Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- גְּמָ׳ תְּנֵינָא חֲדָא זִימְנָא: בַּכֹּל מְעָרְבִין וּמִשְׁתַּתְּפִין, חוּץ מִן הַמַּיִם וְהַמֶּלַח!GUEMARA : À propos de cette règle de la Michna (enseignement des Tannaïm), la Guemara demande : Nous l'avons déjà appris une fois : on fait l'érouv (mise en commun de nourriture qui permet de transporter ou de marcher le Chabbat) et le chitouf (érouv des ruelles) avec tout, sauf avec l'eau et le sel !
- אָמַר רַבָּה: לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּאָמַר: כִּכָּר — אִין, מִידֵּי אַחֲרִינָא — לָא, קָמַשְׁמַע לַן ״בַּכֹּל״.Rabba a dit : c'est pour exclure l'avis de Rabbi Yehochoua, qui a dit : un pain, oui ; autre chose, non. Elle nous enseigne donc : « avec tout ».
- אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: בַּכֹּל מְעָרְבִין עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וּבַכֹּל מִשְׁתַּתְּפִין שִׁיתּוּפֵי מְבוֹאוֹת, וְלֹא אָמְרוּ לְעָרֵב בְּפַת אֶלָּא בֶּחָצֵר בִּלְבַד. מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר פַּת — אִין, מִידֵּי אַחֲרִינָא — לָא, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, וְקָתָנֵי ״בַּכֹּל״!Abayé lui a objecté (d'après une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : on fait les érouvé 'hatserot (érouv des cours) avec tout, et l'on fait les chitoufé mevoot (chitouf des ruelles) avec tout, et l'on n'a dit de faire l'érouv avec du pain que dans la cour seulement. Qui as-tu entendu dire : du pain, oui ; autre chose, non ? Rabbi Yehochoua ; et pourtant la baraïta enseigne : « avec tout » ! L'expression « avec tout » n'exclut donc pas nécessairement son avis.
- אֶלָּא אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּאָמַר שְׁלֵימָה — אִין, פְּרוּסָה — לָא, קָמַשְׁמַע לַן ״בַּכֹּל״.Mais alors, Rabba bar bar 'Hana a dit : c'est pour exclure l'avis de Rabbi Yehochoua, qui a dit : un pain entier, oui ; entamé, non. Elle nous enseigne donc : « avec tout », c'est-à-dire avec toute sorte de pain, même entamé.
- וּפְרוּסָה מַאי טַעְמָא לָא? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל אָמַר רַבִּי: מִשּׁוּם אֵיבָה.Et un pain entamé, pourquoi ne le peut-on pas ? Rabbi Yossé ben Chaoul a dit que Rabbi Yehouda HaNassi a dit : à cause de l'inimitié que cela susciterait entre voisins : l'un dirait à l'autre : « Tu as donné un morceau, et moi un pain entier ! »
- אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: עֵירְבוּ כּוּלָּן בִּפְרוּסוֹת מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: שֶׁמָּא יַחְזוֹר דָּבָר לְקִלְקוּלוֹ.Rav A'ha, fils de Rava, a dit à Rav Achi : s'ils ont tous fait l'érouv avec des morceaux, qu'en est-il ? Il n'y a pas là de motif d'inimitié. Il lui a dit : on craint encore que la chose ne revienne à son désordre : l'un d'eux pourrait donner un pain entier et se plaindre de son voisin.
- אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן שָׁאוּל: נִיטְּלָה הֵימֶנָּה כְּדֵי חַלָּתָהּ וּכְדֵי דִימּוּעָהּ — מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ.Rabbi Yo'hanan ben Chaoul a dit : si l'on en a retiré l'équivalent de sa 'hala (part de pâte due au Cohen) ou l'équivalent de son dimoua (part à prélever d'un mélange de terouma et de profane), on fait l'érouv pour lui avec ce pain : les gens penseront que ce manque vient d'un tel prélèvement, et ne se plaindront pas.
- וְהָתַנְיָא: כְּדֵי דִימּוּעָהּ — מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ, כְּדֵי חַלָּתָהּ — אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ!La Guemara objecte : mais voici qu'il a été enseigné : s'il manque l'équivalent de son dimoua, on fait l'érouv pour lui avec ; s'il manque l'équivalent de sa 'hala, on ne fait pas l'érouv pour lui avec !
- לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּחַלַּת נַחְתּוֹם, הָא — בְּחַלַּת בַּעַל הַבַּיִת.Ce n'est pas difficile : celui-ci (Rabbi Yo'hanan ben Chaoul), qui permet, parle de la 'hala d'un boulanger, qui est plus petite ; celle-là (la baraïta), qui interdit, parle de la 'hala d'un particulier, qui est plus grande.
- דִּתְנַן: שִׁיעוּר חַלָּה אֶחָד מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה. הָעוֹשֶׂה עִיסָּה לְעַצְמוֹ וְעִיסָּה לְמִשְׁתֵּה בְנוֹ, אֶחָד מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה. נַחְתּוֹם שֶׁהוּא עוֹשֶׂה לִמְכּוֹר בַּשּׁוּק, וְכֵן הָאִשָּׁה שֶׁעָשְׁתָה לִמְכּוֹר בַּשּׁוּק — אֶחָד מֵאַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנָה.Car nous avons appris (dans une Michna) : la mesure de la 'hala est un vingt-quatrième. Celui qui fait une pâte pour lui-même ou une pâte pour le festin de noces de son fils prélève un vingt-quatrième. Le boulanger qui fait du pain pour le vendre au marché, de même que la femme qui en a fait pour le vendre au marché, prélèvent un quarante-huitième.
- אָמַר רַב חִסְדָּא: תְּפָרָהּ בְּקֵיסָם מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. וְהָא תַּנְיָא אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ! לָא קַשְׁיָא, הָא — דִּידִיעַ תִּיפְרָהּ, הָא — דְּלָא יְדִיעַ תִּיפְרָהּ.Rav 'Hisda a dit : si on l'a cousu avec un copeau de bois (si l'on a rattaché les morceaux d'un pain rompu), on fait l'érouv pour lui avec ce pain, car il paraît entier. Mais voici qu'il a été enseigné : on ne fait pas l'érouv pour lui avec ! Ce n'est pas difficile : ici, là où c'est interdit, il s'agit d'un cas où sa couture se voit ; là, où c'est permis, d'un cas où sa couture ne se voit pas.
- אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר שְׁמוּאֵל: מְעָרְבִין בְּפַת אוֹרֶז וּבְפַת דּוֹחַן. אָמַר מָר עוּקְבָא: לְדִידִי מִיפָּרְשָׁא לִי מִינֵּיהּ דְּמָר שְׁמוּאֵל, בְּפַת אוֹרֶז — מְעָרְבִין, וּבְפַת דּוֹחַן — אֵין מְעָרְבִין.Rabbi Zeira a dit que Chmouel a dit : on fait l'érouv avec du pain de riz et avec du pain de millet. Mar Oukva a dit : cela m'a été expliqué par Mar Chmouel lui-même : avec du pain de riz, on fait l'érouv ; avec du pain de millet, on ne fait pas l'érouv, car on ne peut guère en faire un pain mangeable.
- אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר רַב: מְעָרְבִין בְּפַת עֲדָשִׁים. אִינִי?! וְהָא הָהִיא דַּהֲוַאי בִּשְׁנֵי דְּמָר שְׁמוּאֵל, וְשַׁדְיַיהּ לְכַלְבֵּיהּ וְלָא אַכְלַהּ!Rav 'Hiya bar Avin a dit que Rav a dit : on fait l'érouv avec du pain de lentilles. La Guemara demande : est-ce vrai ? Mais voici qu'il y eut ce pain de lentilles aux jours de Mar Chmouel, qu'il a jeté à son chien, et celui-ci ne l'a pas mangé !
- הָהִיא דִּשְׁאָר מִינִים הָוְיָא, דִּכְתִיב: ״וְאַתָּה קַח לְךָ חִטִּין וּשְׂעוֹרִים וּפוֹל וַעֲדָשִׁים וְדוֹחַן וְכוּסְּמִים וְגוֹ׳״.La Guemara répond : ce pain-là était fait de diverses espèces de grains, à la manière de celui que le prophète Yé'hezkel reçut l'ordre de manger, comme il est écrit : « Et toi, prends pour toi du blé, de l'orge, des fèves, des lentilles, du millet et de l'épeautre, etc. » (Ézéchiel 4, 9). Mais le pain de lentilles seules est mangeable.
- רַב פָּפָּא אָמַר: הָהִיא צְלוּיָה בְּצוֹאַת הָאָדָם הֲוַאי, דִּכְתִיב: ״וְהִיא בְּגֶלְלֵי צֵאַת הָאָדָם תְּעֻגֶנָה לְעֵינֵיהֶם״.Rav Pappa a dit : celui-là était cuit sur des excréments humains, comme il est écrit : « Et tu le cuiras sur des excréments humains, sous leurs yeux » (Ézéchiel 4, 12).
- מַאי ״וְעוּגַת שְׂעֹרִים תֹּאכְלֶנָּה״? אָמַר רַב חִסְדָּא: לְשִׁיעוּרִים. רַב פָּפָּא אָמַר: עֲרִיבָתָהּ כַּעֲרִיבַת שְׂעוֹרִים, וְלֹא כַּעֲרִיבַת חִטִּים.Que signifie : « Et tu le mangeras comme une galette d'orge [séorim] » (Ézéchiel 4, 12) ? Rav 'Hisda a dit : il le mangera par mesures [léchiourim], par petites quantités, sans se rassasier. Rav Pappa a dit : sa préparation sera comme la préparation du pain d'orge, et non comme la préparation du pain de blé, sans soin.
- מַתְנִי׳ נוֹתֵן אָדָם מָעָה לַחֶנְוָנִי וְלַנַּחְתּוֹם כְּדֵי שֶׁיְּזַכֶּה לוֹ עֵירוּב, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.MICHNA : On donne une méa (petite pièce de monnaie) à l'épicier ou au boulanger habitant la même ruelle ou la même cour, afin qu'il lui fasse acquérir une part de vin ou de pain pour l'érouv, si les autres habitants viennent lui en acheter à cette fin. Telles sont les paroles de Rabbi Eliézer.
- וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא זָכוּ לוֹ מְעוֹתָיו.Et les Sages disent : son argent ne lui a pas fait acquérir la part, car l'argent seul n'est pas un mode d'acquisition valable.
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