Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דיני שבועת היסת ושבועת דאורייתא. ובו לט סעיפים:
התובע לחבירו ממון או חפץ שהיה יכול להחזיק בו בטענת להד"מ או החזרתיו לך או לקוח הוא בידי אם הוא מודה מקצת חייב שבועה מן התורה וכן אם הוא כופר בכל ועד א' מכחישו חייב שבועה מן התורה אפי' אינו ידוע שחייב לו אלא ע"פ העד אבל הכופר בכל ואין עד א' מכחישו פטור משבועת התורה (טור ס"י בשם הרמב"ם והרא"ש) בין במלוה בין בפקדון אבל חייב שבועת היסת אפי' אמר ליה מנה לי בידך והלה אומר להד"ם נשבע היסת (טור סי' ט') (ובלבד שיתבענו ודאי כמו שנתבאר לעיל סי' ע"ה) ואפי' מודה מקצת אם אמר לו הילך המקצת שאני מודה אינו חייב אלא היסת ואינו נקרא הילך אא"כ יהא המקצת שהוא מודה לו מוכן בידו בפני ב"ד ליתנו לו מיד אבל אם אמר הרי הוא בביתי ואתננו לך לא ואפי' אם יתן לו משכון על מה שמודה בו לא חשיב הילך וי"א דמשכון חשיב הילך דהא אפי' שטר חשוב הילך (טור ובעל העיטור):Lois du serment d'hessèt (serment d'ordre rabbinique imposé à celui qui nie tout) et du serment de la Torah. Il contient 39 séifim.
Celui qui réclame à son prochain de l'argent ou un objet, dans un cas où le défendeur aurait pu le garder par la prétention « Cela n'a jamais eu lieu », ou « Je te l'ai rendu », ou « Il est à moi par achat » : s'il avoue une partie de la réclamation, il est astreint à un serment de la Torah. De même, s'il nie tout et qu'un seul témoin le contredit, il est astreint à un serment de la Torah, même s'il n'est su qu'il lui doit quelque chose que par le témoin. Mais celui qui nie tout et qu'aucun témoin ne contredit est exempt du serment de la Torah (Tour, séif 10, au nom du Rambam et du Roch), que ce soit pour un prêt ou pour un dépôt ; mais il est astreint au serment d'hessèt. Même si le demandeur lui a dit : « J'ai un mané (cent zouz) chez toi », et que l'autre dit : « Cela n'a jamais eu lieu », il prête le serment d'hessèt (Tour, siman 9). Haga (Rema) : (À condition qu'il le lui réclame avec certitude, comme il a été expliqué plus haut, siman 75.) Et même celui qui avoue une partie, s'il lui a dit : « Voici (hilakh) la partie que j'avoue », n'est astreint qu'au serment d'hessèt. Et on ne parle de hilakh que si la partie qu'il lui avoue est prête dans sa main, devant le tribunal, pour la lui donner immédiatement ; mais s'il a dit : « Elle est dans ma maison et je te la donnerai », non. Et même s'il lui donne un gage pour ce qu'il avoue, cela n'est pas considéré comme hilakh. Haga (Rema) : Certains disent qu'un gage est considéré comme hilakh, puisque même un acte de créance est considéré comme hilakh (Tour et Baal HaIttour).séif 1
- תבעו שני כלים והודה לו בא' מהם ואמר לו הילך וטען התובע שנשתמש בזה שהוא מודה לו ונפחת מדמיו והוא מודה לו (או שהוא ידוע) אין זה הילך תבעו מאתים והודה לו במנה והוא בענין שלא היה יכול לכפור באותה מנה כגון שאותה מנה הוא מעשה ב"ד לא מיקרי הודאה במקצת:S'il lui a réclamé deux ustensiles et que le défendeur lui en a avoué un, en lui disant : « Le voici », et que le demandeur a prétendu qu'il s'est servi de celui qu'il lui avoue et qu'il a perdu de sa valeur, et que le défendeur le lui reconnaît (Haga (Rema) : ou que c'est notoire), ce n'est pas un hilakh. S'il lui a réclamé deux cents zouz et qu'il lui a avoué un mané, dans une situation où il n'aurait pas pu nier ce mané, par exemple si ce mané résulte d'un acte du tribunal, cela ne s'appelle pas un aveu partiel.
séif 2
- אם נראה לדיין שהוא מערים לומר הילך לדחות שבועת התור' מעליו חייב לישבע שבועת התור':S'il apparaît au juge que le défendeur use de ruse en disant « hilakh » pour écarter de lui le serment de la Torah, il est astreint à prêter le serment de la Torah.
séif 3
- א"ל מנה וכלי יש לי בידך אין לך בידי אלא הכלי והילך ואמר התובע אין זה הכלי שלי ה"ז נשבע היסת וכולל בשבועתו שזה כליו ואם הודה הנתבע שאין זה כליו אלא שנתחלף לו אע"פ ששוה כמו כליו צריך לישבע שבועה דאורייתא (ולמ"ד דמשכון מיקרי הילך לא גרע זה ממשכון (טור) ונ"ל דווקא אם שוויו כמו הכלי שתובע אותו) .S'il lui a dit : « J'ai chez toi un mané et un ustensile », et que l'autre répond : « Tu n'as chez moi que l'ustensile, et le voici », et que le demandeur a dit : « Ce n'est pas mon ustensile », celui-ci (le défendeur) prête le serment d'hessèt et inclut dans son serment que c'est bien son ustensile. Et si le défendeur a reconnu que ce n'est pas son ustensile, mais qu'il lui a été échangé, bien qu'il vaille autant que son ustensile, il doit prêter un serment de la Torah. Haga (Rema) : (Et selon l'avis qui dit qu'un gage est appelé hilakh, ceci n'est pas inférieur à un gage (Tour). Et il me semble que ce n'est que s'il vaut autant que l'ustensile qu'il réclame.)
séif 4
- אין שבועה למודה מקצת בכופר בכל ומחויב מתוך טענתו כגון שתבעו מנה והוא אומר לא לויתי וחזר ואמר לויתי חמשים ופרעתיך שהוחזק כפרן לאותו ממון וכן אין המתחייב במקצת מתוך טענת הכפירה מחוייב שבועת התורה (וע"ל סי' ע"ה סעיף ה'):Il n'y a pas de serment d'aveu partiel pour celui qui avoue une partie après avoir nié tout, et devient redevable du fait de sa propre prétention ; par exemple, s'il lui a réclamé un mané et qu'il dit : « Je n'ai pas emprunté », puis qu'il se reprend et dit : « J'ai emprunté cinquante et je te les ai remboursés » : car il est établi comme menteur pour cet argent (et il doit payer les cinquante). De même, celui qui devient redevable d'une partie du fait de sa prétention de négation n'est pas astreint au serment de la Torah. Haga (Rema) : (Voir plus haut, siman 75, séif 5.)
séif 5
- הודה במקצת ועד אחד מסייעו י"א שפוטרו משבועה (טור סי"א בשם הרא"ש) וי"א שאינו פוטרו: הגה והעיקר כסברא הראשונה וכן ראוי להורות (טור סי' פ"ד בשם ב"ת) (וה"ה כשכתיבת יד התובע מסייע לנתבע שפטור משבועה) (מהרי"ק שורש קצ"ד) וי"א דה"ה בנשבע ונוטל אם יש לו עד המסייע נוטל בלא שבועה. מי שנתחייב שבועה והפכה על שכנגדו ויש לו עד המסייע פטור מן השבועה (תשו' מיימוני ספר משפטים סי' פ"א) והא דאמרי' עד א' המסייע פוטר מן השבועה היינו דוקא שטוען הנתבע טענה שאפשר להאמינו בלא מיגו אבל אם אין מאמינין אותו אלא מכח מיגו דטוען טענה אחרת צריך לישבע כאילו טען הטענה האחרת (מרדכי פרק ח"ה):S'il a avoué une partie et qu'un seul témoin le soutient, certains disent que ce témoin l'exempte du serment (Tour, séif 11, au nom du Roch), et certains disent qu'il ne l'en exempte pas. Haga (Rema) : Et l'essentiel est conforme au premier avis, et c'est ainsi qu'il convient de trancher (Tour, siman 84, au nom du Baal HaTroumot). (Il en est de même lorsque l'écriture de la main du demandeur soutient le défendeur : il est exempt du serment) (Maharik, chorech 194). Et certains disent qu'il en est de même pour celui qui jure et perçoit : s'il a un témoin qui le soutient, il perçoit sans serment. Celui qui a été astreint à un serment et l'a renvoyé sur la partie adverse, s'il a un témoin qui le soutient, est exempt du serment (Techouvot Maïmoniyot, livre Michpatim, siman 81). Et ce que nous disons, qu'un seul témoin qui soutient le défendeur l'exempte du serment, c'est seulement lorsque le défendeur avance une prétention qu'on peut croire sans migo (argument selon lequel il aurait pu avancer une prétention plus avantageuse) ; mais si on ne le croit qu'en vertu d'un migo, parce qu'il aurait pu avancer une autre prétention, il doit jurer comme s'il avait avancé l'autre prétention (Mordekhaï, chapitre 'Hezkat HaBatim).
séif 6
- שבועה שמחייבים למי שנתחייב שבועה היא נקראת שבועת הדיינים בין שהוא חייב שבועה מן התורה בין מדברי סופרים ג' מיני שבועות חייבים מן התורה מודה מקצת וכופר בכל שעד אחד מכחישו ושבועת השומרים שטען שאבד הדבר שהפקידו אצלו או נגנב או מת או כיוצא בו ה"ז נשבע מספק אע"פ שאין בעל הפקדון יודע אם טוען אמת אם לאו:Le serment que l'on impose à celui qui est astreint à un serment s'appelle « serment des juges », qu'il soit astreint à un serment de la Torah ou d'ordre rabbinique. Trois sortes de serments obligent de par la Torah : celui qui avoue une partie ; celui qui nie tout et qu'un seul témoin contredit ; et le serment des gardiens, lorsque le gardien a prétendu que la chose qu'on lui avait confiée en dépôt a été perdue, ou volée, ou que l'animal est mort, ou un cas semblable : celui-ci jure même par doute, bien que le propriétaire du dépôt ne sache pas s'il prétend la vérité ou non.
séif 7
- כל שבועה חוץ מאלו השלשה הם מדברי סופרים ומ"מ הם נקראים שבועת הדיינים ובשל דבריהם יש ב' מיני שבועות יש מהם ע"י טענת ודאי וכפירה כגון שבועת שכיר ופוגם שטרו וכיוצא בהם ויש מהם ע"י טענת ספק כגון טענת שותפים ואריסים וכיוצא בהם ויש שבועה אחרת שנתקנה בדורות אחרונים מחכמי הגמרא והיא שבועת היסת ואע"פ שהב"ד משביעים אותה אינה נקראת שבועת הדיינים.Tout serment autre que ces trois est d'ordre rabbinique, et néanmoins ils s'appellent « serment des juges ». Et parmi ceux d'ordre rabbinique, il y a deux sortes de serments : certains sont imposés par une réclamation certaine et une négation, par exemple le serment du salarié, et celui de celui qui diminue la valeur de son acte de créance, et les cas semblables ; et certains sont imposés par une réclamation de doute, par exemple la réclamation faite à des associés et à des métayers, et les cas semblables. Et il y a un autre serment, qui a été institué dans les dernières générations des Sages de la Guemara, c'est le serment d'hessèt ; et bien que le tribunal le fasse prêter, il ne s'appelle pas « serment des juges ».
séif 8
- אלו דברים שבין שבועה דאורייתא לשל דבריהם מי שנתחייב שבועה דאורייתא ולא רצה לישבע ב"ד יורדין לנכסיו ונותנים לתובע מה שתבע ומי שנתחייב שבועה מדבריהם ולא רצה לישבע אם הוא מהנשבעים ונפטרים כגון הנשבעים על טענת שמא או שבועת היסת מנדין אותו ל' יום לא בא ולא תבע נידויו מכין אותו מכת מרדות ומתירין לו נידויו ואין יורדין לנכסיו ומותר לקראו עבריין שהרי עובר על דברי חכמים) (מהר"י מינץ סי' ט"ו):Voici les différences entre un serment de la Torah et un serment d'ordre rabbinique : celui qui est astreint à un serment de la Torah et ne veut pas jurer, le tribunal saisit ses biens et donne au demandeur ce qu'il a réclamé. Mais celui qui est astreint à un serment d'ordre rabbinique et ne veut pas jurer, s'il fait partie de ceux qui jurent et sont exemptés, par exemple ceux qui jurent sur une réclamation de doute, ou sur le serment d'hessèt, on le frappe de nidouï (mise au ban) pendant trente jours ; s'il n'est pas venu se soumettre et n'a pas demandé la levée de son nidouï, on lui inflige les coups de rébellion (makat mardout) et on lève son nidouï, mais on ne saisit pas ses biens. Haga (Rema) : (Et il est permis de l'appeler transgresseur, car il transgresse les paroles des Sages) (Mahari Mintz, siman 15).
séif 9
- י"א מי שחייב שבועה דרבנן אם קדם ותפס ולא רצה לישבע לא מפקינן מיניה:Certains disent : celui qui est astreint à un serment d'ordre rabbinique, s'il a pris les devants et a saisi le bien en litige, et ne veut pas jurer, on ne le lui retire pas.
séif 10
- ועוד יש ביניהם שבועה דאורייתא אם הפכה על שכנגדו ואמר לו השבע וטול אין שומעין לו אם אין הלה רוצה וכן הנשבעין ונוטלין אע"פ שהוא מדבריהן אינו יכול להפכה על שכנגדו שלא מדעת הנתבע וכן שבועת השותפים וכיוצא בה שבאות על הספק אין מהפכין שהרי זה טוענו ספק ומיהו יש מי שאומר דאי טעין לישתבע לי דחשיד לי בכך הדין עמו: הגה מיהו יכול התובע לומר איני חפץ ממך רק שבועת היסת ולא שבועת השותפין כדי שלא יהפך עליו רק שבועת היסת (פסקי מהרא"י סי' ל"ב) ובדרך שיתבאר סעיף י"ב אבל אם הוא מהנשבעי' ונפטרים דהיינו שבועת היסת יכול להפכ' על שכנגדו נמצא דאין שבוע' מתהפכת אלא של היסת בלבד ואף היסת אין מהפכים אלא כשאין בה גלגול אצל הנתבע אבל אם יש בה גלגול אין מהפכים:Il y a encore une différence entre eux : un serment de la Torah, si celui qui y est astreint l'a renvoyé sur la partie adverse en lui disant : « Jure et prends », on ne l'écoute pas si l'autre ne veut pas jurer. De même, ceux qui jurent et perçoivent, bien que ce soit d'ordre rabbinique, ne peuvent pas le renvoyer sur la partie adverse sans l'accord du défendeur. De même, le serment des associés et ceux qui lui sont semblables, qui viennent sur un doute, on ne les renvoie pas, car le demandeur ne lui réclame que sur un doute. Cependant, il y a un avis selon lequel, si le défendeur prétend : « Qu'il me jure qu'il me soupçonne de cela », il a raison. Haga (Rema) : Cependant, le demandeur peut dire : « Je ne veux de toi que le serment d'hessèt, et non le serment des associés », afin que seul le serment d'hessèt puisse lui être renvoyé (Psakei Maharaï, siman 32), de la manière qui sera expliquée au séif 12. Mais s'il fait partie de ceux qui jurent et sont exemptés, c'est-à-dire le serment d'hessèt, il peut le renvoyer sur la partie adverse. Il en ressort qu'aucun serment ne se renvoie, si ce n'est celui d'hessèt seulement ; et même celui d'hessèt, on ne le renvoie que lorsqu'il ne comporte pas de guilgoul (extension du serment à d'autres réclamations) chez le défendeur ; mais s'il comporte un guilgoul, on ne le renvoie pas.
séif 11
- אע"פ שהנשבעים ונוטלים אינם יכולים להפך שבועה על שכנגדן שלא מדעת הנתבע אם יאמר התובע אי אפשי בתקנה זו שתקנו לי חכמים אלא הריני כשאר התובעים וישבע לי הנתבע היסת שומעין לו ואם יחזור הנתבע ויהפך השבועה על התובע שומעין לו ואם לא ירצה לישבע נפטר הנתבע:Bien que ceux qui jurent et perçoivent ne puissent pas renvoyer le serment sur la partie adverse sans l'accord du défendeur, si le demandeur dit : « Je ne veux pas de cette institution que les Sages ont établie en ma faveur, mais je suis comme les autres demandeurs, et que le défendeur me prête le serment d'hessèt », on l'écoute. Et si le défendeur se reprend et renvoie le serment sur le demandeur, on l'écoute ; et si le demandeur ne veut pas jurer, le défendeur est exempté.
séif 12
- ועוד יש ביניהם דבשל תורה [אם] היה הנתבע חשוד על השבועה שכנגדו נשבע ונוטל ובשל דבריהם אם היה הנתבע חשוד פטור בלא שבועה כמו שיתבאר בסי' צ"ב אבל אם רצה התובע מחרים סתם ועוד יש ביניהם דבשל תורה צריך נקיטת חפץ והוא הדין לכל שבועה של דבריהם (רשב"ם ומהרא"י סכ"ב) חוץ משבועת היסת שא"צ נקיטת חפץ: הגה ואם השביעוהו בשבועה שצריכה נקיטת חפץ בלא חפץ (ר"ן פרק השולח ומרדכי ותשובת רשב"א סי' תתקכ"ד) או שפסקו לו בשבועת היסת לישבע בנק"ח ולא רצה לישבע ושלם הוי טעות בדבר משנה וחוזר (ד"ע בפי' מהרי"ק שורש י'):Il y a encore une différence entre eux : dans le serment de la Torah, si le défendeur était suspect de faux serment, la partie adverse jure et perçoit ; mais dans celui d'ordre rabbinique, si le défendeur était suspect, il est exempt sans serment, comme il sera expliqué au siman 92 ; mais si le demandeur le veut, il prononce un 'hérem (anathème) général. Il y a encore une différence entre eux : dans le serment de la Torah, il faut tenir un objet sacré (nekitat 'héfets), et il en est de même pour tout serment d'ordre rabbinique (Rachbam et Maharaï, séif 22), excepté le serment d'hessèt, qui ne requiert pas de tenir un objet. Haga (Rema) : Et si on lui a fait prêter un serment qui requiert de tenir un objet, sans objet (Ran, chapitre HaCholea'h ; Mordekhaï ; et Techouvot du Rachba, siman 924), ou si on a décidé pour lui, dans un serment d'hessèt, de jurer en tenant un objet, et qu'il n'a pas voulu jurer et a payé, c'est une erreur dans une loi explicite de la Michna (to'ut bidvar Michna) et le jugement est annulé (avis personnel, d'après l'explication du Maharik, chorech 10).
séif 13
- כפר הכל ונשבע היסת בלא נק"ח ואח"כ חזר והביא עד אחד חוזר ונשבע ש"ד בנקיטת חפץ: הגה וכן אם נשבע שבועה דאורייתא (הגהות מרדכי סוף שבועות) ונודע אח"כ שהיה חשוד אין שבועתו כלום וישלם (וע' לקמן ס"ס צ"ב):S'il a tout nié et a prêté le serment d'hessèt sans tenir d'objet, puis que le demandeur a ensuite amené un seul témoin, le défendeur doit à nouveau prêter un serment de la Torah en tenant un objet. Haga (Rema) : De même, s'il a prêté un serment de la Torah (Hagahot Mordekhaï, fin de Chevouot) et qu'on apprend ensuite qu'il était suspect de faux serment, son serment ne vaut rien et il paiera (voir plus loin, fin du siman 92).
séif 14
- חפץ זה צריך שיהיה ספר תורה ולא יאמר אני נשבע בספר תורה זה אלא יאחוז הספר תורה בידו ויאמר אני נשבע בה' ואם לא אחז בידו אלא תפילין אין צריך לחזור ולהשביע ותלמיד חכם אף לכתחילה א"צ לאחוז בידו אלא תפילין ויש מי שאומר דהני מילי בפעם ראשונה אבל מכאן ואילך הרי הוא כשאר כל אדם ובספר תורה: הגה וי"א דס"ת לאו דוקא אלא ה"ה שאר ספרים שיש בהן שמות (מהרי"ו סי' קע"א) וי"א דנוהגין להשביע שבועת הדיינים שהס"ת מונח לפניו ומניח ידו עליה אבל אינו נוטלו בזרועו וכן עושין כשנשבעים בענייני מסים אבל בשאר שבועה כגון אשה שנשבעת על כתובתה נשבעת על ספר אחר (פסקי מהרא"י סי' ל"ו):Cet objet doit être un Séfer Torah, et celui qui jure ne dira pas : « Je jure par ce Séfer Torah », mais il tiendra le Séfer Torah dans sa main et dira : « Je jure par Hachem. » Et s'il n'a tenu dans sa main que des tefilin, il n'est pas nécessaire de lui faire prêter à nouveau serment. Et un érudit en Torah, même lekhat'hila (a priori), n'a besoin de tenir dans sa main que des tefilin. Et il y a un avis selon lequel cela ne vaut que la première fois, mais à partir de là, il est comme tout autre homme et jure avec un Séfer Torah. Haga (Rema) : Certains disent que le Séfer Torah n'est pas une exigence absolue, mais qu'il en est de même des autres livres où figurent des Noms divins (Mahari Weil, siman 171). Et certains disent qu'on a l'usage de faire prêter le serment des juges de telle sorte que le Séfer Torah soit posé devant lui et qu'il pose sa main dessus, mais il ne le prend pas dans son bras ; et c'est ainsi qu'on fait lorsqu'on jure dans des affaires d'impôts. Mais dans un autre serment, par exemple une femme qui jure au sujet de sa ketouba, elle jure sur un autre livre (Psakei Maharaï, siman 36).
séif 15
- צריך לישבע בשם או באחד מכל הכינויים ומעומד ואם נשבע מיושב אינו חוזר ונשבע ות"ח אפי' לכתחילה מיושב בין של תורה בין של דבריה' בין על טענת ודאי בין על טענת ספק שנים שנתעצמו בדין ונשבעו שלא יטענו אלא האמת ואח"כ נתחייב א' מהם שבועה לחבירו יש אומרים שאינו נפטר בשבועה הראשונה: הגה וי"א דאם נשבעו תחלה בנקיטת חפץ וכדין שבועה א"צ לחזור ולישבע אלא מזכירין לו אותה שבועה (מרדכי ר"פ הדיינים ותשו' הרא"ש כלל ק"ב סי' ז') ועיין לקמן סעיף ל"ד:Il faut jurer par le Nom divin ou par l'un de tous les qualificatifs divins, et debout ; et s'il a juré assis, il ne refait pas le serment. Et un érudit en Torah jure même lekhat'hila assis, que le serment soit de la Torah ou d'ordre rabbinique, sur une réclamation certaine ou sur une réclamation de doute. Deux plaideurs qui se sont obstinés dans un procès et ont juré qu'ils ne prétendraient que la vérité, et ensuite l'un d'eux a été astreint à un serment envers l'autre, certains disent qu'il n'est pas exempté par le premier serment. Haga (Rema) : Et certains disent que, s'ils ont juré au début en tenant un objet et selon la règle du serment, il n'a pas besoin de jurer à nouveau, mais on lui rappelle ce serment (Mordekhaï, début du chapitre HaDayanim ; Techouvot du Roch, kelal 102, siman 7). Et voir plus loin, séif 34.
séif 16
- סדר שבועת הדיינים כך הנשבע אוחז ס"ת בזרועו ועומד ונשבע בשם או בכינוי בשבועה או באלה מפיו או מפי הדיינים כיצד מפיו אומר הריני נשבע בשם [בה'] אלהי ישראל או הריני נשבע במי ששמו רחום או במי ששמו חנון שאיני חייב לזה כלום וכן אם אמר הרי הוא ארור לה' אלהי ישראל או הרי הוא ארור למי ששמו רחום או למי ששמו חנון אם יש לזה אצלי כלום כיצד מפי הדיינים משביעין אנו אותך בשם [בה'] אלהי ישראל או במי ששמו חנון שאין לזה בידך כלום והוא עונה אמן או שיאמרו הרי פלו' בן פלו' ארור לה' אלהי ישראל או למי ששמו חנון אם יש לפלו' אצלו ממון ולא יודה לו והוא עונה אמן: הגה י"א דשבועת הדיינים צריכה להיות לפני מנין (מהרי"ו סי' קפ"ד וב"י בשם רשב"א) או ביום הכניסה (כל בו) ולא ראיתי נוהגין כן:L'ordre du serment des juges est ainsi : celui qui jure tient un Séfer Torah dans son bras, se tient debout et jure par le Nom ou par un qualificatif divin, par un serment ou par une imprécation (ala), de sa propre bouche ou de la bouche des juges. Comment jure-t-il de sa bouche ? Il dit : « Je jure par le Nom [par Hachem], le D.ieu d'Israël », ou « Je jure par Celui dont le Nom est Miséricordieux », ou « par Celui dont le Nom est Clément », « que je ne dois rien à celui-ci. » De même, s'il a dit : « Qu'il soit maudit par Hachem, le D.ieu d'Israël », ou « Qu'il soit maudit par Celui dont le Nom est Miséricordieux », ou « par Celui dont le Nom est Clément », « si celui-ci a quoi que ce soit chez moi. » Comment jure-t-il de la bouche des juges ? Ils disent : « Nous te faisons jurer par le Nom [par Hachem], le D.ieu d'Israël », ou « par Celui dont le Nom est Clément », « que celui-ci n'a rien chez toi », et il répond : « Amen. » Ou bien ils disent : « Qu'Untel fils d'Untel soit maudit par Hachem, le D.ieu d'Israël », ou « par Celui dont le Nom est Clément », « si Untel a de l'argent chez lui et qu'il ne le lui avoue pas », et il répond : « Amen. » Haga (Rema) : Certains disent que le serment des juges doit avoir lieu devant un minyan (dix hommes) (Mahari Weil, siman 184 ; et le Beit Yossef au nom du Rachba) ou le jour de l'assemblée (lundi ou jeudi, où l'on se réunit pour la lecture de la Torah) (Kol Bo), mais je n'ai pas vu qu'on ait cet usage.
séif 17
- להרמב"ם אף שבועת היסת בשם או בכינוי או בשבועה או באלה ואין בינה לשבועת הדיינים אלא ששבועת (היסת) אינה בנק"ח ולא הודו לו (מישרים נ"א ח"ה וריב"ש סי' רל"ז) ואמרו דשבועת היסת אינה לא בשם ולא בכינוי אלא בשבועה סתם או בארור:Selon le Rambam, même le serment d'hessèt se prête par le Nom ou par un qualificatif divin, par un serment ou par une imprécation, et il n'y a de différence entre lui et le serment des juges que le fait que le serment (d'hessèt) ne se prête pas en tenant un objet. Mais on n'est pas d'accord avec lui (Mecharim, netiv 1, partie 5 ; Rivach, siman 237), et on a dit que le serment d'hessèt ne se prête ni par le Nom ni par un qualificatif, mais par un serment simple ou par « maudit ».
séif 18
- י"א שבדורות אחרונים ביטלו שבועה בשם לפי שעונשה גדול ונהגו להשביע בארור:Certains disent que, dans les dernières générations, on a aboli le serment par le Nom, parce que sa punition est grande, et on a pris l'usage de faire jurer par « maudit ».
séif 19
- משביעין אותו בכל לשון שהוא מבין ויאיימו עליו (פי' ענין אימה) קודם שישביעוהו ואומרים לו הוי יודע שכל העולם נזדעזע בשעה שאמר הקב"ה לא תשא ובכל העבירות שבתורה נאמר ונקה וכאן נאמר לא ינקה וכל העבירות שבתורה נפרעים ממנו וכאן ממנו וממשפחתו ולא עוד אלא שגורם ליפרע משונאיהם של ישראל שכל ישראל ערבים זה לזה כל עבירות שבתורה תולים לו שנים ושלשה דורות אם יש לו זכות וכאן נפרעים מיד דברים שאין אש ומים מכלים אותם שבועת שקר מכלה אותם אמר איני נשבע פוטרים אותו ונותן מה שטענו חבירו אם אמר הריני נשבע וחבירו תובע העומדים שם אומרים זה לזה סורו נא מעל אהלי הרשעים האלה ואומרים לא על דעתך אנו משביעים אותך אלא על דעתינו ועל דעת ב"ד: הגה ואם יש צד רמאות יש לדיין לומר לו לפרש בשבועתו כל צד רמאות שיש לחשוב בלבו (הרא"ש ונ"י ריש ב"מ) וכן יש רשות לדיין להשביע בנקיטת חפץ במקום שא"צ (מהרי"ו סי' קנ"ד) או לאיים עוד בדברים אחרים אם יראה לו שיש צורך בדבר (ר"ן פרק הדיינים):On le fait jurer dans toute langue qu'il comprend, et on l'intimide (Haga (Rema) : explication : au sens de crainte) avant de le faire jurer, et on lui dit : « Sache que le monde entier a tremblé à l'heure où le Saint, béni soit-Il, a dit : « Tu ne prononceras pas le Nom de Hachem ton D.ieu en vain » (Exode 20, 7). Pour toutes les transgressions de la Torah, il est dit : « Il absout » (Exode 34, 7), et ici il est dit : « Il n'absoudra pas » (Exode 20, 7). Pour toutes les transgressions de la Torah, on punit le fautif lui-même, et ici on punit lui et sa famille ; et non seulement cela, mais il cause que l'on punisse les ennemis d'Israël (euphémisme pour Israël lui-même), car tous les enfants d'Israël sont garants les uns des autres. Pour toutes les transgressions de la Torah, on lui accorde un délai de deux ou trois générations s'il a du mérite, et ici on punit immédiatement. Des choses que le feu et l'eau ne détruisent pas, le faux serment les détruit. » S'il a dit : « Je ne jure pas », on le congédie et il donne ce que son prochain lui a réclamé. S'il a dit : « Je jure », et que son prochain le réclame toujours, ceux qui se tiennent là se disent les uns aux autres : « Écartez-vous donc des tentes de ces méchants » (Nombres 16, 26), et on lui dit : « Ce n'est pas selon ton intention que nous te faisons jurer, mais selon notre intention et selon l'intention du tribunal. » Haga (Rema) : Et s'il y a un aspect de tromperie, le juge peut lui dire d'expliciter dans son serment tout aspect de tromperie qu'il pourrait penser dans son cœur (Roch et Nimoukei Yossef, début de Bava Metsia). De même, le juge a le droit de faire jurer en tenant un objet là où ce n'est pas nécessaire (Mahari Weil, siman 154), ou d'intimider encore par d'autres paroles, s'il lui semble que c'est nécessaire (Ran, chapitre HaDayanim).
séif 20
- אין מאיימין אלא בשבועת הדיינים שהיא על ידי טענה ודאית וכפירה בין שהיתה מן התורה בין מדבריהם אבל על שבועה שנתחייב בה בטענת ספק בין מן התורה בין מדבריהם וכן בשבועת היסת א"צ איום ואעפ"כ צריכים הדיינים לפצור בבעלי דינים אולי יחזרו בהם עד שלא תהיה שם שבועה כלל:On n'intimide que dans le serment des juges qui est imposé par une réclamation certaine et une négation, qu'il soit de la Torah ou d'ordre rabbinique. Mais pour un serment auquel on est astreint par une réclamation de doute, qu'il soit de la Torah ou d'ordre rabbinique, et de même pour le serment d'hessèt, il n'est pas nécessaire d'intimider. Et malgré cela, les juges doivent insister auprès des plaideurs, peut-être reviendront-ils sur leurs positions, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus là de serment du tout.
séif 21
- כל מי שנתחייב שבועה בין של תורה בין של דבריהם אפי' היסת יש לו להחרים סתם קודם שישבע על כל מי שטוען עליו דבר שאינו חייב בו כדי להשביעו חנם ויענה המשביעו אמן:Quiconque est astreint à un serment, qu'il soit de la Torah ou d'ordre rabbinique, même celui d'hessèt, peut, avant de jurer, prononcer un 'hérem général contre quiconque lui réclame une chose qu'il ne doit pas, afin de le faire jurer pour rien ; et celui qui le fait jurer répondra : « Amen. »
séif 22
- כל שבועה מן הדין בפני הלה שכנגדו (או) בפני העד (ה"ה פ"ז ממלוה) אם אין התובע יודע האמת רק ע"פ העד (ואז) א"צ לישבע בפני התובע (ב"י בשם תשובת אשכנזית) (רשב"א) ואם השביעוהו שלא בפניו אם נשבע כתקנו ועל דעת ב"ד נפטר: הגה ואע"פ שלא נשבע במקומו שהוא מקום רבים ואיכא למימר שיתבייש לפניהם מיהו לכתחילה יכול לומר שישבע לו במקום שנעשה שם העסק שיודעין שם בני האדם או שהוא מקום רבים (ב"י בשם הרשב"א) מיהו אם אין הנתבע הולך לשם עכשיו צריך להמתין עד שיבא שם ואז צריך לישבע שם ולא יכול לומר לא אשבע אלא בעירי (ב"י בשם תשו' אשכנזית):Tout serment prêté selon la loi se fait en présence de la partie adverse (ou) en présence du témoin (Rav HaMaguid, chapitre 7 des lois du Prêt) si le demandeur ne connaît la vérité que par le témoin ; (et alors) il n'a pas besoin de jurer en présence du demandeur (Beit Yossef au nom d'une responsa ashkénaze) (Rachba). Et si on lui a fait prêter serment hors de sa présence, s'il a juré selon la règle et selon l'intention du tribunal, il est exempté. Haga (Rema) : Et cela, bien qu'il n'ait pas juré dans le lieu du demandeur, qui est un lieu public où l'on pourrait dire qu'il aurait eu honte devant eux. Cependant, lekhat'hila, le demandeur peut dire qu'il lui jure à l'endroit où l'affaire a été conclue, où les gens la connaissent, ou qui est un lieu public (Beit Yossef au nom du Rachba). Cependant, si le défendeur ne se rend pas là-bas maintenant, il faut attendre qu'il y vienne, et alors il doit jurer là-bas ; et il ne peut pas dire : « Je ne jurerai que dans ma ville » (Beit Yossef au nom d'une responsa ashkénaze).
séif 23
- הטוען את חבירו טענות הרבה אין משביעין אותו אלא שבועה אחת על הכל נתחייב ב' שבועות על שתי טענות קלה וחמורה משביעין אותו בחמורה ומגלגלין בה השאר דברים: הגה (ב"י מסכ"ו בשם הרשב"א) מי שטוען על חבירו שהוא חייב לו ואומר שיש לו עוד תביעות אחרות עליו שאינו רוצה לתבוע עתה אומרים לו שיטעון עליו הכל ביחד ואם אינו רוצה והנתבע אומר שאינו חייב לו כלום נשבע ונפטר ממנו מכל תביעות שיש לו עליו עד אותו היום (תשו' מיימוני ס' משפטים סי' ל"ד וב"י מ"כ):Celui qui avance contre son prochain de nombreuses réclamations, on ne lui fait prêter qu'un seul serment pour le tout. S'il est astreint à deux serments pour deux réclamations, l'un léger et l'autre grave, on le fait jurer par le serment grave et on y inclut, par guilgoul, les autres choses. Haga (Rema) : (Beit Yossef, séif 26, au nom du Rachba.) Celui qui prétend contre son prochain qu'il lui doit quelque chose, et dit qu'il a encore contre lui d'autres réclamations qu'il ne veut pas réclamer maintenant, on lui dit de lui réclamer le tout ensemble ; et s'il ne veut pas, et que le défendeur dit qu'il ne lui doit rien, il jure et est exempté envers lui de toutes les réclamations qu'il a contre lui jusqu'à ce jour (Techouvot Maïmoniyot, livre Michpatim, siman 34 ; et le Beit Yossef, d'après un écrit trouvé).
séif 24
- כל הטוען לחבירו טענה שאפי' אם הודה לא יתחייב ממון אע"פ שכפר אין מחייבים אותו היסת כיצד אמרת ליתן לי מנה להד"מ אין משביעין אותו לא היסת ולא חרם שאף אם הודה אינו חייב לו כלום וה"ה אם אין לו לפרוע אין משביעין על כפירתו (תשובת הרא"ש גבי אשת איש והטור הביאו סי' צ"ז וב"י בשם ר"י נכ"ג ח"ו) אתה קללת אותי אתה הוצאת עלי שם רע להד"מ אין מחרימין על זה וכן כל כיוצא בזה. הגה וי"א דמחרימין על זה דהרי אם יתברר שהוא אמת קונסין אותו (טור טוען על חבירו גזלתני או גנבת ממני והוא כופר אע"פ שלפי טענות התובע פסול לישבע אפ"ה נשבע לו (מרדכי פ"ק דמציעא) ודוקא שתבעו הממון שעיקר התביעה הוא משום ממון אבל אם עיקר התביעה היא משום האיסור אין משביעין (פסקי מהרא"י סי' ל"ד) מי שתובעת א' שנדר לה דבר באתננה והוא כופר חייב לישבע (ריב"ש סי' ש"ע):Quiconque avance contre son prochain une réclamation telle que, même s'il l'avouait, il ne serait pas redevable d'argent, bien qu'il nie, on ne l'astreint pas au serment d'hessèt. Comment ? « Tu as dit que tu me donnerais un mané. » « Cela n'a jamais eu lieu. » On ne lui fait prêter ni le serment d'hessèt ni de 'hérem, car même s'il avouait, il ne lui devrait rien. Haga (Rema) : De même, s'il n'a pas de quoi payer, on ne le fait pas jurer sur sa négation (Techouvot du Roch au sujet d'une femme mariée, que le Tour a citée au siman 97 ; et le Beit Yossef au nom de Rabbénou Yerou'ham, netiv 23, partie 6). « Tu m'as maudit », « Tu as répandu sur moi une mauvaise réputation. » « Cela n'a jamais eu lieu. » On ne prononce pas de 'hérem à ce sujet ; et de même dans tout cas semblable. Haga (Rema) : Et certains disent qu'on prononce un 'hérem à ce sujet, car s'il s'avère que c'est vrai, on lui inflige une amende (Tour). Celui qui prétend contre son prochain : « Tu m'as dérobé » ou « Tu m'as volé », et que l'autre nie, bien que selon les prétentions du demandeur il soit inapte à jurer (étant un voleur), il lui jure malgré tout (Mordekhaï, premier chapitre de Bava Metsia). Et cela seulement s'il lui a réclamé l'argent, de sorte que l'essentiel de la réclamation porte sur l'argent ; mais si l'essentiel de la réclamation porte sur l'interdit, on ne fait pas jurer (Psakei Maharaï, siman 34). Une femme qui réclame à quelqu'un qu'il lui a promis une chose comme salaire de prostitution (etnan), et qu'il nie, il doit jurer (Rivach, siman 370).
séif 25
- טענו שעשה לו דבר שאינו חייב עליו אלא קנס אינו נשבע היסת שאילו הודה היה פטור אבל אם טענו שהעמידו בדין על הקנס והביא עדים וחייבוהו ב"ד לשלם והלה אומר לא היו דברים מעולם צריך לישבע היסת:S'il lui a réclamé en prétendant qu'il lui a fait une chose pour laquelle il n'est redevable que d'une amende (knas), il ne prête pas le serment d'hessèt, car s'il avouait, il serait exempt (on ne paie pas d'amende sur son propre aveu). Mais s'il lui a réclamé en prétendant qu'il l'avait traduit en justice pour l'amende, avait amené des témoins, et que le tribunal l'avait condamné à payer, et que l'autre dit : « Cela n'a jamais eu lieu », il doit prêter le serment d'hessèt.
séif 26
- מי שנתחייב שבועה בב"ד ויצא מב"ד ואחר זמן תבעו חבירו שישבע לו ואמר נשבעתי אם הוא מהנשבעים ונפטרים נאמן: הגה אבל צריך לקבל עליו חרם סתם שנשבע (ר"י נ"ג ח"ד) מיהו בזמן הזה דנוהגין לישבע בבית הכנסת לפני שמש או עדים אינו נאמן לומר שנשבע עד שיביא ראיה לדבריו (מרדכי פ"ק דב"מ ור"י הנ"ל) אלא א"כ התרה בו לא תשבע אלא בפני עדים ואם עדים מעידים שלא נשבע באותו יום שאומר שנשבע כגון שאומרים שלא זזה ידם מתוך ידו הוחזק כפרן לאותה שבועה ואינו נאמן לומר נשבעתי אחר כך:Celui qui a été astreint à un serment au tribunal, est sorti du tribunal, et après un certain temps son prochain lui a réclamé de lui jurer, et il a dit : « J'ai juré » : s'il fait partie de ceux qui jurent et sont exemptés, il est cru. Haga (Rema) : Mais il doit accepter sur lui un 'hérem général attestant qu'il a juré (Rabbénou Yerou'ham, netiv 3, partie 4). Cependant, de nos jours, où l'on a l'usage de jurer à la synagogue devant le bedeau ou devant des témoins, il n'est pas cru pour dire qu'il a juré, à moins qu'il n'apporte une preuve de ses dires (Mordekhaï, premier chapitre de Bava Metsia ; et Rabbénou Yerou'ham précité) ; sauf si le demandeur l'a averti : « Ne jure que devant des témoins. » Et si des témoins attestent qu'il n'a pas juré le jour où il dit avoir juré, par exemple s'ils disent que leur main n'a pas quitté la sienne (ils ont été avec lui toute la journée), il est établi comme menteur pour ce serment, et il n'est plus cru ensuite pour dire : « J'ai juré. »
séif 27
- נשבע היסת ואח"כ הודה מעצמו במקצת אם דרך תשובה הודה שמתחרט על מה שנשבע לשקר נפטר מהשאר ואם הודה שלא על דרך תשובה אינו נפסל לשבועה על פי עצמו:S'il a prêté le serment d'hessèt et a ensuite avoué de lui-même une partie de la réclamation : s'il l'a avouée par repentir, en regrettant d'avoir juré faussement, il est exempt du reste ; et s'il l'a avouée sans repentir, il n'est pas rendu inapte au serment sur sa propre déclaration.
séif 28
- מי שכפר בכל ועד אחד מכחישו ונשבע להכחיש העד ואח"כ הביא התובע עד אחר מצטרף עם הראשון ומשלם לו זה אף על פי שנשבע עליו ונעשה עוד חשוד ע"פ שנים עדים:Celui qui a tout nié, qu'un seul témoin a contredit, et qui a juré pour contredire le témoin, puis le demandeur a amené un autre témoin : celui-ci s'associe au premier, et le défendeur lui paie, bien qu'il ait juré à ce sujet ; et il devient de plus suspect de faux serment sur la foi de deux témoins.
séif 29
- אע"פ שנשבע הנתבע ונפטר ע"פ ב"ד אם תפס התובע אח"כ משלו בלא עדים וטוען שתופס על אותה תביעה שנשבע לו עליה שלא נשבע לו באמת הדין עם התופס ונאמן במיגו שלא תפסתי משלך כלום ונשבע היסת ונפטר וא"צ לומר שאם הביא התובע עדים אחר שנשבע בין שבועה דאורייתא בין שבועת היסת שמוציאין מידו ונותנין לזה ונעשה חשוד ע"פ העדים.Bien que le défendeur ait juré et ait été exempté par le tribunal, si le demandeur a ensuite saisi un bien lui appartenant, sans témoins, et prétend qu'il le saisit au titre de la réclamation pour laquelle le défendeur lui a juré, parce qu'il ne lui a pas juré en vérité, le droit est avec celui qui saisit, et il est cru en vertu du migo qu'il aurait pu dire : « Je n'ai rien saisi de ce qui t'appartient » ; il prête le serment d'hessèt et est exempté. Et il va sans dire que si le demandeur a amené des témoins après que le défendeur a juré, que ce soit un serment de la Torah ou le serment d'hessèt, on retire l'argent de sa main et on le donne à celui-ci, et il devient suspect de faux serment sur la foi des témoins.
séif 30
- טען שיש לו אצלו חוב בקנין או בשטר ואבד והוא אומר פרעתי או איני חייב לך כלום ונשבע ואח"כ באו עידי הקנין או שהוציא השטר ונתקיים ה"ז משלם אחר השבועה שישבע המלוה ואינו חשוד שהרי לא העידו שלא פרע ולא טען הנתבע להד"מ ואם יש נאמנות בשטר או בקנין נוטל בלא שבועה:S'il a prétendu qu'il avait chez lui une créance contractée par kinyan (acte d'acquisition formel) ou par un acte écrit, qui a été perdu, et que l'autre dit : « J'ai remboursé » ou « Je ne te dois rien », et a juré, et qu'ensuite sont venus les témoins du kinyan, ou que le demandeur a produit l'acte et qu'il a été authentifié, celui-ci paie après le serment que prêtera le prêteur ; et il n'est pas suspect de faux serment, car les témoins n'ont pas attesté qu'il n'a pas remboursé, et le défendeur n'a pas prétendu « Cela n'a jamais eu lieu ». Et s'il y a une clause de crédibilité (neémanout) dans l'acte ou dans le kinyan, le prêteur perçoit sans serment.
séif 31
- ראובן הוציא פסק דין על יורשי שמעון שאביהם נתחייב לו בבית דין שבועה ואומר שלא נשבע יחרימו במעמד היורשים שכל מי שיודע בממון זה אם הוא פרוע שיודה:Réouven a produit un jugement contre les héritiers de Chimon, attestant que leur père avait été astreint envers lui par le tribunal à un serment, et il dit qu'il n'a pas juré : on prononcera un 'hérem en présence des héritiers, que quiconque sait au sujet de cet argent s'il a été remboursé, l'avoue.
séif 32
- אין להשביע היכא דאיכא למיחש שיתברר הדבר:On ne doit pas faire jurer là où il est à craindre que la chose s'éclaircisse par la suite.
séif 33
- התוקע כפו לחבירו לא נפטר משבועה: הגה ודוקא שחייב לו שבועה בלא"ה כגון (שאמר) שתקע לו כפו לפרוע לו מה שחייב לו והוא כופר אבל אם אמר שנתן לו כפו ליתן לו מתנה והוא כופר פטור מן השבועה (הגמ"י פי"א מה' שבועות) אלא יזהירו אותו ב"ד על שבועתו (מרדכי פ"ק דמציעא) וה"ה אם אמר שנשבע לו שבועה לתת לו איזה דבר וזה אמר שמחל לו (תשו' הרא"ש כלל י' סי' ב') או שהיה על תנאי כך וכך או שנתן תקיעת כף על תנאי כך וכך נאמן במיגו שהיה יכול לכפור (מרדכי פ"ק דמציעא ופרק הזהב) וע"ל סעיף ט"ז:Celui qui a frappé dans la main de son prochain (tekiat kaf, engagement solennel) n'est pas exempté du serment. Haga (Rema) : Et cela seulement lorsqu'il lui doit un serment même sans cela, par exemple s'il a dit qu'il lui a frappé dans la main pour s'engager à lui payer ce qu'il lui doit, et que l'autre nie. Mais s'il a dit qu'il lui a donné sa main pour s'engager à lui donner un cadeau, et que l'autre nie, il est exempt du serment (Hagahot Maïmoniyot, chapitre 11 des lois des Serments), mais le tribunal l'avertira au sujet de son serment (Mordekhaï, premier chapitre de Bava Metsia). Il en est de même s'il a dit que l'autre lui a juré un serment de lui donner une certaine chose, et que celui-ci a dit qu'il y a renoncé (Techouvot du Roch, kelal 10, siman 2), ou que c'était à telle et telle condition, ou qu'il a fait l'engagement solennel à telle et telle condition : il est cru en vertu du migo qu'il aurait pu nier (Mordekhaï, premier chapitre de Bava Metsia et chapitre HaZahav). Et voir plus haut, séif 16.
séif 34
- אין נשבעין היסת על תביעת טובת הנאה: הגה ולכן מי שתבעו חבירו שיחזיר לו ממון צדקה שהפקיד בידו והוא יחלקם לעניים וזה משיב שכבר החזיר לו פטור בלא שבועה שהרי אין לתובע בזה אלא טובת הנאה (מרדכי פרק הדיינים):On ne prête pas le serment d'hessèt sur la réclamation d'une tovat hanaa (simple avantage de choisir le bénéficiaire). Haga (Rema) : C'est pourquoi celui à qui son prochain a réclamé de lui rendre de l'argent de tsedaka (charité) qu'il avait déposé chez lui, pour le distribuer lui-même aux pauvres, et que celui-ci répond qu'il le lui a déjà rendu, est exempt sans serment, car le demandeur n'a en cela qu'une tovat hanaa (Mordekhaï, chapitre HaDayanim).
séif 35
- שנים או ג' שיש להם תביעה על א' ונשבע לאחד מהם פטור מהאחרים:Deux ou trois personnes qui ont une réclamation contre un seul, et il a juré à l'un d'eux : il est exempt envers les autres.
séif 36
- אין מוסרים שבועה למי שרץ אחר שבוע':On ne confie pas de serment à celui qui court après le serment.
séif 37
- אם נרא' לדיינים שהטענה מרומה אין להשביעו: הגה וכן אם נראה לו הטענה גרועה (מהרי"ו סי' צ') אין משביעין היסת במקום דליכא דררא דממונא (שם סי' קנ"ד):S'il apparaît aux juges que la réclamation est frauduleuse, on ne doit pas le faire jurer. Haga (Rema) : De même, s'il lui apparaît que la réclamation est faible (Mahari Weil, siman 90). On ne fait pas prêter le serment d'hessèt là où il n'y a pas de fondement de litige pécuniaire (derara demamona) (ibid., siman 154).
séif 38
- יש מי שאומר שהמזכיר שם שמים לבטלה שכנגדו נשבע ונוטל: הגה תבעו בשכר השדכנות וזה כפר ואמר שלא היה שדכן שלו או שאר טענות שבינייהו דינו כבשאר תביעות ממון ונשבעין על כך (פסקי מהרא"י פ"ה):Il y a un avis selon lequel, contre celui qui mentionne le Nom du Ciel en vain, la partie adverse jure et perçoit. Haga (Rema) : S'il lui a réclamé le salaire d'entremetteur de mariage (chadkhan), et que celui-ci a nié et a dit qu'il n'était pas son entremetteur, ou d'autres prétentions entre eux, sa loi est comme celle des autres réclamations d'argent, et on jure à ce sujet (Psakei Maharaï, siman 85).
séif 39