Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- כיצד מאיימין העדים ואין מקבלין עדות שלא בפני בע"ד. ובו כו סעיפים:
כל מי שיודע עדות לחבירו וראוי להעידו ויש לחבירו תועלת בעדותו חייב להעיד אם יתבענו שיעיד לו (בב"ד תוס' וב"י) בין שיש עד אחד עמו בין שהוא לבדו ואם כבש עדותו פטור מדיני אדם וחייב בדיני שמים: הגה ועד א' לא יעיד אלא בדבר ממון שמביא א' לידי שבועה או בדבר איסור ואפרושי מאיסורא אבל אם כבר נעשה האיסור לא יעיד דאינו אלא כמוציא שם רע על חבירו (הגהות מיימוני פ"ה מהלכות עדות) ואסור לאדם להעיד בדבר שאינו יודע אע"פ שאמר לו אדם שיודע בו שאינו משקר ואפי' אמר לו בא ועמוד עם עד א' שיש לי ולא תעיד רק שיפחד בעל חובי ויסבור שיש לי שני עדים ויודה לי לא ישמע לו. (טור):Comment on met en garde les témoins, et on n'accepte pas de témoignage hors de la présence du plaideur. Ce siman contient 26 séifim.
Quiconque connaît un témoignage en faveur de son prochain, et est apte à témoigner pour lui, et que son prochain a un intérêt à son témoignage, est tenu de témoigner si celui-ci lui demande de témoigner pour lui (devant le tribunal (Tossefot et Beit Yossef)), qu'il y ait un autre témoin avec lui ou qu'il soit seul. Et s'il a retenu son témoignage, il est exempt selon les lois humaines, mais passible selon les lois du Ciel. Haga (Rema) : Et un témoin unique ne témoignera que dans une affaire d'argent qui amène le défendeur à un serment, ou dans une affaire d'interdit, pour écarter quelqu'un de l'interdit ; mais si l'interdit a déjà été commis, il ne témoignera pas, car il ne ferait que répandre une mauvaise réputation sur son prochain (Hagahot Maïmoniyot, chapitre 5 des lois du témoignage). Et il est interdit à une personne de témoigner sur une chose qu'elle ne sait pas par elle-même, même si quelqu'un dont elle sait qu'il ne ment pas le lui a dit. Et même s'il lui a dit : « Viens te tenir avec un témoin unique que j'ai, et ne témoigne pas, seulement pour que mon débiteur ait peur et pense que j'ai deux témoins, et qu'il reconnaisse ma créance », il ne l'écoutera pas (le Tour).séif 1
- אדם רשאי להחרים בבית הכנסת על כל מי שיודע לו עדות שיבא ויעיד: הגה אבל לא יוכל להשביען אלא אם לא יגיד ונשא עונו (תשובת הרשב"א סי' תרנ"ח) מיהו אם נראה לב"ד צורך שעה להשביען שיגידו האמת הרשות בידן (ב"י בשם הרא"ש) וע"ל סי' י"ז סעיף ג' ולקמן סי' ע"א סעיף ז' ח' י"א כשנותנים חרם בעדות אף הקרובים צריכים להעיד (מרדכי ריש פ' שבועת העדות) ואפי' בעל דבר בעצמו צריך להעיד (טור סי' ט"ז) ויש חולקין (תשו' הרשב"א סי' תרכ"ז ותשו' הרא"ש סי' כ') וכן עיקר וע' בי"ד סי' רל"ב מלך שצוה לתת חרם בעדות:Une personne a le droit de prononcer un 'hérem (excommunication) à la synagogue contre quiconque connaît un témoignage en sa faveur, pour qu'il vienne témoigner. Haga (Rema) : Mais il ne peut pas les faire jurer, sinon par l'imprécation : « s'il ne témoigne pas, il portera sa faute » (Lévitique 5, 1) (Responsa du Rachba, siman 658). Toutefois, s'il apparaît au tribunal qu'il y a une nécessité de l'heure de les faire jurer qu'ils diront la vérité, ils en ont le droit (Beit Yossef, au nom du Roch). Et voir plus haut, siman 17, séif 3, et plus loin, siman 71, séifim 7 et 8. Certains disent que lorsqu'on prononce un 'hérem pour un témoignage, même les proches parents doivent témoigner (Mordekhaï, début du chapitre Chevouat HaEdout), et même le plaideur lui-même doit témoigner (Tour, siman 16). Et certains sont en désaccord (Responsa du Rachba, siman 627, et Responsa du Roch, siman 20), et c'est l'essentiel. Et voir dans Yoré Déa, siman 232, le cas d'un roi qui a ordonné de prononcer un 'hérem pour un témoignage.
séif 2
- אם עכו"ם תובע ישראל ויש ישראל יודע עדות לעכו"ם נגד ישראל ואין עד אלא הוא והעכו"ם תובע שיעיד לו במקום שדיני העכו"ם לחייב ממון ע"פ עד א' אסור להעיד לו ואם העיד משמתין אותו: הגה אבל אינו חייב לשלם דיכול לומר אמת העדתי אבל אם יש לברר ששקר העיד חייב לשלם ואם בעל דבר מודה שאמת העיד אין משמתין אותו (הגהות מרדכי דבבא קמא) ואם מתחלה יחדו העכו"ם לישראל להיות עד איכא חילול השם אם לא יעיד לו (ויעיד לו):Si un non-Juif réclame de l'argent à un Juif, et qu'un Juif connaît un témoignage en faveur du non-Juif contre le Juif, et qu'il est le seul témoin, et que le non-Juif demande qu'il témoigne pour lui, dans un lieu où la loi des non-Juifs condamne à payer sur la foi d'un témoin unique, il lui est interdit de témoigner pour lui ; et s'il a témoigné, on le met au ban (chamta). Haga (Rema) : Mais il n'est pas tenu de payer, car il peut dire : « J'ai témoigné la vérité » ; mais s'il est possible d'établir qu'il a témoigné faussement, il est tenu de payer. Et si le plaideur (juif) reconnaît qu'il a témoigné la vérité, on ne le met pas au ban (Hagahot Mordekhaï sur Baba Kama). Et si dès le départ le non-Juif avait désigné le Juif comme témoin, il y a profanation du Nom ('hiloul Hachem) s'il ne témoigne pas pour lui (et il témoignera pour lui).
séif 3
- ישראל התובע לעכו"ם וכופר ויש לעכו"ם עד אחד מותר להעיד לו אם יתבעהו: הגה וכ"ש שב' עדים יכולין להעיד שהרי גם בדין ישראל יתחייב על פיהם וכן במקום שאין מוציאין ממון על פי עד אחד יכולים להעיד (שם בגמרא) ב' קרובים הרי הם כעד א' דהרי בדינינו אין אנו מוציאין ממון על פי עד אחד (הגהות מרדכי דב"ק):Si un Juif réclame de l'argent à un non-Juif, et que celui-ci nie, et que le non-Juif a un témoin unique, il est permis à ce témoin de témoigner pour lui s'il le lui demande. Haga (Rema) : Et à plus forte raison deux témoins peuvent témoigner, puisque même selon la loi d'Israël le Juif serait condamné sur leur parole. Et de même, dans un lieu où l'on ne fait pas sortir d'argent sur la foi d'un témoin unique, ils peuvent témoigner (ibid., dans la Guemara). Deux proches parents sont comme un témoin unique, puisque selon notre loi nous ne faisons pas sortir d'argent sur la foi d'un témoin unique (Hagahot Mordekhaï sur Baba Kama).
séif 4
- ת"ח שיודע עדות לישראל ותבעו שיעיד לפני בית דין קטן ממנו אם הוא עדות ממון אינו חייב לילך להעיד (אלא הם שולחין אליו ומעיד) (רבינו ירוחם נ"ב ח' ב') אבל אם יש בו צד אפרושי מאיסורא חייב לילך ולהעיד וכל מי שיש לו ראיה בעדים מטפל בהם להביאם לב"ד ואם ידעו ב"ד שבעל דינו אלם וטען התובע שהעדים מפחדים מבעל דינו לבא להעיד (ויש הוכחה לדבריו) (טור) הרי ב"ד כופין את בעל דינו שיביא הוא העדים וכן כל כיוצא בדברים אלו דנין בהם לאלם צריכים העדים לכתחלה להעיד מעומד ואם העד ת"ח מושיבין אותו (וע"ל סוף סי' זה):Un érudit (talmid 'hakham) qui connaît un témoignage en faveur d'un Juif, et que celui-ci lui demande de témoigner devant un tribunal inférieur à lui en sagesse : s'il s'agit d'un témoignage sur une affaire d'argent, il n'est pas tenu d'aller témoigner (mais ce sont eux qui envoient quelqu'un auprès de lui, et il témoigne) (Rabbénou Yero'ham, chemin 2, partie 2) ; mais s'il y a là un aspect d'écarter quelqu'un d'un interdit, il est tenu d'aller témoigner. Et quiconque a une preuve par des témoins doit s'occuper d'eux pour les amener au tribunal. Et si le tribunal sait que son adversaire est un homme violent, et que le demandeur allègue que les témoins ont peur de son adversaire et n'osent pas venir témoigner (et qu'il y a une preuve de ses dires) (le Tour), le tribunal contraint son adversaire à amener lui-même les témoins ; et de même, dans tous les cas semblables, on juge ainsi l'homme violent. Les témoins doivent lekhat'hila (a priori) témoigner debout ; et si le témoin est un érudit, on le fait asseoir (et voir plus loin, à la fin de ce siman).
séif 5
- צריכי' הדיינים לכתחל' להיות יושבים בשעת קבלת העדות צריך שיבינו הדיינים לשון העדות שלא ישמעו מפי המתורגמן ואם מבינים מה שהם אומרים אפי' אם אינם יודעים להשיב מותר להעמיד תורגמן ביניהם (וע"ל סי' י"ז סעיף ו'):Les juges doivent lekhat'hila être assis au moment de la réception du témoignage. Il faut que les juges comprennent la langue des témoins, afin de ne pas entendre le témoignage de la bouche d'un interprète ; mais s'ils comprennent ce qu'ils disent, même s'ils ne savent pas répondre dans leur langue, il est permis de placer un interprète entre eux (et voir plus haut, siman 17, séif 6).
séif 6
- מאיימין (פי' מטילין אימה) על העדים בפני הכל ומודיעין אותם כח עדות שקר ובושת המעיד בה בעולם הזה ובעוה"ב ושהוא בזוי בעיני שוכריו:On met en garde (explication : on inspire de la crainte) les témoins en présence de tous, et on leur fait connaître la gravité du faux témoignage, et la honte de celui qui le commet dans ce monde et dans le monde futur, et qu'il est méprisé aux yeux de ceux qui l'ont payé.
séif 7
- אח"כ מוציאים את כל אדם לחוץ ומשיירים את הגדול שבעדים ואומרים לו אמור היאך אתה יודע שזה חייב לזה אם אמר הוא אמר לי חייב אני לו או איש פלוני שהוא כשר ונאמן אמר לי שהוא חייב לו לא אמר כלום עד שיאמר שהוא בעצמו ראה שהלוה לו או שיאמר בפני הודה לו שהוא חייב:Ensuite, on fait sortir tout le monde, et on garde le plus grand des témoins, et on lui dit : « Dis comment tu sais que celui-ci doit de l'argent à celui-là. » S'il dit : « Il m'a dit : “Je lui dois” », ou bien : « Untel, qui est intègre et digne de foi, m'a dit qu'il lui doit », il n'a rien dit, tant qu'il ne dit pas qu'il a vu lui-même qu'il lui a prêté, ou qu'il dit : « Il lui a reconnu en ma présence qu'il lui doit. »
séif 8
- אח"כ מכניסין העד השני ובודקין אותו אם העיד כמו חבירו נושאים ונותנים בדבר וגומרים הדין:Ensuite, on fait entrer le second témoin et on l'examine ; s'il a témoigné comme son compagnon, on délibère sur l'affaire et on conclut le jugement.
séif 9
- אם העדים אומרים עדותן מכוונת בלשון אחד ממש יש לחוש שמשקרים ובעצה אחת כיונו לשונם וצריך לחקור ולדרוש אותם: הגה ואם העד האחד אמר עדותו והשני אמר אף אני כמוהו ידעתי לא מהני אא"כ הלך למדינת הים וא"א לו להעיד בפירוש (רבי' ירוחם נ"ב ח"ב ובמרדכי פרק נגמר הדין):Si les témoins disent leur témoignage de façon concordante, exactement dans les mêmes termes, il faut craindre qu'ils mentent et qu'ils aient accordé leurs propos d'un commun accord, et il faut les interroger et les examiner. Haga (Rema) : Et si l'un des témoins a dit son témoignage, et que le second a dit : « Moi aussi, je sais comme lui », cela n'est pas valable, à moins qu'il (le premier) soit parti outre-mer et qu'il soit impossible au second de témoigner explicitement (Rabbénou Yero'ham, chemin 2, partie 2, et Mordekhaï, chapitre Nigmar HaDin).
séif 10
- העדים ששלחו עדותן בכתב לב"ד אינו עדות דכתיב ע"פ שנים עדים מפיהם ולא מפי כתבם: הגה וכן נוהגין ודלא כיש מכשירין אם העדים ראוין להעיד ואינם אלמים (טור בשם רבינו תם):Des témoins qui ont envoyé leur témoignage par écrit au tribunal, ce n'est pas un témoignage, car il est écrit : « Sur la parole (al pi, litt. la bouche) de deux témoins » (Deutéronome 19, 15) : de leur bouche, et non de leur écrit. Haga (Rema) : Et tel est l'usage, et non comme ceux qui le déclarent valable si les témoins sont aptes à témoigner et ne sont pas muets (le Tour, au nom de Rabbénou Tam).
séif 11
- חותכין דיני ממונות בעדות שבשטר אע"פ שאין העדים קיימין כדי שלא תנעול דלת בפני לוין (וע' לקמן סי' ס"א ס"ב איזה דבר מקרי שטר גם לקמן סי' מ"ו ס"י):On tranche les affaires d'argent sur la foi du témoignage contenu dans un acte (chetar), bien que les témoins ne soient pas présents, afin de ne pas fermer la porte aux emprunteurs (et voir plus loin, siman 61, séif 2, quelle chose est appelée un acte ; voir aussi plus loin, siman 46, séif 10).
séif 12
- כל זמן שזוכר האדם יכול להעיד לעולם ואינו חושש שמא מתוך שנתיישן הדבר הרבה אינו זוכרו על בוריו אפי' אינו נזכר לעדות אלא מתוך הכתב שכשמסרוהו לו כתבו בפנקסו לזכרון דברים ושכח הדבר ואינו נזכר אלא מתוך הכתב יכול להעיד והוא שאחר שראה הכתב נזכר לדבר (וע' לקמן סי' מ"ו סעיף י'):Tant qu'une personne se souvient de la chose, elle peut toujours témoigner, et on ne craint pas que, la chose étant devenue très ancienne, elle ne s'en souvienne pas exactement ; même s'il ne se souvient du témoignage que grâce à un écrit, car lorsqu'on le lui a confié (en le prenant pour témoin), il l'a écrit dans son carnet pour mémoire, puis a oublié la chose et ne s'en souvient que grâce à l'écrit, il peut témoigner ; à condition qu'après avoir vu l'écrit, il se souvienne de la chose (et voir plus loin, siman 46, séif 10).
séif 13
- וכן אם נזכר לדבר ע"י אחר שהזכירו לו יכול להעיד אפי' היה המזכיר העד השני אבל אם הבעל דין בעצמו מזכירו ונזכר לא יעיד ואם העד ת"ח אף אם הבע"ד בעצמו מזכירו שפיר דמי שודאי אי לא היה נזכר לא היה מעיד:Et de même, s'il se souvient de la chose parce qu'un autre la lui a rappelée, il peut témoigner, même si celui qui la lui a rappelée est le second témoin ; mais si c'est le plaideur lui-même qui la lui rappelle et qu'il s'en souvient, il ne témoignera pas. Et si le témoin est un érudit (talmid 'hakham), même si c'est le plaideur lui-même qui la lui rappelle, c'est bien, car il est certain que s'il ne s'en souvenait pas, il ne témoignerait pas.
séif 14
- אין מקבלין עדות שלא בפני בע"ד ואם קבלו אין דנין על פיו: הגה וחוזרין ומגידין בפניו ואם שנו בעדותן בפעם שני ממה שהגידו בראשונה הולכין אחר העדות השני שהגידו בפניו אע"פ שהגידו בראשונה על פי החרם דכל שלא בפניו כחוץ לב"ד דמי וחוזרין ומגידין (ב"י בשם רבי מנחם) ויש חולקין ואומרים דאם נתקבל העדות שלא בפניו כשר בדיעבד (ר"י נ"ב ח"ב ומרדכי פרק הגוזל בתרא) ולכן אם הבעל דין הוא אלם והעדים יראים להגיד לפניו מקבלין העדות שלא בפניו ודנין על פיו (פסקי מהרא"י סי' קע"ה וקע"ז) מיהו אם אפשר לכוף האלם כדרך שנתבאר לעיל סי' זה ס"ה עדיף טפי י"א דלא אמרו אין מקבלין עדות אלא בפני ב"ד היינו בדיני ממונות אבל בקטטות ומריבות שיש לחוש שאם יעידו בפניהם יתקוטטו עם עדים גם יתקוטטו זה עם זה תקנו הגאונים שמקבלים העדות שלא בפניהם גם לא יגלו מי הם העדים (הגהת מרדכי) ול"נ דדוקא כשאין הב"ד רוצים לדון אחד מהם ע"פ הדין ולענוש רק להשקיט הקטטה ולהורות כפי צורך המריבה אבל כשרוצים לענוש ולדון אחד מהם אין לקבל העדות אלא בפניו וכמו שנתבאר באה"ע סי"א ס"ד:On n'accepte pas de témoignage hors de la présence du plaideur ; et si on l'a accepté, on ne juge pas sur sa base. Haga (Rema) : Et les témoins reviennent et témoignent en sa présence ; et s'ils ont modifié leur témoignage la seconde fois par rapport à ce qu'ils avaient déclaré la première fois, on suit le second témoignage, qu'ils ont déclaré en sa présence, bien qu'ils aient déclaré le premier sous l'effet du 'hérem, car tout témoignage fait hors de sa présence est considéré comme fait hors du tribunal, et ils peuvent revenir et témoigner autrement (Beit Yossef, au nom de Rabbi Mena'hem). Et certains sont en désaccord et disent que si le témoignage a été reçu hors de sa présence, il est valable bediavad (a posteriori) (Rabbénou Yero'ham, chemin 2, partie 2, et Mordekhaï, chapitre HaGozel Batra). C'est pourquoi, si le plaideur est un homme violent et que les témoins ont peur de témoigner devant lui, on reçoit le témoignage hors de sa présence et on juge sur sa base (Pessakim du Mahari [Isserlein], simanim 175 et 177). Toutefois, s'il est possible de contraindre l'homme violent de la manière expliquée plus haut dans ce siman, séif 5, c'est préférable. Certains disent que la règle selon laquelle on n'accepte de témoignage qu'en présence du plaideur ne concerne que les affaires d'argent ; mais pour les querelles et les disputes, où l'on peut craindre que s'ils témoignent en leur présence, ils se querellent avec les témoins, et aussi qu'ils se querellent entre eux, les Gueonim ont institué que l'on reçoit le témoignage hors de leur présence, et aussi qu'on ne révèle pas qui sont les témoins (Hagahot Mordekhaï). Et il me semble que ceci ne s'applique que lorsque le tribunal ne veut pas juger l'un d'eux selon la loi et le punir, mais seulement apaiser la querelle et statuer selon les besoins de la dispute ; mais lorsqu'ils veulent punir et juger l'un d'eux, on ne doit recevoir le témoignage qu'en sa présence, comme cela a été expliqué dans Even HaEzer, siman 11, séif 4.
séif 15
- היה הבע"ד חולה או שהיו העדים חולים מקבלים שלא בפניו ואם היו העדים מבקשים לילך למדינת הים ושלחו לבעל דין ולא בא או שאינו מצוי בעיר הרי אלו מקבלים עדות שלא בפניו: הגה אבל אם לא הודיעו אותו לא (טור) ודוקא שאין לחוש שהעדים ילכו קודם שיודיעו אותו (מרדכי בשם ראב"ן ור"י) וכמו שיתבאר לקמן בסמוך ואם היה הנתבע חולה אין מקבלין עדות שלא בפניו אע"פ שיש לחוש שיפלו הנכסים קמי יתמי ולא יוכל לדון עמהם כמו שיתבאר בסי' ק"י (טור) וי"א דכל ששלחו אחריו ולא בא לב"ד מהני ומקבלין עדות שלא בפניו אם פתחו ליה בדינא או אפי' לא פתחו ליה בדינא וצריך לדון לפני אותן דיינים כדרך שנתבאר סי' י"ד (ר"י נתיב ב' ח"א) וכן אם היה דבר נחוץ וא"א לקבל העדות אח"כ כגון שהיו העדים חולים או התובע חולה ויש לחוש שימות (טור) וכן אם העדים הולכים למדינת הים ואין יכולין להמתין עד שיודיעו אותו מקבלין אע"פ שלא שלחו אליו (נ"י ומרדכי פ' הגוזל בתרא והראב"ד והרשב"א) וכן נראה ממה שפסק לקמן סי' ק"מ ס"י:Si le plaideur était malade, ou que les témoins étaient malades, on reçoit le témoignage hors de sa présence. Et si les témoins voulaient partir outre-mer, et qu'on a envoyé chercher le plaideur et qu'il n'est pas venu, ou qu'il ne se trouve pas en ville, on reçoit le témoignage hors de sa présence. Haga (Rema) : Mais si on ne l'a pas informé, non (le Tour). Et ceci uniquement s'il n'y a pas à craindre que les témoins partent avant qu'on l'informe (Mordekhaï, au nom du Raavan et du Ri), comme il sera expliqué ci-après. Et si c'est le défendeur qui est malade, on ne reçoit pas de témoignage hors de sa présence, bien qu'il y ait à craindre que les biens tombent entre les mains des orphelins et qu'on ne puisse pas plaider contre eux, comme il sera expliqué au siman 110 (le Tour). Et certains disent que dès lors qu'on l'a fait chercher et qu'il n'est pas venu au tribunal, c'est valable, et on reçoit le témoignage hors de sa présence, si on a ouvert le procès avec lui, ou même si on n'a pas ouvert le procès avec lui, mais qu'il est tenu d'être jugé devant ces juges-là, comme cela a été expliqué au siman 14 (Rabbénou Yero'ham, chemin 2, partie 1). Et de même, si c'était une affaire urgente et qu'il est impossible de recevoir le témoignage plus tard, par exemple si les témoins étaient malades, ou le demandeur malade, et qu'il y a à craindre qu'il meure (le Tour), et de même si les témoins partent outre-mer et ne peuvent pas attendre qu'on l'informe, on reçoit le témoignage même si on n'a pas envoyé chercher le plaideur (Nimoukei Yossef et Mordekhaï, chapitre HaGozel Batra, le Raavad et le Rachba). Et c'est ce qui ressort de ce qu'il a tranché plus loin, siman 140, séif 10.
séif 16
- ראובן שתובע את שמעון ועידיו במקום אחר יאמרו ב"ד לשמעון אם חפץ לילך במקום העדים ויעידו בפניו ואם לאו יקבלו ב"ד שבמקום העדים עדות שלא בפניו ויודיעו לבית דין שבמקום הבעלי דינין וידונו ע"פ אותה קבלה: הגה וכן אם מצא עדיו בעיר אחרת ואין שהות לשלוח אחריו או שלא ימצא העדות אח"כ גובין בפני ב"ד שלא בפני בע"ד ודנין ע"פ העדות ההוא (א"ז) וכן המנהג פשוט במדינות אלו אע"פ שיש חולקים וס"ל דאפי' במקום שיש לחוש שיפסיד העדות אם לא יקבלו שלא בפניו אין מקבלין אא"כ שלחו לו תחלה אין נוהגין כן אלא כאשר נתבאר:Réouven qui réclame de l'argent à Chimon, et dont les témoins sont dans un autre lieu : le tribunal dira à Chimon : « Si tu le désires, va au lieu des témoins, et ils témoigneront en ta présence ; sinon, le tribunal du lieu des témoins recevra le témoignage hors de ta présence et informera le tribunal du lieu des plaideurs, et ils jugeront sur la base de cette réception de témoignage. » Haga (Rema) : Et de même, s'il a trouvé ses témoins dans une autre ville et qu'il n'a pas le temps d'envoyer chercher l'adversaire, ou qu'il ne trouvera pas ce témoignage plus tard, on recueille le témoignage devant le tribunal hors de la présence du plaideur, et on juge sur la base de ce témoignage (Or Zaroua). Et tel est l'usage répandu dans ces pays. Bien qu'il y ait des décisionnaires en désaccord, qui pensent que même là où l'on peut craindre que le témoignage soit perdu si on ne le reçoit pas hors de sa présence, on ne le reçoit que si on l'a d'abord envoyé chercher, on n'a pas cet usage, mais on agit comme cela a été expliqué.
séif 17
- לא אמרו אין מקבלין עדים שלא בפני ב"ד אלא בתובע שמביא עדים על תביעתו אבל המביא עדים לפטור את עצמו מקבלים:On n'a dit qu'on n'accepte pas de témoins hors de la présence du plaideur (litt. du tribunal) que pour le demandeur qui amène des témoins à l'appui de sa réclamation ; mais celui qui amène des témoins pour s'exempter lui-même, on les accepte.
séif 18
- אין מקבלין עדות על קטן אפי' בפניו דכיון דקטן הוא בפניו כשלא בפניו דמי ויתבארו פרטי דין זה בסי' ק"י:On n'accepte pas de témoignage contre un mineur, même en sa présence, car, puisqu'il est mineur, en sa présence est considéré comme hors de sa présence. Et les détails de cette loi seront expliqués au siman 110.
séif 19
- אין שנים ראויין לקבלת עדות ואם קבלו לא עשו כלום:Deux juges ne sont pas aptes à recevoir un témoignage, et s'ils l'ont reçu, ils n'ont rien fait.
séif 20
- קבלת עדות צריך ג' מומחים יודעים הלכות עדות כשר ופסול וזהירין בקבלתן לכוין עדות כל א' כדתנן הוי זהיר בדבריך שמא מתוכן ילמדו לשקר וכל המקבל עדות ואינו ראוי לדון כאלו קבל עדות שקר ואינו ראוי לדון ע"פ אותו שטר (אלא סומכין על העדים עצמן) (טור):La réception d'un témoignage requiert trois juges experts, qui connaissent les lois du témoignage (quel témoin est valable et lequel est invalide), et qui sont prudents dans leur réception, afin de bien orienter le témoignage de chacun (sans leur souffler de réponse), comme nous l'avons appris (Avot 1, 9) : « Sois prudent dans tes paroles, de peur qu'à partir d'elles ils n'apprennent à mentir. » Et quiconque reçoit un témoignage sans être apte à juger, c'est comme s'il avait reçu un faux témoignage, et on ne doit pas juger sur la base de cet acte (mais on s'appuie sur les témoins eux-mêmes) (le Tour).
séif 21
- נכון למקבלי עדות לפרסם בשטר קבלת העדות מי הם העדים מיהו אם לא כתבו מי הם העדים לא הפסידו (שם בתשו' רמב"ן סי' קי"ד):Il convient que ceux qui reçoivent un témoignage indiquent publiquement, dans l'acte de réception du témoignage, qui sont les témoins. Toutefois, s'ils n'ont pas écrit qui sont les témoins, ils (l'acte) n'ont rien perdu (ibid., dans les Responsa du Ramban, siman 114).
séif 22
- אם רצו הצבור לתקן שהשני סופרים מקבלים עדות ומגבין על פיהם וכן אם רצו שאם יפטר העד שהוזמן להעיד עם הסופר שתעל' חתימ' הסופר כשני עדים תקנתם קיימת: הגה כי בכל דברים כאלה רשות לציבור לתקן בעירם הטוב בעיניהם:Si la communauté veut instituer que les deux scribes (de la communauté) reçoivent les témoignages et qu'on fasse recouvrer les créances sur leur base ; et de même, si elle veut que, si le témoin qui avait été convoqué pour témoigner avec le scribe décède, la signature du scribe compte comme deux témoins, leur institution est valable. Haga (Rema) : Car dans toutes ces choses, la communauté a le droit d'instituer dans sa ville ce qui lui semble bon.
séif 23
- מי שטוען שיש לו שני כיתי עדים ואמר הכת האחת שאינם יודעים כלום לא הפסיד זכותו ומביא כת שנייה אין מקבלין עדות אלא ביום ואם קבלוה בלילה אפי' היו עדיו רדופים לילך למדינת הים אין דנין על פי אותה קבלה: הגה מיהו אם קבלו עליהם בעלי הדינים לקבל העדות בלילה מקבלים אפי' לכתחלה (ב"י בשם הרשב"א):Celui qui allègue qu'il a deux groupes de témoins, et que le premier groupe a dit qu'il ne savait rien, il n'a pas perdu son droit, et il amène le second groupe. On ne reçoit de témoignage que de jour ; et si on l'a reçu de nuit, même si ses témoins étaient pressés de partir outre-mer, on ne juge pas sur la base de cette réception. Haga (Rema) : Toutefois, si les plaideurs ont accepté sur eux de recevoir le témoignage de nuit, on le reçoit, même lekhat'hila (Beit Yossef, au nom du Rachba).
séif 24
- אין מקבלים עדות קודם שישיב הנתבע לתביעת התובע לפי שאולי יודה הנתבע ולא יהא צריך עדים ואטרוחי בית דין לא מטרחינן:On ne reçoit pas de témoignage avant que le défendeur ait répondu à la réclamation du demandeur, car peut-être le défendeur reconnaîtra-t-il, et on n'aura pas besoin de témoins ; et on n'impose pas de dérangement inutile au tribunal.
séif 25
- אם קבלו עדים מעומד מה שעשו עשוי ואם היו נסמכים על העמוד אפי' לכתחלה מותר דסמיכה כישיבה ובסימן י"ז נתבאר שעכשיו נהגו להושיב העדים:Si les juges ont reçu le témoignage des témoins alors que ceux-ci étaient debout (autre lecture : alors qu'eux-mêmes étaient debout), ce qu'ils ont fait est fait ; et s'ils étaient appuyés contre une colonne, c'est permis même lekhat'hila, car s'appuyer équivaut à s'asseoir. Et au siman 17 il a été expliqué qu'aujourd'hui on a l'usage de faire asseoir les témoins.
séif 26