Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- שלא להורות בפני הרב ודין רב שמחל על כבודו. ובו ל"ו סעיפים:
חייב אדם בכבוד רבו ויראתו יותר מבשל אביו: הגה אביו שהוא רבו מובהק קורא אותו בדברו רבו אבל ברבו שאין מובהק קורא אותו אבא. (סברת הרב ממשמעות הטור ומש"ס ר"פ הזהב):Qu'il ne faut pas trancher (une question de halakha) devant son maître, et la loi du maître qui renonce à son honneur. Il comporte 36 séifim.
L'homme est tenu d'honorer son maître et de le craindre plus encore que son père. Haga (Rema) : si son père est son maître principal (rabbo mouvhak, celui dont il tient l'essentiel de son savoir), il l'appelle, lorsqu'il s'adresse à lui, « mon maître » ; mais s'il est un maître qui n'est pas principal, il l'appelle « père ». (Opinion du Rav [le Rema], déduite de ce qu'implique le Tour et de la Guemara, début du chapitre HaZahav.)séif 1
- כל החולק על רבו כחולק על השכינה וכל העושה מריבה עם רבו כעושה עם השכינה וכל המתרעם עליו כאילו מתרעם על השכינה וכל המהרהר אחר רבו כמהרהר אחר השכינה:Quiconque conteste son maître est comme s'il contestait la Chekhina (la Présence divine) ; quiconque entre en querelle avec son maître est comme s'il le faisait avec la Chekhina ; quiconque se plaint de lui, c'est comme s'il se plaignait de la Chekhina ; et quiconque met en doute (les paroles de) son maître est comme s'il mettait en doute la Chekhina.
séif 2
- איזהו חולק על רבו כל שקובע לו מדרש ויושב ודורש ומלמד שלא ברשות רבו ורבו קיים אף ע"פ שהוא במדינה אחרת: הגה אבל מותר לחלוק עליו באיזה פסק או הוראה אם יש לו ראיות והוכחות לדבריו שהדין עמו. (פסקי מהרא"י סי' רל"ח):Qui est celui qui conteste son maître ? Quiconque s'établit une maison d'étude (midrach), et siège, expose et enseigne sans la permission de son maître, alors que son maître est vivant, même s'il (le maître) se trouve dans une autre province. Haga (Rema) : mais il est permis d'être en désaccord avec lui sur une décision ou un enseignement, s'il a des preuves et des démonstrations à ses propos établissant que la loi est de son côté (Pessakim du Maharaï, siman 238).
séif 3
- אסור לאדם להורות לפני רבו לעולם וכל המורה לפניו חייב מיתה: הגה ואפילו נטילת רשות לא מהני תוך שלש פרסאות אם הוא רבו מובהק (ב"י בשם תוס' פ"ק דסנהדרין ומהרי"ק שורש ק"ע ואגודה שם וסמ"ק סוף עשין י"ג בשם ר"י ופרק אע"פ) : ואם הוא רחוק מרבו י"ב מיל ושאל לו אדם דבר הלכה בדרך מקרה יכול להשיב אבל לקבוע עצמו להוראה ולישב ולהורות אפילו הוא בסוף העולם אסור להורות עד שימות רבו או עד שיתן לו רשות: הגה וכל זה ברבו מובהק אבל בתלמיד חבר אפי' תוך שלשה פרסאות שרי (רי"ף ורמב"ם כדאיתא בב"י) וי"א דמ"מ לפני רבו ממש אסור (ריב"ש סי' רע"א) ואפי' שלא בפניו ממש אם התחילו בכבוד הרב לומר שישאלו לרב או שהרב מופלג בחכמה וזקנה אין להורות בעירו (בב"י מגמרא בפ' הדר) : וי"א דתלמיד גמור תוך י"ב מיל חייב מיתה אם הוא מורה חוץ לי"ב מיל פטור אבל אסור: הגה וי"א דדוקא ברגיל לבא לעירו של תלמיד אבל אם אינו רגיל לבא שם רק בדרך אקראי מותר כל שהוא חוץ לג' פרסאות (מרדכי בשם ריב"א): תלמיד חבר תוך י"ב מיל פטור אבל אסור וחוץ לי"ב מיל מותר אע"פ שנטל רשות מרב אחד לא סגי עד שיטול רשות מכל רבותיו המובהקים: הגה והאי מובהקים לא מיירי כשאר רבו מובהק שרוב חכמתו ממנו דא"כ לא אפשר להיות לו הרבה רבותיו מובהקים אלא ר"ל תלמיד גמור לאפוקי תלמיד חבר דהיינו שנתגדל בתורה ונעשה חבר לרבו דהיינו שהוא קרוב להיות גדול כרבו (מהרי"ק שורש ק"ע וב"י בשם רשב"ם פ' יש נוחלין) מיהו יש חולקין וסבירא להו דאי קבל רשות מרבו אחד מהני להורות חוץ לג' פרסאות (תשובת הרשב"א סי' קי"א וריב"ש סי' רפ"א) אבל תוך ג' פרסאות לא מהני ליה וי"א דכל שאינו רבו מובהק דהיינו שאין רוב חכמתו ממנו תלמיד חבר הוא (ב"י בשם הרמב"ם):Il est interdit à un homme de trancher (une question de halakha) devant son maître, à jamais, et quiconque tranche devant lui est passible de mort (par le Ciel). Haga (Rema) : et même prendre la permission n'est d'aucune utilité dans un rayon de trois parsaot (lieues), s'il s'agit de son maître principal (Beit Yossef au nom des Tossefot, premier chapitre de Sanhédrin ; Maharik, chorech 170 ; Agouda, ibid. ; Semak, fin du commandement positif 13, au nom du Ri ; et chapitre Af al pi). S'il est éloigné de son maître de douze mil, et que quelqu'un l'interroge sur une question de halakha de manière fortuite, il peut répondre ; mais s'établir comme décisionnaire, siéger et trancher, même s'il se trouve au bout du monde, il lui est interdit de trancher jusqu'à ce que son maître meure ou jusqu'à ce qu'il lui en donne la permission. Haga (Rema) : tout cela concerne son maître principal ; mais pour un talmid 'haver (disciple devenu le collègue de son maître), même dans un rayon de trois parsaot, c'est permis (Rif et Rambam, comme rapporté dans le Beit Yossef). Et certains disent que néanmoins, en la présence effective de son maître, c'est interdit (Rivach, siman 271). Et même hors de sa présence effective, si l'on a commencé, par égard pour le maître, à dire qu'on interrogera le maître, ou si le maître est éminent en sagesse et en âge, on ne doit pas trancher dans sa ville (Beit Yossef, d'après la Guemara, chapitre HaDar). Et certains disent qu'un disciple accompli (talmid gamour) qui tranche dans un rayon de douze mil est passible de mort ; au-delà de douze mil, il est exempt (de la peine) mais c'est interdit. Haga (Rema) : certains disent que c'est seulement lorsque le maître a l'habitude de venir dans la ville du disciple ; mais s'il n'a pas l'habitude d'y venir, sinon de façon occasionnelle, c'est permis dès lors qu'on est au-delà de trois parsaot (Mordekhaï au nom du Riva). Un talmid 'haver, dans un rayon de douze mil, est exempt (de la peine) mais c'est interdit ; au-delà de douze mil, c'est permis. Même s'il a pris la permission d'un maître, cela ne suffit pas tant qu'il n'a pas pris la permission de tous ses maîtres principaux. Haga (Rema) : ces « principaux » ne désignent pas, comme ailleurs, le maître principal dont il tient l'essentiel de sa sagesse, car alors il serait impossible d'avoir plusieurs maîtres principaux ; mais cela signifie qu'il est à leur égard un disciple accompli, à l'exclusion d'un talmid 'haver, c'est-à-dire celui qui a grandi en Torah et est devenu le collègue de son maître, à savoir qu'il est près d'être aussi grand que son maître (Maharik, chorech 170 ; Beit Yossef au nom du Rachbam, chapitre Yech No'halin). Toutefois, certains contestent et estiment que s'il a reçu la permission d'un seul de ses maîtres, cela suffit pour trancher au-delà de trois parsaot (Responsa du Rachba, siman 111 ; Rivach, siman 281), mais dans un rayon de trois parsaot, cela ne lui sert à rien. Et certains disent qu'à l'égard de quiconque n'est pas son maître principal, c'est-à-dire dont il ne tient pas l'essentiel de sa sagesse, il est un talmid 'haver (Beit Yossef au nom du Rambam).
séif 4
- אין תלמיד יכול לסמוך אחרים במקו' רבו:Un disciple ne peut pas conférer la semikha (ordination rabbinique) à d'autres dans le lieu de son maître.
séif 5
- אם לא קבל הנסמך הסמיכה מיד הרב ההוא הסומך אלא ע"י רבנים אחרים והוא נעשה להם סניף אין לאותו הרב להשתרר עליו כלל אם אינו רבו: הגה אבל אם סמכו לבדו נהגו שהנסמך כפוף קצת לסומכו (מהרי"ק שורש קי"ז וקי"ג) וכן מי שלומד בישיבה זמן א' נהגו לומר שהוא תלמיד בעל הישיבה אע"פ שאפשר שבעל הישיבה שמע יותר חדושים ממנו ויש למנהגים אלו עיקר על מה שיסמוכו (בפסקי מהרא"י):Si celui qui est ordonné n'a pas reçu la semikha de la main de ce maître qui l'ordonne seul, mais par l'intermédiaire d'autres rabbins, et que ce maître ne s'est joint à eux que comme appoint, ce maître ne doit aucunement exercer d'autorité sur lui, s'il n'est pas son maître. Haga (Rema) : mais s'il l'a ordonné seul, l'usage est que l'ordonné soit quelque peu soumis à celui qui l'a ordonné (Maharik, chorachim 117 et 113). De même, de celui qui étudie un temps dans une yechiva, on a l'usage de dire qu'il est le disciple du chef de la yechiva, bien qu'il se puisse que le chef de la yechiva ait entendu de lui davantage de nouveautés ('hidouchim) ; et ces usages ont un fondement sur lequel s'appuyer (Pessakim du Maharaï).
séif 6
- לא מקרי הוראה אלא כשמורה על מעשה שבא לפניו אבל אם שאלו לתלמיד הלכה כדברי מי יוכל לומר מה שבדעתו כיון שאינו מורה על מעשה שבא לפניו:On ne parle de « trancher » (horaa) que lorsqu'on statue sur un cas concret qui se présente devant soi ; mais si l'on demande au disciple selon l'avis de qui est la halakha, il peut dire ce qu'il pense, puisqu'il ne statue pas sur un cas concret qui se présente devant lui.
séif 7
- לא מקרי הוראה אלא בדבר שיש בו חדוש לשואל אבל בהוראה ידועה שהיא פשוטה לכל כגון נותן טעם לפגם או לבטל איסור בששים וכיוצא באלו מותר:On ne parle de « trancher » que pour une chose qui comporte une nouveauté pour celui qui interroge ; mais pour une décision connue, évidente pour tous, comme la règle d'un goût qui détériore (noten taam lifgam, qui ne rend pas interdit), ou l'annulation d'un interdit dans soixante fois son volume, et autres choses semblables, c'est permis.
séif 8
- יש מי שכתב שכל הכתוב בספרים מפסקי הגאונים יכול להורות בימי רבו רק לא יורה דבר מלבו ולא יסמוך על ראיותיו לדמות מלתא למלתא מעצמו:Il y a un avis (litt. quelqu'un qui a écrit) selon lequel tout ce qui est écrit dans les livres parmi les décisions des Guéonim, il peut le donner comme décision du vivant de son maître ; seulement, il ne tranchera rien de son propre chef et ne s'appuiera pas sur ses propres preuves pour comparer de lui-même un cas à un autre.
séif 9
- יש מי שכתב שאסור לחכם להתיר דבר התמוה שנראה לרבים שהתיר את האסור:Il y a un avis selon lequel il est interdit à un sage de permettre une chose étonnante, qui paraît aux yeux du public comme s'il avait permis l'interdit.
séif 10
- לאפרושי מאיסורא כגון שרואה אדם שעובר עבירה מפני שאינו יודע שהוא אסור או מפני רשעתו מותר להפרישו ולומר לו שהוא אסור בפני רבו שבכל מקום שיש חילול השם אין חולקין כבוד לרב:Pour écarter quelqu'un d'un interdit — par exemple s'il voit un homme commettre une transgression parce qu'il ne sait pas que c'est interdit, ou par méchanceté — il est permis de l'en écarter et de lui dire que c'est interdit, en présence de son maître ; car partout où il y a profanation du Nom ('hilloul Hachem), on ne rend pas honneur au maître.
séif 11
- אם בני ביתו של תלמיד הוצרכו להוראה ושאלו לו לא יורה להם במקום רבו: (ולא כל מי שמת רבו מותר לישב ולהורות אא"כ הגיע להוראה) (טור בשם הרמב"ם):Si les membres de la maison du disciple ont eu besoin d'une décision et l'ont interrogé, il ne tranchera pas pour eux dans le lieu de son maître. Haga (Rema) : (et ce n'est pas quiconque dont le maître est mort qui peut siéger et trancher, à moins qu'il n'ait atteint le niveau requis pour trancher) (Tour au nom du Rambam).
séif 12
- תלמיד שלא הגיע להוראה ומורה הרי זה שוטה רשע וגס רוח ועליו נאמר כי רבים חללים הפילה: הגה ותלמידים הקטנים הקופצים להורות ולישב בראש להתגדל בפני ע"ה מרבים מחלוקת ומחריבים העולם ומכבין נרה של תורה (טור מרמב"ם) ויזהר כל אדם שלא יורה כשהוא שתוי יין או שאר דברים המשכרים אפי' בדבר פשוט אם לא שהוא דבר ברור בפוסקים וזיל קרי בי רב הוא (ת"ה מ"ב ובמהרי"ק שורש ק"ע ועס"ק י"ט) ועיין בחוה"מ סי' ז':Un disciple qui n'a pas atteint le niveau requis pour trancher et qui tranche est un sot, un méchant et un orgueilleux, et c'est de lui qu'il est dit : « Car elle a fait tomber de nombreuses victimes » (Proverbes 7, 26). Haga (Rema) : et les jeunes disciples qui se précipitent pour trancher et siéger en tête afin de se grandir devant les ignorants (amei haarets) multiplient la discorde, détruisent le monde et éteignent la lumière de la Torah (Tour, d'après le Rambam). Et que tout homme prenne garde de ne pas trancher lorsqu'il a bu du vin ou d'autres boissons enivrantes, même dans une chose simple, à moins que ce ne soit une chose claire chez les décisionnaires, et que ce soit (selon l'expression talmudique) « va la lire à l'école du maître » (une chose connue de tout écolier) (Terumat HaDéchen, 42 ; Maharik, chorech 170 ; et voir paragraphe 19). Et voir dans 'Hochen Michpat, siman 7.
séif 13
- כל חכם שהגיע להוראה ואינו מורה הרי זה מונע תורה ונותן מכשולות לפני רבים ועליו נאמר ועצומים כל הרוגיה: הגה ענין הסמיכות שנהגו בזמן הזה כדי שידעו כל העם שהגיע להוראה ומה שמורה הוא ברשות רבו הסומכו ולכן אם כבר מת רבו א"צ לסמיכות וכן בתלמיד חבר כדרך שנתבאר לעיל במקום שא"צ רשות א"צ סמיכות (ריב"ש סי' רע"א ודלא כנחלת אבות פ' שנו חכמים) וי"א דמי שאינו מוסמך למורינו ונותן גיטין וחליצות אין במעשיו כלום ויש לחוש לגיטין וחליצות שנתן אם לא שידוע לכל שמומחה לרבים הוא רק שמצד ענוה ושפלות אינו מבקש גדולות (מהר"ד כהן סי' כ' ומהרי"ו סי' פ"ה וקכ"ב) ויש חולקים ומקילין (תשובת ריב"ש הנ"ל) ובמקום עגון יש להקל אם כבר נתן גיטין וחליצות אבל לא בדרך אחר כי מנהגן של ישראל תורה כן נ"ל ועוד נ"ל שמותר לתת מורינו לאחד שיסדר גיטין ואף על פי שמדין הסמיכה שבימים הראשונים לא הוי דינא הכי מ"מ עכשיו אינו אלא נטילת רשות בעלמא ושרי:Tout sage qui a atteint le niveau requis pour trancher et ne tranche pas retient la Torah et place des obstacles devant le grand nombre, et c'est de lui qu'il est dit : « Et nombreux sont tous ceux qu'elle a tués » (Proverbes 7, 26). Haga (Rema) : la semikha dont on a l'usage à notre époque a pour but que tout le peuple sache qu'il a atteint le niveau requis pour trancher, et que ce qu'il tranche l'est avec la permission de son maître qui l'a ordonné. C'est pourquoi, si son maître est déjà mort, il n'a pas besoin de semikha ; de même pour un talmid 'haver, de la manière expliquée plus haut : là où il n'a pas besoin de permission, il n'a pas besoin de semikha (Rivach, siman 271, contrairement à Na'halat Avot, chapitre Chanou 'Hakhamim). Et certains disent que celui qui n'a pas reçu l'ordination de « Morénou » (« notre maître ») et qui délivre des guittin (actes de divorce) et des 'halitsot (cérémonies de déchaussement du lévirat), ses actes sont sans valeur, et il faut se préoccuper des guittin et des 'halitsot qu'il a délivrés, à moins qu'il ne soit connu de tous qu'il est un expert reconnu du public, et que ce n'est que par humilité et modestie qu'il ne recherche pas les grandeurs (Maharad Cohen, siman 20 ; Mahari Weil, simanim 85 et 122). Et certains contestent et sont indulgents (Responsa du Rivach citée plus haut). Et dans un cas d'agouna (femme « enchaînée », qui ne pourrait se remarier), on peut être indulgent s'il a déjà délivré des guittin et des 'halitsot, mais pas autrement, car l'usage d'Israël est Torah ; ainsi me semble-t-il. Et il me semble en outre qu'il est permis de conférer le titre de « Morénou » à quelqu'un pour qu'il organise des guittin ; et bien que, selon la loi de la semikha des premiers temps, il n'en fût pas ainsi, néanmoins aujourd'hui ce n'est qu'une simple prise de permission, et c'est permis.
séif 14
- אסור לתלמיד לקרות לרבו בשמו לא בחייו ולא במותו ואפילו לקרות לאחרים ששמם כשמו אסור אם הוא שם פלאי שאין הכל רגילין לקרות בו: הגה אבל שם שרגילין בו מותר להזכיר שלא בפני רבו (ב"י בשם הרמב"ם) וכל זה דוקא כשאינו מזכיר רק שמו לבד אבל מותר לומר ר' מורי פלוני (כן משמע מפירש"י פ' חלק):Il est interdit au disciple d'appeler son maître par son nom, ni de son vivant ni après sa mort ; et même appeler d'autres personnes dont le nom est le même que le sien est interdit, s'il s'agit d'un nom singulier que tout le monde n'a pas l'habitude de porter. Haga (Rema) : mais un nom courant, il est permis de le mentionner hors de la présence de son maître (Beit Yossef au nom du Rambam). Et tout cela uniquement lorsqu'il ne mentionne que son nom seul ; mais il est permis de dire « Rabbi, mon maître, Untel » (c'est ce qu'implique le commentaire de Rachi, chapitre 'Hélek).
séif 15
- לא יתן שלום לרבו ולא יחזיר לו שלום כדרך שאר העם אלא שוחה לפניו ואומר לו ביראה ובכבוד [שלום עליך רבי ואם נתן לו רבו שלום אומר לו] שלום עליך מורי ורבי. (וכן נוהגין וי"א דאין לתלמיד לשאול בשלום רבו כלל שנאמר ראוני נערים ונחבאו) (ירושלמי הביאו הגהת מיימוני פ"ה וכ"כ תא"ו נתיב ב' וב"י בשם רבינו יונה) ולא יחלוץ תפיליו לפני רבו ולא יסב לפניו אלא יושב כיושב לפני המלך. (היה רבו יושב בסעודה עם אחרים נוטל רשות מרבו ואח"כ מאחרים) (רוקח סי' של"ה) ולא יתפלל לפניו ולא לאחריו ולא בצדו ואין צריך לומר שאסור להלוך בצדו אלא יתרחק לאחר רבו ולא יהא מכוון כנגד אחוריו אלא יצדד עצמו לצד אחר בין כשמתפלל עמו בין כשהולך עמו וחוץ לד' אמות הכל מותר (ועיין בא"ח סי' צ"ד) ולא יכנס עמו למרחץ אא"כ הוא צריך לו: הגה ואם היה התלמיד במרחץ קודם לרבו ובא רבו לשם א"צ לצאת (מהרי"ו בדינין) וכל זה לא מיירי אלא במקום שהולכים ערומי ערוה במרחץ אבל במקום שהולכים במכנסים מותר (אגודה פ' מקום שנהגו) וכן המנהג פשוט ליכנס עם רבו ואביו וחמיו ובעל אמו ובעל אחותו למרחץ אע"פ שבגמ' אסרו כולם והכל הוא מטעם דעכשיו הולכים במכנסים ולא ישב לפניו עד שיאמר לו שב ולא יעמוד עד שיאמר לו עמוד או עד שיטול רשות לעמוד וכשיפטר מלפניו לא יחזיר לו אחוריו אלא נרתע לאחוריו ופניו כנגד פני רבו: הגה והנפטר מרבו ונטל ממנו רשות ולן בעיר צריך לחזור וליטול ממנו רשות (ש"ס פ"ק דמ"ק ור' ירוחם) ודוקא שלא אמר לו מתחלה שרוצה ללון בעיר אבל אם הגיד לו בשעה שנטל רשות א"צ לחזור וליטול ממנו רשות (הר"ן שם) : ולא ישב במקומו ולא יכריע דבריו בפניו ולא יסתור דבריו וחייב לעמוד מפניו משיראנו מרחוק מלא עיניו עד שיתכסה ממנו שלא יראה קומתו ואחר כך ישב ואפילו היה רכוב צריך לעמוד מפניו דחשיב כמהלך: הגה י"א דאין אדם חייב לעמוד לפני רבו רק שחרית וערבית (טור בשם הרמב"ם) ודוקא בבית הרב אבל בפני אחרים שאין יודעים שעמד לפניו חייב לעמוד (ב"י בשם התוס' ומרדכי בשם ר"י וע"פ):Il ne saluera pas son maître et ne lui rendra pas son salut à la manière du reste des gens ; mais il s'incline devant lui et lui dit avec crainte et respect : « Paix sur toi, mon maître » ; et si son maître l'a salué, il lui répond : « Paix sur toi, mon enseignant et mon maître ». Haga (Rema) : (et tel est l'usage. Et certains disent que le disciple ne doit pas du tout saluer son maître, ainsi qu'il est dit : « Les jeunes gens me voyaient et se cachaient » (Job 29, 8)) (Yerouchalmi, rapporté par les Hagahot Maïmoniyot, chapitre 5 ; ainsi l'a écrit Toledot Adam veHava, netiv 2 ; et Beit Yossef au nom de Rabbénou Yona). Il n'ôtera pas ses tefilin devant son maître, ne s'accoudera pas devant lui (à la manière des hommes libres au repas), mais se tiendra assis comme on est assis devant le roi. Haga (Rema) : (si son maître était assis à un repas avec d'autres, il prend congé de son maître, et ensuite des autres) (Roké'ah, siman 335). Il ne priera ni devant lui, ni derrière lui, ni à côté de lui ; et il va sans dire qu'il est interdit de marcher à côté de lui ; mais il se tiendra en retrait derrière son maître, sans être exactement aligné derrière son dos, et se décalera d'un côté, aussi bien lorsqu'il prie avec lui que lorsqu'il marche avec lui ; au-delà de quatre coudées, tout est permis. Haga (Rema) : (et voir Ora'h 'Hayim, siman 94). Il n'entrera pas avec lui aux bains, à moins que le maître n'ait besoin de lui. Haga (Rema) : si le disciple était aux bains avant son maître et que son maître y est arrivé, il n'est pas tenu de sortir (Mahari Weil, dans ses Dinim). Et tout cela ne concerne qu'un lieu où l'on va entièrement nu aux bains ; mais là où l'on porte des caleçons, c'est permis (Agouda, chapitre Makom Chenahagou). Et tel est l'usage répandu : entrer aux bains avec son maître, son père, son beau-père, le mari de sa mère et le mari de sa sœur, bien que la Guemara les ait tous interdits ; et tout cela parce qu'aujourd'hui on porte des caleçons. Il ne s'assiéra pas devant lui jusqu'à ce qu'il lui dise « assieds-toi », ne se lèvera pas jusqu'à ce qu'il lui dise « lève-toi » ou jusqu'à ce qu'il prenne la permission de se lever ; et lorsqu'il prend congé de lui, il ne lui tournera pas le dos, mais reculera, son visage tourné vers le visage de son maître. Haga (Rema) : celui qui a pris congé de son maître et reçu sa permission, puis a passé la nuit en ville, doit revenir prendre de nouveau sa permission (Guemara, premier chapitre de Moèd Katan ; Rabbénou Yero'ham). Et c'est seulement s'il ne lui a pas dit d'emblée qu'il voulait passer la nuit en ville ; mais s'il le lui a dit au moment où il a pris congé, il n'a pas besoin de revenir prendre sa permission (le Ran, ibid.). Il ne s'assiéra pas à sa place, ne tranchera pas sur ses paroles (entre lui et un contradicteur) en sa présence, et ne contredira pas ses paroles. Il est tenu de se lever devant lui dès qu'il l'aperçoit de loin, aussi loin que porte son regard, jusqu'à ce qu'il soit caché à sa vue, de sorte qu'il ne voie plus sa silhouette ; ensuite, il s'assiéra. Et même si le maître était monté (sur une monture), il doit se lever devant lui, car c'est considéré comme s'il marchait. Haga (Rema) : certains disent qu'on n'est tenu de se lever devant son maître que le matin et le soir (Tour au nom du Rambam), et ce seulement dans la maison du maître ; mais devant d'autres, qui ne savent pas qu'il s'est déjà levé devant lui, il est tenu de se lever (Beit Yossef au nom des Tossefot ; Mordekhaï au nom du Ri ; chapitre Af al pi).
séif 16
- שלשה שהיו מהלכים בדרך הרב באמצע הגדול לימין והקטן לשמאל: הגה והא דאין מכבדים בדרכים אלא בפתח הראוי למזוזה היינו שכל א' הולך לדרכו ואינן בחבורה אחת אבל אם הם בחבורה אחת מכבדים בדרכים (הגהות מיי' פ"ו דהל' ת"ת ובתוספות פרק במה בהמה) ובמקום סכנה א"צ לכבד כלל (מרדכי בשם ראבי"ה פ' ג' שאכלו):Trois personnes qui marchaient en chemin : le maître se tient au milieu, le plus grand (des deux autres) à droite, et le plus petit à gauche. Haga (Rema) : ce qu'on dit, qu'on ne rend pas les honneurs sur les routes mais seulement à une entrée qui requiert une mezouza, c'est lorsque chacun va son propre chemin et qu'ils ne forment pas un même groupe ; mais s'ils forment un même groupe, on rend les honneurs sur les routes (Hagahot Maïmoniyot, chapitre 6 des lois de l'étude de la Torah ; Tossefot, chapitre Bamé Behéma). Et dans un lieu de danger, on n'est pas du tout tenu de rendre les honneurs (Mordekhaï au nom du Raavia, chapitre Chelocha Cheakhlou).
séif 17
- אם קראו לרבו לקרות בתורה בצבור אינו צריך לעמוד כל זמן שרבו עומד: הגה וכן כשהרב עומד למעלה בבית והתלמיד על הקרקע א"צ לעמוד לפניו ואפי' כשהס"ת על הבימה אין צבור שבבהכ"נ צריכים לעמוד דהספר ברשות אחרת (ב"י בשם תשובת הרשב"א):Si l'on a appelé son maître pour lire la Torah en public, il n'est pas tenu de rester debout tout le temps que son maître se tient debout. Haga (Rema) : de même, lorsque le maître se tient en haut dans la maison et le disciple au sol, il n'est pas tenu de se lever devant lui. Et même lorsque le Séfer Torah est sur la bima, l'assemblée de la synagogue n'est pas tenue de se lever, car le rouleau se trouve dans un autre domaine (Beit Yossef au nom d'une responsa du Rachba).
séif 18
- כל מלאכות שהעבד עושה לרבו תלמיד עושה לרבו ואם הוא במקום שאין מכירין אותו ואין לו תפילין בראשו וחושש שמא יאמרו עליו שהוא עבד אינו נועל לו מנעל ולא חולצו:Tous les travaux qu'un esclave fait pour son maître, un disciple les fait pour son maître. Mais s'il se trouve dans un lieu où on ne le connaît pas, qu'il n'a pas de tefilin sur la tête, et qu'il craint qu'on ne dise de lui qu'il est un esclave, il ne lui chausse pas sa chaussure et ne la lui retire pas.
séif 19
- כל המונע תלמידו מלשמשו מונע ממנו חסד ופורק ממנו יראת שמים וכל תלמיד שמזלזל דבר מכל כבוד רבו גורם לשכינה שתסתלק מישראל:Quiconque empêche son disciple de le servir le prive de bonté ('hessed) et lui ôte la crainte du Ciel ; et tout disciple qui néglige la moindre chose de l'honneur de son maître fait que la Chekhina (Présence divine) se retire d'Israël.
séif 20
- אין חולקין כבוד לתלמיד בפני רבו אלא אם כן רבו חולק לו כבוד: הגה ואפי' תלמידו של התלמיד או בנו של התלמיד אין להם לעמוד לפני הרב נגד רבו או אבי התלמיד אלא אם כן הרב חולק לו כבוד ודוקא אם הרב הוא גם כן רבו של זה היושב לפניו (ב"י בשם שבולי לקט):On ne rend pas honneur à un disciple en présence de son maître, à moins que son maître ne lui rende honneur. Haga (Rema) : et même le disciple du disciple, ou le fils du disciple, ne doivent pas se lever devant le maître (c'est-à-dire le disciple) face à son propre maître, ou face au père du disciple, à moins que ce maître ne lui rende honneur ; et c'est seulement si ce maître est aussi le maître de celui qui est assis devant lui (Beit Yossef au nom du Chibbolei HaLéket).
séif 21
- ראה רבו עובר על דברי תורה אומר לו למדתני רבינו כך וכך: הגה ואם רצה לעבור רק על איסור דרבנן אפ"ה צריך למחות בידו (ת"ה סי' מ"ג) . הרואה רבו עושה מעשה ויש לו להקשות על זה אם הוא איסור דאורייתא יקשה לו קודם המעשה ואם הוא איסור דרבנן יניחו לעשות המעשה ואח"כ יקשה לו הואיל ואינו יודע ודאי שעובר אלא שיש לו להקשות על זה (תא"ו נתיב ב'):S'il voit son maître transgresser les paroles de la Torah, il lui dit : « Tu m'as enseigné, notre maître, ainsi et ainsi ». Haga (Rema) : et s'il voulait ne transgresser qu'un interdit d'ordre rabbinique, il doit néanmoins protester (Terumat HaDéchen, siman 43). Celui qui voit son maître accomplir un acte et a une objection à ce sujet : s'il s'agit d'un interdit de la Torah, il lui posera l'objection avant l'acte ; s'il s'agit d'un interdit d'ordre rabbinique, il le laissera accomplir l'acte et ensuite lui posera l'objection, puisqu'il ne sait pas avec certitude qu'il transgresse, mais qu'il a seulement une objection à ce sujet (Toledot Adam veHava, netiv 2).
séif 22
- כל זמן שמזכיר שמועה בפניו אומר לו כך למדתני רבינו:Chaque fois qu'il rapporte un enseignement (chemoua) en sa présence, il lui dit : « Ainsi m'as-tu enseigné, notre maître ».
séif 23
- לא יאמר דבר שלא שמע מרבו עד שיזכיר שם אומרו:Il ne dira pas une chose qu'il n'a pas entendue de son maître sans mentionner le nom de celui qui l'a dite.
séif 24
- כשימות רבו קורע עליו כל בגדיו עד שמגלה לבו ויש אומרים שאינו קורע אלא טפח ואינו מאחה לעולם ומתאבל עליו בחליצה וכל דיני אבילות מקצת יום המיתה או מקצת יום השמועה:Lorsque son maître meurt, il déchire pour lui tous ses vêtements jusqu'à découvrir son cœur ; et certains disent qu'il ne déchire que d'un téfa'h (palme) ; il ne recoud jamais (la déchirure), et il prend le deuil pour lui par le déchaussement (en ôtant ses chaussures) et toutes les lois du deuil, une partie du jour de la mort ou une partie du jour de la nouvelle.
séif 25
- אפי' בשמועה רחוקה קורע על רבו כשם שקורע על אביו. (וע"ל סי' ש"מ ושע"ד):Même pour une nouvelle lointaine (apprise plus de trente jours après le décès), il déchire pour son maître comme il déchire pour son père. Haga (Rema) : (et voir plus loin, simanim 340 et 374).
séif 26
- מי שרבו מת מוטל לפניו אינו אוכל בשר ואינו שותה יין כדין מי שמתו מוטל לפניו:Celui dont le maître mort gît devant lui ne mange pas de viande et ne boit pas de vin, selon la loi de celui dont le défunt gît devant lui.
séif 27
- כשמזכיר רבו תוך י"ב חודש צריך לומר הריני כפרת משכבו:Lorsqu'il mentionne son maître dans les douze mois qui suivent son décès, il doit dire : « Que je sois l'expiation de sa couche » (hareni kapparat michkavo).
séif 28
- רק בפני רבו הוא בכלל כל משנאי אהבו מות: הגה ודוקא כיחו שהוא דבר שיצא מגופו בכח אבל רוק בעלמא מותר דאנוס הוא לרוק (תא"ו נתיב ב'):Cracher devant son maître, c'est être inclus dans le verset : « Tous ceux qui me haïssent aiment la mort » (Proverbes 8, 36). Haga (Rema) : et seulement s'il s'agit d'un crachat épais, qui est une chose sortant de son corps avec force ; mais une simple salive est permise, car il est contraint de cracher (Toledot Adam veHava, netiv 2).
séif 29
- כל אלו הדברים שאמרנו שצריך לכבד בהם את רבו לא אמרו אלא ברבו מובהק דהיינו שרוב חכמתו ממנו אם מקרא מקרא אם משנה משנה אם גמרא גמרא: הגה ובימים אלו עיקר הרבנות אינו תלוי במי שלמדו הפלפול וחילוקים שנוהגים בהם בזמן הזה רק במי שלמדו פסק ההלכה והעיון והעמידו על האמת והיושר (מהרי"ק שורש ק"ע) אבל אם לא למד רוב חכמתו ממנו אינו חייב לכבדו בכל אלו הדברים אבל עומד מלפניו משיגיע לארבע אמותיו וקורע עליו כשם שהוא קורע על כל המתים שהוא מתאבל עליהם אפילו לא למד ממנו אלא דבר אחד בין קטן בין גדול עומד מלפניו וקורע עליו. (ועיין לקמן סי' ש"מ סעיף ח'):Toutes ces choses dont nous avons dit qu'on doit en honorer son maître, on ne les a dites que pour son maître principal, c'est-à-dire celui dont il tient l'essentiel de sa sagesse : si c'est en Écriture, en Écriture ; si c'est en Michna, en Michna ; si c'est en Guemara, en Guemara. Haga (Rema) : et de nos jours, l'essentiel de la qualité de maître ne dépend pas de celui qui lui a enseigné le pilpoul et les distinctions ('hilloukim) qu'on pratique à notre époque, mais de celui qui lui a enseigné la décision de la halakha et l'approfondissement, et l'a établi dans la vérité et la droiture (Maharik, chorech 170). Mais s'il n'a pas appris de lui l'essentiel de sa sagesse, il n'est pas tenu de l'honorer par toutes ces choses ; cependant, il se lève devant lui dès qu'il arrive à ses quatre coudées, et déchire pour lui comme il déchire pour tous les morts dont il porte le deuil. Même s'il n'a appris de lui qu'une seule chose, petite ou grande, il se lève devant lui et déchire pour lui. Haga (Rema) : (et voir plus loin, siman 340, séif 8).
séif 30
- כל תלמיד חכם שדעותיו מכוונות אינו מדבר בפני מי שגדול ממנו בחכמה אע"פ שלא למד ממנו כלום: הגה ואין לאדם להורות עד ארבעים שנה אם יש גדול ממנו בעיר אף על פי שאינו רבו (ב"י בשם הר"ן וסמ"ק ורש"י פרק הנחנקין) . חכם שאסר אין חבירו רשאי להתיר משקול הדעת אבל אם יש לו קבלה שטעה (ר' ירוחם בשם י"א) או שטעה בדבר משנה יוכל להתיר (הר"ן פ"ק דעבודת כוכבים בשם ראב"ד ורשב"א ורמב"ן ז"ל ותוס' ורא"ש ור' ירוחם סוף נתיב ב') ואפילו אם טעה בשקול הדעת יכול לישא וליתן עם המורה עד שיחזור בו (סברת הר"ן) ולכן אין איסור לשואל [לשאול] לשני (שם במרדכי ואגודה ותוס' ורא"ש ור' ירוחם שם) ובלבד שיודיע אותו שכבר הורה הראשון לאסור (רבינו ירוחם נתיב ב' ותוס' ורא"ש) ואפי' אם התיר הראשון וכבר חלה הוראתו אין לשני לאסור מכח שקול הדעת (כן משמע באשיר"י פרק קמא דעבודת כוכבים) וכל זה באותה הוראה עצמה אבל במעשה אחר פשיטא שיכול להורות מה שנראה אליו (מהרי"ק שורש קע"ב וחדושי רשב"א וע"פ):Tout érudit (talmid 'hakham) dont les opinions sont droites ne parle pas devant celui qui est plus grand que lui en sagesse, même s'il n'a rien appris de lui. Haga (Rema) : un homme ne doit pas trancher avant quarante ans s'il y a dans la ville plus grand que lui, même s'il n'est pas son maître (Beit Yossef au nom du Ran, du Semak et de Rachi, chapitre HaNe'hnakin). Lorsqu'un sage a interdit une chose, son collègue n'a pas le droit de la permettre par raisonnement (chikoul hadaat) ; mais s'il a une tradition établissant qu'il s'est trompé (Rabbénou Yero'ham au nom de certains), ou s'il s'est trompé sur une chose explicite de la Michna, il peut permettre (le Ran, premier chapitre d'Avoda Zara, au nom du Raavad, du Rachba et du Ramban, ainsi que Tossefot, le Roch et Rabbénou Yero'ham, fin du netiv 2). Et même s'il s'est trompé dans le raisonnement, il peut en discuter avec celui qui a tranché jusqu'à ce qu'il se rétracte (opinion du Ran). C'est pourquoi il n'est pas interdit à celui qui interroge d'interroger un second sage (ibid., Mordekhaï, Agouda, Tossefot, Roch et Rabbénou Yero'ham, ibid.), à condition qu'il l'informe que le premier a déjà tranché pour interdire (Rabbénou Yero'ham, netiv 2 ; Tossefot et Roch). Et même si le premier a permis et que sa décision a déjà pris effet, le second ne doit pas interdire par la force du raisonnement (c'est ce qu'implique l'Achéri, premier chapitre d'Avoda Zara). Et tout cela concerne cette même décision ; mais pour un autre cas, il va de soi qu'il peut trancher selon ce qui lui paraît juste (Maharik, chorech 172 ; 'Hidouchei HaRachba ; chapitre Af al pi).
séif 31
- הרב המובהק שמחל על כבודו בכל הדברים האלו או באחד מהם לכל תלמידיו או לאחד מהם כבודו מחול ואף על פי שמחל מצוה על התלמיד להדרו (ואסור לבזותו) (פסקי מהרא"י סימן קכ"ז):Le maître principal qui a renoncé à son honneur dans toutes ces choses ou dans l'une d'elles, envers tous ses disciples ou envers l'un d'eux, son honneur est levé (le disciple en est dispensé) ; et bien qu'il y ait renoncé, c'est une mitsva pour le disciple de le respecter. Haga (Rema) : (et il est interdit de le mépriser) (Pessakim du Maharaï, siman 127).
séif 32
- יהי כבוד תלמידך חביב עליך כשלך:Que l'honneur de ton disciple te soit aussi cher que le tien.
séif 33
- אבידת אביו ואבידת רבו (המובהק) (ב"י וטור ופוסקים מהש"ס) אבידת רבו קודמת ואם היה אביו שקול כנגד רבו אבידת אביו קודמת היה אביו ורבו נושאים משאוי מניח של רבו ואח"כ מניח של אביו היה אביו ורבו עומדים בבית השבי פודה את רבו ואח"כ פודה את אביו ואם היה אביו תלמיד חכם פודה את אביו ואחר כך פודה את רבו: הגה וכן מפרק משאו קודם לרבו ואע"פ שאינו שקול בחכמה כרבו אבל אין מחזיר אבידת אביו קודם עד שיהא שקול כנגד רבו (טור בשם הרא"ש והגה"מ וב"י הוכיח כן ע"ש) י"א הא דרבו קודם לאביו היינו שלומד עמו בחנם אבל אם אביו שוכר לו רבי ומלמדו אביו קודם לכל דבר (ספר החסידים) וכן נראה לי עיקר:L'objet perdu de son père et l'objet perdu de son maître — Haga (Rema) : (principal) (Beit Yossef, Tour et décisionnaires, d'après la Guemara) — l'objet perdu de son maître a la priorité ; mais si son père était l'égal de son maître (en sagesse), l'objet perdu de son père a la priorité. Si son père et son maître portaient un fardeau, il dépose celui de son maître, et ensuite dépose celui de son père. Si son père et son maître étaient en captivité, il rachète son maître et ensuite rachète son père ; mais si son père était un érudit, il rachète son père et ensuite rachète son maître. Haga (Rema) : de même, il décharge le fardeau de son père avant celui de son maître, même s'il n'est pas l'égal de son maître en sagesse ; mais il ne restitue pas l'objet perdu de son père en priorité, à moins qu'il ne soit l'égal de son maître (Tour au nom du Roch et des Hagahot Maïmoniyot ; le Beit Yossef l'a démontré, voir là-bas). Certains disent que la priorité du maître sur le père ne s'applique que s'il étudie avec lui gratuitement ; mais si son père lui rémunère un maître et le fait instruire, son père a la priorité en toute chose (Séfer 'Hassidim) ; et c'est ce qui me paraît l'essentiel.
séif 34
- אבידתו קודמת לשל אביו ושל רבו:Son propre objet perdu a la priorité sur celui de son père et sur celui de son maître.
séif 35
- האומר לחבירו איני מקבל ממך אם היית כמשה מלקין אותו משום בזיון : הגה ותלמיד חכם שאמר דבר הלכה בדבר השייך לדידיה (תוס' בשם ר"ת ונ"י) אם אמרה קודם מעשה שומעין לו ואם לאו אין שומעין לו (ש"ס פ' הערל ריש (יבמות דף ע"ז) ותוס' ונ"י שם ד"מ ס"ס רמ"ה) ודוקא שאמר כך קבלתי אבל אם אומר דבר מסברא ומראה פנים לדבריו והוא נראה שומעין לו (נ"י בשם הריטב"א) אבל אין שומעין לדידיה דלמא מדמי דברים להדדי שאינן דומים אבל אם הוא פשוט שומעין לו (רבי' ירוחם סוף נתיב ב' ובשם הרא"ש):Celui qui dit à son prochain : « Je n'accepte pas (ta décision) de toi, serais-tu comme Moché », on le flagelle pour outrage. Haga (Rema) : un érudit qui a énoncé une règle de halakha au sujet d'une chose qui le concerne lui-même (Tossefot au nom de Rabbénou Tam ; Nimoukei Yossef) : s'il l'a dite avant le fait, on l'écoute ; sinon, on ne l'écoute pas (Guemara, début du chapitre HaArel (Yevamot 77a) ; Tossefot et Nimoukei Yossef, ibid. ; Darkhei Moché, fin du siman 245). Et c'est seulement (dans ce cas) lorsqu'il dit : « Telle est la tradition que j'ai reçue » ; mais s'il énonce une chose par raisonnement, en montre les arguments et qu'elle paraît juste, on l'écoute (Nimoukei Yossef au nom du Ritva). Mais on ne l'écoute pas lorsqu'il s'agit de lui-même, de peur qu'il ne compare entre elles des choses qui ne sont pas semblables ; mais si c'est simple, on l'écoute (Rabbénou Yero'ham, fin du netiv 2, et au nom du Roch).
séif 36