Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- קסח-קסט כמה דיני רבית הנעשית באמצעות העובד כוכבים. ובו כ"ז סעיפים:
ישראל שלוה מעות מעובד כוכבים ברבית ובקש להחזירם לו ואמר לו חבירו תנם לי ואני אעלה לו כדרך שאתה מעלה לו אסור ואפילו כתב ישראל שני שטר בשמו לעובד כוכבים ונתן משכונות וגם נתן הרבית לעובד כוכבים אסור: (וכל מה שנתן לעובד כוכבים מפקינן מישראל ראשון דהוי רבית קצוצה) (ב"י בשם תשובת הרא"ש כלל ק"ח וכ"מ בטור ופוסקים) והוא הדין אם הישראל היה חייב מעות בלא רבית יש לו דין זה ואפילו העמידו אצל העובד כוכבים ואמר לו העובד כוכבים תנם לישראל זה והפטר ואני אתנה עמו שיתן לי קרן ורבית אסור:Siman 168-169 : plusieurs lois sur l'intérêt (ribit) pratiqué par l'intermédiaire d'un non-Juif. Il contient 27 séifim :
Un Juif qui a emprunté de l'argent à un non-Juif avec intérêt et a voulu le lui rendre, et son prochain (un autre Juif) lui a dit : « Donne-le-moi, et je lui paierai (l'intérêt) comme tu le lui paies » : c'est interdit (car c'est comme si le premier Juif prêtait au second avec intérêt). Et même si le second Juif a écrit un acte en son propre nom au non-Juif, a donné des gages et a aussi donné l'intérêt au non-Juif, c'est interdit. (Et tout ce qu'il a donné au non-Juif, nous le faisons restituer par le premier Juif, car c'est de la ribit ketsouta (intérêt fixé d'avance, interdit de la Torah)) (Beit Yossef au nom d'une réponse du Roch, règle 108 ; et c'est ce qui ressort du Tour et des décisionnaires). Et il en va de même si le Juif devait au non-Juif de l'argent sans intérêt : cette loi s'applique à lui. Et même s'il l'a présenté au non-Juif, et que le non-Juif lui a dit : « Donne-les à ce Juif et sois quitte, et moi je stipulerai avec lui qu'il me donne capital et intérêt », c'est interdit.séif 1
- אבל אם קבל העובד כוכבים המעות מיד הישראל הראשון ונתן לשני מותר אפילו אם נותן הרבית ליד הישראל הראשון (שם וכ"מ בטור ופוסקים):Mais si le non-Juif a reçu l'argent de la main du premier Juif et l'a donné au second, c'est permis, même si celui-ci remet l'intérêt dans la main du premier Juif (ibid. ; et c'est ce qui ressort du Tour et des décisionnaires).
séif 2
- וכן אם העמידו אצל העובד כוכבים ואמר הניחם על גבי קרקע וכן עשה ונסתלק ולקחן השני משם מותר: הגה וי"א אם אמר העובד כוכבים ליתנם לישראל השני דרך פקדון ואחר כך יהא בידו הלואה דשרי הואיל ולא יצא מתחת הראשון בתורת הלואה (ב"י בשם תלמידי רשב"א ונ"י) ואם הישראל השני לא עשה הלואה עם ישראל הראשון רק עם העובד כוכבים והעובד כוכבים א"ל לקבלם מישראל ראשון והישראל ראשון אינו רק כשלוחו של עובד כוכבים מותר אפילו נותן הרבית לישראל (שם בשם הגהות מרדכי):De même, s'il l'a présenté au non-Juif, et que celui-ci a dit (au premier Juif) : « Pose-les par terre », qu'il l'a fait et s'est retiré, et que le second les a prises de là, c'est permis. Haga (Rema) : Et certains disent que si le non-Juif a dit de les donner au second Juif à titre de dépôt, et qu'ensuite elles deviennent dans sa main un prêt (du non-Juif), c'est permis, puisqu'elles ne sont pas sorties de la main du premier à titre de prêt (Beit Yossef au nom des élèves du Rachba et du Nimoukei Yossef). Et si le second Juif n'a pas conclu le prêt avec le premier Juif, mais seulement avec le non-Juif, et que le non-Juif lui a dit de les recevoir du premier Juif, le premier Juif n'étant que comme l'émissaire du non-Juif, c'est permis, même s'il remet l'intérêt au Juif (ibid., au nom des Hagahot Mordekhaï).
séif 3
- עובד כוכבים שמלוה לישראל ברבית על מנת שיתן הרבית לישראל מותר:Un non-Juif qui prête à un Juif avec intérêt, à condition qu'il remette l'intérêt à un autre Juif : c'est permis.
séif 4
- אם ישראל הלוה לעובד כוכבים ברבית והעובד כוכבים מלוה אותם לישראל ברבית וחוזר ישראל הראשון ונוטל רבית מהעובד כוכבים אסור: הגה ודוקא אם העובד כוכבים הלוה לישראל השני בשליחות ישראל הראשון וכמאן דאמר יש שליחות לעובד כוכבים לחומרא (וכן משמע בטור ורש"י וסייעתו) ואפילו אי אין שליחות לעובד כוכבים לחומרא מיירי דישראל כופה לעובד כוכבים ליתן לו רבית ויודע שהעובד כוכבים יכוף הישראל השני להוציא ממנו הרבית משום דמחזי כרבית אבל אם אית ליה לעובד כוכבים משכון מישראל שני שאין צריך לכוף אותו ולא עשה בשליחות של ישראל ראשון לכולי עלמא שרי (ב"י בשם מרדכי והגהות מיי' פ"ה מה"מ) כמו שיתבאר בסמוך:Si un Juif a prêté à un non-Juif avec intérêt, que le non-Juif les prête à un autre Juif avec intérêt, et que le premier Juif prend ensuite l'intérêt du non-Juif, c'est interdit. Haga (Rema) : Et cela seulement si le non-Juif a prêté au second Juif en tant qu'émissaire du premier Juif, et selon l'avis qui dit qu'il y a mandat (chli'hout) pour un non-Juif dans le sens de la rigueur (et c'est ce qui ressort du Tour, de Rachi et de ceux qui le suivent). Et même si l'on dit qu'il n'y a pas de mandat pour un non-Juif dans le sens de la rigueur, on parle ici d'un cas où le Juif contraint le non-Juif à lui donner l'intérêt, en sachant que le non-Juif contraindra le second Juif à lui en verser l'intérêt : c'est interdit parce que cela a l'apparence d'intérêt. Mais si le non-Juif a un gage du second Juif, de sorte qu'il n'a pas besoin de le contraindre, et qu'il n'a pas agi en tant qu'émissaire du premier Juif, c'est permis selon tous (Beit Yossef au nom du Mordekhaï et des Hagahot Maïmoniyot, chapitre 5 des Lois du prêteur et de l'emprunteur), comme il sera expliqué ci-après.
séif 5
- עובד כוכבים שלוה מעות מישראל ברבית וביקש להחזירם לו ומצאו ישראל ואמר לו תנם לי ואני אעלה לך כדרך שאתה מעלה לו מותר ואפילו א"ל אני אעלה לו כדרך שאתה מעלה לו מותר שבשביל העובד כוכבים נותנם לו ואם העמידו אצל ישראל אע"פ שנתן העובד כוכבים המעות בידו הואיל ומדעת ישראל נתן אסור: הגה ויש מקילין ואפילו אם העמידו אצלו (טור בשם ר"ת ורא"ש) אבל העיקר כסברא הראשונה (ב"י בשם נימוקי שכ"כ בשם ר"ן) אבל במקום שנהגו להקל אין למחות בידם (תשובת רא"ש והגהמי"י):Un non-Juif qui a emprunté de l'argent à un Juif avec intérêt et a voulu le lui rendre, et un autre Juif l'a trouvé et lui a dit : « Donne-le-moi, et je te paierai (l'intérêt) comme tu le lui paies » : c'est permis. Et même s'il lui a dit : « Je lui paierai comme tu le lui paies », c'est permis, car c'est pour le non-Juif qu'il (le prêteur) les lui laisse. Et s'il l'a présenté au Juif (si le non-Juif a présenté l'emprunteur juif au prêteur), bien que le non-Juif ait remis l'argent dans sa main, puisqu'il l'a remis avec l'accord du Juif (prêteur), c'est interdit. Haga (Rema) : Et certains sont indulgents, même s'il l'a présenté (Tour au nom de Rabbénou Tam et du Roch). Mais l'essentiel est le premier avis (Beit Yossef au nom du Nimoukei Yossef, qui l'a écrit au nom du Ran). Mais là où l'on a l'usage d'être indulgent, il ne faut pas les en empêcher (réponse du Roch et Hagahot Maïmoniyot).
séif 6
- ישראל שאמר לעובד כוכבים לוה לי מעות ברבית מישראל בשמך והמלוה לא ידע שבשביל ישראל הם המלוה מותר והלוה עושה איסור (רא"ש וטור לרש"י) (ויש מקילין משום דאין שליחות לעובד כוכבים וכבר נתבאר דאין להקל רק במקום שנהגו להקל) (שם לר"ת):Un Juif qui a dit à un non-Juif : « Emprunte pour moi de l'argent avec intérêt à un Juif, en ton nom », et le prêteur ne savait pas que c'était pour un Juif : le prêteur est autorisé (à prendre l'intérêt), et l'emprunteur commet un interdit (Roch, et Tour selon Rachi). (Et certains sont indulgents même pour l'emprunteur, parce qu'il n'y a pas de mandat pour un non-Juif ; et il a déjà été expliqué qu'on ne doit être indulgent que là où l'on a l'usage d'être indulgent) (ibid., selon Rabbénou Tam).
séif 7
- ישראל שאמר לעובד כוכבים לוה לי מן העובד כוכבים ברבית והלך העובד כוכבים ולוה מישראל ברבית מותר:Un Juif qui a dit à un non-Juif : « Emprunte pour moi à un non-Juif avec intérêt », et le non-Juif est allé emprunter à un Juif avec intérêt : c'est permis.
séif 8
- עובד כוכבים שלוה מישראל מעות ברבית על משכון ובשעת פדיית המשכון בא ישראל ואמר שלי הוא המשכון לא יאמינו המלוה ועדים לא יוכל להביא כי לא יוכלו להעיד שאלו המעות עצמם שנתן המלוה לעובד כוכבים חזר ונתן לישראל כי יוכל לומר עכבם לעצמו וממעותיו הלוה לו ואם הוא יודע שהמשכון של ישראל אסור להלות עליו ואף אם אינו יודע בודאי אם ידוע שהוא של ישראל כגון שהוא מלבוש שאין העובדי כוכבים רגילים בו מכוער הדבר ליקח רבית : הגה וכל זה אינו אלא למאן דאית ליה שליחות לעובד כוכבים לחומרא אבל למאן דלית ליה מותר בכל ענין (ב"י) ולכן כתבו בשם ר"ת דמותר ליתן לכתחלה משכנות לעובד כוכבים אפילו לעבדו ושפחתו למשכנם אצל ישראל אחר אפילו הם ספריו והמלוה מכירן ואפי' אם חוזר המלוה ומפקידם אצל הלוה שרי הואיל ויד עובד כוכבים באמצע אין שליחות לעובד כוכבים (ב"י בשם מרדכי פ' א"נ ובהגהות אשיר"י בשם אביאסף וטור והגהת מיימוני וע"פ) וכבר כתבתי דאין למחות ביד הנוהגין להקל ואפילו אם הולך העובד כוכבים והישראל פודה המשכון שרי מיהו אם המלוה אינו רוצה ליתן המשכון לישראל ששלח העובד כוכבים הרשות בידו שהרי אין לו עסק רק עם העובד כוכבים (תשובת הרא"ש כלל ק"ח סימן ח' וכ"מ בפוסקים) ולכן צריך גם כן בתחילה שיהא המשכון שוה נגד מעותיו כדי שלא יהא לו עסק עם הלוה כלל אם ירצה (כן משמע שם):Un non-Juif qui a emprunté de l'argent à un Juif avec intérêt sur un gage, et au moment du rachat du gage un Juif est venu et a dit : « Le gage est à moi » : le prêteur ne le croira pas. Et il ne pourra pas amener de témoins, car ils ne pourront pas témoigner que cet argent même que le prêteur a donné au non-Juif, celui-ci l'a remis au Juif, car le non-Juif pourrait dire (ou : on pourrait dire) qu'il l'a gardé pour lui et lui a prêté de son propre argent. Et s'il sait que le gage appartient à un Juif, il est interdit de prêter dessus ; et même s'il ne le sait pas avec certitude, s'il est connu (par des indices) qu'il appartient à un Juif, par exemple un vêtement que les non-Juifs n'ont pas l'habitude de porter, la chose est laide (mekhoar hadavar) de prendre l'intérêt. Haga (Rema) : Et tout cela ne vaut que selon l'avis qui admet le mandat pour un non-Juif dans le sens de la rigueur ; mais selon l'avis qui ne l'admet pas, c'est permis en tout cas (Beit Yossef). C'est pourquoi on a écrit au nom de Rabbénou Tam qu'il est permis, lekhat'hila (a priori), de donner des gages à un non-Juif, même à son esclave ou à sa servante (non juifs), pour qu'ils les mettent en gage chez un autre Juif, même si ce sont ses livres et que le prêteur les reconnaît ; et même si le prêteur les redépose ensuite chez l'emprunteur, c'est permis, puisque la main d'un non-Juif est au milieu : il n'y a pas de mandat pour un non-Juif (Beit Yossef au nom du Mordekhaï, chapitre Eizéhou Nechekh, et des Hagahot Acheri au nom de l'Avi Assaf, du Tour, des Hagahot Maïmoniyot et d'autres décisionnaires). Et j'ai déjà écrit qu'il ne faut pas empêcher ceux qui ont l'usage d'être indulgents. Et même si le non-Juif s'en va et que le Juif rachète le gage (lui-même), c'est permis. Toutefois, si le prêteur ne veut pas remettre le gage au Juif que le non-Juif a envoyé, il en a le droit, car il n'a affaire qu'au non-Juif (réponse du Roch, règle 108, siman 8 ; et c'est ce qui ressort des décisionnaires). C'est pourquoi il faut aussi, au départ, que le gage vaille autant que son argent, afin qu'il n'ait aucune affaire avec l'emprunteur (juif) s'il le veut (c'est ce qui ressort de là).
séif 9
- עובד כוכבים שמשכן לישראל בחובו ומשכן העובד כוכבים אותו משכון לישראל ברבית אם הישראל פודהו אסור ליקח ממנו רבית ואם אחריות החוב והרבית אינו על המשכון לבד אלא גם על העובד כוכבים מותר וכן אם הישראל הממושכן לא ידע שהעובד כוכבים הממשכן רוצה למשכנו ביד ישראל מותר לקבל הקרן והרבית מיד הישראל: הגה ישראל שחייב לעובד כוכבים חוב על רבית והעובד כוכבים הקנה אותו חוב לישראל אחר אם העובד כוכבים מקבל הרבית ונתנו לישראל השני מותר אבל אסור לישראל השני לקבל מיד הראשון משום חומר רבית (תשובת הרשב"א סימן תשס"ד):Un non-Juif qui a pris un gage d'un Juif pour sa créance, puis le non-Juif a mis ce gage en gage chez un autre Juif avec intérêt : si le Juif (propriétaire du gage) le rachète, il est interdit de prendre de lui l'intérêt. Mais si la garantie de la dette et de l'intérêt ne repose pas sur le gage seul, mais aussi sur le non-Juif (personnellement), c'est permis. De même, si le Juif dont le gage a été pris ne savait pas que le non-Juif qui l'a pris voulait le mettre en gage chez un Juif, il est permis de recevoir le capital et l'intérêt de la main du Juif. Haga (Rema) : Un Juif qui doit à un non-Juif une dette avec intérêt, et le non-Juif a cédé cette créance à un autre Juif : si le non-Juif reçoit l'intérêt et le donne au second Juif, c'est permis ; mais il est interdit au second Juif de le recevoir de la main du premier, à cause de la gravité de l'intérêt (réponse du Rachba, siman 764).
séif 10
- אם ישראל השאיל משכנו לעובד כוכבים ללות עליו ברבית לעצמו ומשכנו העובד כוכבים מותר לישראל להלות לעובד כוכבים עליו ברבית ואפילו הלך לו העובד כוכבים ופורע ישראל בעל המשכון קרן ורבית מותר: הגה אבל לא יוכל לזכות לעובד כוכבים משכון ע"י אחר למאן דאמר אין זכיה לעובד כוכבים (ב"י בשם בה"ת) ואם העובד כוכבים אנס ואינו רוצה לפדות המשכון ולהחזירו לבעליו צריך ישראל המלוה ליתן לפדות המשכון לבעליו דהוי העובד כוכבים כגזלן שהשכין לו (מרדכי פרק א"נ) אבל אם אינו אנס ויוכל בעל המשכון לכוף לעובד כוכבים לפדות (שלו) יוכל ישראל המלוה לומר לו לאו בעל דברים דידי את (ב"י דקדק מהמרדכי) ואם העובד כוכבים אנס ואלו היה בא לפדותו היו צריכין לתת לו בלא רבית צריך לתת גם כן לבעל המשכון בלא רבית (שם) עובד כוכבים שהשכין משכון לישראל זה וחזר ומכרו לישראל אחר כשבא לפדותו צריך ליתן למלוה קרן ורבית (מרדכי והג"א והג"מ פ"ו מה"מ ואגודה וב"י ס"ס קע"ב כתב זה בשם מ"כ):Si un Juif a prêté son gage (son objet) à un non-Juif pour que celui-ci emprunte dessus avec intérêt pour lui-même, et que le non-Juif l'a mis en gage, il est permis à un Juif de prêter dessus au non-Juif avec intérêt ; et même si le non-Juif s'en est allé et que le Juif propriétaire du gage paie le capital et l'intérêt, c'est permis. Haga (Rema) : Mais il ne peut pas acquérir un gage pour un non-Juif par l'intermédiaire d'un autre, selon l'avis qui dit qu'il n'y a pas d'acquisition (zekhiya) au profit d'un non-Juif (Beit Yossef au nom de l'auteur des Teroumot). Et si le non-Juif est un homme violent qui ne veut pas racheter le gage et le rendre à son propriétaire, le Juif prêteur doit le donner (au propriétaire) pour qu'il rachète le gage (sans intérêt), car le non-Juif est comme un voleur qui le lui a mis en gage (Mordekhaï, chapitre Eizéhou Nechekh). Mais s'il n'est pas violent et que le propriétaire du gage peut contraindre le non-Juif à racheter (son gage), le Juif prêteur peut lui dire : « Tu n'es pas mon interlocuteur (dans ce litige) » (Beit Yossef l'a déduit du Mordekhaï). Et si le non-Juif est violent, et que, s'il était venu le racheter, on aurait dû le lui rendre sans intérêt, il faut aussi le rendre au propriétaire du gage sans intérêt (ibid.). Un non-Juif qui a mis un gage chez ce Juif, puis l'a vendu à un autre Juif : quand celui-ci vient le racheter, il doit donner au prêteur le capital et l'intérêt (Mordekhaï, Hagahot Acheri, Hagahot Maïmoniyot chapitre 6 des Lois du prêteur et de l'emprunteur, et Agouda ; et le Beit Yossef, à la fin du siman 172, l'a écrit au nom d'un texte trouvé).
séif 11
- ישראל שהלוה לעובד כוכבים ברבית על משכון ואח"כ א"ל תן המשכון לראובן והוא יתן לך מעותיך וכן עשה נתן המשכון לראובן למכור וראובן עכב המעות בידו אחר מכירת המשכון והמלוה תובע רבית עד שיביא מעותיו לידו והעובד כוכבים אינו רוצה ליתן יותר מעד שעת מכירה בענין שראובן צריך ליתן המותר יכול המלוה ליטול כל הרבית מהעובד כוכבים ואם העובד כוכבים יכוף את ראובן לפרוע הרבית בשביל שעכב מה נפקא ליה מינה:Un Juif qui a prêté à un non-Juif avec intérêt sur un gage, puis le non-Juif lui a dit : « Donne le gage à Réouven, et il te donnera ton argent », et il l'a fait ; il (le non-Juif) a confié le gage à Réouven pour qu'il le vende, et Réouven a gardé l'argent après la vente du gage ; le prêteur réclame l'intérêt jusqu'à ce que son argent parvienne entre ses mains, et le non-Juif ne veut payer que jusqu'au moment de la vente, de sorte que Réouven devrait payer le surplus : le prêteur peut prendre tout l'intérêt du non-Juif ; et si le non-Juif contraint Réouven à payer l'intérêt parce qu'il a retenu l'argent, quelle différence cela fait-il pour lui (le prêteur) ?
séif 12
- עובד כוכבים שאמר לישראל לוה לי מעות מישראל ברבית על משכוני מותר למלוה ליקח הרבית מיד ישראל השליח והוא שיאמר המלוה לשליח אתה תהיה שלוחי להביא לי המשכון מיד העובד כוכבים באחריותי ולהוליך לו המעות על אחריותי: הגה ואם נתן העובד כוכבים המשכון לישראל קודם שהלוה הישראל השני אפילו היה אחריות המשכון על השליח מותר (סברת הרב דלא כב"י) רק שיהיה אחריות המעות על המלוה: וכן בשעת פדיה תהא שלוחי להביא לי מעותי מן העובד כוכבים ויהיו באחריותי מיד כשיצאו מיד העובד כוכבים וכן תהיה שלוחי להחזיר לי המשכון ואם אינו מאמינו יאמר כך בלבו ואינו צריך להודיעו או יתנה עמו שלא יהא נאמן לומר נאנס או נאבד אלא בעדים ואם עשה כן ובשעת פדיה אומר השליח לא אמרתי לך אמת תחילה אלא שלי הוא יאמר המלוה איני מאמינך אלא לדבריך הראשונים אני מאמין אבל חושש אני לדבריך ואיני רוצה לקבל ממך המעות וכשיבוא העובד כוכבים ויתן לי המעות אתן לו משכונו ואפילו אם ירצה לישבע אינו נאמן ואפילו עדים מעידים שהוא של ישראל לא מהני כיון שהודה תחילה שאינו שלו: הגה וכל שכן דשבועת לוה לא מהני (בית יוסף בשם תשובה אשכנזית) אמנם אם נודע הדבר שכן הוא האמת אסור ליקח ממנו הרבית והמערים לעשות כן נקרא רשע (ב"י בשם הרשב"א) וכל זה לא מיירי אלא במלוה על המשכון אבל אם נתן (ב"י בשם ריב"א) לו מעות להלוות לעובד כוכבים על רבית ואח"כ אמר הלוקח לא הלויתי לעובד כוכבים אבל לקחתי לצורך עצמי הלוקח נאמן שלצורך עצמו לקחם ואם חשדו שהוא משקר יחרים עליו שכדבריו כן הוא והעושה כן נקרא רשע (תשובת רשב"א סימן תרנ"ג):Un non-Juif qui a dit à un Juif : « Emprunte pour moi de l'argent à un Juif avec intérêt sur mon gage » : il est permis au prêteur de prendre l'intérêt de la main du Juif mandataire, à condition que le prêteur dise au mandataire : « Tu seras mon émissaire pour m'apporter le gage de la main du non-Juif sous ma responsabilité, et pour lui porter l'argent sous ma responsabilité. » Haga (Rema) : Et si le non-Juif a donné le gage au Juif (mandataire) avant que le second Juif ne prête, même si la responsabilité du gage reposait sur le mandataire, c'est permis (avis du Rav, contrairement au Beit Yossef), pourvu que la responsabilité de l'argent repose sur le prêteur. Et de même au moment du rachat (il lui dira) : « Sois mon émissaire pour m'apporter mon argent du non-Juif, et il sera sous ma responsabilité dès qu'il sortira de la main du non-Juif ; et sois aussi mon émissaire pour lui rendre le gage. » Et s'il ne lui fait pas confiance, il le dira dans son cœur et n'a pas besoin de l'en informer, ou bien il stipulera avec lui qu'il ne sera cru, pour dire que l'argent a été volé de force ou perdu, qu'avec des témoins. Et s'il a fait ainsi, et qu'au moment du rachat le mandataire dit : « Je ne t'ai pas dit la vérité au début, mais le gage est à moi », le prêteur dira : « Je ne te crois pas ; je ne crois que tes premières paroles ; mais je tiens compte de tes paroles (actuelles) et ne veux pas recevoir l'argent de toi ; quand le non-Juif viendra et me donnera l'argent, je lui donnerai son gage. » Et même s'il veut jurer, il n'est pas cru ; et même si des témoins attestent que le gage appartient à un Juif, cela n'est d'aucun effet, puisqu'il a reconnu au début qu'il n'était pas à lui. Haga (Rema) : Et à plus forte raison, le serment de l'emprunteur n'est d'aucun effet (Beit Yossef au nom d'une réponse ashkénaze). Cependant, si l'on apprend que c'est bien la vérité, il est interdit de prendre de lui l'intérêt ; et celui qui use de ruse pour agir ainsi est appelé méchant (Beit Yossef au nom du Rachba). Et tout cela ne concerne que celui qui prête sur un gage ; mais s'il lui a donné (Beit Yossef au nom du Riva) de l'argent pour le prêter à un non-Juif avec intérêt, et qu'ensuite celui qui l'a pris dit : « Je ne l'ai pas prêté à un non-Juif, mais je l'ai pris pour mes propres besoins », celui qui l'a pris est cru qu'il l'a pris pour ses propres besoins ; et s'il le soupçonne de mentir, il prononcera contre lui un 'hérem (anathème) pour qu'il atteste qu'il en est bien comme il le dit ; et celui qui agit ainsi est appelé méchant (réponse du Rachba, siman 653).
séif 13
- ישראל שלוה מחבירו לצורך העובד כוכבים וקצב עם העובד כוכבים על הרבית ביוקר ועם הישראל המלוה קצב בפחות זכה הלוה במה שקצב עם העובד כוכבים יותר ממה שקצב עם הישראל המלוה אבל אם קצב עם המלוה ביוקר והעובד כוכבים אלם ואינו רוצה לפרעם לא יפרע הלוה מכיסו (מרדכי והג"א): הגה ויש אומרים דצריך הלוה לפרוע לו מכיסו אלא אם הזכיר לו שם העובד כוכבים תחילה אז פטור מלשלם לו מכיסו (טור ומרדכי והג"א בשם אבי העזרי) ומכל מקום לכתחלה אסור ללוות על משכון עובד כוכבים ולומר שהוא יפרע קרן ורבית דהוי כלוה מישראל וחוזר ומלוה לעובד כוכבים אלא תחלת הלואה צריכה להיות לצורך עובד כוכבים אם השליח בא לפדות המשכון ממעותיו מותר לקבל ממנו קרן ורבית (בית יוסף בשם תשובת רשב"א) מיהו דוקא שהמלוה נותן לו לפדותו מרצונו אבל אם פודה השליח משלו הוי רמאות שמתחלה על מנת כן הלוהו שיהא המשכון בידו עד שיפדנו העובד כוכבי' (הגהות אשיר"י וב"י בשם תשובת הרא"ש) ואם אין השליח רוצה לפדותו והמלוה רוצה שיפדוהו לא יוכל לכופו כמו שיתבאר סוף סימן זה (ב"י):Un Juif qui a emprunté à son prochain pour les besoins d'un non-Juif, et a fixé avec le non-Juif un intérêt élevé et avec le Juif prêteur un intérêt moindre : l'emprunteur acquiert ce qu'il a fixé avec le non-Juif au-delà de ce qu'il a fixé avec le Juif prêteur. Mais s'il a fixé avec le prêteur un intérêt élevé, et que le non-Juif est violent et ne veut pas les payer, l'emprunteur ne paiera pas de sa poche (Mordekhaï et Hagahot Acheri). Haga (Rema) : Et certains disent que l'emprunteur doit lui payer de sa poche, sauf s'il lui a mentionné le nom du non-Juif au départ : alors il est dispensé de lui payer de sa poche (Tour, Mordekhaï et Hagahot Acheri au nom de l'Avi HaEzri). Et de toute façon, lekhat'hila, il est interdit d'emprunter sur le gage d'un non-Juif en disant que lui-même paiera le capital et l'intérêt, car c'est comme s'il empruntait à un Juif puis prêtait au non-Juif ; mais le début du prêt doit être pour les besoins du non-Juif. Si le mandataire vient racheter le gage avec son propre argent, il est permis de recevoir de lui le capital et l'intérêt (Beit Yossef au nom d'une réponse du Rachba). Toutefois, cela seulement lorsque le prêteur le lui donne à racheter de son plein gré ; mais si le mandataire le rachète de son propre argent (comme une obligation), c'est une tromperie, car dès le départ il lui a prêté à la condition que le gage reste chez lui jusqu'à ce que le non-Juif le rachète (Hagahot Acheri, et Beit Yossef au nom d'une réponse du Roch). Et si le mandataire ne veut pas le racheter et que le prêteur veut qu'on le rachète, il ne peut pas l'y contraindre, comme il sera expliqué à la fin de ce siman (Beit Yossef).
séif 14
- ישראל שלוה מישראל ברבית לצורך עובד כוכבים על משכונו של עובד כוכבים ואחר זמן רוצה המלוה למכרו והשליח אומר אל תמכרהו כי העובד כוכבים אלם אין המלוה צריך לחוש לדבריו כי אין למלוה עם העובד כוכבים כלום ואם השליח ירא ממנו יציל עצמו ויפדה המשכון או יוסיף משכון למלוה כדי שלא יפסיד בהמתנה:Un Juif qui a emprunté à un Juif avec intérêt pour les besoins d'un non-Juif, sur le gage du non-Juif, et au bout d'un certain temps le prêteur veut le vendre, et le mandataire dit : « Ne le vends pas, car le non-Juif est violent » : le prêteur n'a pas à tenir compte de ses paroles, car le prêteur n'a rien à voir avec le non-Juif ; et si le mandataire le craint, qu'il se protège lui-même en rachetant le gage ou en ajoutant un gage au prêteur, afin que celui-ci ne perde rien à attendre.
séif 15
- ישראל שאמר לחבירו טול מעות הללו והלוה אותם לעובד כוכבים ברבית אם אחריות המעות על השליח בהולכה או בהבאה אסור למלוה ליקח הרבית מיד השליח או מיד שלוחו של שליח ואפי' עד מאה ואם אין האחריות עליו אלא כשאר שלוחים אם שומר חנם שומר חנם אם שומר שכר שומר שכר מותר:Un Juif qui a dit à son prochain : « Prends cet argent et prête-le à un non-Juif avec intérêt » : si la responsabilité de l'argent repose sur le mandataire, à l'aller ou au retour, il est interdit au prêteur de prendre l'intérêt de la main du mandataire ou de la main de l'émissaire du mandataire, et même jusqu'à cent intermédiaires. Et si la responsabilité ne repose sur lui que comme sur les autres émissaires — s'il est gardien bénévole (chomer 'hinam), comme un gardien bénévole ; s'il est gardien rémunéré (chomer sakhar), comme un gardien rémunéré — c'est permis.
séif 16
- ישראל שאמר לחבירו לוה לי מעות מהעובד כוכבים ברבית אם נתן לו משכון ללות עליו אם אחריות העובד כוכבים על המשכון בלבד ולא על השליח כלל מותר לשליח ליקח הרבית וליתנו לעובד כוכבים ואם לא נתן לו משכון אסור אלא אם כן אמר לו לוה לי מעות ברבית מהעובד כוכבים על שמי והאמינו העובד כוכבים והוא סומך על הלוה ולא על השליח: הגה ועיין לקמן סי' ק"ע אם מותר לשליח להיות ערב יש אומרים דמנהיגי הקהל מותרין ללוות מן העובד כוכבים ברבית לצורך הקהל אע"ג דהוו כשלוחי הקהל ואע"ג דאחריות עליהם וחוזרין ולוקחין מן הקהל שרי דהוי כאפוטרופוס של יתומים דשרי בכה"ג וכן נהגו להקל אע"ג דאין כאן היתר ברור (ב"י בשם תשובת הרשב"א) ומ"מ אסור אח"כ ליקח מקצת הפרעון ממקצת הקהל שילוו לצורך הקהל ולנכות להם אח"כ יותר ממה שהלוו כי הרבית עולה על האחרים והוי כאילו לוו זה מזה ברבית (גם זה שם):Un Juif qui a dit à son prochain : « Emprunte pour moi de l'argent à un non-Juif avec intérêt » : s'il lui a donné un gage pour emprunter dessus, et que le recours du non-Juif porte sur le gage seul et nullement sur le mandataire, il est permis au mandataire de prendre l'intérêt (du mandant) et de le donner au non-Juif. Et s'il ne lui a pas donné de gage, c'est interdit, à moins qu'il lui ait dit : « Emprunte pour moi de l'argent avec intérêt au non-Juif, en mon nom », et que le non-Juif lui ait fait confiance et compte sur l'emprunteur et non sur le mandataire. Haga (Rema) : Et voir plus loin, siman 170, s'il est permis au mandataire d'être garant. Certains disent qu'il est permis aux dirigeants de la communauté d'emprunter à un non-Juif avec intérêt pour les besoins de la communauté ; bien qu'ils soient comme des émissaires de la communauté, et bien que la responsabilité repose sur eux, et qu'ensuite ils le reprennent de la communauté, c'est permis, car c'est comme le cas d'un tuteur (apotropos) d'orphelins, à qui c'est permis dans un tel cas ; et l'usage est d'être indulgent, bien qu'il n'y ait pas là de permission évidente (Beit Yossef au nom d'une réponse du Rachba). Toutefois, il est interdit ensuite de prendre une partie du remboursement de certains membres de la communauté qui prêteront pour les besoins de la communauté, et de leur déduire ensuite plus qu'ils n'ont prêté, car l'intérêt retombe sur les autres, et c'est comme s'ils empruntaient les uns aux autres avec intérêt (cela aussi, ibid.).
séif 17
- משכונו של עובד כוכבים ביד ישראל והביאו לישראל חבירו שילוה עליו וכשיבא העובד כוכבים לפדותו שיקח הוא הרבית שעלה עליו עד אותו היום והשני יקח הרבית שיעלה עליו מאותו היום והלאה מותר ובלבד שיאמר לו הריני מוכר לך כל כח וזכות ושעבוד שיש לי על משכון זה ואין לי עסק עמך ולא לך עמי ואם לאחר זמן רצה השני לחזור וליטול מהראשון קרן ורבית להחזיר לו משכונו מותר: הגה וי"א דאפילו אינו מוכרו לו ולא אמר לו אני מסולק ממך אלא חוזר ומשכנו אצלו סתמא שרי דוודאי מכוין להיתרא וכמאן דא"ל דמי (ב"י בשם מרדכי ותשובת הרא"ש) ואם בא הראשון לפדות המשכון ואין השני רוצה להחזיר לו המשכון הרשות בידו (מרדכי פא"נ) דהוי לגמרי כשלו דהוו כאלו מכרו לו בהדיא עד שיבא העובד כוכבים לפדותו (שם ובתשובת הרא"ש) וכן המנהג פשוט ואם התנו מתחילה שצריך לחזור וליתן לו כשבא לפדותו הכל כפי תנאם ואפשר דאפילו מסתמא הוי כאלו התנו בכך הואיל והמנהג כך (סברת הרב) ומותר ללוה לקצוב עם ישראל השני בפחות אע"פ שהעובד כוכבים נותן לו יותר או שיוכל לומר אני אקח חלק ברבית הבא מן העובד כוכבים כל שבוע (ב"י וכן משמע בת"ה סי' ש"ג) גם אם ירצו הלוה והמלוה שלא ליקח המלוה השני המשכון לידו רק יניחנו ביד הלוה הזה שהלוה עליו לעובד כוכבים שרי (בית יוסף וסברת הרב) ובלבד שיהיה המשכון מכאן ואילך באחריות המלוה השני (ד"ע) ואם התנו זה עם זה שהמלוה הראשון לעובד כוכבים שהוא הלוה עכשיו מישראל השני יתחייב באחריותו הרשות בידם דהא מתנה שומר חנם להיות כשואל (גם זה ד"ע ורש"ל תשובה נ"ב) וי"א דאפילו להקנות הלוה אלו המשכונות למלוה השני אינו צריך אלא מיד שהמלוה השני נותן לו מעות ההלואה קנוי לו המשכון בכ"מ שהוא דדבר תורה מעות קונות ואע"ג דמדרבנן בעי משיכה מ"מ כהאי גוונא יש לסמוך על דבר תורה מיהו טוב שיקנה לו על ידי אחר (בית יוסף) ונאמן הלוה לומר שיש לו משכון מעובד כוכבים ואין צריך להביא ראיה לדבריו ויוכל המלוה להלוות לו אם לא שאינו מוחזק בכך דאז ודאי משקר כך הם עיקר הדברים בדינים אלו (ד"ע מלעיל סי' קס"ב ס"ב בהג"ה) אע"פ שיש קצת מפקפקים בהיתירות אלו (מהרי"ק שורש קי"ט) כבר פשט המנהג להקל ואין למחות ביד העושים כנזכר כי דינא הוא וכל זה לא מיירי אלא כשלא זקף הישראל שלוה לעובד כוכבים קרן עם רבית אבל אם כבר זקף הישראל על העובד כוכבים קרן ורבית ביחד כגון שחשב עמו רבית שיעלה עליו עד שנה וחשבו הכל ביחד מעתה הרי הכל כאילו הוי קרן של ישראל (תה"ד סי' ש"ג) בין שהלוה על המשכון או בלא משכון אסור ללוות על זה מישראל חבירו ושיעלה לו רבית מן החוב כל זמן שהלואה גביה דהוו כאילו נותן לו הרבית מכיסו (סברת הרב) אך ימכרנו לו סתם וכשרוצה לחזור ליקח חובו יחזור ויקנהו ממנו מעט יותר ממה שמכרו לו כפי ערך הרבית שהיה ראוי לעלות עליו ואסור להתנות מתחלה בכך אלא יקנה לו החוב בקנין גמור ואח"כ יחזור הקונה ויבטיחנו בדברים אמתיים שכשיהיו לו מעות יחזור וימכרנו לו בדרך הנזכר (ת"ה סימן ש"ג) ובחובות של אשראי צריך שיאמר לו אתה תפטור העובד כוכבים בכך וכך מכל וכל ובכך וכך אני קונה ממך כל מה שאני יכול להוציא מיד העובד כוכבים. (וע"ל סימן קע"ג בדין מכירת חובות):Le gage d'un non-Juif se trouve entre les mains d'un Juif, et il l'a apporté à un autre Juif pour que celui-ci lui prête dessus, de sorte que, lorsque le non-Juif viendra le racheter, lui (le premier) prendra l'intérêt accumulé jusqu'à ce jour-là, et le second prendra l'intérêt qui s'accumulera à partir de ce jour-là : c'est permis, à condition qu'il lui dise : « Je te vends tout le pouvoir, le droit et l'hypothèque que j'ai sur ce gage, et je n'ai plus d'affaire avec toi, ni toi avec moi. » Et si, par la suite, le second veut reprendre du premier le capital et l'intérêt pour lui rendre son gage, c'est permis. Haga (Rema) : Et certains disent que, même s'il ne le lui vend pas et ne lui dit pas : « Je me retire de toi », mais le lui remet en gage sans précision, c'est permis, car il a certainement l'intention de procéder de manière permise, et c'est comme s'il le lui avait dit (Beit Yossef au nom du Mordekhaï et d'une réponse du Roch). Et si le premier vient racheter le gage et que le second ne veut pas lui rendre le gage, il en a le droit (Mordekhaï, chapitre Eizéhou Nechekh), car c'est entièrement comme sien, comme s'il le lui avait vendu explicitement jusqu'à ce que le non-Juif vienne le racheter (ibid., et réponse du Roch) ; et tel est l'usage répandu. Et s'ils ont stipulé au départ qu'il devrait le lui rendre lorsqu'il viendrait le racheter, tout dépend de leur condition ; et il est possible que même sans précision ce soit comme s'ils l'avaient stipulé, puisque tel est l'usage (avis du Rav). Et il est permis à l'emprunteur de fixer avec le second Juif un taux moindre, bien que le non-Juif lui en donne davantage, ou bien il peut dire : « Je prendrai une part de l'intérêt provenant du non-Juif chaque semaine » (Beit Yossef ; et c'est ce qui ressort de la Teroumat HaDéchen, siman 303). De même, si l'emprunteur et le prêteur veulent que le second prêteur ne prenne pas le gage en main, mais le laisse entre les mains de cet emprunteur qui a prêté dessus au non-Juif, c'est permis (Beit Yossef, et avis du Rav), à condition que le gage soit désormais sous la responsabilité du second prêteur (avis personnel du Rema). Et s'ils ont stipulé entre eux que le premier prêteur au non-Juif, qui emprunte maintenant au second Juif, en assumera la responsabilité, ils en ont le droit, car un gardien bénévole peut stipuler d'être comme un emprunteur (d'objet) (cela aussi est un avis personnel du Rema, et Maharchal, réponse 52). Et certains disent que, même pour transférer ces gages au second prêteur, l'emprunteur n'a besoin de rien faire ; mais dès que le second prêteur lui donne l'argent du prêt, le gage lui est acquis où qu'il soit, car selon la Torah l'argent acquiert, et bien que d'ordre rabbinique il faille une traction (méchikha), dans un tel cas on peut s'appuyer sur la loi de la Torah ; toutefois, il est bien qu'il le lui transfère par l'intermédiaire d'un autre (Beit Yossef). Et l'emprunteur est cru lorsqu'il dit qu'il a un gage d'un non-Juif, et il n'a pas besoin d'apporter de preuve à ses dires, et le prêteur peut lui prêter, à moins qu'il ne soit pas présumé en avoir, car alors il ment certainement. Tels sont les points essentiels de ces lois (avis personnel du Rema, d'après plus haut, siman 162, séif 2, dans la glose). Bien que certains émettent quelques doutes sur ces permissions (Maharik, racine 119), l'usage s'est déjà répandu d'être indulgent, et il ne faut pas empêcher ceux qui agissent comme mentionné, car c'est la loi. Et tout cela ne concerne que le cas où le Juif qui a prêté au non-Juif n'a pas cumulé le capital avec l'intérêt ; mais si le Juif a déjà cumulé à la charge du non-Juif capital et intérêt ensemble, par exemple s'il a calculé avec lui l'intérêt qui s'accumulera jusqu'à un an et a tout compté ensemble, désormais le tout est comme le capital du Juif (Teroumat HaDéchen, siman 303) ; qu'il ait prêté sur gage ou sans gage, il est interdit d'emprunter sur cela à un autre Juif en lui faisant revenir l'intérêt de la créance tant que le prêt est chez lui, car c'est comme s'il lui donnait l'intérêt de sa poche (avis du Rav). Mais il la lui vendra purement et simplement, et lorsqu'il voudra reprendre sa créance, il la lui rachètera un peu plus cher qu'il ne la lui a vendue, selon la valeur de l'intérêt qui aurait dû s'accumuler ; et il est interdit de le stipuler au départ, mais il lui transférera la créance par une acquisition (kinyan) complète, et ensuite l'acheteur lui promettra par des paroles sincères que, lorsqu'il aura de l'argent, il la lui revendra de la manière mentionnée (Teroumat HaDéchen, siman 303). Et pour les créances à crédit (sans gage), il faut qu'il lui dise : « Tu tiendras le non-Juif quitte de telle somme, entièrement, et pour telle somme je t'achète tout ce que je pourrai obtenir du non-Juif. » (Et voir plus loin, siman 173, la loi de la vente de créances.)
séif 18
- ישראל הבא לחבירו וא"ל הלויני מעות על משכונות אלו שהם של עובד כוכבים והלוה לו והמעות הם לצורך הישראל והוא מעלה לו רבית משלו או שאומר לחבירו הלויני מעות ברבית ואני אשלח לך משכון על ידי עובד כוכבים והעובד כוכבים הביא המשכון למלוה והוליך המעות ללוה תחבולות רשעים היא זו ולא יטול רבית כלל:Un Juif qui vient chez son prochain et lui dit : « Prête-moi de l'argent sur ces gages, qui appartiennent à un non-Juif », et il lui a prêté, alors que l'argent est pour les besoins du Juif et qu'il lui verse l'intérêt de son propre argent ; ou qui dit à son prochain : « Prête-moi de l'argent avec intérêt, et je t'enverrai un gage par l'intermédiaire d'un non-Juif », et le non-Juif a apporté le gage au prêteur et a porté l'argent à l'emprunteur : c'est là une ruse de méchants, et il ne prendra aucun intérêt.
séif 19
- משכונו של ישראל ביד עובד כוכבים מותר להלוות עליו ישראל ברבית ויש אוסרין אלא אם כן אמר ישראל בעל המשכון קנה מעכשיו המשכון אם לא אתן לך עד יום פלוני: הגה ולסברא הראשונה אפילו מישראל הראשון מותר לקבל הרבית (טור בשם הרא"ש) ואם יש לעובד כוכבים חוב על ישראל ועשה עמו שעבודים ליתן לו כל השנה כך וכך רבית או שיאכל פירות שדה שלו אם אין ביד הלוה לסלק העובד כוכבים ולהחזיר לו מעותיו מותר לישראל אחר לקנותו ממנו ואם יוכל לסלקו אסור לקנותו מן העובד כוכבים (כך משמע מתשובת ריב"ש שהביא הב"י):Le gage d'un Juif entre les mains d'un non-Juif : il est permis à un Juif de prêter dessus (au non-Juif) avec intérêt. Et certains l'interdisent, à moins que le Juif propriétaire du gage ait dit (au non-Juif) : « Acquiers le gage dès maintenant si je ne te paie pas avant tel jour. » Haga (Rema) : Et selon le premier avis, il est permis de recevoir l'intérêt même du premier Juif (le propriétaire du gage) (Tour au nom du Roch). Et si un non-Juif a une créance sur un Juif, et a constitué avec lui des hypothèques pour qu'il lui donne chaque année tel intérêt, ou pour qu'il consomme les fruits de son champ : si l'emprunteur n'a pas les moyens d'écarter le non-Juif en lui rendant son argent, il est permis à un autre Juif de la lui acheter ; et s'il peut l'écarter, il est interdit de l'acheter au non-Juif (c'est ce qui ressort d'une réponse du Rivach rapportée par le Beit Yossef).
séif 20
- מעותיו של ישראל מופקדים ביד עובד כוכבים והלוה אותם לישראל ברבית אם היו באחריות העובד כוכבים מותר ליקח הרבית ואם היו באחריות ישראל אסור (ואם הלוה אותן שלא מדעת ישראל מסתמא הם באחריות עובד כוכבים ושרי) (מרדכי וב"י בשם הרשב"א וב"י בשם תלמידי רשב"א):L'argent d'un Juif est déposé chez un non-Juif, et celui-ci l'a prêté à un Juif avec intérêt : s'il était sous la responsabilité du non-Juif, il est permis de prendre l'intérêt ; et s'il était sous la responsabilité du Juif, c'est interdit. (Et s'il l'a prêté à l'insu du Juif, il est présumé être sous la responsabilité du non-Juif, et c'est permis) (Mordekhaï, Beit Yossef au nom du Rachba, et Beit Yossef au nom des élèves du Rachba).
séif 21
- מעותיו של עובד כוכבים מופקדות ביד ישראל אם הם באחריות הישראל אסור לו להלוותם ברבית ואם הם באחריות העובד כוכבים מותר אבל אסור לעשות כן מפני מראית העין:L'argent d'un non-Juif est déposé chez un Juif : s'il est sous la responsabilité du Juif, il lui est interdit de le prêter avec intérêt (à un Juif) ; et s'il est sous la responsabilité du non-Juif, c'est permis ; mais il est interdit d'agir ainsi à cause de l'apparence (marit ha'ayin).
séif 22
- ישראל שאמר לעובד כוכבים הילך שכרך (או פליגנא לך בריוח) (כ"מ בטור) והלוה מעותי ברבית אסור שהם באחריות הישראל ועובד כוכבים שאמר לישראל הילך שכרך והלוה מעותי ברבית מותר אבל אסור לעשות כן מפני מראית העין. (מיהו אם הדבר מפורסם לרבים מותר):Un Juif qui a dit à un non-Juif : « Voici ton salaire (ou : je partagerai avec toi le profit) (c'est ce qui ressort du Tour) et prête mon argent avec intérêt » (à un Juif) : c'est interdit, car il est sous la responsabilité du Juif. Et un non-Juif qui a dit à un Juif : « Voici ton salaire, et prête mon argent avec intérêt » : c'est permis ; mais il est interdit d'agir ainsi à cause de l'apparence. (Toutefois, si la chose est notoire, c'est permis.)
séif 23
- עובד כוכבים שעשה לישראל אפוטרופוס על נכסיו מותר ללוות ממנו ברבית וישראל שעשה לעובד כוכבים אפוטרופוס על נכסיו אסור ללוות ממנו ברבית וגם זה תלוי במי שאחריות עליו:Un non-Juif qui a fait d'un Juif l'intendant (apotropos) de ses biens : il est permis d'emprunter à celui-ci avec intérêt. Et un Juif qui a fait d'un non-Juif l'intendant de ses biens : il est interdit d'emprunter à celui-ci avec intérêt. Et cela aussi dépend de celui sur qui repose la responsabilité.
séif 24
- ראובן שאמר לשמעון לקחת ממני רבית מיד ליד ושמעון משיב לא לקחתי אלא על ידי עובד כוכבים נאמן בלא שבועה ואם משיב איני יודע אם נתת לי מעולם רבית ישבע שאינו יודע: הגה וכן בשאר טענות שבין לוה למלוה שזה טוען שהלוה לו באיסור וזה טוען שהלוה לו בהיתר המלוה פטור אפי' בלא שבועה (כ"מ בפוסקים ועי' ב"י) ודוקא שהלוה בא להוציא מן המלוה כגון שהיה לו משכון או שכבר פרע לו (ב"י) אבל אם המלוה בא להוציא מן הלוה הלוה נשבע ופטור ואם יש שטר ביד המלוה נשבע ונוטל (סברת בית יוסף ממשמעות המרדכי) ועיין לעיל סימן ק"ס ולקמן סימן קע"ז:Réouven qui a dit à Chimon : « Tu as pris de moi de l'intérêt de la main à la main », et Chimon répond : « Je ne l'ai pris que par l'intermédiaire d'un non-Juif » : il est cru sans serment. Et s'il répond : « Je ne sais pas si tu m'as jamais donné de l'intérêt », il jurera qu'il ne le sait pas. Haga (Rema) : Et de même pour les autres contestations entre emprunteur et prêteur, où l'un prétend qu'il lui a prêté de manière interdite et l'autre prétend qu'il lui a prêté de manière permise : le prêteur est dispensé, même sans serment (c'est ce qui ressort des décisionnaires ; et voir le Beit Yossef). Et cela seulement lorsque l'emprunteur vient réclamer au prêteur, par exemple s'il (le prêteur) avait un gage ou qu'il l'avait déjà remboursé (Beit Yossef) ; mais si le prêteur vient réclamer à l'emprunteur, l'emprunteur jure et est dispensé ; et si le prêteur a un acte en main, il jure et perçoit (avis du Beit Yossef, d'après ce qui ressort du Mordekhaï). Et voir plus haut, siman 160, et plus loin, siman 177.
séif 25
- משכון שביד ישראל מישראל חבירו וא"ל הלוה לך ומשכנו לעובד כוכבים ברבית ועלי לפרוע קרן ורבית מותר:Un gage d'un Juif se trouve entre les mains d'un autre Juif, et le propriétaire lui a dit : « Va le mettre en gage chez un non-Juif avec intérêt, et c'est à moi de payer le capital et l'intérêt » : c'est permis.
séif 26
- ראובן הרהין (פירוש משכן) משכונות של עובד כוכבים אצל שמעון ולימים תבע שמעון את ראובן שיפדה אותם משכונות אין ראובן חייב לפדות המשכונות אבל חייב הוא להעמיד את שמעון אצל העובד כוכבים:Réouven a déposé en garantie (explication : a mis en gage) des gages appartenant à un non-Juif chez Chimon, et quelque temps après, Chimon a exigé de Réouven qu'il rachète ces gages : Réouven n'est pas tenu de racheter les gages, mais il est tenu de mettre Chimon en présence du non-Juif.
séif 27