Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- ״וְאִם לֹא יִגָּאֵל בְּאֵלֶּה״ רַבִּי אוֹמֵר: בְּאֵלֶּה הוּא נִגְאָל, וְאֵין נִגְאָל בְּשֵׁשׁ.Un esclave hébreu vendu à un non-Juif peut être racheté par ses proches, comme il est dit : « Et s'il n'est pas racheté par ceux-ci, il sortira à l'année du Jubilé » (Lévitique 25, 54). Rabbi Yehouda HaNassi dit : Par ceux-ci, ses proches, il est racheté, et il n'est pas racheté par six années de travail.
- שֶׁיָּכוֹל וַהֲלֹא דִּין הוּא, וּמָה מִי שֶׁאֵינוֹ נִגְאָל בְּאֵלֶּה – נִגְאָל בְּשֵׁשׁ, זֶה, שֶׁנִּגְאָל בְּאֵלֶּה – אֵינוֹ דִּין שֶׁנִּגְאָל בְּשֵׁשׁ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּאֵלֶּה״ – בְּאֵלֶּה הוּא נִגְאָל, וְאֵין נִגְאָל בְּשֵׁשׁ.Car on aurait pu dire qu'il sort au bout de six ans : n'est-ce pas un raisonnement a fortiori (kal va'homer) ? Si celui qui n'est pas racheté par ceux-ci – l'esclave vendu à un Juif, que ses proches ne rachètent pas – est racheté par six années, celui-ci, qui est racheté par ceux-ci, n'est-il pas logique qu'il soit racheté par six années ? C'est pourquoi le verset dit « par ceux-ci » : par ceux-ci il est racheté, et il n'est pas racheté par six années.
- וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ יָלֵיף ״שָׂכִיר״ ״שָׂכִיר״, אַמַּאי קָאָמַר ״וּמָה מִי שֶׁאֵינוֹ נִגְאָל בְּאֵלֶּה״? נֵילַף ״שָׂכִיר״ ״שָׂכִיר״!La Guemara explique la preuve : Et s'il te venait à l'esprit que Rabbi déduit l'analogie « salarié »–« salarié », pourquoi dit-il : « si celui qui n'est pas racheté par ceux-ci » ? Qu'il déduise par l'analogie « salarié »–« salarié » que celui qui est vendu à un Juif est lui aussi racheté par ses proches, puisque celui qui est vendu à un non-Juif est également appelé « salarié » : « comme un salarié d'année en année il sera avec lui » (Lévitique 25, 53) ! Puisqu'il ne le fait pas, c'est qu'il rejette cette analogie.
- אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לְעוֹלָם יָלֵיף ״שָׂכִיר״ ״שָׂכִיר״, וְשָׁאנֵי הָכָא דְּאָמַר קְרָא ״יִגְאָלֶנּוּ״ – לָזֶה, וְלֹא לְאַחֵר.Rav Na'hman bar Its'hak a dit : En réalité, il déduit l'analogie « salarié »–« salarié », mais ici c'est différent, car le verset dit : « Ou son oncle ou le fils de son oncle le rachètera » (Lévitique 25, 49) : lui, et non un autre type d'esclave.
- וּמַאן תַּנָּא דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי? רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְרַבִּי עֲקִיבָא. דְּתַנְיָא: ״לֹא יִגָּאֵל בְּאֵלֶּה״ רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: ״בְּאֵלֶּה״ – לְשִׁחְרוּר, בִּשְׁאָר כׇּל אָדָם – לְשִׁעְבּוּד. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״בְּאֵלֶּה״ – לְשִׁעְבּוּד, בִּשְׁאָר כׇּל אָדָם – לְשִׁחְרוּר.La Guemara demande : Et quel est le Tanna qui s'oppose à Rabbi sur ce point ? Rabbi Yossé HaGlili et Rabbi Akiva. Comme il a été enseigné dans une baraïta : « S'il n'est pas racheté par ceux-ci » – Rabbi Yossé HaGlili dit : « Par ceux-ci », les proches, le rachat mène à la liberté ; par toute autre personne, il mène à l'asservissement envers celui qui l'a racheté, jusqu'à ce qu'il ait remboursé le prix par son travail. Rabbi Akiva dit : « Par ceux-ci », il mène à l'asservissement ; par toute autre personne, à la liberté.
- מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי? אָמַר קְרָא: ״אִם לֹא יִגָּאֵל בְּאֵלֶּה״ – אֶלָּא בְּאַחֵר – ״וְיָצָא בִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל״. וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״אִם לֹא יִגָּאֵל״ – אֶלָּא – ״בְּאֵלֶּה״, ״וְיָצָא בִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל״. וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי? מִידֵּי ״אֶלָּא בְּאֵלֶּה״ כְּתִיב?Quelle est la raison de Rabbi Yossé HaGlili ? Le verset dit : « S'il n'est pas racheté par ceux-ci », mais par un autre, « il sortira à l'année du Jubilé » et non avant, car il lui est asservi. Et Rabbi Akiva dit : « S'il n'est pas racheté » autrement que « par ceux-ci », « il sortira à l'année du Jubilé » ; mais s'il est racheté par d'autres, il est libre aussitôt. Et Rabbi Yossé HaGlili objecterait : est-il donc écrit « sinon par ceux-ci » ?
- אֶלָּא בְּהַאי קְרָא קָמִיפַּלְגִי: ״אוֹ דֹדוֹ אוֹ בֶן דֹּדוֹ יִגְאָלֶנּוּ״ – זוֹ גְּאוּלַּת קְרוֹבִים, ״אוֹ הִשִּׂיגָה יָדוֹ״ – זוֹ גְּאוּלַּת עַצְמוֹ, ״וְנִגְאָל״ – זוֹ גְּאוּלַּת אֲחֵרִים.Plutôt, la Guemara se rétracte : c'est sur ce verset qu'ils divergent : « Ou son oncle ou le fils de son oncle le rachètera… ou si sa main atteint, il sera racheté » (Lévitique 25, 49). « Ou son oncle ou le fils de son oncle le rachètera » – c'est le rachat par les proches ; « ou si sa main atteint » (s'il s'enrichit) – c'est le rachat par lui-même ; « il sera racheté » – c'est le rachat par d'autres.
- רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סָבַר: מִקְרָא נִדְרָשׁ לְפָנָיו, שְׁדִי גְּאוּלַּת קְרוֹבִים אַגְּאוּלַּת עַצְמוֹ, מָה גְּאוּלַּת עַצְמוֹ לְשִׁחְרוּר – אַף גְּאוּלַּת קְרוֹבִים לְשִׁחְרוּר. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: מִקְרָא נִדְרָשׁ לְאַחֲרָיו, שְׁדִי גְּאוּלַּת אֲחֵרִים אַגְּאוּלַּת עַצְמוֹ, מָה גְּאוּלַּת עַצְמוֹ לְשִׁחְרוּר – אַף גְּאוּלַּת אֲחֵרִים לְשִׁחְרוּר.Rabbi Yossé HaGlili pense : un verset s'interprète en lien avec ce qui est écrit avant lui ; rapproche le rachat par les proches du rachat par lui-même : de même que le rachat par lui-même mène à la liberté, de même le rachat par les proches mène à la liberté. Et Rabbi Akiva pense : un verset s'interprète en lien avec ce qui est écrit après lui ; rapproche le rachat par d'autres du rachat par lui-même : de même que le rachat par lui-même mène à la liberté, de même le rachat par d'autres mène à la liberté, alors que le rachat par les proches mène à l'asservissement.
- אִי הָכִי, ״בְּאֵלֶּה״ לְמָה לִי? אִי לָאו ״בְּאֵלֶּה״ הֲוָה אָמֵינָא מִקְרָא נִדְרָשׁ בֵּין לְפָנָיו בֵּין לְאַחֲרָיו, וְהַכֹּל לְשִׁחְרוּר.La Guemara demande : S'il en est ainsi, pourquoi ai-je besoin de « par ceux-ci », selon l'un comme selon l'autre ? Sans « par ceux-ci », j'aurais dit qu'un verset s'interprète aussi bien en lien avec ce qui le précède qu'avec ce qui le suit, et que tout rachat mène à la liberté ; « par ceux-ci » restreint la liberté soit aux proches, soit aux autres, selon chacun.
- אִי הָכִי, הֲדַר קוּשְׁיָא לְדוּכְתֵּיהּ. אֶלָּא, בִּסְבָרָא קָמִיפַּלְגִי:La Guemara objecte : S'il en est ainsi, que leurs avis reposent sur « par ceux-ci », la difficulté revient à sa place : contre Rabbi Akiva, le verset ne dit pas « sinon par ceux-ci ». Plutôt, c'est sur un raisonnement qu'ils divergent, et non sur l'interprétation du texte :
- רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סָבַר: מִסְתַּבְּרָא גְּאוּלַּת אֲחֵרִים לְשִׁיעְבּוּד, דְּאִי אָמְרַתְּ לְשִׁחְרוּר, הֲווֹ מִימַּנְעִי וְלָא פָּרְקִי לֵיהּ. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: מִסְתַּבְּרָא גְּאוּלַּת קְרוֹבִים לְשִׁיעְבּוּד, דְּאִי אָמְרַתְּ לְשִׁחְרוּר, כׇּל יוֹמָא וְיוֹמָא אֲזַל וּמְזַבֵּין נַפְשֵׁיהּ.Rabbi Yossé HaGlili pense : il est logique que le rachat par d'autres mène à l'asservissement, car si tu dis qu'il mène à la liberté, ils s'abstiendront et ne le rachèteront pas. Et Rabbi Akiva pense : il est logique que le rachat par les proches mène à l'asservissement, car si tu dis qu'il mène à la liberté, chaque jour il ira se vendre de nouveau, comptant sur ses proches pour le libérer.
- אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְרַבִּי עֲקִיבָא, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: הַכֹּל לְשִׁחְרוּר.Rabbi 'Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Ce sont les paroles de Rabbi Yossé HaGlili et de Rabbi Akiva, selon lesquels le rachat ne libère pas toujours ; mais les Sages disent : tout rachat mène à la liberté.
- מַאן חֲכָמִים? רַבִּי הִיא, דְּמַפֵּיק לֵיהּ לְהַאי ״בְּאֵלֶּה״ לִדְרָשָׁה אַחֲרִינָא, וּמִקְרָא נִדְרָשׁ בֵּין לְפָנָיו וּבֵין לְאַחֲרָיו.Qui sont ces Sages ? C'est Rabbi Yehouda HaNassi, qui tire ce « par ceux-ci » vers une autre interprétation, comme on l'a vu, et pour qui un verset s'interprète aussi bien en lien avec ce qui le précède qu'avec ce qui le suit.
- וְרַבִּי, הַאי ״וְיָצָא בִּשְׁנַת הַיֹּבֵל״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״וְיָצָא בִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל״Et Rabbi Yehouda HaNassi, ce verset « il sortira à l'année du Jubilé », qu'en fait-il ? Il en a besoin pour ce qui a été enseigné dans une baraïta : « Il sortira à l'année du Jubilé »
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