Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אַכּוּלְּהוּ — הָא בָּעֵי מִינֵּיהּ רַבָּה מֵרַב יְהוּדָה וְלָא פְּשַׁט לֵיהּ!car s'il te venait à l'esprit que Rav Yehouda a statué selon les Sages pour tous les cas de la Michna (enseignement des Tannaïm), y compris celui du 9 Av tombant une veille de Chabbat, il y aurait une difficulté : voici que Rabba a posé cette question à Rav Yehouda, et celui-ci ne la lui a pas résolue !
- וּלְטַעְמָיךְ, הָא דְּדָרֵשׁ מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב הוּנָא: הֲלָכָה, מִתְעַנֶּה וּמַשְׁלִים. הָא בְּעָא מִינֵּיהּ רַבָּה מֵרַב הוּנָא וְלָא פְּשַׁט לֵיהּ?!La Guemara réplique : Et selon ton raisonnement, qu'en est-il de ce que Mar Zoutra a enseigné au nom de Rav Houna : la halakha (loi) est que l'on jeûne et que l'on achève le jeûne la veille de Chabbat ? Voici que Rabba a posé la même question à Rav Houna, et celui-ci ne la lui a pas résolue !
- אֶלָּא: הָא — מִקַּמֵּי דְּשַׁמְעַהּ, וְהָא — לְבָתַר דְּשַׁמְעַהּ, הָכָא נָמֵי: הָא — מִקַּמֵּי דְּשַׁמְעַהּ, הָא — לְבָתַר דְּשַׁמְעַהּ.Mais alors, il faut dire que ceci, la question de Rabba à Rav Houna, se situe avant qu'il n'ait entendu la décision de Rav, et cela, la déclaration citée par Mar Zoutra, après qu'il l'a entendue. Ici aussi, pour Rav Yehouda : ceci, la question de Rabba, se situe avant qu'il n'ait entendu la décision de Rav, et cela, sa déclaration, après qu'il l'a entendue.
- דָּרֵשׁ מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב הוּנָא: הֲלָכָה, מִתְעַנִּין וּמַשְׁלִימִין.La Guemara rapporte l'enseignement cité en passant : Mar Zoutra a enseigné au nom de Rav Houna : la halakha est que l'on jeûne et que l'on achève le jeûne les veilles de Chabbat et de Yom Tov (jour de fête).
הַדְרָן עֲלָךְ בַּכֹּל מְעָרְבִין
Nous reviendrons à toi, « Avec tout on fait l'érouv » (formule de clôture du chapitre)- מַתְנִי׳ מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נׇכְרִים, אוֹ רוּחַ רָעָה — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.Michna : Celui que des non-Juifs ont fait sortir de force au-delà de la limite de Chabbat (te'houm, 2000 coudées autour de son lieu de résidence), ou qu'un mauvais esprit a poussé à en sortir, c'est-à-dire qu'il a momentanément perdu la raison, n'a que quatre coudées où se déplacer.
- הֶחְזִירוּהוּ — כְּאִילּוּ לֹא יָצָא.S'ils l'ont ramené à l'intérieur de la limite, c'est comme s'il n'était pas sorti, et il peut circuler comme auparavant.
- הוֹלִיכוּהוּ לְעִיר אַחֶרֶת, נְתָנוּהוּ בְּדִיר אוֹ בְּסַהַר, רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמְרִים: מְהַלֵּךְ אֶת כּוּלָּהּ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמְרִים: אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.S'ils l'ont emmené dans une autre ville entourée de murailles, ou s'ils l'ont placé dans un enclos ou une étable, les Sages divergent : Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya disent : Il peut parcourir tout cet espace, car tout entier il est considéré comme quatre coudées. Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva disent : Il n'a que quatre coudées.
- מַעֲשֶׂה שֶׁבָּאוּ מִפְּלַנְדַּרְסִין, וְהִפְלִיגָה סְפִינָתָם בַּיָּם. רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה הָלְכוּ אֶת כּוּלָּהּ, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְרַבִּי עֲקִיבָא לֹא זָזוּ מֵאַרְבַּע אַמּוֹת, שֶׁרָצוּ לְהַחֲמִיר עַל עַצְמָן.Il arriva qu'ils revenaient de Pelandarsin, et que leur bateau prit le large en mer le jour de Chabbat, les emmenant hors de leur limite. Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azarya parcoururent tout le bateau, tandis que Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiva ne s'écartèrent pas de quatre coudées, car ils voulurent se montrer stricts envers eux-mêmes.
- פַּעַם אַחַת לֹא נִכְנְסוּ לַנָּמָל עַד שֶׁחָשֵׁיכָה, אָמְרוּ לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל: מָה אָנוּ לֵירֵד?Une fois, ils n'entrèrent au port qu'après la tombée de la nuit de la veille de Chabbat. Ils dirent à Rabban Gamliel : Pouvons-nous descendre du bateau ?
- אָמַר לָהֶם: מוּתָּרִים אַתֶּם, שֶׁכְּבָר הָיִיתִי מִסְתַּכֵּל וְהָיִינוּ בְּתוֹךְ הַתְּחוּם עַד שֶׁלֹּא חָשֵׁיכָה.Il leur dit : Vous y êtes autorisés, car j'observais déjà, et nous étions à l'intérieur de la limite de la ville avant la tombée de la nuit.
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מַעֲבִירִין אֶת הָאָדָם עַל דַּעְתּוֹ וְעַל דַּעַת קוֹנוֹ, אֵלּוּ הֵן: נׇכְרִים, וְרוּחַ רָעָה, וְדִקְדּוּקֵי עֲנִיּוּת.Guemara : Puisque la Michna a mentionné le mauvais esprit, on cite cette baraïta (enseignement tannaïtique hors de la Michna) : Nos Maîtres ont enseigné : Trois choses font agir l'homme contre sa volonté et contre la volonté de son Créateur, et les voici : les non-Juifs, le mauvais esprit et les extrémités de la pauvreté.
- לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִיבְעֵי רַחֲמֵי עֲלַיְיהוּ.Quelle différence pratique en découle ? Celle d'enseigner qu'il faut implorer la miséricorde divine pour eux.
- שְׁלֹשָׁה אֵין רוֹאִין פְּנֵי גֵיהִנָּם, אֵלּוּ הֵן: דִּקְדּוּקֵי עֲנִיּוּת, וְחוֹלֵי מֵעַיִין, וְהָרְשׁוּת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אִשָּׁה רָעָה.Trois catégories de personnes ne voient pas la face du Guéhinom, car leurs souffrances en ce monde expient leurs fautes, et les voici : ceux qui subissent les extrémités de la pauvreté, ceux qui souffrent d'une maladie des intestins, et ceux que tourmente l'autorité, c'est-à-dire leurs créanciers. Certains disent : Aussi celui qui a une mauvaise épouse.
- וְאִידָּךְ? אִשָּׁה רָעָה מִצְוָה לְגָרְשָׁהּ.Et l'autre avis, pourquoi ne la mentionne-t-il pas ? Parce qu'une mauvaise épouse, c'est une mitsva (commandement) de la répudier : il peut donc mettre fin à sa peine.
- וְאִידָּךְ? זִימְנִין דִּכְתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה. אִי נָמֵי, אִית לֵיהּ בָּנִים מִינַּהּ, וְלָא מָצֵי מְגָרֵשׁ לַהּ.Et l'autre avis, pourquoi la mentionne-t-il ? Parfois, sa ketouba (somme due par contrat de mariage en cas de divorce) est élevée. Ou bien, il a des enfants d'elle, et il ne peut la répudier.
- לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְקַבּוֹלֵי מֵאַהֲבָה.Quelle différence pratique en découle ? Celle d'enseigner à accepter ces souffrances avec amour, sachant qu'elles épargnent le Guéhinom.
- שְׁלֹשָׁה מֵתִין כְּשֶׁהֵן מְסַפְּרִין, וְאֵלּוּ הֵן: חוֹלִי מֵעַיִין, וְחַיָּה, וְהִדְרוֹקָן.Trois catégories de personnes meurent alors qu'elles sont en train de converser, c'est-à-dire subitement, malgré leur apparente vitalité, et les voici : celui qui souffre d'une maladie des intestins, la femme en couches, et l'hydropique.
- לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ: לְמַשְׁמוֹשֵׁי בְּהוּ זְוַודְתָּא.Quelle différence pratique en découle ? Celle d'enseigner à préparer pour eux des linceuls, au cas où l'on en aurait subitement besoin.
- אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: יָצָא לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. פְּשִׁיטָא, הַשְׁתָּא מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נׇכְרִים אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת, יָצָא לְדַעַת מִיבַּעְיָא?!Rav Na'hman a dit au nom de Chmouel : S'il est sorti sciemment de la limite de Chabbat, il n'a que quatre coudées. La Guemara s'étonne : C'est évident ! Si celui que des non-Juifs ont fait sortir n'a que quatre coudées, faut-il dire que celui qui est sorti sciemment n'en a pas davantage ?
- אֶלָּא אֵימָא: חָזַר לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.Dis plutôt : S'il est revenu sciemment à l'intérieur de la limite après en avoir été sorti par des non-Juifs, il n'a que quatre coudées.
- הָא נָמֵי תְּנֵינָא: הֶחְזִירוּהוּ נׇכְרִים כְּאִילּוּ לֹא יָצָא. הֶחְזִירוּהוּ הוּא דִּכְאִילּוּ לֹא יָצָא, אֲבָל הוֹצִיאוּהוּ נׇכְרִים וְחָזַר לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת!Cela aussi, nous l'avons appris dans la Michna : S'ils l'ont ramené, c'est comme s'il n'était pas sorti. On en déduit que c'est seulement s'ils l'ont ramené que c'est comme s'il n'était pas sorti, mais si des non-Juifs l'ont fait sortir et qu'il est revenu sciemment, il n'a que quatre coudées !
- אֶלָּא אֵימָא, יָצָא לְדַעַת וְהֶחְזִירוּהוּ נׇכְרִים — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת.Dis plutôt : S'il est sorti sciemment et que des non-Juifs l'ont ramené de force, il n'a que quatre coudées.
- הָא נָמֵי תְּנֵינָא: הוֹצִיאוּהוּ וְהֶחְזִירוּהוּ כְּאִילּוּ לֹא יָצָא. הוֹצִיאוּהוּ וְהֶחְזִירוּהוּ — הוּא דִּכְאִילּוּ לֹא יָצָא, אֲבָל יָצָא לְדַעַת — לָא!Cela aussi, nous l'avons appris dans la Michna : S'ils l'ont fait sortir et ramené, c'est comme s'il n'était pas sorti. On en déduit que c'est seulement s'ils l'ont fait sortir et ramené que c'est comme s'il n'était pas sorti, mais s'il est sorti sciemment, non !
- מַהוּ דְּתֵימָא, לִצְדָדִין קָתָנֵי: מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ נׇכְרִים וְחָזַר לְדַעַת — אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת, אֲבָל יָצָא לְדַעַת וְהֶחְזִירוּהוּ נׇכְרִים — כְּאִילּוּ לֹא יָצָא, קָא מַשְׁמַע לַן.Rav Na'hman reste nécessaire : tu aurais pu dire que la Michna enseigne deux cas distincts : celui que des non-Juifs ont fait sortir et qui est revenu sciemment n'a que quatre coudées, mais s'il est sorti sciemment et que des non-Juifs l'ont ramené, c'est comme s'il n'était pas sorti. Il nous enseigne donc qu'il n'en est rien.
- בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַבָּה: הוּצְרַךְ לִנְקָבָיו מַהוּ? אָמַר לָהֶם: גָּדוֹל כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת שֶׁדּוֹחֶה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה.Ils demandèrent à Rabba : Si celui qui est limité à quatre coudées a besoin de se soulager, quelle est la règle ? Il leur dit : Grande est la dignité humaine, qui repousse un interdit de la Torah ; il peut donc franchir cette limite instituée par les Sages pour se retirer discrètement.
- אָמְרִי נְהַרְדָּעֵי: אִי פִּיקֵּחַ הוּא עָיֵיל לִתְחוּמָא, וְכֵיוָן דְּעָל — עָל.Les Sages de Nehardéa ont dit : S'il est avisé, il entrera dans la limite de son lieu de résidence, et puisqu'il a eu le droit d'y entrer, il y est entré et peut y rester.
- אָמַר רַב פָּפָּא: פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם וְחָזְרוּ, אֲפִילּוּ בְּמֵזִיד — לֹא הִפְסִידוּ אֶת מְקוֹמָן. מַאי טַעְמָא? אֲנוּסִין נִינְהוּ.Rav Pappa a dit : Des fruits sortis hors de la limite puis revenus, même si cela a été fait intentionnellement, n'ont pas perdu leur place : on peut encore les transporter dans toute la limite. Pour quelle raison ? Ils ont subi une contrainte : ils ne sont pas sortis de leur propre chef.
- אֵיתִיבֵיהּ רַב יוֹסֵף בַּר שְׁמַעְיָה לְרַב פָּפָּא: רַבִּי נְחֶמְיָה וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמְרִים: לְעוֹלָם אֲסוּרִין, עַד שֶׁיַּחְזְרוּ לִמְקוֹמָן שׁוֹגְגִין. בְּשׁוֹגֵג אִין, בְּמֵזִיד לָא!Rav Yossef bar Chemaya objecta à Rav Pappa cette baraïta : Rabbi Ne'hemya et Rabbi Eliézer ben Yaakov disent : Ils sont toujours interdits de déplacement au-delà de quatre coudées, à moins qu'ils ne soient revenus à leur place par inadvertance. Par inadvertance, oui ; intentionnellement, non !
- תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: פֵּירוֹת שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לַתְּחוּם, בְּשׁוֹגֵג — יֵאָכֵלוּ, בְּמֵזִיד — לֹא יֵאָכֵלוּ.La Guemara répond : C'est une divergence entre Tannaïm, car il a été enseigné dans une baraïta : Des fruits sortis hors de la limite : par inadvertance, ils peuvent être mangés ; intentionnellement, ils ne peuvent pas être mangés.
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