Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- בְּמַפְרִישׁ שְׁנֵי אֲשָׁמוֹת לְאַחְרָיוּת וְנִתְכַּפֵּר בְּאַחַת מֵהֶן, דְּשֵׁנִי יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב וְיִמָּכֵר וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה.dans le cas de celui qui met à part deux achamot (sacrifices de culpabilité) « en suspens » dès le départ par garantie, afin que si l'un se perd il puisse obtenir l'expiation avec l'autre, et il a obtenu l'expiation avec l'un d'eux : Rabbi Méïr reconnaît que le second reste consacré et paîtra jusqu'à ce qu'il ait un défaut, et alors il sera vendu et son prix sera affecté aux sacrifices de don volontaire (nedava) de la communauté.
- מַאי טַעְמָא? עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבִּי מֵאִיר עֲלֵיהוֹן דְּרַבָּנַן אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא גַּלִּי דַּעְתֵּיהּ דְּלִבּוֹ נוֹקְפוֹ, אֲבָל הָכָא, מִכְּדִי חַד הוּא דְּאִיבְּעִי לֵיהּ לְאַפְרוֹשֵׁי, מַאי טַעְמָא אַפְרֵישׁ תְּרֵי? דְּסָבַר: אִי מִירְכַס חֲדָא מִיכַּפַּרְנָא בְּאִידַּךְ חַבְרֵיהּ, וְכֵיוָן דְּגַלִּי דַּעְתֵּיהּ דְּלִבּוֹ נוֹקְפוֹ הָיָה, הוֹאִיל וְכָךְ הָיָה גָּמַר וְהִקְדִּישׁוֹ.Quelle est la raison ? Rabbi Méïr ne diverge des Sages que parce que celui qui consacre n'a pas révélé que son cœur le frappait (libo nokfo, qu'il avait des remords). Mais ici, puisqu'il ne devait mettre à part qu'un seul animal, pour quelle raison en a-t-il mis à part deux ? C'est qu'il pensait : « Si l'un se perd, j'obtiendrai l'expiation avec l'autre. » Et puisqu'il a révélé par ce scrupule que son cœur le frappait, étant donné qu'il en était ainsi, il a résolu pleinement de le consacrer.
- אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי מֵאִיר בְּאָשָׁם תָּלוּי שֶׁהוּזַּמּוּ עֵדָיו, דְּיֵצֵא וְיִרְעֶה בָּעֵדֶר.Rav Yehouda a dit au nom de Rav : les Sages reconnaissent à Rabbi Méïr, dans le cas d'un acham talouy (sacrifice de culpabilité « en suspens », offert en cas de doute) apporté sur la foi de deux témoins disant qu'il a peut-être fauté (par exemple en mangeant un morceau de graisse douteux), dont les témoins ont été convaincus de faux (houzamou, réfutés par d'autres témoins attestant qu'ils étaient ailleurs), qu'il sortira et paîtra dans le troupeau comme animal profane.
- מַאי טַעְמָא? עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ אֶלָּא הֵיכָא דְּאַפְרְשֵׁיהּ עַל פִּי עַצְמוֹ, וְאָמְרִינַן לִבּוֹ נוֹקְפוֹ, אֲבָל הֵיכָא דְּעַל פִּי עֵדִים אַפְרְשֵׁיהּ – לָא הֲוָה סָמֵיךְ עִילָּוֵי עֵדִים, דְּסָבַר: דִּלְמָא אָתוּ אֲחֵרִים וּמַזְּמִי לְהוּ.Quelle est la raison ? Les Sages ne divergent de Rabbi Méïr que lorsqu'il l'a mis à part de lui-même, et alors nous disons : son cœur le frappait et il a résolu de le consacrer. Mais lorsqu'il l'a mis à part sur la foi de témoins, il ne s'appuyait pas sur les témoins ; au contraire, il pensait : « Peut-être d'autres témoins viendront-ils et les convaincront-ils de faux. »
- מֵתִיב רָבָא: שׁוֹר הַנִּסְקָל אֵינוֹ כֵּן, אִם עַד שֶׁלֹּא נִסְקַל – יֵצֵא וְיִרְעֶה בָּעֵדֶר. הֵיכִי דָּמֵי? אִילֵּימָא דְּאָתוּ בֵּי תְרֵי אָמְרִי ״הָרַג״, וּבֵי תְרֵי אָמְרִי ״לֹא הָרַג״ – מַאי חָזֵית דְּצָיְיתַ[תְּ] לְבָתְרָאֵי? צִיית לְהוּ לְקַמָּאֵי!Rava a objecté à partir de la Michna : « Le bœuf condamné à être lapidé n'est pas ainsi : si l'on apprend que le témoignage était faux avant qu'il ait été lapidé, il sortira et paîtra dans le troupeau. » De quel cas s'agit-il ? Si l'on dit que deux témoins sont venus dire « Il a tué », et deux autres disent « Il n'a pas tué » – qu'as-tu vu pour écouter les derniers ? Écoute plutôt les premiers !
- אֶלָּא לָאו בְּעֵדֵי הֲזָמָה. וְדִכְווֹתֵיהּ גַּבֵּי אָשָׁם תָּלוּי – בְּעֵדֵי הֲזָמָה, וּפְלִיגִי!N'est-ce pas plutôt qu'il s'agit de témoins convaincus de faux (edé hazama), dont le témoignage est accepté ? Et dans le cas correspondant de la Michna, concernant l'acham talouy, il s'agit aussi de témoins convaincus de faux ; et pourtant les Sages divergent de Rabbi Méïr et considèrent l'animal comme consacré !
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְדִלְמָא שׁוֹר הַנִּסְקָל הֵיכִי דָמֵי – כְּגוֹן שֶׁבָּא הָרוּג בְּרַגְלָיו.Abayé lui a dit : peut-être que pour le bœuf lapidé, de quel cas s'agit-il ? Non pas de témoins convaincus de faux, mais du cas où l'homme prétendument tué est venu sur ses pieds devant le tribunal, réfutant de manière certaine le témoignage.
- וְדִכְווֹתֵיהּ גַּבֵּי אָשָׁם תָּלוּי – כְּגוֹן דְּהוּכְּרָה חֲתִיכָה. אֲבָל הֵיכָא דְּאַפְרְשֵׁיהּ לְאָשָׁם תָּלוּי עַל פִּי עֵדִים – לָא.Et dans le cas correspondant concernant l'acham talouy, il s'agit d'un homme qui l'a mis à part de lui-même, par exemple lorsque le morceau de graisse a été identifié (on a su que celui qu'il a mangé était permis). Mais lorsqu'il l'a mis à part comme acham talouy sur la foi de témoins, les Sages ne divergent pas, et l'animal sortira et paîtra dans le troupeau.
- בִּפְלוּגְתָּא: אָשָׁם תָּלוּי שֶׁהוּזַּמּוּ עֵדָיו – רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הֲרֵי הִיא כְּמִנְחַת קְנָאוֹת, דְּתַנְיָא: נִמְצְאוּ עֵדֶיהָ זוֹמְמִין – מִנְחָתָהּ תֵּצֵא לְחוּלִּין.C'est une machlokèt (divergence d'opinions) entre Amoraïm : un acham talouy dont les témoins ont été convaincus de faux – Rabbi Elazar dit : il est comme l'offrande de jalousie (min'hat kenaot, offrande de la sota, femme soupçonnée d'adultère, cf. Nombres 5, 25-26), comme il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : si ses témoins se sont avérés convaincus de faux, son offrande devient profane.
- רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: יִרְעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב וְיִמָּכֵר וְיִפְּלוּ דָּמָיו לִנְדָבָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן, נְדַמְּיֵיהּ לְמִנְחַת קְנָאוֹת! לָא דָּמֵי, מִנְחַת קְנָאוֹת לָא לְכַפָּרָה קָאָתְיָיא, אֶלָּא לְבָרֵר עָוֹן. אֲבָל אָשָׁם תָּלוּי, דִּלְכַפָּרָה אָתֵי, מִתּוֹךְ שֶׁלִּבּוֹ נוֹקְפוֹ גּוֹמֵר וּמַקְדִּישׁוֹ.Rabbi Yo'hanan dit : il paîtra jusqu'à ce qu'il ait un défaut, et il sera vendu, et son prix sera affecté aux dons. La Guemara demande : et Rabbi Yo'hanan, qu'il le compare à l'offrande de jalousie ! Elle répond : ce n'est pas comparable : l'offrande de jalousie ne vient pas pour l'expiation, mais pour élucider la faute de la sota ; une fois élucidé qu'elle n'a pas fauté, l'offrande devient profane. Mais l'acham talouy, qui vient pour l'expiation : du fait que son cœur le frappe, il résout de le consacrer.
- אָמַר רַבִּי כְּרוּסְפָּדַאי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שׁוֹר הַנִּסְקָל שֶׁהוּזַּמּוּ עֵדָיו – כׇּל הַמַּחֲזִיק בּוֹ זָכָה בּוֹ.Rabbi Krouspedaï a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : un bœuf lapidé dont les témoins ont été convaincus de faux – quiconque s'en empare l'acquiert, car le propriétaire y a renoncé en apprenant qu'il était condamné.
- אָמַר רָבָא: מִסְתַּבְּרָא טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן, כְּגוֹן דְּאָמְרִי לֵיהּ: נִרְבַּע שׁוֹרוֹ. אֲבָל אָמְרוּ: רָבַע שׁוֹרוֹ, הוּא בְּעַצְמוֹ מִידָּע יָדַיע דְּלָא רְבַע וְלָא מַפְקַר לֵיהּ, וְטָרַח וּמַיְיתֵי עֵדִים.Rava a dit : la raison de Rabbi Yo'hanan est logique dans le cas où les témoins lui ont dit : « Ton bœuf a été l'objet de zoophilie » ; croyant les témoins véridiques, il y renonce. Mais s'ils ont dit : « Il (le propriétaire) a commis la zoophilie avec son bœuf », lui-même sait bien qu'il ne l'a pas commise, et il n'y renonce pas ; il se donne de la peine et amène des témoins pour les convaincre de faux.
- וּמַאי שְׁנָא מֵהָא דְּאָמַר רַבָּה בַּר אִיתַּי אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: עִיר הַנִּדַּחַת שֶׁהוּזַּמּוּ עֵדֶיהָ – כׇּל הַמַּחֲזִיק בָּהּ זָכָה בָּהּ?La Guemara demande : et en quoi est-ce différent de ce qu'a dit Rabba bar Itaï au nom de Rech Lakich : une ville idolâtre (ir hanida'hat, dont tous les biens doivent être brûlés) dont les témoins ont été convaincus de faux – quiconque s'en empare (de ses biens) l'acquiert ? Or là aussi, les habitants savent bien qu'ils n'ont pas fauté.
- עִיר הַנִּדַּחַת, דְּרַבִּים נִינְהוּ, כֹּל חַד אָמַר בְּדַעְתֵּיהּ: אֲנָא לָא חֲטַאי, אַחֲרִינָא חֲטָא, וּמַפְקַר מָמוֹנֵיהּ. אֲבָל הָכָא, דִּבְדִידֵיהּ תַּלְיָא מִילְּתָא, הוּא בְּעַצְמוֹ מִידָּע יָדַע דְּלָא רְבַע, וְלָא מַפְקַר לֵיהּ, וְטָרַח וּמַיְיתֵי עֵדִים.Elle répond : la ville idolâtre, ce sont de nombreuses personnes : chacun se dit : « Moi, je n'ai pas fauté, mais un autre a fauté », et la ville sera de toute façon détruite ; et il renonce à ses biens. Mais ici, où la chose dépend de lui seul, lui-même sait bien qu'il n'a pas commis la zoophilie, et il n'y renonce pas ; il se donne de la peine et amène des témoins.
- אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: הַנּוֹתֵן מַתָּנָה לַחֲבֵירוֹ, וְאָמַר הַלָּה: ״אִי אֶפְשִׁי בָּהּ״ – כׇּל הַמַּחֲזִיק בָּהּ זָכָה בָּהּ.Rech Lakich a dit : celui qui fait un cadeau à son prochain, et l'autre dit : « Je n'en veux pas » (i efchi bah) – quiconque s'en empare l'acquiert, car il a été abandonné.
- וּמַאי שְׁנָא מֵהָא דְּאָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב שֵׁשֶׁת, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: מְקַבֵּל מַתָּנָה שֶׁאָמַר לְאַחַר שֶׁבָּאת מַתָּנָה לְיָדוֹ: ״מַתָּנָה זוֹ תִּיבָּטֵל״, ״מְבוּטֶּלֶת״, ״אִי אֶפְשִׁי בָּהּ״ – דְּבָרָיו קַיָּימִין. ״בְּטֵילָה״, ״אֵינָהּ מַתָּנָה״ – לֹא אָמַר כְּלוּם.La Guemara demande : et en quoi est-ce différent de ce qu'a dit Rabba bar Avouh au nom de Rav Chéchet – et certains disent : Rabbi Abahou a dit au nom de Rav Chéchet : celui qui reçoit un cadeau et qui dit, après que le cadeau est parvenu entre ses mains : « Que ce cadeau soit annulé », « Il est annulé », « Je n'en veux pas » – ses paroles sont valables ; « Il est nul », « Ce n'est pas un cadeau » – il n'a rien dit.
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