Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- שָׁאנֵי הָתָם דְּלֵיכָּא מְחִיצוֹת.La Guemara répond : c'est différent là-bas, car il n'y a pas de cloisons : cette ruelle est ouverte par une brèche, et il convient donc de contraindre ses habitants à y établir une séparation, ne serait-ce que pour la protéger ; mais lorsqu'il y a des cloisons, on n'oblige personne à se joindre au chitouf (mise en commun de nourriture permettant de transporter dans la ruelle le Chabbat).
- לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא, מְצָד שָׁאנֵי.Autre version de cette explication : « de côté », c'est différent, c'est-à-dire que l'érouv n'est pas un aménagement de la ruelle elle-même, mais une chose extérieure à celle-ci, et l'on ne peut donc pas forcer quelqu'un à y participer.
- אִתְּמַר, רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר: עוֹשִׂין לֶחִי אֲשֵׁירָה. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: עוֹשִׂין קוֹרָה אֲשֵׁירָה.Il a été dit (par les Amoraïm, Sages de l'époque de la Guemara) : Rav 'Hiya bar Achi a dit : on fait un lé'hi (montant latéral placé à l'entrée d'une ruelle) avec le bois d'une achéra (arbre voué à l'idolâtrie) : bien qu'il soit interdit d'en tirer profit et qu'il doive être brûlé, dresser un lé'hi est une mitsva, et les mitsvot n'ont pas été données pour qu'on en jouisse. Et Rabbi Chimon ben Lakich a dit : on fait une kora (poutre transversale placée à l'entrée d'une ruelle) avec le bois d'une achéra.
- מַאן דְּאָמַר קוֹרָה — כׇּל שֶׁכֵּן לֶחִי, וּמַאן דְּאָמַר לֶחִי — אֲבָל קוֹרָה לָא. כַּתּוֹתֵי מְכַתַּת שִׁיעוּרֵיהּ.La Guemara précise leurs opinions : celui qui a dit qu'on peut faire une kora avec une achéra permet à plus forte raison un lé'hi. Et celui qui a dit qu'on peut faire un lé'hi n'a parlé que du lé'hi, mais une kora, non : l'achéra devant être brûlée, sa mesure est considérée comme déjà réduite en poussière. Or une kora doit mesurer au moins un téfa'h de large, tandis qu'un lé'hi n'a pas de largeur minimale.
- מַתְנִי׳ נִתְמַעֵט הָאוֹכֶל — מוֹסִיף וּמְזַכֶּה, וְאֵין צָרִיךְ לְהוֹדִיעַ. נִתּוֹסְפוּ עֲלֵיהֶן — מוֹסִיף וּמְזַכֶּה, וְצָרִיךְ לְהוֹדִיעַ.MICHNA : Si la nourriture a diminué dans le récipient du chitouf et se trouve au-dessous de la mesure requise, on en ajoute et l'on en transfère la propriété aux autres habitants, et l'on n'a pas besoin de les informer. S'il s'est ajouté à eux de nouveaux habitants, on ajoute de la nourriture pour eux et l'on en transfère la propriété, et l'on doit informer ces nouveaux habitants.
- כַּמָּה הוּא שִׁיעוּרָן? בִּזְמַן שֶׁהֵן מְרוּבִּין — מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְכוּלָּם. בִּזְמַן שֶׁהֵן מוּעָטִין — כִּגְרוֹגֶרֶת לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד.Quelle est leur mesure ? Lorsqu'ils sont nombreux, la nourriture de deux repas pour eux tous. Lorsqu'ils sont peu nombreux, l'équivalent d'une figue sèche pour chacun d'eux.
- אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בִּתְחִילַּת עֵירוּב, אֲבָל בִּשְׁיָרֵי עֵירוּב — כׇּל שֶׁהוּא.Rabbi Yossé a dit : en quel cas ces paroles ont-elles été dites ? Au début de l'érouv, lorsqu'on l'établit ; mais pour les restes de l'érouv, si sa quantité a diminué, une quantité quelconque suffit.
- וְלֹא אָמְרוּ לְעָרֵב בַּחֲצֵירוֹת אֶלָּא כְּדֵי שֶׁלֹּא לְשַׁכֵּחַ אֶת הַתִּינוֹקוֹת.Et l'on n'a dit de faire un érouv dans les cours, bien qu'un chitouf soit déjà en place dans la ruelle, que pour ne pas faire oublier cette loi aux enfants.
- גְּמָ׳ בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בְּמִין אֶחָד, מַאי אִירְיָא נִתְמַעֵט? אֲפִילּוּ כָּלָה נָמֵי!GUEMARA : La Michna a dit que si la nourriture a diminué, on peut en ajouter sans informer les autres. De quoi parlons-nous ? Si tu dis qu'il a ajouté d'une même espèce que la nourriture initiale, pourquoi préciser « a diminué » ? Même si elle a été épuisée, il n'aurait pas non plus besoin de les informer !
- אֶלָּא בִּשְׁנֵי מִינִין, אֲפִילּוּ נִתְמַעֵט נָמֵי לָא! דְּתַנְיָא: כָּלָה הָאוֹכֶל, מִמִּין אֶחָד — אֵין צָרִיךְ לְהוֹדִיעַ, מִשְּׁנֵי מִינִים — צָרִיךְ לְהוֹדִיעַ!Mais alors, s'agit-il de deux espèces, c'est-à-dire qu'il a ajouté une autre espèce ? Même si elle a seulement diminué, ce ne serait pas permis sans les informer ! Car il a été enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : si la nourriture a été épuisée et qu'il en ajoute d'une même espèce, il n'a pas besoin d'informer ; de deux espèces, il doit informer ! Et l'on suppose qu'il en va de même lorsque la nourriture a seulement diminué.
- אִיבָּעֵית אֵימָא: מִמִּין אֶחָד, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מִשְּׁנֵי מִינִין. אִיבָּעֵית אֵימָא: מִמִּין אֶחָד, מַאי נִתְמַעֵט — נִתְמַטְמֵט.La Guemara répond : si tu veux, dis qu'il s'agit d'une même espèce, et si tu veux, dis qu'il s'agit de deux espèces. Si tu veux, dis : d'une même espèce, et que signifie « a diminué » ? Cela signifie : elle s'est émiettée au point de disparaître entièrement.
- וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מִשְּׁנֵי מִינִין, כָּלָה שָׁאנֵי.Et si tu veux, dis : de deux espèces, car si elle a été épuisée, c'est différent : la baraïta n'exige d'informer les autres que si la nourriture a été entièrement épuisée, mais s'il en reste, il n'a pas à les informer, même s'il ajoute une autre espèce.
- נִיתּוֹסְפוּ עֲלֵיהֶן מוֹסִיף וּמְזַכֶּה וְכוּ׳. אָמַר רַב שֵׁיזְבִי אָמַר רַב חִסְדָּא: זֹאת אוֹמֶרֶת חֲלוּקִין עָלָיו חֲבֵירָיו עַל רַבִּי יְהוּדָה.Nous avons appris dans la Michna : S'il s'est ajouté à eux de nouveaux habitants, on ajoute et l'on en transfère la propriété, etc., et l'on doit les informer. Rav Chezvi a dit que Rav 'Hisda a dit : cela veut dire que ses collègues sont en désaccord avec Rabbi Yehouda.
- דִּתְנַן: אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּעֵירוּבֵי תְחוּמִין, אֲבָל בְּעֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת — מְעָרְבִין בֵּין לְדַעַת וּבֵין שֶׁלֹּא לְדַעַת. פְּשִׁיטָא דַּחֲלוּקִין!Car nous avons appris (dans une Michna) : Rabbi Yehouda a dit : en quel cas ces paroles (selon lesquelles on ne fait d'érouv pour quelqu'un qu'à sa connaissance) ont-elles été dites ? Pour les érouvé te'houmin (érouv étendant la limite de marche du Chabbat) ; mais pour les érouvé 'hatserot (érouv des cours), on fait l'érouv aussi bien à sa connaissance que sans sa connaissance. Or le Tanna de notre Michna exige d'informer les habitants. C'est évident qu'ils sont en désaccord ! Pourquoi Rav 'Hisda a-t-il eu besoin de le dire ?
- מַהוּ דְּתֵימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּחָצֵר שֶׁבֵּין שְׁנֵי מְבוֹאוֹת, אֲבָל חָצֵר שֶׁל מָבוֹי אֶחָד, אֵימָא לָא. קָמַשְׁמַע לַן.La Guemara répond : c'était nécessaire, car tu aurais pu dire que cela (l'obligation d'informer) ne vaut que pour une cour située entre deux ruelles, dont les habitants peuvent choisir de se joindre à l'une ou à l'autre, et l'on doit alors leur dire à laquelle on les a joints ; mais pour une cour qui ne donne que sur une seule ruelle, où le chitouf ne leur cause aucun tort, dis que non, et que le Tanna admettrait qu'il n'est pas nécessaire de les informer. Il nous enseigne donc qu'il faut les informer dans tous les cas, contrairement à Rabbi Yehouda.
- כַּמָּה הוּא שִׁיעוּרוֹ וְכוּ׳. כַּמָּה הוּא מְרוּבִּין? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה בְּנֵי אָדָם. שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה, וְתוּ לָא: אֵימָא מִשְּׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה וְאֵילָךְ.La Michna a dit : Quelle est sa mesure, etc. Combien est-ce, « nombreux » ? Rav Yehouda a dit que Chmouel a dit : dix-huit personnes. La Guemara s'étonne : dix-huit, et pas davantage ? Elle répond : dis : à partir de dix-huit et au-delà.
- וּמַאי שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה דְּנָקֵט? אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: לְדִידִי מִיפָּרְשָׁא לִי מִנֵּיהּ דְּאַבָּא: כׇּל שֶׁאִילּוּ מְחַלְּקוֹ לִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת בֵּינֵיהֶן וְאֵין מַגַּעַת גְּרוֹגֶרֶת לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד — הֵן הֵן מְרוּבִּין, וְסַגִּי בִּמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וְאִי לָא — (הֵן הֵן) מוּעָטִין נִינְהוּ.Et pourquoi a-t-il retenu le nombre dix-huit ? Rav Yits'hak, fils de Rav Yehouda, a dit : cela m'a été expliqué par mon père : dans tout cas où, si l'on partageait entre eux la nourriture de deux repas, cela n'atteindrait pas une figue sèche pour chacun, ce sont eux les « nombreux », et la nourriture de deux repas suffit pour eux tous. Sinon, ce sont eux les « peu nombreux », et il faut l'équivalent d'une figue sèche pour chacun.
- וְאַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָא מַשְׁמַע לַן דִּשְׁתֵּי סְעוּדוֹת הָוְיָין שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה גְּרוֹגְרוֹת.Et incidemment, elle nous enseigne que la nourriture de deux repas équivaut à dix-huit figues sèches.
- מַתְנִי׳ בַּכֹּל מְעָרְבִין וּמִשְׁתַּתְּפִין, חוּץ מִן הַמַּיִם וּמִן הַמֶּלַח, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: כִּכָּר הוּא עֵירוּב, אֲפִילּוּ מַאֲפֶה סְאָה, וְהוּא פְּרוּסָה — אֵין מְעָרְבִין בָּהּ. כִּכָּר כְּאִיסָּר וְהוּא שָׁלֵם — מְעָרְבִין בּוֹ.MICHNA : On fait l'érouv des cours et le chitouf des ruelles avec tout aliment, sauf avec l'eau et le sel, qui ne sont pas considérés comme des aliments ; telles sont les paroles de Rabbi Eliézer. Rabbi Yehochoua dit : un pain entier constitue l'érouv. Même une fournée d'un séa (grande mesure de volume), si c'est un morceau entamé, on ne fait pas l'érouv avec. Un pain de la taille d'un issar (petite pièce de monnaie), s'il est entier, on fait l'érouv avec.
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.