Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- בָּעֵי רַב יוֹסֵף: אֵין חֲרִישָׁה בְּשַׁבָּת, מַהוּ? מִי אָמְרִינַן: כֵּיוָן דְּקָא מוֹדוּ בְּכוּלְּהוּ מִלְּתָא, כְּבִיטּוּל מִקְצָת וְקִיּוּם מִקְצָת דָּמֵי, אוֹ דִלְמָא: כֵּיוָן דְּקָא עָקְרִיִין לֵיהּ לַחֲרִישָׁהּ כׇּל עִיקָּר, כַּעֲקִירַת גּוּף דָּמֵי?À propos d'une décision de tribunal abolissant une mitsva (commandement), Rav Yossef a posé la question : si le tribunal a statué qu'il n'y a pas d'interdit de labourer le Chabbat, qu'en est-il ? Disons-nous que, puisque les juges admettent tout le reste des interdits du Chabbat et ne statuent que sur le labour, cela équivaut à l'annulation d'une partie de la mitsva et au maintien d'une partie, ou peut-être que, puisqu'ils abolissent le labour entièrement, cela équivaut à l'abolition de l'essence même de la mitsva ?
- תָּא שְׁמַע: יֵשׁ נִדָּה בַּתּוֹרָה אֲבָל הַבָּא עַל שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם פָּטוּר. וְאַמַּאי? הָא עָקְרִיִין לְשׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם כׇּל עִיקָּר!Viens et entends une preuve de la Michna (enseignement des Tannaïm), qui donne en exemple de décision entraînant l'obligation d'un sacrifice : « La femme nidda (en période de règles) figure dans la Torah, mais celui qui a des relations avec une femme qui observe un jour pour un jour d'écoulement est exempt. » Or pourquoi le tribunal serait-il alors passible ? Voici qu'ils abolissent entièrement la loi de la femme qui observe un jour pour un jour ! L'abolition d'une catégorie entière n'équivaut donc pas à l'abolition de l'essence de la mitsva.
- אָמַר לְךָ רַב יוֹסֵף: שׁוֹמֶרֶת יוֹם דְּקָאָמְרִין כִּדְשַׁנִּין.Rav Yossef te dirait : la décision sur la femme qui observe un jour pour un jour dont ils parlent doit se comprendre comme nous l'avons expliqué plus haut : il ne s'agit pas d'abolir toute cette loi, mais de permettre seulement le début de la relation.
- תָּא שְׁמַע: יֵשׁ שַׁבָּת בַּתּוֹרָה, אֲבָל הַמּוֹצִיא מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים פָּטוּר. וְאַמַּאי? הָא עָקְרִיִין לְהוֹצָאָה כׇּל עִיקָּר!Viens et entends une autre preuve de la Michna : « Le Chabbat figure dans la Torah, mais celui qui transporte d'un domaine privé vers le domaine public est exempt. » Or pourquoi le tribunal serait-il alors passible ? Voici qu'ils abolissent entièrement le transport !
- הָתָם נָמֵי כִּדְשַׁנִּין.Là aussi, il faut comprendre comme nous l'avons expliqué : le tribunal n'annule qu'une partie de ce travail, par exemple tendre ou lancer un objet d'un domaine à l'autre.
- תָּא שְׁמַע: יֵשׁ עֲבוֹדָה זָרָה בַּתּוֹרָה, אֲבָל הַמִּשְׁתַּחֲוֶה פָּטוּר. אַמַּאי? וְהָא עָקְרִיִין לְהִשְׁתַּחֲוָיָה כׇּל עִיקָּר!Viens et entends encore une preuve de la Michna : « L'idolâtrie figure dans la Torah, mais celui qui se prosterne devant une idole est exempt. » Pourquoi le tribunal serait-il alors passible ? Voici qu'ils abolissent entièrement la prosternation !
- אָמְרִי: הִשְׁתַּחֲוָיָה נָמֵי כִּדְשַׁנִּין.Les Sages disent : la prosternation aussi doit se comprendre comme nous l'avons expliqué : le tribunal n'annule qu'un aspect de la prosternation.
- בָּעֵי רַבִּי זֵירָא: אֵין שַׁבָּת בַּשְּׁבִיעִית, מַהוּ? בְּמַאי טָעוּ? בְּהָדֵין קְרָא: ״בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר תִּשְׁבֹּת״, בִּזְמַן דְּאִיכָּא חֲרִישָׁה – אִיכָּא שַׁבָּת, וּבִזְמַן דְּלֵיכָּא חֲרִישָׁה – לֵיכָּא שַׁבָּת.Rabbi Zeira a posé la question : si le tribunal a statué qu'il n'y a pas de Chabbat durant la septième année (l'année de Chemita, où la terre est laissée en jachère), qu'en est-il ? Sur quoi se sont-ils trompés ? Sur ce verset : « Au labour et à la moisson tu te reposeras » (Exode 34, 21), qu'ils ont compris ainsi : au temps où il y a du labour, il y a le Chabbat, et au temps où il n'y a pas de labour, c'est-à-dire durant la septième année, il n'y a pas de Chabbat.
- מִי אָמְרִינַן: כֵּיוָן דִּמְקַיְּימִין לַהּ בִּשְׁאָר שְׁנֵי שָׁבוּעַ, כְּבִיטּוּל מִקְצָת וְקִיּוּם מִקְצָת דָּמֵי, אוֹ דִלְמָא: כֵּיוָן דְּקָא עָקְרִיִין לֵיהּ בִּשְׁבִיעִית, כַּעֲקִירַת הַגּוּף דָּמֵי?Disons-nous que, puisqu'on l'observe durant les autres années du cycle de sept ans, cela équivaut à l'annulation d'une partie et au maintien d'une partie, ou peut-être que, puisqu'ils l'abolissent durant la septième année, cela équivaut à l'abolition de l'essence même de la mitsva ?
- אָמַר רָבִינָא, תָּא שְׁמַע: נָבִיא שֶׁנִּתְנַבֵּא לַעֲקוֹר דָּבָר מִדִּבְרֵי תוֹרָה – חַיָּיב. לְבִיטּוּל מִקְצָת וּלְקִיּוּם מִקְצָת, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: פָּטוּר. וּבַעֲבוֹדָה זָרָה, אֲפִילּוּ אָמַר: הַיּוֹם עוֹבְדָהּ, וּלְמָחָר בַּטְּלָה – חַיָּיב, שְׁמַע מִינַּהּ: אֵין שַׁבָּת בַּשְּׁבִיעִית כְּבִיטּוּל מִקְצָת וְקִיּוּם מִקְצָת דָּמֵי. שְׁמַע מִינַּהּ.Ravina a dit : Viens et entends une preuve d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : un prophète qui a prophétisé pour abolir une chose parmi les paroles de la Torah est passible de mort. S'il a prophétisé pour l'annulation d'une partie et le maintien d'une partie, Rabbi Chimon dit : il est exempt. Et pour l'idolâtrie, même s'il a dit : « Sers-la aujourd'hui et annule-la demain », il est passible. Déduis-en : l'énoncé « Il n'y a pas de Chabbat durant la septième année » équivaut à l'annulation d'une partie et au maintien d'une partie. En effet, déduis-en bien cela.
- מַתְנִי׳ הוֹרוּ בֵּית דִּין, וְיָדַע אֶחָד מֵהֶן שֶׁטָּעוּ, וְאָמַר לָהֶן: ״טוֹעִין אַתֶּם״, אוֹ שֶׁלֹּא הָיָה מוּפְלָא שֶׁל בֵּית דִּין שָׁם, אוֹ שֶׁהָיָה אֶחָד מֵהֶן גֵּר אוֹ מַמְזֵר אוֹ נָתִין, אוֹ זָקֵן שֶׁלֹּא רָאוּי לְבָנִים – הֲרֵי זֶה פָּטוּר.MICHNA : Si le tribunal a statué, et que l'un d'entre eux a su qu'ils se trompaient et leur a dit : « Vous vous trompez », ou si le moufla (le membre le plus éminent) du tribunal n'était pas là, ou si l'un d'entre eux était un converti, ou un mamzer (enfant né d'une union interdite), ou un natin (descendant des Guibonites), ou un vieillard qui n'est plus apte à avoir des enfants, ce tribunal est exempt.
- שֶׁנֶּאֱמַר כָּאן ״עֵדָה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״עֵדָה״, מֶה ״עֵדָה״ הָאֲמוּרָה לְהַלָּן – כּוּלָּן רְאוּיִן לְהוֹרָאָה, אַף ״עֵדָה״ הָאֲמוּרָה כָּאן – עַד שֶׁיִּהְיוּ כּוּלָּן רְאוּיִן לְהוֹרָאָה.Cela se déduit par guezéra chava (analogie textuelle) : car il est dit ici « assemblée » (Lévitique 4, 13) et il est dit là-bas « assemblée » (Nombres 35, 24). De même que dans « l'assemblée » mentionnée là-bas, tous sont aptes à enseigner la loi, de même, dans « l'assemblée » mentionnée ici, le tribunal n'est passible que si tous sont aptes à enseigner la loi.
- גְּמָ׳ אוֹ שֶׁלֹּא הָיָה מוּפְלָא שֶׁל בֵּית דִּין שָׁם – מְנָלַן? אָמַר רַב שֵׁשֶׁת, וְכֵן תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ הוֹרוּ בְּדָבָר שֶׁהַצַּדּוּקִין מוֹדִין בּוֹ פְּטוּרִין? מִפְּנֵי שֶׁהָיָה לָהֶם לִלְמוֹד וְלֹא לָמְדוּ, לֹא הָיָה מוּפְלָא שֶׁל בֵּית דִּין שָׁם נָמֵי פְּטוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁהָיָה לָהֶם לִלְמוֹד וְלֹא לָמְדוּ.GUEMARA : « Ou si le moufla du tribunal n'était pas là » : d'où le savons-nous ? Rav Chéchèt a dit, et ainsi l'a enseigné l'école de Rabbi Ichmaël : pour quelle raison a-t-on dit que s'ils ont statué sur un point que les Sadducéens admettent, ils sont exempts ? Parce qu'ils auraient dû étudier et n'ont pas étudié cette loi explicite dans la Torah. De même, si le moufla du tribunal n'était pas là, ils sont aussi exempts, parce qu'ils auraient dû étudier et n'ont pas étudié.
- נֶאֱמַר שָׁם ״עֵדָה״ וְנֶאֱמַר כָּאן ״עֵדָה״, עַד שֶׁיְּהוּ כּוּלָּן רְאוּיִן לְהוֹרָאָה. וְהָתָם מְנָלַן? דְּאָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר קְרָא: ״וְהִתְיַצְּבוּ שָׁם עִמָּךְ״ – ״עִמָּךְ״ בְּדוֹמִין לָךְ.« Il est dit là-bas “assemblée” et il est dit ici “assemblée” » : il faut que tous soient aptes à enseigner la loi. Et là-bas, d'où le savons-nous ? Car Rav 'Hisda a dit : le verset dit à propos des Anciens : « Et qu'ils se tiennent là avec toi » (Nombres 11, 16) : « avec toi » signifie : semblables à toi, aptes à enseigner la loi.
- וְאֵימָא: ״עִמָּךְ״ לִשְׁכִינָה! אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, אָמַר קְרָא: ״וְנָשְׂאוּ אִתָּךְ״ – ״אִתָּךְ״ בְּדוֹמִין לָךְ.Mais dis plutôt : « avec toi » concerne la Chekhina (la Présence divine), qui reposerait sur eux ! Plutôt, Rav Na'hman bar Yits'hak a dit : le verset dit à propos des juges conseillés par Yitro : « Et ils porteront avec toi » (Exode 18, 22) : « avec toi » signifie : semblables à toi.
- מַתְנִי׳ הוֹרוּ בֵּית דִּין שׁוֹגְגִין, וְעָשׂוּ כָּל הַקָּהָל שׁוֹגְגִין – מְבִיאִין פַּר. מְזִידִין, וְעָשׂוּ שׁוֹגְגִין – מְבִיאִין כִּשְׂבָּה וּשְׂעִירָה. שׁוֹגְגִין, וְעָשׂוּ מְזִידִין – הֲרֵי אֵלּוּ פְּטוּרִין.MICHNA : Si le tribunal a statué par erreur et que toute l'assemblée a agi par erreur sur cette base, ils apportent un taureau. S'ils ont statué délibérément et que l'assemblée a agi par erreur, chacun apporte une brebis ou une chèvre. S'ils ont statué par erreur et que l'assemblée a agi délibérément, ceux-ci sont exempts.
- גְּמָ׳ שׁוֹגְגִין וְעָשׂוּ מְזִידִין – הֲרֵי אֵלּוּ פְּטוּרִין. הָא שׁוֹגֵג דּוּמְיָא דְּמֵזִיד – חַיָּיב, וְהֵיכִי דָּמֵי? שֶׁהוֹרוּ בֵּית דִּין שֶׁחֵלֶב מוּתָּר, וְנִתְחַלֵּף לוֹ בְּשׁוּמָּן וַאֲכָלוֹ.GUEMARA : « S'ils ont statué par erreur et qu'ils ont agi délibérément, ceux-ci sont exempts. » Il s'ensuit que celui qui a agi par erreur d'une manière semblable à un acte délibéré est passible. Et de quel cas s'agit-il ? Le tribunal a statué que la graisse interdite est permise, et elle a été confondue pour lui avec de la graisse permise, et il l'a mangée.
- לֵימָא, תִּפְשׁוֹט הָא דְּבָעֵי רָמֵי בַּר חָמָא! אָמַר לָךְ, מִשּׁוּם דִּתְנָא רֵישָׁא: מְזִידִין וְעָשׂוּ שׁוֹגְגִין, תְּנָא סֵיפָא: שׁוֹגְגִין וְעָשׂוּ מְזִידִין.Disons donc : tranche ainsi la question posée par Ramé bar 'Hama (2a) ! Il te dirait : ce n'est pas une preuve, car c'est parce que le Tanna a enseigné au début : « délibérément, et ils ont agi par erreur », qu'il a enseigné à la fin : « par erreur, et ils ont agi délibérément. »
- מַתְנִי׳ הוֹרוּ בֵּית דִּין וְעָשׂוּ כׇּל הַקָּהָל אוֹ רוּבָּן עַל פִּיהֶן – מְבִיאִין פַּר. וּבַעֲבוֹדָה זָרָה – מְבִיאִין פַּר וְשָׂעִיר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שְׁנֵים עָשָׂר שְׁבָטִים – מְבִיאִין שְׁנֵים עָשָׂר פָּרִים. וּבַעֲבוֹדָה זָרָה – מְבִיאִין שְׁנֵים עָשָׂר פָּרִים וּשְׁנֵים עָשָׂר שְׂעִירִים.MICHNA : Si le tribunal a statué et que toute l'assemblée ou sa majorité a agi sur leur décision, ils apportent un taureau. Et pour l'idolâtrie, ils apportent un taureau et un bouc : telles sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yehouda dit : douze tribus apportent douze taureaux, et pour l'idolâtrie, elles apportent douze taureaux et douze boucs.
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