Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דין מתנת שכיב מרע במקצת או בכולה בלא קנין ובקנין. ובו כו סעיפים:
מתנת שכיב מרע א"צ להקנותה בשום א' מדרכי ההקנאה שדברי ש"מ ככתובים וכמסורים דמי: הגה ואין חילוק בין צוה לתת מיד לאחר מותו או שצוה ליורשיו ליתן לאחר זמן (נ"י פ"י וב"י סי' רמ"ח בשם הריטב"א) ואם לא צוה לתת דבר רק מינה אפוטרופסים ונתן להם רשות לחלוק נכסיו כפי מה שירצו ועשייתם יהיה כעשייתו י"א דאין בדבריו כלום דמיד שמת נפלו נכסיו קמי יורשיו ונתבטלה מתנתו (מרדכי ס"פ יש נוחלין בשם ר"ג ותשובת רשב"א סי' תש"ד) (וי"א דדבריו קיימין) (מרדכי שם בשם רשב"ם ותשובת רד"ך בית ל'):Loi du don d'un chekhiv mera (malade alité, en danger de mort) portant sur une partie ou sur la totalité de ses biens, sans kinyan (acte formel d'acquisition) et avec kinyan. Il contient 26 séifim.
Le don d'un chekhiv mera n'a pas besoin d'être transféré par l'un quelconque des modes d'acquisition, car les paroles d'un chekhiv mera sont considérées comme écrites et remises. Haga (Rema) : Et il n'y a pas de différence entre le cas où il a ordonné de donner immédiatement après sa mort, ou celui où il a ordonné à ses héritiers de donner après un certain temps (Nimouké Yossef, chapitre 10, et Beit Yossef, siman 248, au nom du Ritva). Et s'il n'a ordonné de donner rien de précis, mais a seulement nommé des tuteurs (apotropsim) et leur a donné permission de répartir ses biens comme ils le voudront, leur action devant être comme son action, certains disent que ses paroles n'ont aucune valeur, car dès qu'il est mort, ses biens sont tombés devant ses héritiers et son don est annulé (Mordekhaï, fin du chapitre Yech No'hlin, au nom de Rabbénou Guerchom, et Responsa du Rachba, siman 704). (Et certains disent que ses paroles sont valides) (Mordekhaï, ibid., au nom du Rachbam, et Responsa du Radakh, maison 30).séif 1
- שכיב מרע שכתב כל נכסיו לאחרים ולא שייר כלום אע"פ שקנו מידו אם עמד ונתרפא לגמרי המתנה בטלה ממילא (ואפי' התנה בשעת המתנה שלא יוכל לחזור בו אם עמד חוזר אא"כ קנו מידו) (תשובת רשב"א סי' תתקע"ה ותשובת רמב"ן סי' ג' וריב"ש סי' ר"ז) ואם לא נתרפא לגמרי אלא ניתק מחולי לחולי אם לא עמד ולא הלך ונשען על מקלו בשוק מתנתו מתנה (אע"פ שהלך בביתו על משענתו) (מרדכי פרק אלמנה ופרק מי שמת) ואם עמד בין החולי שצוה בו ובין החולי שמת ממנו והלך ונשען על מקלו אומדין אותו על פי רופאים אם מחמת חולי הראשון מת מתנתו קיימת ואם לאו אינה מתנה ואם הלך בשוק בלא משענת אינו צריך אומד אלא בטלו מתנותיו הראשונות:Un chekhiv mera qui a écrit tous ses biens à d'autres et n'a rien gardé, même si l'on a fait un kinyan de sa main, s'il s'est relevé et a complètement guéri, le don est annulé de lui-même. Haga (Rema) : (Et même s'il a stipulé au moment du don qu'il ne pourrait pas se rétracter, s'il se relève, il se rétracte, à moins qu'on ait fait un kinyan de sa main) (Responsa du Rachba, siman 975 ; Responsa du Ramban, siman 3 ; Rivach, siman 207). Et s'il n'a pas complètement guéri, mais est passé d'une maladie à une autre : s'il ne s'est pas levé et n'a pas marché appuyé sur son bâton dans la rue, son don est un don valide. Haga (Rema) : (même s'il a marché dans sa maison sur sa canne) (Mordekhaï, chapitre Almana et chapitre Mi Chemet). Et s'il s'est levé, entre la maladie pendant laquelle il a ordonné le don et la maladie dont il est mort, et a marché appuyé sur son bâton, on l'évalue d'après l'avis des médecins : si c'est à cause de la première maladie qu'il est mort, son don est maintenu ; sinon, ce n'est pas un don. Et s'il a marché dans la rue sans canne, il n'est pas besoin d'évaluation : ses premiers dons sont annulés.
séif 2
- בד"א בנותן מתנה אבל אם הודה על נכסיו שהם של פלוני קנה הלה ואפי' יעמוד זה א"י לחזור בו: הגה אמר רוצה אני שיהיו מטלטלין לשמעון הרי זה לשון מתנה אבל אם אמר מטלטלין אלו לשמעון או יש לשמעון בידי הוי לשון הודאה (ב"י סי' רנ"ב בשם הרשב"א) ואם הקדיש כל נכסיו ולא שייר כלום או הפקירם או חלקם לעניים אם עמד נתבטל הכל כדין נותן מתנה (ואפי' אם תפסו עניים מפקינן מנייהו (ריב"ש סי' ק"ס) ודלא כדברי החולקין וכן דין הקדש כדין מתנה שיוכל לחזור בו כמו במתנה) (טור) אם מכר נכסיו כשהיה שכיב מרע אם מקצתם מכר ממכרו קיים כבריא ואם כלם מכר אם המעות עצמם קיימים אם עמד חוזר ואם הוציא המעות אינו יכול לחזור בו:De quoi parle-t-on ? De celui qui fait un don. Mais s'il a reconnu au sujet de ses biens qu'ils appartiennent à untel, celui-ci acquiert, et même si le malade se relève, il ne peut pas se rétracter. Haga (Rema) : S'il a dit : « Je veux que les meubles soient à Chimon », c'est une formulation de don ; mais s'il a dit : « Ces meubles sont à Chimon », ou : « Chimon a un bien entre mes mains », c'est une formulation d'aveu (Beit Yossef, siman 252, au nom du Rachba). Et s'il a consacré (hekdech) tous ses biens sans rien garder, ou les a déclarés sans maître (hefker), ou les a répartis entre les pauvres, s'il se relève, tout est annulé, comme la loi de celui qui fait un don. Haga (Rema) : (Et même si les pauvres s'en sont saisis, on leur retire (Rivach, siman 160), contrairement à l'avis de ceux qui divergent ; et de même, la loi du hekdech est comme celle du don : il peut se rétracter, comme pour un don) (Tour). S'il a vendu ses biens alors qu'il était chekhiv mera : s'il en a vendu une partie, sa vente est valide comme celle d'un homme bien portant ; et s'il les a tous vendus : si l'argent lui-même existe encore, s'il se relève, il se rétracte ; et s'il a dépensé l'argent, il ne peut pas se rétracter.
séif 3
- אין כל הדברים הללו אמורים אלא בנותן כל נכסיו ולא שייר כלום אבל אם שייר כלום שלא נתן דינו כמתנת בריא שאינה נקנית אלא בקנין: הגה ולאו דוקא קנין אלא ה"ה משיכה או מסירה או הגבהה כל אחד לפי קניינו בין קרקע בין מטלטלין ודוקא במתנה כזו מהני מסירתו אבל מתנת ש"מ שיכול לחזור בו לא מהני תפיסה כלום (מרדכי) וע"ל סעיף י"ו ואפילו אם מת צריך קנין לפיכך אם עמד אינו יכול לחזור בו וכמה יהא השיור אפילו כל שהוא בין קרקע בין מטלטלין (וי"א דבעינן שיור כדי פרנסתו) (טור בשם הרא"ש):Toutes ces choses ne sont dites que pour celui qui donne tous ses biens sans rien garder ; mais s'il a gardé quelque chose qu'il n'a pas donné, sa loi est comme celle du don d'un homme bien portant, qui ne s'acquiert que par un kinyan. Haga (Rema) : Et il ne s'agit pas précisément d'un kinyan par objet (kinyan soudar), mais de même une traction (mechikha), une remise (messira) ou une élévation (haguebaha), chacun selon son mode d'acquisition, qu'il s'agisse d'un immeuble ou de meubles. Et c'est seulement pour un tel don que sa remise est efficace ; mais pour le don d'un chekhiv mera, dont il peut se rétracter, la saisie (par le bénéficiaire) n'a aucune efficacité (Mordekhaï). Et voir plus loin, séif 16. Et même s'il est mort, il faut un kinyan ; c'est pourquoi, s'il se relève, il ne peut pas se rétracter. Et combien doit être la part gardée ? Même la moindre quantité, qu'il s'agisse d'un immeuble ou de meubles. Haga (Rema) : (Et certains disent qu'il faut garder une part suffisante pour sa subsistance) (Tour, au nom du Roch).
séif 4
- הסומא או הפסח או הגדם או החושש בראשו או בעינו או בידו או ברגלו וכיוצא בהם הרי הוא כבריא לכל דבריו במקחו וממכרו ומתנותיו אבל החולה שתשש כח כל הגוף וכשל כחו מחמת החולי עד שאינו יכול להלך על רגליו בשוק והרי הוא נופל על המטה הוא הנקרא שכיב מרע אע"פ שלא אמר שמצוה מחמת החולי (ב"י בשם תש'ו' רשב"א) וי"א דוקא ג' ימים הראשונים דינו כשכיב מרע אבל לאחר ג' ימים או שקפץ עליו החולי אפילו תוך ג' דינו כמצוה מחמת מיתה שיתבאר לקמן סעיף ז' וסעיף י"ז (טור בשם הרא"ש ועיין בב"י):L'aveugle, le boiteux, le manchot, ou celui qui souffre de la tête, de l'œil, de la main ou du pied, et leurs semblables, sont comme un homme bien portant pour toutes leurs affaires : achats, ventes et dons. Mais le malade dont la force de tout le corps s'est affaiblie et dont la vigueur a défailli à cause de la maladie, au point qu'il ne peut plus marcher sur ses pieds dans la rue et qu'il est tombé sur son lit, c'est lui qu'on appelle chekhiv mera, Haga (Rema) : même s'il n'a pas dit qu'il ordonne ses dispositions à cause de la maladie (Beit Yossef, au nom des Responsa du Rachba). Et certains disent que c'est seulement pendant les trois premiers jours que sa loi est celle d'un chekhiv mera ; mais après trois jours, ou si la maladie l'a assailli brutalement, même dans les trois jours, sa loi est celle de celui qui ordonne en vue de la mort (metsavé me'hamat mita), qui sera expliquée plus loin (séif 7 et séif 17) (Tour, au nom du Roch ; et voir le Beit Yossef).
séif 5
- אם נשתתק ואינו יכול לדבר ורמז ליתן מתנה בודקין אותו כדרך שבודקין אותו לגיטין שנתבאר בטור אבן העזר סי' קכ"א ואם השיב על לאו לאו ועל הן הן מתנתו מתנה ואם לאו אין מתנתו מתנה: הגה צוואת ש"מ שלא נכתב בה שהיה מיושב בדעתו אפ"ה אין חוששין לה ומה שנוהגין לכתבו אינו אלא לשופרא דשטרי (תשובת ריטב"א) גוסס מתנתו מתנה:S'il est devenu muet et ne peut pas parler, et qu'il a fait signe de donner un don, on l'examine de la manière dont on l'examine pour les actes de divorce (guittin), comme il a été expliqué dans le Tour, Even HaEzer, siman 121 : s'il a répondu « non » à ce qui est non et « oui » à ce qui est oui, son don est un don valide ; sinon, son don n'est pas un don. Haga (Rema) : Le testament d'un chekhiv mera dans lequel il n'a pas été écrit qu'il était lucide, malgré cela on ne s'en inquiète pas ; et ce qu'on a l'usage de l'écrire n'est que pour l'embellissement des actes (Responsa du Ritva). Un agonisant (goses) : son don est un don valide.
séif 6
- בד"א שמתנת שכיב מרע שיש בה שיור אינה נקנית אלא בקנין ואם עמד אינו חוזר כשנתן סתם אבל אם פירש מחמת מיתה או אפי' לא פירש אלא שיראה מתוך דבריו שהוא נותן מחמת מיתה כגון שמתאונן על מיתתו וכיוצא בזה אפי' אם יש בה שיור נקנית באמירה בלא קנין לכשימות ואם עמד חוזר אפי' יש בה קנין במקצת:De quoi parle-t-on quand on dit que le don d'un chekhiv mera comportant une part gardée ne s'acquiert que par un kinyan, et que s'il se relève il ne se rétracte pas ? Lorsqu'il a donné sans précision. Mais s'il a précisé qu'il donne en vue de la mort, ou même s'il ne l'a pas précisé mais qu'il ressort de ses paroles qu'il donne en vue de la mort, par exemple s'il se lamente sur sa mort, et autres cas semblables, même si le don comporte une part gardée, il s'acquiert par la parole, sans kinyan, lorsqu'il mourra ; et s'il se relève, il se rétracte, même s'il y a un kinyan sur une partie.
séif 7
- המפרש בים והיוצא בשיירא והיוצא בקולר והמסוכן והוא שקפץ עליו החולי והכביד עליו חליו כל אחד מארבעתם כמצוה מחמת מיתה והרי דבריו ככתובים וכמסורים דמי ומקיימים אותם אם מת ואם ניצל ועמד אפי' קנו מידו במקצת חוזר כדין כל מצוה מחמת מיתה:Celui qui part en mer, celui qui part en caravane, celui qu'on emmène dans le carcan (pour être exécuté), et le malade en danger — c'est-à-dire celui que la maladie a assailli brutalement et dont la maladie s'est aggravée —, chacun des quatre est comme celui qui ordonne en vue de la mort : ses paroles sont considérées comme écrites et remises, et on les exécute s'il meurt ; et s'il a été sauvé et s'est relevé, même si l'on a fait un kinyan de sa main pour une partie, il se rétracte, comme la loi de tout homme qui ordonne en vue de la mort.
séif 8
- בד"א דמתנת שכיב מרע במקצת בעי קנין בסתם אבל אם נתן מקצת נכסיו בפירוש במתנת ש"מ א"צ קנין ואם עמד חוזר ואם לא עמד קונה זה המקצת ואם יש בו קנין אינו קונה אא"כ כתב כמיפה כחו וכן אם כתב כל נכסיו ומפרש שנותן הכל מעכשיו ומקנה לו מחיים הרי היא כשאר מתנת בריא שאם הגיע השטר ליד המקבל או שקנו מיד הנותן קנה הכל ואינו יכול לחזור בו: הגה וי"א דהוא הדין מתנת שכיב מרע שכתבו שמקנה לו מהיום הוי כמתנת בריא וצריכה קנין (נ"י פ' מי שמת) ולכן יש ליזהר בצוואת שכיב מרע שלא לכתוב בה שנתן במתנת בריא או מהיום אם לא צוה כך ואם צוה כך אסור לשנות ואז יש לו דין מתנת בריא ואינו נקנה רק בקנין ולא אמרינן בזה שטעות סופר היה ואם לא היה בה קנין המתנה בטילה כנ"ל:De quoi parle-t-on quand on dit que le don partiel d'un chekhiv mera nécessite un kinyan ? D'un don sans précision. Mais s'il a donné une partie de ses biens explicitement à titre de don de chekhiv mera, il n'est pas besoin de kinyan : s'il se relève, il se rétracte ; et s'il ne se relève pas, celui-ci acquiert cette partie. Et s'il y a un kinyan, il n'acquiert pas, à moins qu'il n'ait écrit le kinyan comme un renforcement de son droit (yipouï koa'h). Et de même, s'il a écrit tous ses biens en précisant qu'il donne tout dès maintenant et les lui transfère de son vivant, c'est comme les autres dons d'un homme bien portant : si l'acte est parvenu entre les mains du bénéficiaire, ou si l'on a fait un kinyan de la main du donateur, il acquiert tout, et le donateur ne peut pas se rétracter. Haga (Rema) : Et certains disent qu'il en va de même du don d'un chekhiv mera dans lequel on a écrit qu'il le lui transfère dès aujourd'hui : c'est comme le don d'un homme bien portant, et il nécessite un kinyan (Nimouké Yossef, chapitre Mi Chemet). C'est pourquoi il faut prendre garde, dans le testament d'un chekhiv mera, de ne pas y écrire qu'il a donné par un don de bien portant, ou « dès aujourd'hui », s'il n'a pas ordonné ainsi ; et s'il a ordonné ainsi, il est interdit de changer la formulation, et alors le don a la loi d'un don de bien portant et ne s'acquiert que par un kinyan ; et on ne dit pas en ce cas que c'était une erreur du scribe ; et s'il n'y avait pas de kinyan, le don est annulé, comme ci-dessus.
séif 9
- שכיב מרע שנתן הנכסים שהדבר גלוי שהם כל נכסים שיש לו ה"ז כמתנה במקצת (וצריכה קנין) (טור) ואם קנו מידו ועמד אינו חוזר חוששים אנו שמא נשארו לו נכסים אחרי' במדינ' הים עד שיאמר כל נכסי שהם אלו או שהוא מוחזק שאין לו נכסים אלא אלו ואז תהיה המתנה בכל:Un chekhiv mera qui a donné des biens dont il est notoire qu'ils sont tous les biens qu'il possède, cela est comme un don partiel (et il nécessite un kinyan) (Tour, glose du Rema) ; et si l'on a fait un kinyan de sa main et qu'il s'est relevé, il ne se rétracte pas, car nous craignons qu'il ne lui soit resté d'autres biens outre-mer ; jusqu'à ce qu'il dise : « Tous mes biens, qui sont ceux-ci », ou qu'il soit établi qu'il n'a pas d'autres biens que ceux-ci ; et alors le don sera considéré comme portant sur le tout.
séif 10
- אין חלוק במתנת שכיב מרע בכולה בין אם נתן לא' בין אם נתן לשנים כאחד לפיכך שכיב מרע שחילק כל נכסיו לשנים או לשלשה אם לא הפסיק בין א' לחבירו אלא חלק זה לפלו' וזה לפלו' ומת קנו כולם אפי' בלא קנין עמד חוזר בכולם אפי' בקנין דכולה חדא מתנה היא בלא שיור ואם הפסיק בין א' לחבירו כמי שנמלך על הראשונים חוץ מהאחרון יש להם דין מתנת שכיב מרע במקצת שצריכה קנין אפי' מת ולפיכך אם עמד אינו חוזר ואם אין בהם קנין לא יקנו אפי' אם ימות והאחרון הוא מתנת שכיב מרע בכולה וקונה אם מת אפי' בלא קנין ולפיכך אם עמד חוזר:Il n'y a pas de différence, pour le don total d'un chekhiv mera, entre s'il a donné à un seul ou s'il a donné à deux ensemble. C'est pourquoi un chekhiv mera qui a réparti tous ses biens entre deux ou trois personnes : s'il ne s'est pas interrompu entre l'un et l'autre, mais a attribué ceci à untel et cela à untel, et qu'il est mort, ils ont tous acquis, même sans kinyan ; s'il s'est relevé, il se rétracte pour tous, même avec kinyan, car le tout est un seul don sans part gardée. Et s'il s'est interrompu entre l'un et l'autre, il est comme celui qui a reconsidéré sa décision : les premiers, sauf le dernier, ont la loi d'un don partiel de chekhiv mera, qui nécessite un kinyan même s'il est mort ; c'est pourquoi, s'il se relève, il ne se rétracte pas ; et s'il n'y a pas de kinyan pour eux, ils n'acquièrent pas, même s'il meurt. Et le dernier est un don total de chekhiv mera : il acquiert s'il meurt, même sans kinyan ; c'est pourquoi, s'il se relève, il se rétracte.
séif 11
- שכיב מרע שנתן כל נכסיו וחזר במקצת סתמא חזר בכל : הגה ואפילו נתן לשנים בשטר אחד וחזר מאחד מהן גם השני בטל מיהו אם פירש בהדיא דאינו חוזר רק במקצתן קנה הראשון הנשאר אע"ג דהוי מתנה במקצת ולא קנו מיניה מ"מ בשעה שנתן לו הוי מתנה בכל ולא היה צריך קנין (נ"י פ' מי שמת) וי"א דוקא שחזר ונתן אותו מקצת לאחרים אבל אם שייר אותו מקצת שחזר בו לעצמו גם הנשאר ביד הא' בטל עד שקנו ממנו (נ"י שם) כתב נכסיו מקנתן לאחרים ומקצתן ליורשים וחזר בחלק היורשין לא נתבטל מתנה של אחרים דשל יורשין אינו אלא כירושה בעלמא (נ"י הנ"ל) לפיכך אם נתן כל נכסיו לראשון וחזר ונתן מקצתן לשני הראשון לא קנה אפי' אם ימות שהרי חזר בו והשני יש לו דין מתנת ש"מ במקצת לפיכך אם יש בה קנין קונה אפילו אם לא מת ואם אין בה קנין אפי' אם מת אינו קונה נתן מקצתן לראשון בקנין והמותר לשני ראשון קונה אפי' לא מת והשני הוא מתנת ש"מ בכל ואם מת קנה אפי' בלא קנין עמד לא קנה אפי' הוא בקנין:Un chekhiv mera qui a donné tous ses biens et s'est rétracté pour une partie, sans précision, s'est rétracté pour tout. Haga (Rema) : Et même s'il a donné à deux personnes dans un seul acte et s'est rétracté envers l'un d'eux, le don au second est aussi annulé. Toutefois, s'il a précisé explicitement qu'il ne se rétracte que pour une partie, le premier acquiert ce qui reste, bien que ce soit un don partiel et qu'on n'ait pas fait de kinyan de sa main ; car néanmoins, au moment où il lui a donné, c'était un don total, et il n'avait pas besoin de kinyan (Nimouké Yossef, chapitre Mi Chemet). Et certains disent : cela n'est vrai que s'il est revenu et a donné cette partie à d'autres ; mais s'il a gardé pour lui-même cette partie pour laquelle il s'est rétracté, même ce qui reste entre les mains du premier est annulé, à moins qu'on ait fait un kinyan de sa main (Nimouké Yossef, ibid.). S'il a écrit une partie de ses biens à d'autres et une partie aux héritiers, et s'est rétracté pour la part des héritiers, le don des autres n'est pas annulé, car la part des héritiers n'est qu'un simple héritage (Nimouké Yossef, cité plus haut). C'est pourquoi, s'il a donné tous ses biens au premier, puis a donné une partie d'entre eux au second, le premier n'acquiert pas, même s'il meurt, puisqu'il s'est rétracté ; et le second a la loi d'un don partiel de chekhiv mera ; c'est pourquoi, s'il comporte un kinyan, il acquiert même s'il ne meurt pas ; et s'il ne comporte pas de kinyan, même s'il meurt, il n'acquiert pas. S'il a donné une partie de ses biens au premier avec kinyan, et le reste au second, le premier acquiert même s'il ne meurt pas ; et le second est un don total de chekhiv mera : s'il meurt, il acquiert même sans kinyan ; s'il se relève, il n'acquiert pas, même s'il y a un kinyan.
séif 12
- ש"מ שכ' לאחר וחזר וכתב לאחר האחרון קנה שיש לו לחזור עד שימות (אם פירש שיהא במתנת שכיב מרע כמו שנתבאר סעיף ט') בין בכל בין במקצת בין לעצמו בין לאחר ואפי' כתב וזיכה לראשון וכתב וזיכה לאחרון האחרון קנה ששכיב מרע שזיכה עדיין מתנת שכ"מ היא (וע"ל ס"ד ותפיסה ל"מ מיהו אם כת' והגיע המתנה ליד המקבל מתנה משמע בטור דמהני וצ"ע מנא ליה) אבל שכ"מ שכתב וזיכה וקנו מידו אין לאחר קנין כלום וא"י לחזור בו לא לאחר ולא לעצמו בין שנתן בכל בין שנתן מקצת:Un chekhiv mera qui a écrit un don à quelqu'un, puis a écrit à un autre : le dernier acquiert, car il peut se rétracter jusqu'à ce qu'il meure (Haga (Rema) : s'il a précisé que ce soit à titre de don de chekhiv mera, comme il a été expliqué au séif 9), que ce soit pour le tout ou pour une partie, que ce soit en se rétractant pour lui-même ou au profit d'un autre. Et même s'il a écrit et fait acquérir au premier (zikka, par l'intermédiaire d'un tiers), puis écrit et fait acquérir au dernier, le dernier acquiert, car un chekhiv mera qui a fait acquérir, c'est encore un don de chekhiv mera. (Haga (Rema) : Et voir plus haut, séif 4, que la saisie n'est pas efficace. Toutefois, s'il a écrit et que l'acte de don est parvenu entre les mains du bénéficiaire, il ressort du Tour que cela est efficace, et cela reste à examiner : d'où le tient-il ?) Mais un chekhiv mera qui a écrit, fait acquérir, et dont on a fait un kinyan de la main, l'autre n'a aucune acquisition, et il ne peut pas se rétracter, ni au profit d'un autre ni pour lui-même, qu'il ait donné le tout ou qu'il ait donné une partie.
séif 13
- מצוה מחמת מיתה אפי' כתב וזיכה וקנו מידו בכל מיני הקנאות יכול לחזור בו (ומיהו אם פירש בהדיא שנותן במתנת בריא במעכשיו וקנו מידו קנה) (נ"י הנ"ל) ויש מי שאומר דה"מ כשפירש בהדיא שמחמת מיתה הוא נותן אבל סתם מצוה מחמת מיתה כגון דאמר וי דקא מיית דינו כשכיב מרע:Celui qui ordonne en vue de la mort, même s'il a écrit, fait acquérir, et qu'on a fait un kinyan de sa main par toutes sortes de modes d'acquisition, peut se rétracter. Haga (Rema) : (Toutefois, s'il a précisé explicitement qu'il donne par un don de bien portant, dès maintenant, et qu'on a fait un kinyan de sa main, il acquiert) (Nimouké Yossef, cité plus haut). Et il y a un avis selon lequel cela ne s'applique que lorsqu'il a précisé explicitement qu'il donne en vue de la mort ; mais celui qui ordonne en vue de la mort sans précision, par exemple s'il a dit : « Malheur, car je meurs ! », sa loi est celle d'un chekhiv mera.
séif 14
- שכיב מרע שכתב כל נכסיו לעבדו חוזר בנכסים ואינו חוזר בעבד לפי שיצא עליו קול שהוא בן חורין ואם כתב לו בפי' מהיום אם ימות יכול לחזור בו:Un chekhiv mera qui a écrit tous ses biens à son esclave se rétracte pour les biens, mais ne se rétracte pas pour l'esclave lui-même, car la rumeur s'est répandue à son sujet qu'il est affranchi. Et s'il lui a écrit explicitement : « Dès aujourd'hui, s'il meurt », il peut se rétracter.
séif 15
- ראובן ואשתו שהתנו ביניהם שאם ימות בחייה ירשו אחיו שני שלישי הממון והיא תטול השליש והגיע השטר ליד האחים וחלה ראובן וצוה לתת משני שלישי הממון גם לאחרים ומת ובאים האחים לבטל הצוואה מפני שזכו הם בשני שלישי הממון אין בדבריהם כלום וצוואתו קיימת:Réouven et sa femme ont stipulé entre eux que, s'il mourait de son vivant à elle, ses frères à lui hériteraient des deux tiers de l'argent et elle prendrait le tiers ; l'acte est parvenu entre les mains des frères. Puis Réouven est tombé malade et a ordonné de donner, sur les deux tiers de l'argent, aussi à d'autres, et il est mort. Les frères viennent annuler le testament, parce qu'ils ont acquis les deux tiers de l'argent : leurs paroles n'ont aucune valeur, et son testament est maintenu.
séif 16
- מתנת ש"מ בכולה שנתנה בקנין לא קנה אפי' מת ואפי' אם נכתבה המתנה בשטר ומסר לו השטר מחיים לא קנה דשמא לא גמר להקנות לו אלא בקנין ואין קנין לאחר מיתה ואם פירש שלא הקנה אלא כדי לייפות כחו כגון שכתב וקנינא מיניה מוסף על מתנת' דא קנה (וכן אם כתב דשטר זה יהיה בכל אופן המועיל הוי כאלו כתוב יפוי כח וקנה) (מהר"ם פאדוואה סי' נ"ו) ויש מי שאומר דה"ה נמי מצוה מחמת מיתה בקנין דינו כמתנת ש"מ שהקנין מגרע כחו אלא א"כ יפה כחו: הגה וי"א דאם הנותן לא ביקש הקנין רק המקבל הוי כיפוי כח (פסקי מהרא"י סי' ר"ל) וכן אם אמר אחר הקנין שתתקיים המתנה הוי כיפוי כח (ריב"ש סי' קס"ז) הקנה לו מטלטלין אגב קרקע לא קנה המטלטלים אע"פ שקנה לאחר מיתה הקרקע דהו"ל כאלו הקנה לו מטלטלין עם קרקע של מקנה ואם א"ל מטלטלין אלו לפלוני וליפוי כח אני נותן לו אגב קרקע קנה (תשובת רשב"א סי' תתפ"ב) ש"מ שצוה להיות פלוני ופלוני אפוטרופס על נכסיו וקנו מידו דבריו קיימין ואין צריך בזה יפוי כח (ב"י בשם הריב"ש) וכן אם קנו מידו שמקנה מעכשיו או מהיום אע"פ שפירש שהמתנה לא תהא קיימת רק לאחר מיתה דבריו קיימין וא"צ יפוי כח (ב"י בשם הריטב"א):Le don total d'un chekhiv mera qu'il a donné avec un kinyan : il n'acquiert pas, même s'il meurt ; et même si le don a été écrit dans un acte et qu'il lui a remis l'acte de son vivant, il n'acquiert pas, car peut-être n'a-t-il résolu de lui transférer que par le kinyan, et il n'y a pas de kinyan après la mort. Et s'il a précisé qu'il n'a fait le kinyan que pour renforcer son droit, par exemple s'il a écrit : « Et nous avons fait un kinyan de sa main en plus de ce don-ci », il acquiert. Haga (Rema) : (Et de même, s'il a écrit que cet acte sera valide de toute manière efficace, c'est comme si était écrit un renforcement du droit, et il acquiert) (Maharam de Padoue, siman 56). Et il y a un avis selon lequel il en va de même pour celui qui ordonne en vue de la mort avec un kinyan : sa loi est comme celle du don d'un chekhiv mera, dont le kinyan affaiblit le droit, à moins qu'il n'ait renforcé son droit. Haga (Rema) : Et certains disent que si le donateur n'a pas demandé le kinyan, mais seulement le bénéficiaire, c'est comme un renforcement du droit (Pessakim du Mahari, siman 230). Et de même, s'il a dit après le kinyan que le don sera maintenu, c'est comme un renforcement du droit (Rivach, siman 167). S'il lui a transféré des meubles par l'intermédiaire d'un immeuble (agav karka), il n'acquiert pas les meubles, bien qu'il acquière l'immeuble après la mort, car c'est comme s'il lui avait transféré des meubles avec un immeuble appartenant encore au cédant ; et s'il lui a dit : « Ces meubles sont à untel, et c'est pour renforcer son droit que je les lui donne par l'intermédiaire d'un immeuble », il acquiert (Responsa du Rachba, siman 882). Un chekhiv mera qui a ordonné qu'untel et untel soient tuteurs de ses biens, et dont on a fait un kinyan de la main : ses paroles sont valides, et il n'est pas besoin en cela de renforcement du droit (Beit Yossef, au nom du Rivach). Et de même, si l'on a fait un kinyan de sa main stipulant qu'il transfère dès maintenant ou dès aujourd'hui, bien qu'il ait précisé que le don ne serait valide qu'après la mort, ses paroles sont valides, et il n'est pas besoin de renforcement du droit (Beit Yossef, au nom du Ritva).
séif 17
- וכן אם צוה ש"מ שיכתבו שטר למקבל עם הנתינה ומת אין כותבין ונותנין שמא לא גמר להקנותו אלא בשטר ואין שטר לאחר מיתה אא"כ ייפה כחו בכתיבה כגון שאמר תנו אף כתבו לו ואם לא ייפה כחו אפילו אם נכתב השטר מחיים אין נותנים לו לאחר מיתה:Et de même, si un chekhiv mera a ordonné qu'on écrive un acte au bénéficiaire en même temps que le don, et qu'il est mort, on n'écrit pas et on ne donne pas l'acte, car peut-être n'a-t-il résolu de lui transférer que par l'acte, et il n'y a pas d'acte après la mort ; à moins qu'il n'ait renforcé son droit par l'écrit, par exemple s'il a dit : « Donnez, et aussi écrivez-lui. » Et s'il n'a pas renforcé son droit, même si l'acte a été écrit de son vivant, on ne le lui donne pas après la mort.
séif 18
- הא דאמרי' שאפי' הגיע השטר ליד המקבל לא קנה אא"כ ייפה כחו דוקא כשאין השטר כתוב בלשון צואה אלא בלשון מתנה שכתוב בו שדי נתונה לך ומסר השטר לידו דאז הוי מסירת השטר כמו קנין וצריך יפוי כח אבל אם השטר כתוב בו בלשון צוואה כדרך שמצוה אל ביתו שאז אינו עומד אלא לראיה אם הגיע ליד המקבל מחיים קנה (וכן אם כתב בכתב ידו שדי נתונה לפלוני אינו אלא כצוואה דעלמא וקנה בלא יפוי כח) (ב"י בשם רבי ירוחם):Ce que nous disons, que même si l'acte est parvenu entre les mains du bénéficiaire il n'acquiert pas à moins qu'il n'ait renforcé son droit, c'est seulement lorsque l'acte n'est pas écrit en langage de testament, mais en langage de don, où il est écrit : « Mon champ t'est donné », et qu'il lui a remis l'acte en main ; car alors la remise de l'acte est comme un kinyan, et il faut un renforcement du droit. Mais si l'acte est écrit en langage de testament, à la manière dont on donne ses instructions à sa maison, alors il ne sert que de preuve : s'il est parvenu entre les mains du bénéficiaire de son vivant, il acquiert. Haga (Rema) : (Et de même, s'il a écrit de sa propre main : « Mon champ est donné à untel », ce n'est qu'un simple testament, et il acquiert sans renforcement du droit) (Beit Yossef, au nom de Rabbénou Yero'ham).
séif 19
- אם כתב לאחד והקנה לו וחזר וכתב לשני והקנה לו יש מי שאומר שהשני קונה אפי' בלא יפוי כח ואפי' לא הגיע השטר לידו מחיים וכן אם כתב ומסר וזיכה לזה וחזר וכתב ומסר וזיכה לשני שני קונה אף בלא יפוי כח דקנין דשני לאו לגרועי אתא אלא שהוא סבור שלא יקנה אם פיחת לו מהראשון:S'il a écrit un don à quelqu'un et le lui a transféré par kinyan, puis a écrit à un second et le lui a transféré, il y a un avis selon lequel le second acquiert, même sans renforcement du droit, et même si l'acte n'est pas parvenu entre ses mains du vivant du donateur. Et de même, s'il a écrit, remis et fait acquérir à celui-ci, puis a écrit, remis et fait acquérir au second, le second acquiert même sans renforcement du droit, car le kinyan du second ne vient pas pour affaiblir son droit, mais le donateur pensait qu'il n'acquerrait pas s'il lui donnait moins qu'au premier.
séif 20
- הא דאמרי' שאם צוה שכיב מרע שיכתבו שטר למקבל עם הנתינה חוששין שמא לא גמר להקנותו אלא בשטר דוקא בכה"ג אבל ש"מ שמסדר ענינו וגומר צוואתו ומצוה לכתבה אינו מצוה לכתבה אלא לזכרון בעלמא וגמר להקנות לו מיד ואין צריד יפוי כח: הגה וכבר נתבאר סעיף י"ט דבעינן שבאה הצוואה ליד המקבל מחיים וצוואה שכתב בה קנין הוי כשאר שטר מתנה דבעינן יפוי כח ובמקום שנהגו שכולן מקנין בצוואה בעלמא ואין מכוונין להקנות בשטר א"צ יפוי כח (ריב"ש סי' קס"ח) מי שמבקש מיורשיו שיעשו כך וכך בנכסיו מקרי צוואת שכיב מרע כי מה שביקש לא עשה רק לחזק הדברים (פסקי מהרא"י סי' צ"ט):Ce que nous disons, que si un chekhiv mera a ordonné qu'on écrive un acte au bénéficiaire en même temps que le don, on craint qu'il n'ait résolu de lui transférer que par l'acte, c'est seulement dans un tel cas. Mais un chekhiv mera qui organise ses affaires, achève son testament et ordonne de l'écrire, ne l'ordonne d'écrire que pour simple mémoire, et il a résolu de lui transférer immédiatement, et il n'est pas besoin de renforcement du droit. Haga (Rema) : Et il a déjà été expliqué, au séif 19, qu'il faut que le testament parvienne entre les mains du bénéficiaire du vivant du testateur. Et un testament dans lequel il a écrit un kinyan est comme les autres actes de don, pour lesquels il faut un renforcement du droit ; mais là où l'on a l'usage que tous transfèrent par un simple testament, sans avoir l'intention de transférer par l'acte, il n'est pas besoin de renforcement du droit (Rivach, siman 168). Celui qui demande à ses héritiers de faire telle et telle chose de ses biens, cela s'appelle un testament de chekhiv mera (et non une simple requête), car le fait qu'il ait formulé cela comme une demande, il ne l'a fait que pour renforcer ses paroles (Pessakim du Mahari, siman 99).
séif 21
- יש מי שאומר דלא שני לן בין אומר כתבו ותנו לו לאומר תנו וכתבו לו ויש מי שאומר דהא דבעינן יפוי כח דוקא באומר כתבו ותנו מנה לפלו' דמשמע כתבו מנה לפלו' ותנו לו את השטר אבל כשאומר תנו מנה לפלו' וכתבו לו את השטר דכיון שאינו מזכיר שיתנו לו השטר לא נתכוין בצוואת כתיבת השטר אלא לזכרון דברים ולא להקנות לו בשטר וכן ש"מ שאמר תנו מנה לפלו' ואחר כדי דבור אמר כתבו ותנו לו את השטר מסתמא לא לחזור ממתנה ראשונ' (נתכוון) אלא ליפות כחו שיהא לו לראיה והעדים כותבין מה שצוה בפניהם ואין כותבין ואמר לנו כתבו ותנו לפי שנמצאו מבטלים בכך המתנה:Il y a un avis selon lequel nous ne faisons pas de différence entre celui qui dit : « Écrivez et donnez-lui », et celui qui dit : « Donnez et écrivez-lui. » Et il y a un avis selon lequel, ce que nous exigeons un renforcement du droit, c'est seulement lorsqu'il dit : « Écrivez et donnez un mané à untel », ce qui signifie : « Écrivez un acte pour un mané à untel, et donnez-lui l'acte » ; mais lorsqu'il dit : « Donnez un mané à untel, et écrivez-lui l'acte », puisqu'il ne mentionne pas qu'on lui donne l'acte, il n'a voulu, par l'ordre d'écrire l'acte, que garder le souvenir des choses, et non lui transférer par l'acte. Et de même, un chekhiv mera qui a dit : « Donnez un mané à untel », et qui, après le temps d'une parole (kedé dibour), a dit : « Écrivez et donnez-lui l'acte », vraisemblablement, il n'a pas voulu revenir sur le premier don, mais renforcer son droit, afin qu'il ait une preuve. Et les témoins écrivent ce qu'il a ordonné devant eux, mais n'écrivent pas : « Et il nous a dit : Écrivez et donnez », car ils annuleraient ainsi le don.
séif 22
- בריא שאמר כתבו ותנו מנה לפלו' ומת אין נותנים אפי' במיפה כחו ויש מי שאומר דהיינו משום דאמר כתבו ותנו אבל אם אמר תנו ולא אמר כתבו נותני' משום מצוה לקיים דברי המת וי"א דלא אמרי' מצוה לקיים דברי המת אלא היכא דאתפסיה ביד שליש (וע"ל סי' רנ"ב):Un homme bien portant qui a dit : « Écrivez et donnez un mané à untel », et qui est mort : on ne donne pas, même s'il a renforcé son droit. Et il y a un avis selon lequel c'est parce qu'il a dit : « Écrivez et donnez » ; mais s'il a dit : « Donnez », sans dire : « Écrivez », on donne, en vertu de la règle : « C'est une mitsva d'accomplir les paroles du défunt. » Et certains disent qu'on ne dit « C'est une mitsva d'accomplir les paroles du défunt » que lorsqu'il a déposé le bien entre les mains d'un tiers (chalich). Haga (Rema) : (Et voir plus loin, siman 252).
séif 23
- בריא שאמר כתבו ותנו שדה זו לפלו' אם מחיים כותבים ונותנים אי לא הדר ביה קמי דמטי שטרא לידיה אבל לאחר מיתה אין כותבין ונותנין אא"כ קנו מידו:Un homme bien portant qui a dit : « Écrivez et donnez ce champ à untel » : de son vivant, on écrit et on donne, s'il ne s'est pas rétracté avant que l'acte ne parvienne entre les mains du bénéficiaire ; mais après la mort, on n'écrit pas et on ne donne pas, à moins qu'on n'ait fait un kinyan de sa main.
séif 24
- מי שמת ונמצאת מתנה קשורה על ירכו אע"פ שהיא בעדים וקנו מידו כדי ליפות כח אלו שנתן להם הרי זה אינה כלום שאני אומר כתבה ונמלך ואם זיכה בה לאחר בין מהיורשים בין שאינו מהיורשים כל הדברים שבה קיימים ככל מתנת שכיב מרע וכן מי שכתב שטר חוב על עצמו בשם אחר או בשם אחד מבניו ונתן השטר על יד שליש וא"ל יהי זה אצלך ולא פירש לו כלום או שא"ל הנח עד שאומר לך מה תעשה ומת אינו כלום ובמתנת בריא בקנין כשהקנה קנה המקבל) (טור בשם הרא"ש):Celui qui est mort, et l'on a trouvé un acte de don attaché à sa cuisse : bien qu'il soit signé par des témoins et qu'on ait fait un kinyan de sa main pour renforcer le droit de ceux à qui il a donné, cela n'a aucune valeur, car je dis : il l'a écrit puis s'est ravisé. Et s'il a, par cet acte, fait acquérir à un autre, qu'il soit parmi les héritiers ou non, toutes les dispositions qui s'y trouvent sont valides, comme tout don de chekhiv mera. Et de même, celui qui a écrit un acte de dette contre lui-même au nom d'un autre, ou au nom de l'un de ses fils, a remis l'acte entre les mains d'un tiers et lui a dit : « Que ceci reste chez toi », sans rien lui préciser, ou lui a dit : « Laisse-le jusqu'à ce que je te dise quoi faire », puis est mort : cela n'a aucune valeur. Et dans le don d'un homme bien portant avec kinyan, dès qu'il a transféré, le bénéficiaire acquiert (Tour, au nom du Roch).
séif 25
- הנותן סתם מטלטליו לאחר מעכשיו ולאחר מותו ואחר שמת טוענים היורשין הבא ראיה שמטלטלים אלו היו לו בשעת מתנה דשמא לאחר מכאן לקחן אין בדבריהם כלום דמסתמא כאן נמצאו וכאן היו (ועיין לעיל סי' ס' סעיף ו' ):Celui qui donne sans précision ses meubles à un autre, « dès maintenant et après sa mort », et après sa mort les héritiers prétendent : « Apporte une preuve que ces meubles lui appartenaient au moment du don, car peut-être les a-t-il acquis après cela » : leurs paroles n'ont aucune valeur, car vraisemblablement, là où ils ont été trouvés, là ils se trouvaient déjà. Haga (Rema) : (Et voir plus haut, siman 60, séif 6).
séif 26