Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- בְּעֶבֶד שֶׁל שְׁנֵי שׁוּתָּפִין, וְדִבְרֵי הַכֹּל.La Michna (enseignement des Tannaïm, Sages de l'époque de la Michna) parle d'un esclave de deux associés, et c'est de l'avis de tous : chacun peut affranchir sa part, si bien que l'état de demi-esclave existe même selon la lecture que fait Rav Yosef de l'opinion des Rabbanan.
- אָמַר רַבָּה: מַחֲלוֹקֶת – בְּשֶׁשִּׁיחְרֵר חֶצְיוֹ וְהִנִּיחַ חֶצְיוֹ; אֲבָל שִׁיחְרֵר חֶצְיוֹ, וּמָכַר חֶצְיוֹ אוֹ נָתַן בְּמַתָּנָה חֶצְיוֹ, כֵּיוָן דְּקָנָפֵיק מִינֵּיהּ כּוּלֵּיהּ – דִּבְרֵי הַכֹּל קָנָה.Rabba a dit : la machlokèt (divergence d'opinions) de Rabbi et des Rabbanan porte sur le cas où il a affranchi sa moitié et a laissé l'autre moitié telle quelle. Mais s'il a affranchi sa moitié et a vendu sa moitié, ou a donné sa moitié en cadeau, puisque tout l'esclave sort de son domaine, de l'avis de tous il a acquis cette moitié de liberté.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וּבְכוּלּוֹ – לָא פְּלִיגִי?! וְהָתָנֵי חֲדָא: הַכּוֹתֵב נְכָסָיו לִשְׁנֵי עֲבָדָיו – קָנוּ וּמְשַׁחְרְרִין זֶה אֶת זֶה. וְתַנְיָא אִידַּךְ, הָאוֹמֵר: ״כׇּל נְכָסַי נְתוּנִין לִפְלוֹנִי וּפְלוֹנִי עֲבָדַיי״ – אַף עַצְמָם לֹא קָנוּ.Abayé lui a dit : et lorsqu'il s'agit de son entier, ils ne divergent pas ?! Or il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : celui qui écrit ses biens à ses deux esclaves : ils ont acquis et ils s'affranchissent l'un l'autre, chacun possédant la moitié de l'autre. Et il a été enseigné dans une autre : celui qui dit : « Tous mes biens sont donnés à Untel et Untel, mes esclaves » : même eux-mêmes, ils ne les ont pas acquis, et à plus forte raison les biens.
- מַאי, לָאו הָא רַבִּי, וְהָא רַבָּנַן?!Abayé poursuit : quoi donc, n'est-ce pas que celle-ci est de Rabbi et celle-là des Rabbanan ?! Ceux-ci refuseraient ainsi l'affranchissement partiel, même lorsque le maître ne garde rien sur l'esclave.
- לָא, אִידִי וְאִידִי רַבָּנַן; הָא דְּאָמַר כּוּלּוֹ, הָא דְּאָמַר חֲצִי חֲצִי.Non, l'une et l'autre sont des Rabbanan : celle-ci lorsqu'il a dit son entier, en donnant la totalité de ses biens à chacun, celle-là lorsqu'il a dit moitié-moitié.
- וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: וְאִם אָמַר חֲצִי חֲצִי – לֹא קָנוּ, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא דְּאָמַר כּוּלּוֹ! פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ – אַף עַצְמָן לֹא קָנוּ, כֵּיצַד? כְּגוֹן דְּאָמַר חֲצִי חֲצִי.Mais puisque la fin enseigne : « Et s'il a dit moitié-moitié, ils n'ont pas acquis », on en déduit que le début parle du cas où il a dit son entier ! La Guemara (discussion des Amoraïm, Sages de l'époque de la Guemara) répond : la fin ne fait qu'expliquer le début : même eux-mêmes, ils ne les ont pas acquis. Comment ? Par exemple lorsqu'il a dit moitié-moitié.
- הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ רֵישָׁא דְּאָמַר כּוּלּוֹ – הַשְׁתָּא אָמַר כּוּלּוֹ לֹא קָנוּ, אָמַר חֲצִי חֲצִי מִיבַּעְיָא?!C'est ainsi aussi qu'il est raisonnable de l'entendre : car si tu pensais que le début parle du cas où il a dit son entier, alors, maintenant que s'il a dit son entier ils n'ont pas acquis, s'il a dit moitié-moitié, est-il besoin de le dire ?!
- אִי מִשּׁוּם הָא לָא אִירְיָא – תְּנָא סֵיפָא לְגַלּוֹיֵי רֵישָׁא, שֶׁלֹּא תֹּאמַר: רֵישָׁא דְּאָמַר חֲצִי חֲצִי, אֲבָל אָמַר כּוּלּוֹ קָנוּ; תְּנָא סֵיפָא דְּאָמַר חֲצִי חֲצִי, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא דְּאָמַר כּוּלּוֹ – וַאֲפִילּוּ הָכִי לֹא קָנוּ.Si c'est pour cela, ce n'est pas une preuve : le Tanna a enseigné la fin pour éclairer le début, afin que tu ne dises pas : le début parle du cas où il a dit moitié-moitié, mais s'il a dit son entier, ils ont acquis. Il a enseigné la fin, où il a dit moitié-moitié, d'où l'on déduit que le début parle du cas où il a dit son entier, et même ainsi ils n'ont pas acquis.
- וְאִיבָּעֵית אֵימָא, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּשְׁטָר אֶחָד, כָּאן בִּשְׁנֵי שְׁטָרוֹת.Et si tu veux, dis : ce n'est pas difficile : ici, par un seul acte ; là, par deux actes. Un seul acte ne peut en effet affranchir deux esclaves.
- בִּשְׁטָר אֶחָד, מַאי אִירְיָא חֲצִי חֲצִי? אֲפִילּוּ אָמַר כּוּלּוֹ נָמֵי לֹא קָנוּ! הָכִי נָמֵי קָאָמַר: אַף עַצְמָן לֹא קָנוּ, בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים – בִּשְׁטָר אֶחָד, אֲבָל בִּשְׁנֵי שְׁטָרוֹת – קָנוּ; וְאִם אָמַר חֲצִי חֲצִי – אַף בִּשְׁנֵי שְׁטָרוֹת נָמֵי לָא קָנוּ.S'il s'agit d'un seul acte, pourquoi parler spécialement de moitié-moitié ? Même s'il a dit son entier, ils n'ont pas acquis non plus ! La Guemara répond : c'est bien aussi ce qu'il dit : même eux-mêmes, ils ne les ont pas acquis ; en quel cas cela a-t-il été dit ? Par un seul acte ; mais par deux actes, ils ont acquis. Et s'il a dit moitié-moitié, même par deux actes ils n'ont pas acquis non plus.
- וְאִיבָּעֵית אֵימָא: לָא קַשְׁיָא – כָּאן בְּבַת אַחַת, כָּאן בְּזֶה אַחַר זֶה.Et si tu veux, dis : ce n'est pas difficile : ici, en même temps ; là, l'un après l'autre.
- בִּשְׁלָמָא בָּתְרָא לָא קָנֵי, דְּהָא קָנֵי לֵיהּ קַמָּא; אֶלָּא קַמָּא, לִיקְנֵי נַפְשֵׁיהּ וְלִקְנְיֵיהּ לְחַבְרֵיהּ! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנִּינַן מֵעִיקָּרָא.Certes, le dernier n'a pas acquis, car le premier l'a acquis ; mais le premier, qu'il acquière lui-même et qu'il acquière son compagnon ! Il est donc clair qu'il faut s'en tenir à ce que nous avons répondu au début.
- רַב אָשֵׁי אָמַר: שָׁאנֵי הָתָם, דְּקָא קָרֵי לְהוּ ״עֲבָדַיי״. אֲמַר לֵיהּ רַפְרָם לְרַב אָשֵׁי: וְדִלְמָא ״עֲבָדַיי״ – שֶׁהָיוּ כְּבָר!Rav Achi a dit : là-bas c'est différent, car il les appelle « mes esclaves », montrant qu'il n'entend pas les affranchir. Rafram a dit à Rav Achi : mais peut-être « mes esclaves » signifie : qui l'étaient auparavant !
- מִי לָא תְּנַן: הַכּוֹתֵב כׇּל נְכָסָיו לְעַבְדּוֹ – יָצָא לְחֵירוּת; שִׁיֵּיר קַרְקַע כָּל שֶׁהוּא – לֹא יָצָא לְחֵירוּת. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְעוֹלָם הוּא בֶּן חוֹרִין, עַד שֶׁיֹּאמַר: ״כׇּל נְכָסַי נְתוּנִין לִפְלוֹנִי עַבְדִּי, חוּץ מֵאֶחָד מֵרִבּוֹא שֶׁבָּהֶן״.N'avons-nous pas appris (Péa 3, 8) : celui qui écrit tous ses biens à son esclave : il est sorti vers la liberté. S'il a réservé une terre, si petite soit-elle, il n'est pas sorti vers la liberté. Rabbi Chimon dit : il est toujours homme libre, à moins qu'il ne dise : « Tous mes biens sont donnés à Untel, mon esclave, sauf un dix-millième d'entre eux. »
- טַעְמָא דְּאָמַר [״חוּץ מֵאֶחָד מֵרִבּוֹא שֶׁבָּהֶן״], הָא לָא אָמַר הָכִי – קָנֵי; אַמַּאי? וְהָא ״עֶבֶד״ קָא קָרֵי לֵיהּ! אֶלָּא ״עַבְדִּי״ שֶׁהָיָה כְּבָר, הָכָא נָמֵי ״עֲבָדַיי״ שֶׁהָיוּ כְּבָר.La raison est qu'il a dit « sauf un dix-millième d'entre eux » ; donc, s'il n'a pas dit cela, il acquiert. Pourquoi ? Il l'appelle pourtant « esclave » ! C'est donc « mon esclave » qui l'était auparavant ; ici aussi, « mes esclaves » qui l'étaient auparavant.
- נְגָחוֹ שׁוֹר; יוֹם שֶׁל רַבּוֹ – לְרַבּוֹ, יוֹם שֶׁל עַצְמוֹ – לְעַצְמוֹ. אֶלָּא מֵעַתָּה – יוֹם שֶׁל רַבּוֹ יִשָּׂא שִׁפְחָה, יוֹם שֶׁל עַצְמוֹ יִשָּׂא בַּת חוֹרִין! אִיסּוּרָא לָא קָאָמְרִינַן.Si un bœuf l'a encorné, le demi-esclave : le jour de son maître, l'indemnité va à son maître ; son propre jour, à lui-même. S'il en est ainsi, le jour de son maître, qu'il épouse une servante, et son propre jour, qu'il épouse une femme libre ! La Guemara répond : nous ne disons pas cela pour un interdit.
- תָּא שְׁמַע: הֵמִית מִי שֶׁחֶצְיוֹ עֶבֶד וְחֶצְיוֹ בֶּן חוֹרִין – נוֹתֵן חֲצִי קְנָס לְרַבּוֹ,Viens et entends : lorsqu'un bœuf tue un esclave, son propriétaire paie trente chekalim d'amende au maître ; lorsqu'il tue un homme libre, il paie une rançon aux héritiers. S'il a tué celui qui est à moitié esclave et à moitié homme libre, il donne la moitié de l'amende à son maître,
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.