Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דִּלְמָא לָא הִיא; עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָתָם, אֶלָּא דְּמִיגּוֹ דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר לְהוּ לְנִכְסֵיהּ, וְהָוֵי עָנִי וַחֲזֵי לֵיהּ – וּמִיגּוֹ דְּזָכֵי לֵיהּ לְנַפְשֵׁיהּ זָכֵי לְחַבְרֵיהּ; אֲבָל הָכָא, לָא.Peut-être n'en est-il pas ainsi : Rabbi Eliézer n'a parlé là-bas que parce que, puisque, s'il le voulait, il pourrait déclarer ses biens sans maître, devenir pauvre, et la péa (coin du champ laissé aux pauvres) lui conviendrait ; et puisqu'il acquerrait pour lui-même, il acquiert pour son ami. Mais ici, où il saisit pour un créancier, Rabbi Eliézer ne le dirait pas.
- וְעַד כָּאן לָא קָאָמְרִי רַבָּנַן הָתָם, אֶלָּא דִּכְתִיב: ״לֹא תְלַקֵּט לְעָנִי״ – לֹא תְלַקֵּט לוֹ לְעָנִי; אֲבָל הָכָא, לָא.Inversement, les Sages n'ont parlé là-bas que parce qu'il est écrit : « Tu ne glaneras pas pour le pauvre » (Lévitique 23, 22) : lu d'un trait, « tu ne glaneras pas pour le pauvre » signifie que le pauvre doit glaner lui-même. Mais ici, où ce verset ne s'applique pas, les Sages ne le diraient pas.
- וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, הַאי ״לֹא תְלַקֵּט״ – מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְהַזְהִיר לְעָנִי עַל שֶׁלּוֹ.Et Rabbi Eliézer, ce « tu ne glaneras pas », qu'en fait-il ? Il répond : Il en a besoin pour mettre en garde un pauvre quant à son propre champ, afin qu'il n'en glane pas la péa pour lui-même.
- שֶׁאִם יִרְצֶה שֶׁלֹּא לָזוּן כּוּ׳: שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ, יָכוֹל הָרַב לוֹמַר לָעֶבֶד: ״עֲשֵׂה עִמִּי וְאֵינִי זָנָךְ״?« Car s'il veut ne pas nourrir, etc. » : Déduis-en que le maître peut dire à l'esclave : « Travaille pour moi et je ne te nourris pas » !
- הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – דַּאֲמַר לֵיהּ: ״צֵא מַעֲשֵׂה יָדֶיךָ לִמְזוֹנוֹתֶיךָ״.La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) rejette cette preuve : De quoi s'agit-il ici ? D'un cas où il lui a dit : « Que le produit de ton travail serve à ta subsistance. » Il ne lui impose donc pas de travailler pour lui sans le nourrir.
- דִּכְווֹתַהּ גַּבֵּי אִשָּׁה – דַּאֲמַר לַהּ: ״צְאִי מַעֲשֵׂה יָדַיִךְ בִּמְזוֹנוֹתַיִךְ״?! אִשָּׁה אַמַּאי לָא? אִשָּׁה – בִּדְלָא סָפְקָא.Le cas semblable pour la femme serait donc qu'il lui dise : « Que le produit de ton travail serve à ta subsistance » ?! Pourquoi la Michna dit-elle que pour la femme, il n'en a pas le droit ? La Guemara répond : La femme, c'est le cas où ses gains ne suffisent pas à sa subsistance.
- עֶבֶד נָמֵי בִּדְלָא סָפֵיק! עַבְדָּא דִּנְהוֹם כְּרֵסֵיהּ לָא שָׁוֵיא, לְמָרֵיהּ וּלְמָרְתֵיהּ לְמַאי מִיתְבְּעֵי?L'esclave aussi, c'est le cas où ses gains ne suffisent pas ! La Guemara répond : Un esclave qui ne vaut même pas le pain de son ventre, à quoi est-il nécessaire à son maître ou à sa maîtresse ? La Michna ne parle pas d'un tel cas.
- תָּא שְׁמַע: עֶבֶד שֶׁגָּלָה לְעָרֵי מִקְלָט אֵין רַבּוֹ חַיָּיב לְזוּנוֹ, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמַּעֲשֵׂה יָדָיו לְרַבּוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ, יָכוֹל הָרַב לוֹמַר לָעֶבֶד ״עֲשֵׂה עִמִּי וְאֵינִי זָנָךְ״! הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, דְּאָמַר לוֹ: ״צֵא מַעֲשֵׂה יָדֶיךָ לִמְזוֹנוֹתֶיךָ״.Viens et entends une preuve : Un esclave qui a été exilé dans les villes de refuge pour un meurtre involontaire, son maître n'est pas tenu de le nourrir ; et non seulement cela, mais le produit de son travail appartient à son maître. Déduis-en que le maître peut dire à l'esclave : « Travaille pour moi et je ne te nourris pas » ! La Guemara rejette : De quoi s'agit-il ici ? D'un cas où il lui a dit : « Que le produit de ton travail serve à ta subsistance. »
- אִי הָכִי, מַעֲשֵׂה יָדָיו אַמַּאי לְרַבּוֹ? לְהַעְדָּפָה.S'il en est ainsi, pourquoi le produit de son travail appartient-il à son maître ? Réponse : Il s'agit de l'excédent de ses gains sur ses besoins.
- הַעֲדָפָה, פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא, כֵּיוָן דְּכִי לֵית לֵיהּ לָא יָהֵיב לֵיהּ, כִּי אִית לֵיהּ נָמֵי לָא לִישְׁקוֹל מִינֵּיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.L'excédent, c'est évident ! Réponse : Tu aurais pu dire que, puisque lorsqu'il n'a pas assez, le maître ne lui donne pas, lorsqu'il a un excédent, il ne devrait pas non plus le lui prendre ; elle nous apprend donc qu'il le lui prend.
- וּמַאי שְׁנָא לְעָרֵי מִקְלָט? סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״וָחָי״ – עָבֵיד לֵיהּ חִיּוּתָא טְפֵי, קָא מַשְׁמַע לַן.Et qu'y a-t-il de différent pour les villes de refuge ? Réponse : Tu aurais pu penser que, puisqu'il est écrit : « et il vivra » (Deutéronome 4, 42), on doit lui assurer davantage de vie, en lui laissant son excédent ; elle nous apprend donc qu'il n'en est rien.
- וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: אֲבָל אִשָּׁה שֶׁגָּלְתָה לְעָרֵי מִקְלָט – בַּעְלָהּ חַיָּיב בִּמְזוֹנוֹתֶיהָ; מִכְּלָל דְּלָא אֲמַר לַהּ, דְּאִי אֲמַר לַהּ, בַּעְלַהּ אַמַּאי חַיָּיב?Mais puisqu'elle enseigne à la fin : « Mais une femme qui a été exilée dans les villes de refuge, son mari est tenu de la nourrir », il en ressort qu'il ne le lui a pas dit, car s'il le lui avait dit, pourquoi son mari serait-il tenu de la nourrir ?
- וּמִדְּסֵיפָא דְּלָא אֲמַר לַהּ, רֵישָׁא נָמֵי דְּלָא אֲמַר לֵיהּ!Et puisque la fin parle du cas où il ne le lui a pas dit, le début aussi parle du cas où il ne le lui a pas dit !
- לְעוֹלָם דַּאֲמַר לֵיהּ, וְאִשָּׁה בִּדְלָא סָפְקָה.En réalité, c'est le cas où il le lui a dit, et la femme, c'est le cas où ses gains ne suffisent pas.
- וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: וְאִם אָמַר לָהּ ״צְאִי מַעֲשֵׂה יָדַיִךְ בִּמְזוֹנוֹתַיִךְ״ – רַשַּׁאי, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא דְּלָא אֲמַר לַהּ! הָכִי קָאָמַר: וְאִם מַסְפֶּקֶת, וְאָמַר לַהּ: ״צְאִי מַעֲשֵׂה יָדַיִךְ בִּמְזוֹנוֹתַיִךְ״ – רַשַּׁאי.Mais puisqu'elle enseigne à la fin : « Et s'il lui a dit : “Que le produit de ton travail serve à ta subsistance”, il en a le droit », il en ressort que le début parle du cas où il ne le lui a pas dit ! Réponse : Voici ce qu'il veut dire : Et si ses gains suffisent et qu'il lui a dit : « Que le produit de ton travail serve à ta subsistance », il en a le droit.
- מַסְפֶּקֶת, מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא: ״כׇּל כְּבוּדָּה בַת מֶלֶךְ פְּנִימָה״, קָא מַשְׁמַע לַן.Si ses gains suffisent, à quoi bon le dire ? Réponse : Tu aurais pu dire, selon le verset « Toute la gloire de la fille du roi est à l'intérieur » (Psaumes 45, 14), qu'elle ne devrait pas sortir chercher du travail dans une ville de refuge ; elle nous apprend donc qu'il peut le lui dire.
- לֵימָא כְּתַנָּאֵי – רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: יָכוֹל הָעֶבֶד לוֹמַר לְרַבּוֹ בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת: ״אוֹ פַּרְנְסֵנִי, אוֹ הוֹצִיאֵנִי לְחֵירוּת״. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הָרְשׁוּת בְּיַד רַבּוֹ.Dirons-nous que c'est comme une divergence de Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) ? Rabban Chimon ben Gamliel dit : L'esclave peut dire à son maître, dans les années de famine : « Ou bien entretiens-moi, ou bien fais-moi sortir en liberté. » Et les Sages disent : Le droit est aux mains de son maître.
- מַאי, לָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי – דְּמָר סָבַר: יָכוֹל, וּמָר סָבַר: אֵינוֹ יָכוֹל?N'est-ce pas sur ceci qu'ils divergent : l'un pense qu'il peut dire « travaille pour moi et je ne te nourris pas », et l'autre pense qu'il ne peut pas ?
- וְתִיסְבְּרָא?! הַאי ״אוֹ פַּרְנְסֵנִי אוֹ הוֹצִיאֵנִי לְחֵירוּת״?! ״אוֹ פַּרְנְסֵנִי אוֹ תֵּן לִי מַעֲשֵׂה יָדַי בְּפַרְנָסָתִי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! וְעוֹד: מַאי שְׁנָא בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת?Et peux-tu le penser ? Est-ce là « ou bien entretiens-moi, ou bien fais-moi sortir en liberté » ?! Il aurait dû dire : « Ou bien entretiens-moi, ou bien donne-moi le produit de mon travail pour mon entretien » ! Et de plus, qu'y a-t-il de différent dans les années de famine ?
- אֶלָּא הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – דְּאָמַר לוֹ ״צֵא מַעֲשֵׂה יָדֶיךָ לִמְזוֹנוֹתֶיךָ״, וּבִשְׁנֵי בַצּוֹרֶת לָא סָפֵק;Mais de quoi s'agit-il ici ? D'un cas où il lui a dit : « Que le produit de ton travail serve à ta subsistance », et dans les années de famine, cela ne suffit pas.
- רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: אוֹ פַּרְנְסֵנִי אוֹ הוֹצִיאֵנִי לְחֵירוּת, כִּי הֵיכִי דְּחָזוּ לִי אִינָשֵׁי וּמְרַחֲמִין עֲלַי. וְרַבָּנַן סָבְרִי: מַאן דִּמְרַחֵם אַבְּנֵי חָרֵי, אַעֶבֶד נָמֵי רַחוֹמֵי מְרַחֵם.Rabban Chimon ben Gamliel pense qu'il peut dire : « Ou bien entretiens-moi, ou bien fais-moi sortir en liberté, afin que les gens me voient et aient pitié de moi. » Et les Sages pensent : Celui qui a pitié des hommes libres a aussi pitié d'un esclave.
- תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב: הַמַּקְדִּישׁ יְדֵי עַבְדּוֹ, אוֹתוֹ הָעֶבֶד לֹוֶה וְאוֹכֵל, וְעוֹשֶׂה וּפוֹרֵעַ. שְׁמַע מִינַּהּ, יָכוֹל הָרַב לוֹמַר לָעֶבֶד: ״עֲשֵׂה עִמִּי וְאֵינִי זָנָךְ״!Viens et entends une preuve, car Rav a dit : Celui qui consacre les mains de son esclave, cet esclave emprunte et mange, puis il travaille et rembourse. Déduis-en que le maître peut dire à l'esclave : « Travaille pour moi et je ne te nourris pas » !
- הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – בְּמַעֲלֶה לוֹ מְזוֹנוֹת. אִי הָכִי, לְמַאיDe quoi s'agit-il ici ? D'un cas où il lui fournit sa subsistance. S'il en est ainsi, pour quoi
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.