au désavantage d'une personne qu'en sa présence.
- וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בְּכֶסֶף עַל יְדֵי עַצְמוֹ. בְּכֶסֶף עַל יְדֵי עַצְמוֹ – אִין, עַל יְדֵי אֲחֵרִים – לָא. אַמַּאי? נְהִי נָמֵי דְּשֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ, מִכְּדֵי שְׁמַעְנָא לְהוּ לְרַבָּנַן דְּאָמְרִי: זְכוּת הוּא שֶׁיֵּצֵא מִתַּחַת יָד רַבּוֹ לְחֵירוּת, וּתְנֵינָא: זָכִין לְאָדָם שֶׁלֹּא בְּפָנָיו, וְאֵין חָבִין לוֹ אֶלָּא בְּפָנָיו.La Michna enseigne : Et les Sages disent : il est affranchi par l'argent donné par lui-même. On en déduit : par l'argent donné par lui-même, oui ; par d'autres, non. Pourquoi ? Admettons même que ce soit sans son consentement : après tout, nous avons entendu les Sages, qui disent : C'est un avantage pour l'esclave de sortir de sous la main de son maître vers la liberté, et nous avons appris : On peut agir en faveur d'une personne en son absence, mais on ne peut agir à son désavantage qu'en sa présence. Pourquoi donc n'est-il pas affranchi par l'argent donné par d'autres ?
- וְכִי תֵּימָא: מַאי עַל יְדֵי עַצְמוֹ – אַף עַל יְדֵי עַצְמוֹ, וְקָא מַשְׁמַע לַן דְּיֵשׁ קִנְיָן לְעֶבֶד בְּלֹא רַבּוֹ – אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: בִּשְׁטָר עַל יְדֵי אֲחֵרִים – וְלֹא עַל יְדֵי עַצְמוֹ, וְהָא קַיְימָא לַן דְּגִיטּוֹ וְיָדוֹ בָּאִין כְּאֶחָד?Et si tu dis : que signifie « par lui-même » ? Cela veut dire : même par lui-même, en plus de par d'autres, et la Michna nous enseigne qu'il y a une acquisition pour un esclave sans son maître – s'il en est ainsi, dis la fin de la Michna : il est affranchi par un acte reçu par d'autres ; on en déduit : par d'autres, et non par lui-même. Or nous tenons pour établi selon les Sages que son acte et sa main viennent ensemble ! Pourquoi donc ne serait-il pas affranchi par un acte qu'il reçoit lui-même ?
- וְכִי תֵּימָא: מַאי עַל יְדֵי אֲחֵרִים – אַף עַל יְדֵי אֲחֵרִים, וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן דִּזְכוּת הוּא לְעֶבֶד שֶׁיֵּצֵא מִיַּד רַבּוֹ לְחֵירוּת, אִי הָכִי, נְעָרְבִינְהוּ וְנִיתְנִינְהוּ: בְּכֶסֶף וּבִשְׁטָר בֵּין עַל יְדֵי אֲחֵרִים בֵּין עַל יְדֵי עַצְמוֹ!Et si tu dis : que signifie « par d'autres » ? Cela veut dire : même par d'autres, en plus de par lui-même, et la Michna nous enseigne ceci : que c'est un avantage pour l'esclave de sortir de la main de son maître vers la liberté – s'il en est ainsi, il n'y a aucune différence entre l'argent et l'acte : qu'on les combine et qu'on les enseigne ensemble : il est affranchi par l'argent et par l'acte, que ce soit par d'autres ou par lui-même !
- אֶלָּא: בְּכֶסֶף – בֵּין עַל יְדֵי אֲחֵרִים בֵּין עַל יְדֵי עַצְמוֹ, בִּשְׁטָר – עַל יְדֵי אֲחֵרִים וְלֹא עַל יְדֵי עַצְמוֹ. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר הוּא, דְּתַנְיָא רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף בִּשְׁטָר עַל יְדֵי אֲחֵרִים וְלֹא עַל יְדֵי עַצְמוֹ. וְשָׁלֹשׁ מַחְלוֹקוֹת בַּדָּבָר.Mais alors, il est clair que l'argent et l'acte diffèrent : par l'argent, il est affranchi que ce soit par d'autres ou par lui-même ; par l'acte, par d'autres et non par lui-même. Et cette fin est l'opinion de Rabbi Chimon ben Elazar, comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon ben Elazar dit : Même par l'acte, il est affranchi par d'autres et non par lui-même. Et il y a trois opinions en machlokèt (divergence d'opinions) sur la question : celles de Rabbi Méïr, des Sages et de Rabbi Chimon ben Elazar.
- אָמַר רַבָּה: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר – גָּמַר ״לָהּ״ ״לָהּ״ מֵאִשָּׁה: מָה אִשָּׁה עַד שֶׁיּוֹצִיא גֵּט לִרְשׁוּת שֶׁאֵינָהּ שֶׁלּוֹ, אַף עֶבֶד נָמֵי עַד שֶׁיּוֹצִיא גֵּט לִרְשׁוּת שֶׁאֵינָהּ שֶׁלּוֹ.Rabba a dit : Quelle est la raison de Rabbi Chimon ben Elazar ? Il déduit par guezéra chava (analogie textuelle) « à elle » (lah), dit de la servante (« la liberté ne lui a pas été donnée », Lévitique 19, 20), de « à elle » (lah), dit de l'épouse (« il lui écrira un acte de divorce », Deutéronome 24, 1) : de même que la femme n'est divorcée que lorsque le mari fait sortir le get (acte de divorce) vers un domaine qui n'est pas le sien, de même l'esclave aussi n'est affranchi que lorsque le maître fait sortir l'acte vers un domaine qui n'est pas le sien. Or l'esclave appartient au maître : l'acte remis à l'esclave reste dans le domaine du maître, et il faut donc que d'autres le reçoivent pour lui.
- בָּעֵי רַבָּה:Rabba a posé la question :
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