Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מִשּׁוּם חִינָּא אַקִּילוּ רַבָּנַן גַּבַּהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.On aurait pu penser que, à cause de la grâce (l'attrait que ce bien lui vaudrait pour se remarier), nos Maîtres ont été indulgents à son égard, comme ils l'ont été dans plusieurs dispositions sur la ketouba (contrat de mariage) ; c'est pourquoi la Michna nous enseigne qu'il n'en est rien.
- נִמְנְעוּ מִלְּהַשְׁבִּיעָהּ: מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּרַב כָּהֲנָא – דְּאָמַר רַב כָּהֲנָא; וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב יְהוּדָה, אָמַר רַב: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת, שֶׁהִפְקִיד דִּינַר זָהָב אֵצֶל אַלְמָנָה; וְהִנִּיחַתּוּ בְּכַד שֶׁל קֶמַח, וַאֲפָאַתּוּ בְּפַת, וּנְתָנַתּוּ לְעָנִי;La Michna a enseigné : « Ils se sont abstenus de lui faire prêter serment. » Pour quelle raison ? Si l'on dit que c'est à cause de ce qu'a rapporté Rav Kahana – car Rav Kahana a dit, et certains disent que Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Il arriva qu'un homme, pendant des années de famine, déposa un dinar d'or chez une veuve ; elle le plaça dans une jarre de farine, et le cuisit sans le savoir dans un pain, et le donna à un pauvre en aumône.
- לְיָמִים בָּא בַּעַל הַדִּינָר, וַאֲמַר לַהּ: הָבִי לִי דִּינָרִי. אָמְרָה לֵיהּ: יְהַנֶּה סַם הַמָּוֶת בְּאֶחָד מִבָּנֶיהָ שֶׁל אוֹתָהּ אִשָּׁה, אִם נֶהֱנֵיתִי מִדִּינָרְךָ כְּלוּם! אָמְרוּ: לֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִין עַד שֶׁמֵּת אֶחָד מִבָּנֶיהָ; וּכְשֶׁשָּׁמְעוּ חֲכָמִים בַּדָּבָר, אָמְרוּ: מָה מִי שֶׁנִּשְׁבַּע בֶּאֱמֶת – כָּךְ, הַנִּשְׁבָּע עַל שֶׁקֶר – עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.Quelque temps après, le propriétaire du dinar vint et lui dit : Donne-moi mon dinar. Elle lui dit : Que le poison mortel profite, c'est-à-dire agisse, sur l'un des fils de cette femme (sur l'un de mes fils) si j'ai tiré le moindre profit de ton dinar ! On a dit : Il ne s'écoula que peu de jours avant que l'un de ses fils ne meure ; et lorsque les Sages apprirent la chose, ils dirent : Si tel est le sort de celui qui jure selon la vérité, celui qui jure mensongèrement, à plus forte raison !
- מַאי טַעְמָא אִיעֲנַשָׁה? דְּאִישְׁתָּרַשׁ לַהּ מְקוֹם דִּינָר.La Guemara clarifie le récit : Pour quelle raison a-t-elle été punie, puisqu'elle n'avait pas profité du dinar ? Parce qu'elle avait gagné la place du dinar : la pièce occupait dans le pain un espace qu'il n'avait pas fallu remplir de pâte.
- וּמַאי ״מִי שֶׁנִּשְׁבַּע בֶּאֱמֶת״? כְּמִי שֶׁנִּשְׁבַּע בֶּאֱמֶת.Mais si elle en a profité, que signifie : « celui qui jure selon la vérité » ? Cela signifie : comme celui qui jure selon la vérité, car elle croyait dire vrai. C'est donc la gravité du serment, même faux par erreur, qui aurait conduit les Sages à s'abstenir de le faire prêter aux veuves.
- אִי מִשּׁוּם הָא, מַאי אִירְיָא אַלְמָנָה? אֲפִילּוּ גְּרוּשָׁה נָמֵי! אַלְּמָה אָמַר רַבִּי זֵירָא, אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא אַלְמָנָה, אֲבָל גְּרוּשָׁה מַשְׁבִּיעִין אוֹתָהּ?Si c'est à cause de cela, pourquoi seulement une veuve ? Même une divorcée aussi devrait en être dispensée ! Pourquoi donc Rabbi Zeira a-t-il dit au nom de Chmouel : Ils n'ont enseigné cela que pour une veuve, mais une divorcée, on lui fait prêter serment ?
- אַלְמָנָה שָׁאנֵי; דִּבְהָהִיא הֲנָאָה דְּקָא טָרְחָה קַמֵּי דְּיַתְמֵי, אָתְיָא לְאוֹרוֹיֵי הֶיתֵּרָא.La Guemara répond : Une veuve est différente, car du fait de ce profit qu'elle s'estime en droit de prendre pour la peine qu'elle se donne devant les orphelins (elle reste à leur service dans la maison), elle en vient à s'accorder une permission et à jurer n'avoir rien perçu de sa ketouba, alors qu'elle en a pris une petite part.
- אָמַר רַב יְהוּדָה, אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ, לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּבֵית דִּין, אֲבָל חוּץ לְבֵית דִּין – מַשְׁבִּיעִין אוֹתָהּ. אִינִי?! וְהָא רַב לָא מַגְבֵּי כְּתוּבָּה לְאַרְמַלְתָּא! קַשְׁיָא.Rav Yehouda a dit au nom de Rabbi Yirmeya bar Abba : Rav et Chmouel ont dit tous deux : Ils n'ont enseigné cela qu'au tribunal, où le serment est solennel, mais hors du tribunal, on lui fait prêter serment. La Guemara s'étonne : Est-ce vrai ? Mais voici que Rav ne faisait pas percevoir la ketouba à une veuve, faute de serment possible, ce qui prouve qu'il n'admet pas le serment hors du tribunal ! C'est une difficulté.
- בְּסוּרָא מַתְנוּ הָכִי. בִּנְהַרְדְּעָא מַתְנוּ הָכִי – אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּבֵית דִּין, אֲבָל חוּץ לְבֵית דִּין – מַשְׁבִּיעִין אוֹתָהּ. וְרַב אָמַר: אֲפִילּוּ חוּץ לְבֵית דִּין נָמֵי אֵין מַשְׁבִּיעִין אוֹתָהּ.À Soura, on enseignait ainsi la position de Rav et Chmouel. À Nehardea, on enseignait ainsi : Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : Ils n'ont enseigné cela qu'au tribunal, mais hors du tribunal, on lui fait prêter serment. Et Rav a dit : Même hors du tribunal, on ne lui fait pas prêter serment.
- רַב לְטַעְמֵיהּ – דְּרַב לָא מַגְבֵּי כְּתוּבָּה לְאַרְמַלְתָּא. וְלִיאַדְּרַהּ וְלַיגְבְּיַיהּ! בִּשְׁנֵי דְּרַב קִילִי נִדְרֵי.Rav suit ici son raisonnement, car Rav ne faisait pas percevoir la ketouba à une veuve. La Guemara demande : Qu'il lui fasse donc prononcer un vœu et qu'il lui fasse percevoir sa ketouba, comme l'enseigne la Michna ! À l'époque de Rav, les vœux étaient pris à la légère ; on ne pouvait donc pas s'y fier.
- הָהִיא דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא, אֲמַר לַהּ: מָה אֶעֱבֵיד לִיךְ, דְּרַב לָא מַגְבֵּי כְּתוּבָּה לְאַרְמַלְתָּא. אֲמַרָה לֵיהּ: מִידֵּי הוּא טַעְמָא – אֶלָּא דִּלְמָא נָקֵיטְנָא מִידֵּי מִכְּתוּבָּתִי, חַי ה׳ צְבָאוֹת אִם נֶהֱנֵיתִי מִכְּתוּבָּתִי כְּלוּם! אָמַר רַב הוּנָא: מוֹדֶה רַב בְּקוֹפֶצֶת.Une certaine veuve vint devant Rav Houna. Il lui dit : Que puis-je faire pour toi, puisque Rav ne faisait pas percevoir la ketouba à une veuve ? Elle lui dit : La raison n'est-elle pas seulement que j'ai peut-être déjà pris quelque chose de ma ketouba ? Aussi vrai que vit Hachem Tsevaot, je n'ai tiré aucun profit de ma ketouba ! Rav Houna a dit : Rav admet dans le cas de celle qui s'empresse de jurer d'elle-même : son serment est reçu et elle perçoit sa ketouba.
- הָהִיא דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא, אֲמַר לַהּ: מַאי אֶעֱבֵיד לִיךְ, דְּרַב לָא מַגְבֵּי כְּתוּבָּה לְאַרְמַלְתָּא, וְאַבָּא מָרִי לָא מַגְבֵּי כְּתוּבָּה לְאַרְמַלְתָּא.Une certaine veuve vint devant Rabba bar Rav Houna. Il lui dit : Que puis-je faire pour toi, puisque Rav ne faisait pas percevoir la ketouba à une veuve, et que mon père et maître Rav Houna ne faisait pas percevoir la ketouba à une veuve ?
- אֲמַרָה לֵיהּ: הַב לִי מְזוֹנֵי. אֲמַר לַהּ: מְזוֹנֵי נָמֵי לֵית לִיךְ; דְּאָמַר רַב יְהוּדָה, אָמַר שְׁמוּאֵל: הַתּוֹבַעַת כְּתוּבָּתָהּ בְּבֵית דִּין – אֵין לָהּ מְזוֹנוֹת.Elle lui dit : Donne-moi alors ma subsistance sur les biens de mon mari. Il lui dit : La subsistance non plus, tu n'y as pas droit, car Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : Celle qui réclame sa ketouba au tribunal n'a plus droit à la subsistance.
- אֲמַרָה לֵיהּ: אַפְכוּהּ לְכוּרְסְיֵהּ, כְּבֵי תְּרֵי עָבְדַתְּ לִי! הַפְכוּהּ לְכוּרְסְיֵהּ וְתָרְצוּהּ, וַאֲפִילּוּ הָכִי לָא אִיפְּרַק מֵחוּלְשָׁא.Elle lui dit : Que l'on renverse son siège, car tu as agi envers moi selon deux avis, ceux de Rav et de Chmouel, à mon détriment ! Ils renversèrent son siège pour accomplir la malédiction à la lettre, puis le redressèrent ; et malgré cela, il n'échappa pas à la maladie.
- אֲמַר לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרַב יִרְמְיָה בִּירָאָה: אַדְּרַהּ בְּבֵית דִּין, וְאַשְׁבְּעַהּ חוּץ לְבֵית דִּין, וְלֵיתֵי קָלָא וְלִיפּוֹל בְּאוּדְנִי, דְּבָעֵינָא כִּי הֵיכִי דְּאֶעֱבֵיד בָּהּ מַעֲשֶׂה.Rav Yehouda dit à Rav Yirmeya de Bira : Si une veuve vient réclamer sa ketouba, fais-lui prononcer un vœu au tribunal, fais-lui prêter serment hors du tribunal, et que la nouvelle en parvienne à mes oreilles, car je désire que l'on agisse ainsi concrètement, à l'encontre de la pratique des disciples de Rav.
- גּוּפָא – אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא אַלְמָנָה, אֲבָל גְּרוּשָׁה – מַשְׁבִּיעִין אוֹתָהּ.Revenons au sujet lui-même : Rabbi Zeira a dit au nom de Chmouel : Ils n'ont enseigné cela que pour une veuve, mais une divorcée, on lui fait prêter serment.
- וּגְרוּשָׁה דְּאַדְּרַהּ לָא?! וְהָא שְׁלַחוּ מִתָּם: ״אֵיךְ פְּלוֹנִיתָא בַּת פְּלוֹנִי קַבִּילַת גִּיטָּא מִן יְדָא דְּאַחָא בַּר הִידְיָא דְּמִתְקְרֵי ״אַיָּה מָרִי״; וּנְדַרַת וַאֲסַרַת פֵּירוֹת שֶׁבָּעוֹלָם עֲלַהּ דְּלָא קַבִּילַת מִכְּתוּבְּתַהּ אֶלָּא גְּלוּפְקְרָא אֶחָד, וְסֵפֶר תְּהִלִּים אֶחָד, וְסֵפֶר אִיּוֹב, וּמִמְשָׁלוֹת בְּלוֹאִים;La Guemara demande : Et une divorcée à qui on a fait prononcer un vœu ne perçoit-elle pas sa ketouba ? Mais voici qu'ils ont envoyé de là-bas (d'Erets Israël) l'acte suivant : « Comment Une Telle, fille d'Un Tel, a reçu un get (acte de divorce) de la main d'A'ha bar Hidya, surnommé Ayya Mari ; et elle a fait vœu et s'est interdit les fruits du monde, attestant qu'elle n'a reçu de sa ketouba qu'un manteau, un livre des Psaumes, un livre de Job et des Proverbes, usés ;
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.