Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְסָבַר רַב תְּנָאוֹ קַיָּים? וְהָא אִיתְּמַר: הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ עַל מְנָת שֶׁאֵין לְךָ עָלַי אוֹנָאָה, רַב אָמַר: יֵשׁ לוֹ עָלָיו אוֹנָאָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֵין לוֹ עָלָיו אוֹנָאָה.Et Rav pense-t-il vraiment que, lorsqu'on pose une condition contraire à la Torah, sa condition est valable ? Mais voici qu'il a été dit (par les Amoraïm, Sages de l'époque de la Guemara) : Celui qui dit à son prochain : « Je te vends ceci à condition que tu n'aies pas contre moi de recours pour onaa (tromperie sur le prix) » – Rav a dit : il a contre lui un recours pour onaa, car on ne peut écarter cette loi de la Torah ; et Chmouel a dit : il n'a pas contre lui de recours pour onaa. On voit donc que, selon Rav, une telle condition est sans valeur.
- אֶלָּא: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר: הַמַּתְנֶה עַל מַה שֶּׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה — תְּנָאוֹ בָּטֵל, וְלָאו מִטַּעְמֵיהּ, דְּאִילּוּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: מֵתָה — יִירָשֶׁנָּה, וְרַב סָבַר: מֵתָה — לֹא יִירָשֶׁנָּה.Plutôt, Rav a voulu dire : la halakha (loi pratique) est conforme à Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit : celui qui pose une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah, sa condition est nulle – mais non pour sa raison. Car Rabban Chimon ben Gamliel pense que si elle meurt, il héritera d'elle, tandis que Rav pense que si elle meurt, il n'héritera pas d'elle.
- הַאי מִטַּעְמֵיהּ וְלָא כְּהִילְכְתֵיהּ הוּא!Objection : cela serait au contraire selon sa raison, mais non selon sa halakha ! Or Rav a dit l'inverse : selon sa halakha, mais non pour sa raison.
- אֶלָּא: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר אִם מֵתָה יִירָשֶׁנָּה, וְלָאו מִטַּעְמֵיהּ, דְּאִילּוּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר בִּדְאוֹרָיְיתָא תְּנָאוֹ בָּטֵל — הָא בִּדְרַבָּנַן תְּנָאוֹ קַיָּים. וְרַב סָבַר אֲפִילּוּ בִּדְרַבָּנַן — תְּנָאוֹ בָּטֵל.Plutôt, Rav a voulu dire : la halakha est conforme à Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit : si elle meurt, il héritera d'elle – mais non pour sa raison. Car Rabban Chimon ben Gamliel pense que c'est pour une loi de la Torah que sa condition est nulle ; il s'ensuit que pour une loi rabbinique, sa condition est valable. Tandis que Rav pense : même pour une loi rabbinique, sa condition est nulle.
- הַאי כְּטַעְמֵיהּ וּכְהִילְכְתֵיהּ הוּא, וְרַב מוֹסִיף הוּא!Objection : cela serait selon sa raison et selon sa halakha, et Rav ne ferait qu'ajouter un détail ! Il n'y aurait donc pas lieu de dire « mais non pour sa raison ».
- אֶלָּא: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל דְּאָמַר אִם מֵתָה יִירָשֶׁנָּה, וְלָאו מִטַּעְמֵיהּ, דְּאִילּוּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר יְרוּשַּׁת הַבַּעַל דְּאוֹרָיְיתָא, וְכׇל הַמַּתְנֶה עַל מַה שֶּׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה — תְּנָאוֹ בָּטֵל. וְרַב סָבַר: יְרוּשַּׁת הַבַּעַל דְּרַבָּנַן, וַחֲכָמִים עָשׂוּ חִיזּוּק לְדִבְרֵיהֶם כְּשֶׁל תּוֹרָה.Plutôt, Rav a voulu dire : la halakha est conforme à Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit : si elle meurt, il héritera d'elle – mais non pour sa raison. Car Rabban Chimon ben Gamliel pense que l'héritage du mari est d'ordre toranique, et quiconque pose une condition contraire à ce qui est écrit dans la Torah, sa condition est nulle ; tandis que Rav pense que l'héritage du mari est d'ordre rabbinique, et sa condition est pourtant nulle, car les Sages ont donné à leurs paroles la force de celles de la Torah.
- וְרַב סָבַר יְרוּשַּׁת הַבַּעַל דְּרַבָּנַן? וְהָתְנַן, רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא אוֹמֵר: הַיּוֹרֵשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ, יַחְזִיר לִבְנֵי מִשְׁפָּחָה, וִינַכֶּה לָהֶן מִן הַדָּמִים.Et Rav pense-t-il que l'héritage du mari est d'ordre rabbinique ? Mais voici que nous avons appris (dans une Michna, enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi ; Bekhorot 52b) : Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : Celui qui hérite de sa femme un champ le rendra aux membres de la famille de celle-ci au Jubilé, et il leur déduira une partie du prix.
- וְהָוֵינַן בַּהּ: מַאי קָסָבַר? אִי קָסָבַר יְרוּשַּׁת הַבַּעַל דְּאוֹרָיְיתָא, אַמַּאי יַחְזִיר? וְאִי דְּרַבָּנַן, דָּמִים מַאי עֲבִידְתַּיְיהוּ?Et nous avons discuté de cela : Que pense-t-il ? S'il pense que l'héritage du mari est d'ordre toranique, pourquoi rendrait-il le champ ? Un héritage ne revient pas au Jubilé. Et si l'héritage est d'ordre rabbinique, que vient faire ici le prix ? Selon la Torah, le champ appartient à la famille, et elle n'aurait rien à payer.
- וְאָמַר רַב: לְעוֹלָם קָסָבַר יְרוּשַּׁת הַבַּעַל דְּאוֹרָיְיתָא, וּכְגוֹן שֶׁהוֹרִישַׁתּוּ אִשְׁתּוֹ בֵּית הַקְּבָרוֹת, מִשּׁוּם פְּגַם מִשְׁפָּחָה אֲמוּר רַבָּנַן לִישְׁקוֹל דְּמֵי וְלַיהְדַּר.Et Rav a dit : En réalité, il pense que l'héritage du mari est d'ordre toranique, et il s'agit du cas où sa femme lui a légué le cimetière familial. À cause de l'atteinte à la famille – il serait honteux pour elle d'être enterrée dans le terrain d'autrui – nos Maîtres ont dit qu'il prendra le prix et qu'il rendra le terrain.
- וּמַאי ״יְנַכֶּה לָהֶן מִן הַדָּמִים״ — דְּמֵי קֶבֶר אִשְׁתּוֹ. כִּדְתַנְיָא: הַמּוֹכֵר קִבְרוֹ, וְדֶרֶךְ קִבְרוֹ, מַעֲמָדוֹ, וּמְקוֹם הֶסְפֵּידוֹ — בָּאִין בְּנֵי מִשְׁפָּחָה וְקוֹבְרִין אוֹתוֹ בְּעַל כׇּרְחוֹ, מִשּׁוּם פְּגַם מִשְׁפָּחָה!Et que signifie : « il leur déduira du prix » ? Il s'agit du prix de la tombe de sa femme, puisque le mari est tenu de l'enterrer. Comme il est enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Celui qui vend sa tombe, ou le chemin de sa tombe, ou son lieu de station (où l'on se tient pour consoler les endeuillés), ou le lieu de son oraison funèbre – les membres de la famille viennent et l'enterrent là, contre le gré de l'acheteur, à cause de l'atteinte à la famille ! Il ressort donc de ces propos que, selon Rav, l'héritage du mari est d'ordre toranique.
- רַב לְטַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא קָאָמַר, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ.Réponse : Rav a parlé selon la raison de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, pour expliquer son enseignement, mais lui-même ne partage pas cet avis.
- מַתְנִי׳ מִי שֶׁמֵּת וְהִנִּיחַ אִשָּׁה וּבַעַל חוֹב וְיוֹרְשִׁין, וְהָיָה לוֹ פִּקָּדוֹן אוֹ מִלְוָה בְּיַד אֲחֵרִים, רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר: יִנָּתְנוּ לַכּוֹשֵׁל שֶׁבָּהֶן. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין מְרַחֲמִין בַּדִּין, אֶלָּא יִנָּתְנוּ לַיּוֹרְשִׁין. שֶׁכּוּלָּן צְרִיכִין שְׁבוּעָה, וְאֵין הַיּוֹרְשִׁין צְרִיכִין שְׁבוּעָה.MICHNA. Celui qui est mort et a laissé une femme (qui réclame sa ketouba, contrat de mariage), un créancier et des héritiers, et il avait un dépôt ou un prêt entre les mains d'autres personnes – Rabbi Tarfon dit : ils seront donnés au plus faible d'entre eux. Rabbi Akiva dit : On ne fait pas miséricorde dans le jugement ; ils seront plutôt donnés aux héritiers. Car tous ont besoin d'un serment avant de se faire payer sur les biens d'orphelins, tandis que les héritiers n'ont pas besoin de serment.
- הִנִּיחַ פֵּירוֹת תְּלוּשִׁין מִן הַקַּרְקַע, כׇּל הַקּוֹדֵם בָּהֶן — זָכָה בָּהֶן. זָכְתָה אִשָּׁה יוֹתֵר מִכְּתוּבָּתָהּ, וּבַעַל חוֹב יוֹתֵר עַל חוֹבוֹ, הַמּוֹתָר — רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר: יִנָּתְנוּ לַכּוֹשֵׁל שֶׁבָּהֶן. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין מְרַחֲמִין בַּדִּין, אֶלָּא יִנָּתְנוּ לַיּוֹרְשִׁין. שֶׁכּוּלָּם צְרִיכִין שְׁבוּעָה, וְאֵין הַיּוֹרְשִׁין צְרִיכִין שְׁבוּעָה.S'il a laissé des fruits détachés du sol, quiconque les saisit en premier les acquiert. Si la femme a acquis plus que sa ketouba, ou le créancier plus que sa créance, quant au surplus – Rabbi Tarfon dit : il sera donné au plus faible d'entre eux. Rabbi Akiva dit : On ne fait pas miséricorde dans le jugement ; il sera plutôt donné aux héritiers. Car tous ont besoin d'un serment, tandis que les héritiers n'ont pas besoin de serment.
- גְּמָ׳ לְמָה לִי לְמִיתְנֵי מִלְוָה, לָמָּה לִי לְמִיתְנֵי פִּקָּדוֹן? צְרִיכָא, דְּאִי תְּנָא מִלְוָה, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי טַרְפוֹן, מִשּׁוּם דְּמִלְוָה לְהוֹצָאָה נִיתְּנָה. אֲבָל פִּקָּדוֹן, דְּאִיתֵיהּ בְּעֵינֵיהּ — אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא.GUEMARA. Pourquoi ai-je besoin d'enseigner le cas du prêt, et pourquoi ai-je besoin d'enseigner celui du dépôt ? Un seul exemple aurait suffi. C'est nécessaire, car si le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) avait enseigné seulement le prêt, c'est dans ce cas, aurait-on dit, que Rabbi Tarfon a parlé, parce qu'un prêt est donné pour être dépensé et n'existe plus en nature. Mais un dépôt, qui existe en nature, disons qu'il donne raison à Rabbi Akiva.
- וְאִי תְּנָא הָא, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא, אֲבָל בְּהָךְ — אֵימָא מוֹדֵי לְרַבִּי טַרְפוֹן, צְרִיכָא.Et s'il avait enseigné celui-ci (le dépôt), c'est dans ce cas, aurait-on dit, que Rabbi Akiva a parlé ; mais dans l'autre (le prêt), disons qu'il donne raison à Rabbi Tarfon. C'est donc nécessaire.
- מַאי ״לַכּוֹשֵׁל״? רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אוֹמֵר: לַכּוֹשֵׁל שֶׁבִּרְאָיָה. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לִכְתוּבַּת אִשָּׁה, מִשּׁוּם חִינָּא.Que signifie : « au plus faible » ? Rabbi Yossé, fils de Rabbi 'Hanina, dit : au plus faible en preuve, celui dont l'acte porte la date la plus tardive. Rabbi Yo'hanan a dit : à la ketouba de la femme, à cause de la faveur : les Sages ont voulu que les hommes trouvent grâce aux yeux des femmes.
- כְּתַנָּאֵי, רַבִּי בִּנְיָמִין אוֹמֵר: לַכּוֹשֵׁל שֶׁבִּרְאָיָה, וְהוּא כָּשֵׁר. רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: לִכְתוּבַּת אִשָּׁה, מִשּׁוּם חִינָּא.C'est comme une divergence entre Tannaïm : Rabbi Binyamin dit : au plus faible en preuve, et c'est ce qui est juste. Rabbi Elazar dit : à la ketouba de la femme, à cause de la faveur.
- הִנִּיחַ פֵּירוֹת הַתְּלוּשִׁין. וְרַבִּי עֲקִיבָא, מַאי אִירְיָא מוֹתָר? כּוּלְּהוּ נָמֵי דְּיוֹרְשִׁין הָווּ? אִין הָכִי נָמֵי, וְאַיְּידֵי דְּאָמַר רַבִּי טַרְפוֹן מוֹתָר, תְּנָא אִיהוּ נָמֵי מוֹתָר.« S'il a laissé des fruits détachés. » Et selon Rabbi Akiva, pourquoi parler précisément du surplus ? Tout n'appartient-il pas aussi aux héritiers ? Réponse : Oui, il en est bien ainsi ; mais puisque Rabbi Tarfon a parlé du surplus, lui aussi a enseigné à propos du surplus.
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