Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- זוֹ וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר זוֹ קָתָנֵי.La Guemara répond : à la fin de la Michna, le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) enseigne selon le schéma : « ceci, et il n'est pas nécessaire de dire cela », chaque cas étant plus évident que le précédent.
- וְיָדַע אֶחָד מֵהֶן שֶׁטָּעוּ אוֹ תַּלְמִיד וְרָאוּי לְהוֹרָאָה. תַּרְתֵּי לְמָה לִי? אָמַר רָבָא: אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא הָנֵי מִילֵּי גְּמִיר וּסְבִיר, אֲבָל גְּמִיר וְלָא סְבִיר – לָא.La Michna enseigne : « Et l'un d'eux a su qu'ils s'étaient trompés, ou bien un élève, et il est apte à la décision légale (hora'a). » Pourquoi ai-je besoin de deux cas ? Un élève apte à décider équivaut en effet à l'un des juges. Rava a dit : c'était nécessaire de mentionner les deux, car il aurait pu te venir à l'esprit de dire : cette règle s'applique à celui qui est instruit et perspicace, mais celui qui est instruit et non perspicace, non, il ne serait pas passible d'un sacrifice.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: לְהוֹרָאָה גְּמִיר וּסְבִיר מַשְׁמַע! אֲמַר לֵיהּ, אֲנָא הָכִי קָאָמֵינָא: אִי מֵהַהִיא – הֲוָה אָמֵינָא הָנֵי מִילֵּי גְּמִיר וּסְבִיר, אֲבָל גְּמִיר וְלָא סְבִיר – לָא, תְּנָא רָאוּי לְהוֹרָאָה, מִמִּשְׁנָה יְתֵירָה: אֲפִילּוּ גְּמִיר וְלָא סְבִיר, סְבִיר וְלָא גְּמִיר.Abayé lui a dit : l'expression « apte à la décision légale » signifie précisément instruit et perspicace ! Rava lui a dit : moi, voici ce que je dis : si nous n'avions que celui-là (le cas de l'un des juges), j'aurais dit : cette règle vaut pour celui qui est instruit et perspicace, mais celui qui est instruit et non perspicace, non. C'est pourquoi il a enseigné en plus : « apte à la décision légale », et de cette Michna superflue on déduit que la règle vaut même pour celui qui est instruit et non perspicace, ou perspicace et non instruit.
- רָאוּי לְהוֹרָאָה וְכוּ׳. כְּגוֹן מַאן? אָמַר רָבָא: כְּגוֹן שִׁמְעוֹן בֶּן עַזַּאי וְשִׁמְעוֹן בֶּן זוֹמָא. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: כִּי הַאי גַוְונָא מֵזִיד הוּא!La Michna enseigne : « Apte à la décision légale, etc. » Comme qui ? Rava a dit : comme Chimon ben Azaï et Chimon ben Zoma, qui, malgré leur immense savoir, n'avaient pas reçu l'ordination. Abayé lui a dit : dans un cas pareil, il agit délibérément ! Un savant de ce rang ne se tromperait pas ; s'il transgresse, il agit sciemment et n'apporte pas de sacrifice.
- וּלְטַעְמָיךְ, הָא דְּתַנְיָא: ״בַּעֲשֹׂתָהּ אַחַת״, יָחִיד הָעוֹשֶׂה מִפִּי עַצְמוֹ – חַיָּיב, בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין – פָּטוּר. כֵּיצַד? הוֹרוּ בֵּית דִּין שֶׁחֵלֶב מוּתָּר, וְנוֹדַע לְאֶחָד מֵהֶן שֶׁטָּעוּ, אוֹ תַּלְמִיד יוֹשֵׁב לִפְנֵיהֶן וְרָאוּי לְהוֹרָאָה כְּגוֹן שִׁמְעוֹן בֶּן עַזַּאי, יָכוֹל יְהֵא פָּטוּר? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּעֲשֹׂתָהּ אַחַת״, יָחִיד הָעוֹשֶׂה עַל פִּי עַצְמוֹ – חַיָּיב, בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין – פָּטוּר!Rava lui répond : et selon ton raisonnement, ce qui a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « en la faisant, un seul » (Lévitique 4, 27) : le particulier qui agit de lui-même est passible, et celui qui agit sur décision du tribunal est exempt. Comment cela ? Si le tribunal a décidé que le 'hélev (graisse interdite) est permis, et qu'il a été connu de l'un d'eux qu'ils s'étaient trompés, ou qu'un élève était assis devant eux et apte à la décision légale, comme Chimon ben Azaï, on pourrait penser qu'il serait exempt ? Le verset enseigne : « en la faisant, un seul » : le particulier qui agit de lui-même est passible, et celui qui agit sur décision du tribunal est exempt ! Or, selon toi, Chimon ben Azaï serait un transgresseur délibéré.
- אֶלָּא הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? כְּגוֹן דְּיָדַע דְּאָסוּר, וְקָא טָעֵי בְּמִצְוָה לִשְׁמוֹעַ דִּבְרֵי חֲכָמִים. לְדִידִי נָמֵי, דְּטָעוּ בְּמִצְוָה לִשְׁמוֹעַ דִּבְרֵי חֲכָמִים.Mais alors, comment trouves-tu ce cas d'erreur chez un tel savant ? Par exemple, quand il sait que c'est interdit, mais qu'il se trompe sur la mitsva d'écouter les paroles des Sages, croyant qu'il faut leur obéir même s'ils se trompent. Pour moi aussi, Rava conclut : il s'agit de Chimon ben Azaï et de Chimon ben Zoma, dans le cas où ils se sont trompés sur la mitsva d'écouter les paroles des Sages.
- זֶה הַכְּלָל הַתּוֹלֶה בְּעַצְמוֹ – חַיָּיב. לְאֵיתוֹיֵי מַאי? לְאֵיתוֹיֵי מְבַעֵט בְּהוֹרָאָה.La Michna enseigne : « Voici la règle : celui qui rattache son acte à lui-même est passible. » Pour inclure quoi ? Pour inclure celui qui méprise la décision légale, se fiant seulement à son propre jugement.
- תּוֹלֶה בְּבֵית דִּין – לְאֵיתוֹיֵי הוֹרוּ בֵּית דִּין וְיָדְעוּ שֶׁטָּעוּ וְחָזְרוּ בָּהֶן. הָא בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ! תָּנֵי וַהֲדַר מְפָרֵשׁ.La suite enseigne : « Celui qui rattache son acte au tribunal » est exempt. Pour inclure le cas où le tribunal a décidé, a su qu'il s'était trompé et est revenu sur sa décision. Mais cela est enseigné explicitement plus loin (3b) ! Réponse : il enseigne la règle générale puis explique en détail.
- אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: יָחִיד שֶׁעָשָׂה בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין – חַיָּיב. מַאי רַבִּי יְהוּדָה? דְּתַנְיָא: ״אִם נֶפֶשׁ אַחַת תֶּחֱטָא בִשְׁגָגָה בַּעֲשֹׂתָהּ״ – הֲרֵי אֵלּוּ שְׁלֹשָׁה מִעוּטִין: הָעוֹשֶׂה מִפִּי עַצְמוֹ – חַיָּיב, בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין – פָּטוּר.Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : c'est là l'opinion de Rabbi Yehouda, mais les Sages disent : un particulier qui a agi sur décision du tribunal est passible. Quelle est cette opinion de Rabbi Yehouda ? Comme il a été enseigné dans une baraïta : « Et si une âme, une seule, pèche par erreur en la faisant » (Lévitique 4, 27) : ce sont là trois exclusions (« une seule », « par erreur », « en la faisant ») : celui qui agit de lui-même est passible, et celui qui agit sur décision du tribunal est exempt.
- מַאי רַבָּנַן? דְּתַנְיָא, עֲדַיִין אֲנִי אוֹמֵר: מִיעוּט קָהָל שֶׁחָטְאוּ – חַיָּיבִין, שֶׁאֵין בֵּית דִּין מְבִיאִין עַל יְדֵיהֶן פַּר. רוֹב קָהָל שֶׁחָטְאוּ – יְהוּ פְּטוּרִין, שֶׁהֲרֵי בֵּית דִּין מְבִיאִין עַל יְדֵיהֶם פַּר. תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מֵעַם הָאָרֶץ״ – אֲפִילּוּ רוּבָּהּ, וַאֲפִילּוּ כּוּלָּהּ.Quelle est l'opinion des Sages ? Comme il a été enseigné dans une baraïta : Je dis encore : une minorité de l'assemblée qui a péché est passible d'un sacrifice individuel, puisque le tribunal n'apporte pas de taureau pour elle. Mais une majorité de l'assemblée qui a péché, on pourrait penser qu'elle serait exempte, puisque le tribunal apporte pour elle un taureau. Le verset enseigne : « parmi le peuple du pays » (Lévitique 4, 27) : même sa majorité, et même sa totalité.
- בְּמַאי? אִילֵּימָא בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה [בֵּית דִּין שֶׁלֹּא בְּהוֹרָאָה], בֵּית דִּין מַאי עֲבִידְתַּיְיהוּ? שֶׁלֹּא בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין, בֵּית דִּין מִי מַיְיתוּ שֶׁלֹּא בְּהוֹרָאָה? אֶלָּא בְּהוֹרָאָה. וְהָא כִּי כְּתִיב ״מֵעַם הָאָרֶץ״ – בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה הוּא דִּכְתִיב!En quoi ont-ils péché ? Si l'on dit qu'il s'agit d'une erreur dans l'acte [sans décision du tribunal], qu'est-ce que le tribunal a à y faire ? Puisque cela s'est fait sans décision du tribunal, le tribunal apporterait-il un taureau sans décision ? Mais alors il s'agit d'une transgression sur décision. Or, lorsqu'il est écrit « parmi le peuple du pays », c'est au sujet d'une erreur dans l'acte que c'est écrit !
- אֶלָּא לָאו הָכִי קָאָמַר: מִיעוּט קָהָל שֶׁחָטְאוּ בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה חַיָּיבִין, שֶׁאֵין בֵּית דִּין מְבִיאִין עַל יְדֵיהֶן פַּר בְּהוֹרָאָה. הָא הֵן חַיָּיבִין.N'est-ce pas plutôt ceci qu'il veut dire : une minorité de l'assemblée qui a péché par erreur dans l'acte est passible, puisque le tribunal n'apporte pas pour elle de taureau dans le cas d'une décision erronée. Ainsi eux sont passibles, même lorsqu'ils agissent sur décision du tribunal.
- יָכוֹל רוֹב צִבּוּר שֶׁעָשׂוּ בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה יְהוּ פְּטוּרִין, שֶׁהֲרֵי בֵּית דִּין מְבִיאִין עֲלֵיהֶם פַּר [בְּהוֹרָאָה]? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מֵעַם הָאָרֶץ״, אֲפִילּוּ רוּבּוֹ.La baraïta poursuit : on pourrait penser qu'une majorité de la communauté qui a agi par erreur dans l'acte serait exempte, puisque le tribunal apporte pour elle un taureau [dans le cas d'une décision]. Le verset enseigne : « parmi le peuple du pays » : même sa majorité. Cela prouve que, selon les Sages, le particulier ou la minorité agissant sur décision du tribunal est passible.
- אָמַר רַב פָּפָּא: מִמַּאי? דִּלְמָא לֹא הֵן וְלֹא בֵּית דִּין!Rav Pappa a dit : d'où le déduis-tu ? Peut-être qu'une minorité agissant sur décision n'apporte rien : ni eux, ni le tribunal !
- אִי הָכִי, מַאי אִירְיָא דְּקָמְהַדַּר עַל רוּבָּא לְחִיּוּבָא? לָאו מִכְּלָל דְּמִיעוּט בְּהוֹרָאָה קַיְימָא לֵיהּ דְּמִיחַיְּיבוּ בְּהוֹרָאָה?! וּנְהַדַּר בְּרֵישָׁא עַל מִיעוּטָא דְּמִיחַיַּיב בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה, וּלְבַסּוֹף נִיהַדַּר עַל רוּבָּא לְחִיּוּבָא בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה!S'il en est ainsi, pourquoi le Tanna cherche-t-il précisément à établir la majorité comme passible ? N'est-ce pas qu'il en découle que, pour la minorité agissant sur décision, il tient pour acquis qu'ils sont passibles sur décision ? Car selon toi, qu'il cherche d'abord à établir que la minorité est passible pour une erreur dans l'acte, et ensuite qu'il cherche à établir que la majorité est passible pour une erreur dans l'acte !
- אֶלָּא לָאו מִדְּלָא מְהַדַּר עַל מִיעוּט דְּמִיחַיְּיבִין בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה, וּבְסוֹף מְהַדַּר עַל רוּבָּא לְחִיּוּבָא בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה. שְׁמַע מִינַּהּ: מִיעוּט בְּהוֹרָאָה חַיָּיבִין – הֵן כִּשְׂבָּה וּשְׂעִירָה, וְשֶׁלֹּא בְּהוֹרָאָה – בְּשִׁגְגַת מַעֲשֶׂה חַיָּיבִין.N'est-ce donc pas que, puisqu'il ne cherche pas d'abord à établir que la minorité est passible pour une erreur dans l'acte, et qu'à la fin il cherche à établir que la majorité est passible pour une erreur dans l'acte, déduis-en : une minorité agissant sur décision est passible : eux apportent une agnelle ou une chèvre, et sans décision, pour une erreur dans l'acte, ils sont aussi passibles.
- מִכְּדֵי תַּרְוַיְיהוּ סְתָמֵי תְּנַן, מִמַּאי דְּקַמַּיְיתָא רַבִּי יְהוּדָה וּבָתְרָיְיתָא רַבָּנַן? אֵימָא אִיפְּכָא! מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּדָרֵישׁ מִיעוּטֵי כִּי הַאי גַוְונָא? רַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר:Puisque nous avons appris ces deux baraïtot sans nom d'auteur, d'où sais-tu que la première est de Rabbi Yehouda et la dernière des Sages ? Dis l'inverse ! De qui as-tu entendu qu'il interprète les exclusions de cette manière ? C'est Rabbi Yehouda, comme il a été enseigné : Rabbi Yehouda dit :
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