Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ – דּוּמְיָא דְּיִיעוּד, מַה יִיעוּד, אַף עַל גַּב דְּאִי בָּעֵי מְיַיעֵד וְאִי בָּעֵי לָא מְיַיעֵד, כֹּל הֵיכָא דְּלָא מָצֵי מְיַיעֵד – לָא הָווּ זְבִינָא זְבִינֵי, הָכִי נָמֵי כֹּל הֵיכָא דְּלָא מָצְיָ[א] מְיגָרְעָא – לָא הָווּ זְבִינָא זְבִינֵי.La Guemara rejette cette suggestion : cela ne peut te venir à l'esprit, car la règle de la déduction (guirou'a) doit être semblable à celle de la désignation (yi'oud), c'est-à-dire l'acte par lequel le maître désigne sa servante hébreue comme épouse pour lui ou pour son fils (Exode 21, 8-9). De même que pour la désignation, bien que la règle soit que s'il le veut, il la désigne, et s'il ne le veut pas, il ne la désigne pas, néanmoins partout où il ne peut pas la désigner – par exemple s'ils sont proches parents et qu'elle lui est donc interdite – sa vente n'est pas une vente valable, de même aussi ici, pour son rachat, partout où elle ne peut pas déduire une somme de son prix d'achat, sa vente n'est pas une vente valable.
- וְקִידּוּשֵׁי אִשָּׁה לְבֵית שַׁמַּאי נָפְקָא לְהוּ מֵאָמָה הָעִבְרִיָּה: מָה אָמָה הָעִבְרִיָּה בִּפְרוּטָה לָא מִקַּנְיָא, אַף אִשָּׁה בִּפְרוּטָה לָא מִיקַּדְּשָׁא.La Guemara conclut : et les kidouchin (consécration, premier stade du mariage) d'une femme par l'argent, selon Beit Chamaï, ils les déduisent de la servante hébreue, ainsi : de même que la servante hébreue ne peut être acquise avec une perouta (la plus petite pièce de monnaie), de même une femme ne peut être consacrée avec une perouta.
- וְאֵימָא פַּלְגָא דְּדִינָר, וְאֵימָא שְׁתֵּי פְּרוּטוֹת! כֵּיוָן דְּאַפִּיקְתֵּיהּ מִפְּרוּטָה – אוֹקְמַהּ אַדִּינָר.La Guemara demande : même si Beit Chamaï tirent leur opinion d'ici, pourquoi un minimum d'un dinar ? Mais dis plutôt un demi-dinar, ou dis deux peroutot, puisque le rachat de la servante hébreue est possible si elle a été vendue pour l'une ou l'autre de ces sommes ! La Guemara répond : puisque cette comparaison l'a fait sortir du cas de la perouta, montrant qu'il faut une valeur significative, les Sages l'ont établie sur le dinar, qui est une pièce de valeur importante.
- רָבָא אָמַר: הַיְינוּ טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי: שֶׁלֹּא יְהוּ בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל כְּהֶפְקֵר.Rava a dit une autre explication : voici la raison de Beit Chamaï, qui exigent un minimum d'un dinar : afin que les filles d'Israël ne soient pas traitées comme un bien sans maître (hefkèr). Permettre de consacrer une femme avec une somme aussi infime qu'une perouta serait irrespectueux envers elle.
- וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים בִּפְרוּטָה. סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר: פְּרוּטָה כָּל דְּהוּ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא עֲלַהּ קָתָנֵי: כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי.La Michna enseigne : et Beit Hillel disent : la femme peut être consacrée avec une perouta. Rav Yossef pensait dire : une perouta signifie n'importe quelle valeur – il n'y a pas de valeur fixe, quelle que soit sa valeur à l'époque. Abayé lui a dit : mais voici qu'il est enseigné à ce sujet, dans la Michna elle-même : combien vaut une perouta ? C'est un huitième de l'issar italien. Il y a donc une valeur définie pour la perouta.
- וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּדוֹרוֹ שֶׁל מֹשֶׁה, אֲבָל הָכָא כְּדַחֲשִׁבָה לְהוּ לְאִינָשֵׁי – וְהָא כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: שִׁיעֵר רַבִּי סִימַאי בְּדוֹרוֹ כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה: אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי, וְכִי אֲתָא רָבִין אָמַר: רַבִּי דּוֹסְתַּאי וְרַבִּי יַנַּאי וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא שִׁיעֲרוּ כַּמָּה הָוֵי פְּרוּטָה – אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בְּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי!Et si tu dis : cela ne s'applique qu'à la génération de Moché – c'est-à-dire que telle était la valeur de la perouta à l'époque de la Torah – mais ici, à une époque ultérieure, sa valeur est fixée selon ce que les gens considèrent comme une perouta, cela ne peut être juste. Car voici que lorsque Rav Dimi est venu d'Erets Israël, il a dit : Rabbi Simaï a estimé dans sa génération combien vaut une perouta : un huitième de l'issar italien. Et lorsque Ravin est venu d'Erets Israël à Babylone, il a dit que Rabbi Dostaï, Rabbi Yannaï et Rabbi Ochaya ont estimé combien vaut une perouta : un sixième de l'issar italien !
- אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף: אִי הָכִי, הַיְינוּ דְּתָנֵינָא: ״צֵא וַחֲשׁוֹב כַּמָּה פְּרוּטוֹת בִּשְׁנֵי סְלָעִים – יוֹתֵר מֵאַלְפַּיִם״ – הַשְׁתָּא אַלְפַּיִם לָא הָוְיָין, יָתֵר מֵאַלְפַּיִם קָרֵי לְהוּ? אֲמַר לְהוּ הַהוּא סָבָא: אֲנָא תְּנֵינָא לַהּ: ״קָרוֹב לְאַלְפַּיִם״. סוֹף סוֹף אַלְפָּא וַחֲמֵשׁ מְאָה וּתְלָתִין וְשִׁיתָּא הוּא דְּהָוְיָין! כֵּיוָן דְּנָפְקָא לְהוּ מִפַּלְגָא – קָרוֹב לְאַלְפַּיִם קָרֵי לֵיהּ.Rav Yossef lui a dit (à Abayé) : s'il en est ainsi, cela contredit ce que nous avons appris dans une baraïta : « Va et calcule combien de peroutot il y a dans deux séla'im : plus de deux mille. » Or maintenant, selon ce calcul, il n'y en a même pas deux mille, et tu les appelles « plus de deux mille » ? La perouta vaut donc certainement moins d'un huitième de l'issar. Un certain vieillard leur a dit : moi, je l'enseigne ainsi : « près de deux mille ». La Guemara demande : en fin de compte, selon le calcul d'un huitième d'issar, ce sont mille cinq cent trente-six peroutot qu'il y a, ce qui est loin de deux mille ! La Guemara répond : puisqu'elles dépassent la moitié du second millier, on l'appelle « près de deux mille ».
- גּוּפָא, כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: שִׁיעֵר רַבִּי סִימַאי בְּדוֹרוֹ כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי, וְכִי אֲתָא רָבִין אָמַר: שִׁיעֲרוּ רַבִּי דּוֹסְתַּאי וְרַבִּי יַנַּאי וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה – אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי. אָמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: נֵימָא, אַתְּ וְרָבִין בִּפְלוּגְתָּא דְהָנֵי תַּנָּאֵי קָא מִיפַּלְגִיתוּ,La Guemara revient sur le sujet lui-même. Lorsque Rav Dimi est venu d'Erets Israël, il a dit : Rabbi Simaï a estimé dans sa génération combien vaut une perouta : un huitième de l'issar italien. Et lorsque Ravin est venu, il a dit : Rabbi Dostaï, Rabbi Yannaï et Rabbi Ochaya ont estimé combien vaut une perouta : un sixième de l'issar italien. Abayé a dit à Rav Dimi : dirons-nous que toi et Ravin, vous divergez sur le point qui fait l'objet de la machlokèt (divergence d'opinions) de ces Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) ?
- דְּתַנְיָא: פְּרוּטָה שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי, שֵׁשׁ מָעָה כֶּסֶף – דִּינָר, מָעָה – שְׁנֵי פּוּנְדְּיוֹנִין, פּוּנְדְּיוֹן – שְׁנֵי אִיסָּרִין, אִיסָּר – שְׁנֵי מִסְמֵיסִים, מִסְמֵס – שְׁנֵי קוּנְטְרוֹנְקִין, קוּנְטְרֹנְק – שְׁתֵּי פְרוּטוֹת. נִמְצָא, פְּרוּטָה – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי.Car il a été enseigné dans une baraïta : la perouta dont ont parlé les Sages est un huitième de l'issar italien. Six ma'a d'argent font un dinar ; une ma'a vaut deux poundyon ; un poundyon, deux issar ; un issar, deux misméss ; un misméss, deux kountronk ; un kountronk, deux peroutot. On trouve ainsi que la perouta est un huitième de l'issar italien.
- רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁלֹשָׁה הַדְרֵסִין לְמָעָה, שְׁנֵי הַנְצִין לְהַדְרֵיס, שְׁנֵי שְׁמֵנִין לַהֲנֵץ, שְׁתֵּי פְרוּטוֹת לְשָׁמֵין, נִמְצָא, פְּרוּטָה – אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בְּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי. לֵימָא דְּמָר אָמַר כְּתַנָּא קַמָּא וְרָבִין דְּאָמַר כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל?Rabban Chimon ben Gamliel dit : il n'en est pas ainsi, mais il y a trois hadrass par ma'a, deux hanets par hadrass, deux chamen par hanets, deux peroutot par chamen. On trouve ainsi que la perouta est un sixième de l'issar italien. Dirons-nous que le Maître (Rav Dimi) parle selon le premier Tanna, et Ravin, qui parle au nom de Rabbi Dostaï, Rabbi Yannaï et Rabbi Ochaya, selon Rabban Chimon ben Gamliel ?
- אֲמַר לֵיהּ: בֵּין דִּידִי וּבֵין רָבִין אַלִּיבָּא דְּתַנָּא קַמָּא, וְלָא קַשְׁיָא: הָא – דְּאִיַּקּוּר אִיסּוּרֵי, הָא – דְּזוּל אִיסּוּרֵי. הָא דְּאִיַּקּוּר אִיסּוּרֵי – קוּם עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע בְּזוּזָא, הָא דְּזוּל – קוּם תְּלָתִין וּתְרֵין בְּזוּזָא.Rav Dimi lui a dit (à Abayé) : aussi bien moi que Ravin, nous parlons selon le premier Tanna, et ce n'est pas difficile : ceci (mon propos) concerne le cas où les issar ont pris de la valeur par rapport aux pièces d'argent, et cela (le propos de Ravin), le cas où les issar ont perdu de la valeur. La Guemara précise : lorsque les issar ont pris de la valeur, vingt-quatre issar valaient un zouz (un dinar) ; lorsqu'ils ont perdu de la valeur, trente-deux valaient un zouz. Le rapport entre la perouta et l'argent est donc fixe – cent quatre-vingt-douze peroutot par dinar – tandis que celui de l'issar de cuivre fluctue : il vaut tantôt huit peroutot, tantôt six seulement.
- אָמַר שְׁמוּאֵל: קִידְּשָׁהּ בִּתְמָרָה, אֲפִילּוּ עוֹמֵד כּוֹר תְּמָרִים בְּדִינָר – מְקוּדֶּשֶׁת; חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא שָׁוֶה פְּרוּטָה בְּמָדַי.Chmouel a dit : si un homme l'a consacrée avec une datte, même si un kor (grande mesure) de dattes vaut un dinar – de sorte qu'une datte vaut bien moins d'une perouta – elle est consacrée, car nous craignons que peut-être elle vaille une perouta en Médie ou dans un autre lieu lointain où les dattes sont chères.
- וְהָא אֲנַן תְּנַן: בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים בִּפְרוּטָה וּבְשָׁוֶה פְּרוּטָה! לָא קַשְׁיָא, הָא בְּקִידּוּשֵׁי וַדַּאי, הָא בְּקִידּוּשֵׁי סָפֵק.La Guemara demande : mais voici que nous avons appris dans la Michna : Beit Hillel disent : avec une perouta ou avec un objet valant une perouta, et pas moins ! La Guemara explique : ce n'est pas difficile : ceci (la Michna) concerne des kidouchin certains, cela (Chmouel) concerne des kidouchin douteux : bien que l'objet ne vaille pas une perouta ici, on craint que les kidouchin soient néanmoins valables.
- הָהוּא גַּבְרָא דְּאקַדֵּישׁ בִּזְווֹדָא דְּאוּדְרֵי, יָתֵיב רַב שִׁימִי בַּר חִיָּיא קַמֵּיהּ דְּרַב וְקָא מְעַיֵּין בַּהּ, אִי אִית בַּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה – אִין, אִי לָא – לָא. וְאִי לֵית בַּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה לָא? וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: חָיְישִׁינַן! לָא קַשְׁיָא, הָא בְּקִידּוּשֵׁי וַדַּאי, הָא בְּקִידּוּשֵׁי סָפֵק.La Guemara rapporte : un certain homme a consacré une femme avec un ballot de chiffons. Rav Chimi bar 'Hiya était assis devant Rav et l'examinait : s'il valait une perouta, oui, elle est consacrée ; sinon, non. La Guemara demande : et s'il ne vaut pas une perouta, non ? Mais voici que Chmouel a dit : nous craignons qu'il vaille une perouta en Médie ! La Guemara explique : ce n'est pas difficile : ceci (Rav Chimi bar 'Hiya) concerne des kidouchin certains, cela (Chmouel) des kidouchin douteux.
- הָהוּא גַּבְרָא דְּאקַדֵּישׁ בְּאַבְנָא דְכוּחְלָא, יָתֵיב רַב חִסְדָּא וְקָא מְשַׁעֵר לַיהּ, אִי אִית בַּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה – אִין, וְאִי לָא – לָא. וְאִי לֵית בַּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה לָא? וְהָא אָמַר שְׁמוּאֵל: חָיְישִׁינַן! רַב חִסְדָּא לָא סָבַר לֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.La Guemara rapporte encore : un certain homme a consacré une femme avec une pierre de marbre bleu-noir semblable au khol. Rav 'Hisda était assis et l'estimait : si elle valait une perouta, oui, elle est consacrée ; sinon, non. La Guemara demande : et si elle ne vaut pas une perouta, non ? Mais voici que Chmouel a dit : nous craignons ! La Guemara répond : Rav 'Hisda ne partage pas l'opinion de Chmouel : selon lui, si l'objet ne vaut pas une perouta là où les kidouchin ont eu lieu, ils sont nuls.
- אֲמַרָה לֵיהּ אִימֵּיהּ: וְהָא הָהוּא יוֹמָא דְּקַדְּשַׁהּ הֲוָה בַּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה! אֲמַר לַהּ: לָאו כָּל כְּמִינָּךְ דְּאָסְרַתְּ לַהּ אַבָּתְרָא.Sa mère (celle de l'homme qui avait consacré) lui a dit (à Rav 'Hisda) : mais voici que le jour où il l'a consacrée, elle valait une perouta ! Il lui a dit : il n'est pas en ton pouvoir de la rendre interdite à celui qui vient après. Si un autre la consacre ensuite, ses kidouchin ne sont pas annulés par cet acte antérieur ; puisque la pierre ne vaut pas une perouta maintenant, les kidouchin du second peuvent être valables.
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