Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְכִי מְשַׁיַּיר בַּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה וּמְיַיעֵד – הָווּ קִידּוּשִׁין, הָכָא נָמֵי לָא שְׁנָא.Et lorsqu'il reste en elle un temps de service d'une valeur d'une prouta (la plus petite pièce de monnaie) et qu'il la désigne (yi'oud : le maître la prend pour épouse), ce sont des kiddouchin (fiançailles) valides – il la fiance donc au moyen d'une dette, la valeur du temps de service restant, dont elle-même est le gage. Ici aussi, ce n'est pas différent : on peut fiancer une femme au moyen d'une dette garantie par un gage.
- תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד מִצְוַת יִעוּד? אוֹמֵר לָהּ בִּפְנֵי שְׁנַיִם ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי״, ״הֲרֵי אַתְּ מְאוֹרֶסֶת לִי״ אֲפִילּוּ בְּסוֹף שֵׁשׁ, וַאֲפִילּוּ סָמוּךְ לִשְׁקִיעַת הַחַמָּה. וְנוֹהֵג בָּהּ מִנְהַג אִישׁוּת וְאֵינוֹ נוֹהֵג בָּהּ מִנְהַג שִׁפְחוּת. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם יֵשׁ שְׁהוּת בְּיוֹם כְּדֵי לַעֲשׂוֹת עִמּוֹ שָׁוֶה פְּרוּטָה – מְקוּדֶּשֶׁת, וְאִם לָאו – אֵינָהּ מְקוּדֶּשֶׁת.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Comment s'accomplit la mitsva (commandement) de la désignation ? Le maître lui dit devant deux témoins : « Te voici consacrée à moi » (mekoudéchèt), ou « Te voici fiancée à moi » (meoréssèt), même à la fin des six années de service, et même tout près du coucher du soleil du dernier jour. Et dès lors il se conduit envers elle selon l'usage du mariage, et non selon l'usage de la servitude. Rabbi Yossé, fils de Rabbi Yehouda, dit : S'il reste assez de temps dans la journée pour qu'elle accomplisse pour lui un travail d'une valeur d'une prouta, elle est fiancée ; sinon, elle n'est pas fiancée.
- מָשָׁל לְאוֹמֵר לְאִשָּׁה ״הִתְקַדְּשִׁי לִי מֵעַכְשָׁיו לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״ וּבָא אַחֵר וְקִידְּשָׁהּ בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם – שֶׁמְּקוּדֶּשֶׁת לָרִאשׁוֹן. מָשָׁל לְמַאן?La baraïta poursuit : C'est comparable à celui qui dit à une femme : « Sois fiancée à moi à partir de maintenant, après trente jours », et un autre est venu et l'a fiancée au cours des trente jours : elle est fiancée au premier. La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) demande : La comparaison, selon qui ? C'est-à-dire : de l'opinion de qui, parmi les deux citées dans la baraïta, apprend-on la règle de cette comparaison ?
- אִילֵימָא מָשָׁל לְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה – הָא אִם יֵשׁ שְׁהוּת בְּיוֹם כְּדֵי לַעֲשׂוֹת עִמּוֹ שָׁוֶה פְּרוּטָה – מְקוּדֶּשֶׁת, וְאִם לָאו – לֹא!Si l'on dit que la comparaison est faite selon Rabbi Yossé, fils de Rabbi Yehouda, mais voici qu'il dit : s'il reste assez de temps dans la journée pour qu'elle accomplisse pour lui un travail d'une valeur d'une prouta, elle est fiancée, et sinon, non ! Selon lui, les kiddouchin ne prennent effet qu'au moment de la désignation, au moyen de la valeur du travail restant ; ce n'est donc pas comparable au cas de celui qui fiance « à partir de maintenant ».
- אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: מָשָׁל לְרַבָּנַן. פְּשִׁיטָא!Rav A'ha, fils de Rava, a dit : La comparaison est faite selon les Rabbanan (le premier avis de la baraïta), qui considèrent que l'argent initial de la vente a été donné en vue de fiançailles rétroactives. La Guemara objecte : C'est évident ! Pourquoi la baraïta a-t-elle besoin de cette comparaison ?
- מַהוּ דְּתֵימָא, הָא לָא אֲמַר לֵיהּ ״מֵעַכְשָׁיו״, קָא מַשְׁמַע לַן.La Guemara répond : On aurait pu dire que, selon les Rabbanan, elle est fiancée au maître même si celui-ci ne lui a pas dit, au père, « à partir de maintenant » ; la comparaison nous enseigne que le cas du maître est semblable à celui où l'on a dit expressément « à partir de maintenant ».
- תַּנְיָא אִידַּךְ: הַמּוֹכֵר אֶת בִּתּוֹ, וְהָלַךְ וְקִידְּשָׁהּ לְאַחֵר – שִׂיחֵק בָּאָדוֹן, וּמְקוּדֶּשֶׁת לַשֵּׁנִי, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אִם רָצָה לְיַיעֵד – מְיַיעֵד.Il a été enseigné dans une autre baraïta : Celui qui vend sa fille comme servante hébraïque puis va la fiancer à un autre homme s'est moqué du maître, et elle est fiancée au second ; ce sont les paroles de Rabbi Yossé, fils de Rabbi Yehouda. Et les Sages disent : Si le maître veut la désigner, il la désigne, et les kiddouchin du second sont sans effet.
- מָשָׁל לָאוֹמֵר לְאִשָּׁה ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״ וּבָא אַחֵר וְקִידְּשָׁהּ בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם – שֶׁמְּקוּדֶּשֶׁת לַשֵּׁנִי. מָשָׁל לְמַאן?La baraïta poursuit : C'est comparable à celui qui dit à une femme : « Te voici fiancée à moi après trente jours », et un autre est venu et l'a fiancée au cours des trente jours : elle est fiancée au second. La comparaison, selon qui ?
- אִילֵּימָא לְרַבָּנַן, הָאָמְרִי רַבָּנַן: אִם רָצָה לְיַיעֵד – מְיַיעֵד!Si l'on dit qu'elle est faite selon les Rabbanan, mais les Rabbanan disent : Si le maître veut la désigner, il la désigne ! Or, dans le cas de la comparaison, elle est fiancée au second, et le premier ne peut l'en empêcher.
- אֶלָּא אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: מָשָׁל לְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה. פְּשִׁיטָא!Mais plutôt, Rav A'ha, fils de Rava, a dit : La comparaison est faite selon Rabbi Yossé, fils de Rabbi Yehouda. La Guemara objecte : C'est évident !
- מַהוּ דְּתֵימָא, הָא לָא אֲמַר לַהּ ״לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״, קָא מַשְׁמַע לַן.La Guemara répond : On aurait pu dire que le cas de la servante est différent, car il ne lui a pas dit lors de l'achat : « après trente jours » – c'est-à-dire qu'il n'a pas précisé qu'il la désignerait plus tard, et c'est pour cela qu'elle est fiancée au second ; mais s'il l'avait précisé, la désignation aurait pris effet. La comparaison nous enseigne que les deux cas sont semblables : même dans ce cas, elle est fiancée au second.
- תַּנְיָא אִידַּךְ: הַמּוֹכֵר אֶת בִּתּוֹ, וּפָסַק עַל מְנָת שֶׁלֹּא לְיַיעֵד – נִתְקַיֵּים הַתְּנַאי, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אִם רָצָה לְיַיעֵד – מְיַיעֵד, מִפְּנֵי שֶׁהִתְנָה עַל מַה שֶּׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה, וְכׇל הַמַּתְנֶה עַל מַה שֶּׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה – תְּנָאוֹ בָּטֵל.Il a été enseigné dans une autre baraïta : Celui qui vend sa fille et stipule avec l'acheteur que la vente se fait à condition qu'il ne la désigne pas : la condition tient ; ce sont les paroles de Rabbi Méïr. Et les Sages disent : S'il veut la désigner, il la désigne, car le père a posé une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah (qui permet la désignation), et quiconque pose une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah, sa condition est nulle.
- וּלְרַבִּי מֵאִיר תְּנָאוֹ קַיָּים? וְהָתַנְיָא: הָאוֹמֵר לְאִשָּׁה ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי עַל מְנָת שֶׁאֵין לְךָ עָלַי שְׁאֵר כְּסוּת וְעוֹנָה״ – הֲרֵי זוֹ מְקוּדֶּשֶׁת, וּתְנָאוֹ בָּטֵל, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּדָבָר שֶׁבְּמָמוֹן – תְּנָאוֹ קַיָּים.La Guemara demande : Et selon Rabbi Méïr, sa condition tient ? Mais il a été enseigné dans une baraïta : Celui qui dit à une femme : « Te voici fiancée à moi à condition que tu n'aies à mon égard aucun droit à la nourriture, au vêtement et à la vie conjugale » : elle est fiancée et sa condition est nulle ; ce sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yehouda dit : Pour ce qui relève de l'argent (nourriture et vêtement), sa condition tient. On voit donc que, selon Rabbi Méïr, on ne peut stipuler contre ce qui est écrit dans la Torah.
- אָמַר חִזְקִיָּה: שָׁאנֵי הָכָא, דְּאָמַר קְרָא ״לְאָמָה״ – פְּעָמִים שֶׁאֵינוֹ מוֹכְרָהּ אֶלָּא לְאָמָה בִּלְבָד.'Hizkiya a dit : Ici, c'est différent, car le verset dit : « comme servante » (« Et si un homme vend sa fille comme servante », Exode 21, 7) : il y a des fois où il ne la vend que comme servante seulement, et non en vue du mariage. La désignation n'est donc pas une obligation de la Torah, et l'on peut stipuler qu'elle n'aura pas lieu.
- וְרַבָּנַן, הַאי ״לְאָמָה״ מַאי עָבְדִי לֵיהּ? הַאי מִיבְּעֵי לְהוּ לְכִדְתַנְיָא: ״לְאָמָה״ – מְלַמֵּד שֶׁמּוֹכְרָהּ לִפְסוּלִים.La Guemara demande : Et les Rabbanan, que font-ils de ce mot « comme servante » ? Elle répond : Il leur est nécessaire pour ce qui a été enseigné dans une baraïta : « Comme servante » : cela enseigne qu'il peut la vendre à des personnes inaptes au mariage avec elle (comme un mamzer, enfant né d'une union interdite), avec qui les kiddouchin prennent pourtant effet.
- וַהֲלֹא דִּין הוּא: אִם מְקַדְּשָׁהּ לִפְסוּלִים, לֹא יִמְכְּרֶנָּה לִפְסוּלִים? מָה לִמְקַדְּשָׁהּ לִפְסוּלִים, שֶׁכֵּן אָדָם מְקַדֵּשׁ אֶת בִּתּוֹ כְּשֶׁהִיא נַעֲרָה, יִמְכְּרֶנָּה לִפְסוּלִים, שֶׁאֵין אָדָם מוֹכֵר אֶת בִּתּוֹ כְּשֶׁהִיא נַעֲרָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לְאָמָה״ – מְלַמֵּד שֶׁמּוֹכְרָהּ לִפְסוּלִין.La baraïta demande : Mais n'est-ce pas un raisonnement logique ? S'il peut la fiancer à des personnes inaptes, ne pourrait-il pas la vendre à des personnes inaptes ? Elle répond : Qu'en est-il de la fiancer à des personnes inaptes ? C'est qu'un homme peut fiancer sa fille même lorsqu'elle est naara (jeune fille de douze ans à douze ans et demi) ; pourrait-il la vendre à des personnes inaptes, alors qu'un homme ne peut pas vendre sa fille lorsqu'elle est naara ? Le pouvoir du père sur les fiançailles est donc plus étendu que celui sur la vente. C'est pourquoi le verset enseigne : « comme servante » : cela enseigne qu'il peut la vendre à des personnes inaptes.
- רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם לְלַמֵּד שֶׁמּוֹכְרָהּ לִפְסוּלִין, הֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״אִם רָעָה בְּעֵינֵי אֲדֹנֶיהָ״ – שֶׁרָעָה בְּנִישּׂוּאֶיהָ. מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״לְאָמָה״? מְלַמֵּד שֶׁמּוֹכְרָהּLa baraïta poursuit : Rabbi Eliézer dit : Si ce mot vient pour enseigner qu'il peut la vendre à des personnes inaptes, c'est inutile, car il est déjà dit : « Si elle déplaît aux yeux de son maître » (Exode 21, 8), c'est-à-dire qu'elle est mauvaise dans son mariage (son mariage avec lui est interdit), et pourtant la vente est valide. Pourquoi le verset dit-il « comme servante » ? Cela enseigne qu'il peut la vendre
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