Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מְזוֹנוֹת תַּחַת מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ, וּמָעָה כֶּסֶף תַּחַת מוֹתָר, וְכֵיוָן דְּלָא קָא יָהֵיב לַהּ מָעָה כֶּסֶף — מוֹתָר דִּידַהּ הָוֵי. רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה סָבַר: תִּקְּנוּ מְזוֹנוֹת תַּחַת מוֹתָר, וּמָעָה כֶּסֶף תַּחַת מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ, וְכֵיוָן דְּקָא יָהֵיב לַהּ מְזוֹנֵי, מוֹתָר דִּידֵיהּ הָוֵי.l'entretien en échange du travail de ses mains, et le ma'a d'argent (petite pièce que le mari lui remet chaque semaine) en échange du surplus ; et puisqu'il ne lui donne pas le ma'a d'argent, le surplus est à elle, et le mari n'en hérite qu'à sa mort. Rav Adda bar Ahava estime : ils ont institué l'entretien en échange du surplus, et le ma'a d'argent en échange du travail de ses mains ; et puisqu'il lui donne l'entretien, le surplus est à lui, et la consécration prend effet dès qu'il est produit.
- בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: מִידֵּי דִּשְׁכִיחַ מִמִּידֵּי דִּשְׁכִיחַ. וּמָר סָבַר: מִידֵּי דְּקִייץ מִמִּידֵּי דְּקִייץ.Sur quoi portent leur divergence ? Ce Maître (Rav et Chmouel) estime : on a institué une chose fréquente pour une chose fréquente (l'entretien pour le travail) ; et ce Maître (Rav Adda bar Ahava) estime : on a institué une chose fixe pour une chose fixe (le ma'a, montant fixe, pour la quantité fixe de travail).
- מֵיתִיבִי: תִּקְּנוּ מְזוֹנוֹת תַּחַת מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ! אֵימָא: תַּחַת מוֹתַר מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ.On a objecté à partir d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : ils ont institué l'entretien en échange du travail de ses mains ! Dis plutôt : en échange du surplus du travail de ses mains.
- תָּא שְׁמַע: אִם אֵינוֹ נוֹתֵן לָהּ מָעָה כֶּסֶף לִצְרָכֶיהָ — מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ שֶׁלָּהּ. אֵימָא: מוֹתַר מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ שֶׁלָּהּ. וְהָא עֲלַהּ קָתָנֵי: מָה הִיא עוֹשָׂה לוֹ — מִשְׁקַל חָמֵשׁ סְלָעִים שְׁתִי בִּיהוּדָה!Viens et entends une preuve de la Michna (plus loin, 64b) : s'il ne lui donne pas de ma'a d'argent pour ses besoins, le travail de ses mains est à elle. Dis plutôt : le surplus du travail de ses mains est à elle. Mais voici qu'il est enseigné à ce sujet : que fait-elle pour lui ? Le poids de cinq sela'im de fils de chaîne en Judée ! Il s'agit donc bien de la quantité due, non du surplus.
- הָכִי קָאָמַר: מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ כַּמָּה הָוֵי, דְּלִידַּע מוֹתָר דִּידַהּ כַּמָּה — מִשְׁקַל חָמֵשׁ סְלָעִים שְׁתִי בִּיהוּדָה, שֶׁהֵן עֶשֶׂר סְלָעִים בַּגָּלִיל.Voici ce qu'il veut dire : le travail de ses mains, combien représente-t-il, pour que nous sachions à combien se monte son surplus ? Le poids de cinq sela'im de fils de chaîne en Judée, qui font dix sela'im en Galilée.
- אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן הַסַּנְדְּלָר.Chmouel a dit : la halakha (règle pratique) est conforme à Rabbi Yo'hanan HaSandlar (le sandalier) : on ne peut consacrer ce qui n'est pas venu au monde.
- וּמִי אָמַר שְׁמוּאֵל הָכִי? וְהָתְנַן: ״קֻוֽנָּם שֶׁאֲנִי עוֹשָׂה לְפִיךָ״ — אֵינוֹ צָרִיךְ לְהָפֵר. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: יָפֵר, שֶׁמָּא תַּעֲדִיף עָלָיו יָתֵר מִן הָרָאוּי לוֹ. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אָמַר: יָפֵר, שֶׁמָּא יְגָרְשֶׁנָּה וּתְהֵא אֲסוּרָה לַחֲזוֹר.Et Chmouel a-t-il dit cela ? Mais nous avons appris dans la Michna (Nedarim 85a) : si une femme dit : « Que ce que je fais soit konam (interdit à la manière d'une offrande) pour ta bouche », le mari n'a pas besoin d'annuler ce vœu, car elle est déjà tenue de travailler pour lui. Rabbi Akiva dit : il annulera, de peur qu'elle ne produise pour lui plus qu'il ne lui revient, le vœu prenant alors effet sur le surplus. Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit : il annulera, de peur qu'il ne la répudie, et elle serait interdite de lui revenir : le mari ne pourrait éviter de profiter de son travail.
- וְאָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי. כִּי אָמַר שְׁמוּאֵל הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי, לְהַעְדָּפָה.Et Chmouel a dit : la halakha est conforme à Rabbi Yo'hanan ben Nouri ; ainsi le vœu prendrait effet sur un travail encore à venir, à l'encontre de Rabbi Yo'hanan HaSandlar. Lorsque Chmouel a dit que la halakha est conforme à Rabbi Yo'hanan ben Nouri, c'était pour le surplus seulement.
- וְלֵימָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי לְהַעְדָּפָה! אִי נָמֵי: אֵין הֲלָכָה כְּתַנָּא קַמָּא! אִי נָמֵי: הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא!Qu'il dise alors : la halakha est conforme à Rabbi Yo'hanan ben Nouri pour le surplus ! Ou encore : la halakha n'est pas conforme au premier Tanna ! Ou encore : la halakha est conforme à Rabbi Akiva !
- אֶלָּא, אָמַר רַב יוֹסֵף: קֻוֽנָּמוֹת קָאָמְרַתְּ? שָׁאנֵי קֻוֽנָּמוֹת, מִתּוֹךְ שֶׁאָדָם אוֹסֵר פֵּירוֹת חֲבֵירוֹ עָלָיו, אָדָם מַקְדִּישׁ דָּבָר שֶׁלֹּא בָּא לָעוֹלָם.Mais, a dit Rav Yossef, parles-tu des konamot (vœux d'interdiction) ? Les konamot sont différents : du fait qu'une personne peut s'interdire les fruits de son prochain, qui ne sont pas à elle, le konam a une force particulière ; aussi une personne peut-elle consacrer par konam une chose qui n'est pas venue au monde, ce qui ne s'applique pas à une consécration ordinaire.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: בִּשְׁלָמָא אָדָם אוֹסֵר פֵּירוֹת חֲבֵירוֹ עָלָיו — שֶׁכֵּן אָדָם אוֹסֵר פֵּירוֹתָיו עַל חֲבֵירוֹ. יֶאֱסֹר דָּבָר שֶׁלֹּא בָּא לְעוֹלָם עַל חֲבֵירוֹ, שֶׁכֵּן אֵין אָדָם אוֹסֵר פֵּירוֹת חֲבֵירוֹ עַל חֲבֵירוֹ?Abayé lui a dit : cela se comprend qu'une personne puisse s'interdire les fruits de son prochain, puisqu'une personne peut interdire ses propres fruits à son prochain : l'un des deux éléments est en son pouvoir. Mais interdira-t-elle une chose qui n'est pas venue au monde à son prochain, alors qu'une personne ne peut pas interdire les fruits de son prochain à son prochain ? La femme interdit en effet à son mari un travail qui n'existe pas encore.
- אֶלָּא אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: בְּאוֹמֶרֶת ״יִקְדְּשׁוּ יָדַי לְעוֹשֵׂיהֶם״, דְּיָדַיִם אִיתַנְהוּ בָּעוֹלָם.Mais, a dit Rav Houna fils de Rav Yehochoua : il s'agit d'une femme qui dit : « Que mes mains soient consacrées à Celui qui les a faites », le konam étant valable car les mains existent au monde.
- וְכִי קָאָמְרָה הָכִי מִי מַקְדְּשָׁה? הָא מְשַׁעְבְּדָא לֵיהּ! דְּאָמְרָה לְכִי מִיגָּרְשָׁה.Et lorsqu'elle dit cela, les consacre-t-elle vraiment ? Elles lui sont pourtant asservies ! Elle parle du moment où elle sera divorcée.
- וּמִי אִיכָּא מִידֵּי דְּאִילּוּ הַשְׁתָּא לָא קַדִּישׁ וּלְקַמֵּיהּ קַדִּישׁ? אָמַר רַבִּי אִלְעַאי: אַלְּמָה לָא? אִילּוּ הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״שָׂדֶה זוֹ שֶׁאֲנִי מוֹכֵר לְךָ לִכְשֶׁאֶקָּחֶנָּה מִמְּךָ תִּיקְדַּשׁ״, מִי לָא קָדְשָׁה?Et y a-t-il une chose qui maintenant n'est pas consacrée et qui plus tard le serait ? Rabbi Ilaï a dit : pourquoi pas ? Si quelqu'un dit à son prochain : « Ce champ que je te vends, lorsque je te l'aurai racheté, qu'il soit consacré », ne sera-t-il pas consacré ?
- מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי יִרְמְיָה: מִי דָּמֵי? הָתָם, בְּיָדוֹ לְהַקְדִּישָׁהּ. הָכָא, אֵין בְּיָדָהּ לְגָרֵשׁ אֶת עַצְמָהּ. הָא לָא דָּמְיָא אֶלָּא לָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״שָׂדֶה זוֹ שֶׁמָּכַרְתִּי לְךָ, לִכְשֶׁאֶקָּחֶנָּה מִמְּךָ — תִּיקְדַּשׁ״, דְּלָא קָדְשָׁה.Rabbi Yirmeya a objecté : est-ce comparable ? Là, il est en son pouvoir de le consacrer dès maintenant, le champ étant encore à lui. Ici, il n'est pas en son pouvoir à elle de se divorcer. Cela n'est comparable qu'à celui qui dit à son prochain : « Ce champ que je t'ai vendu, lorsque je te l'aurai racheté, qu'il soit consacré », où il n'est pas consacré.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב פָּפָּא: מִי דָּמֵי? הָתָם, גּוּפָא וּפֵירוֹת בִּידָא דְלוֹקֵחַ. הָכָא, גּוּפַהּ בִּידַהּ הוּא. הָא לָא דָּמְיָא אֶלָּא לָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹRav Pappa a objecté : est-ce comparable ? Là, le fonds et les fruits sont entre les mains de l'acheteur ; ici, son corps à elle est entre ses mains à elle, et elle a parlé de ses mains. Cela n'est comparable qu'à celui qui dit à son prochain :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.