Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי יוֹסֵי. תְּנָא תְּרוּמָה וְנִטְמֵאת — לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי מֵאִיר.pour te faire connaître la force de Rabbi Yossé : il est indulgent en cas de doute sur le moment où l'érouv (repas déposé pour établir sa résidence de Chabbat) a brûlé, bien que celui-ci n'existe plus du tout. Et il a enseigné le cas de la terouma (prélèvement donné au Cohen) devenue impure pour te faire connaître la force de Rabbi Méïr : il est rigoureux bien que la terouma existe encore et que le doute ne porte que sur le moment où elle est devenue impure.
- וְסָבַר רַבִּי מֵאִיר סְפֵיקָא לְחוּמְרָא? וְהָתְנַן: טָמֵא שֶׁיָּרַד לִטְבּוֹל, סָפֵק טָבַל סָפֵק לֹא טָבַל; וַאֲפִילּוּ טָבַל — סָפֵק טָבַל בְּאַרְבָּעִים סְאָה, סָפֵק לֹא טָבַל בְּאַרְבָּעִים סְאָה; וְכֵן שְׁנֵי מִקְווֹאוֹת — בְּאַחַת יֵשׁ בָּהּ אַרְבָּעִים סְאָה, וּבְאַחַת אֵין בָּהּ אַרְבָּעִים סְאָה; וְטָבַל בְּאַחַת מֵהֶן, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזֶה מֵהֶן טָבַל — סְפֵיקוֹ טָמֵא.La Guemara s'interroge sur la position elle-même : Et Rabbi Méïr pense-t-il vraiment que le doute se tranche dans le sens de la rigueur ? Or nous avons appris (dans une Michna) : Un homme impur est descendu pour s'immerger dans un mikvé (bain rituel), et il y a doute : s'est-il immergé, ne s'est-il pas immergé ? Et même s'il s'est immergé, il y a doute : s'est-il immergé dans quarante séa d'eau (la quantité minimale d'un mikvé valable), ou ne s'est-il pas immergé dans quarante séa ? Et de même, deux mikvaot : dans l'un il y a quarante séa, et dans l'autre il n'y a pas quarante séa ; il s'est immergé dans l'un d'eux et il ne sait pas dans lequel d'entre eux il s'est immergé : son doute le laisse impur.
- בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּטוּמְאָה חֲמוּרָה.En quel cas ces paroles ont-elles été dites ? Pour une impureté grave, c'est-à-dire contractée d'une source d'impureté selon la Torah.
- אֲבָל בְּטוּמְאָה קַלָּה, כְּגוֹן שֶׁאָכַל אוֹכָלִין טְמֵאִין וְשָׁתָה מַשְׁקִין טְמֵאִין, וְהַבָּא רֹאשׁוֹ וְרוּבּוֹ בְּמַיִם שְׁאוּבִין, אוֹ שֶׁנָּפְלוּ עַל רֹאשׁוֹ וְעַל רוּבּוֹ שְׁלֹשָׁה לוּגִּין מַיִם שְׁאוּבִין, וְיָרַד לִטְבּוֹל; סָפֵק טָבַל סָפֵק לֹא טָבַל; וַאֲפִילּוּ טָבַל — סָפֵק טָבַל בְּאַרְבָּעִים סְאָה, סָפֵק לֹא טָבַל בְּאַרְבָּעִים סְאָה; וְכֵן שְׁנֵי מִקְווֹאוֹת — בְּאַחַת יֵשׁ בָּהּ אַרְבָּעִים סְאָה, וְאַחַת אֵין בָּהּ אַרְבָּעִים סְאָה; וְטָבַל בְּאַחַת מֵהֶן, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזֶה מֵהֶן טָבַל — סְפֵיקוֹ טָהוֹר.Mais pour une impureté légère, instituée seulement par les Sages, comme celle de celui qui a mangé des aliments impurs et bu des liquides impurs, ou celui dont la tête et la majeure partie du corps sont entrées dans de l'eau puisée, ou celui sur la tête et la majeure partie du corps duquel sont tombés trois log d'eau puisée, et qui est descendu pour s'immerger, s'il y a doute : s'est-il immergé, ne s'est-il pas immergé ? Et même s'il s'est immergé, il y a doute : s'est-il immergé dans quarante séa, ou ne s'est-il pas immergé dans quarante séa ? Et de même, deux mikvaot : dans l'un il y a quarante séa, et dans l'autre il n'y a pas quarante séa ; il s'est immergé dans l'un d'eux et il ne sait pas dans lequel d'entre eux il s'est immergé : son doute le laisse pur.
- רַבִּי יוֹסֵי מְטַמֵּא.Rabbi Yossé déclare impur. Or la Michna anonyme, qui reflète l'avis de Rabbi Méïr, est donc indulgente dans le doute portant sur une impureté d'ordre rabbinique. Pourquoi ne l'est-il pas aussi pour l'érouv, lui aussi d'ordre rabbinique ?
- קָסָבַר רַבִּי מֵאִיר: תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא נִינְהוּ.La Guemara répond : Rabbi Méïr pense que les te'houmin (limites de déplacement du Chabbat) sont d'ordre toranique, et que le doute s'y tranche donc dans le sens de la rigueur.
- וְסָבַר רַבִּי מֵאִיר תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא?! וְהָא תְּנַן: אִם אֵין יָכוֹל לְהַבְלִיעוֹ, בְּזוֹ אָמַר רַבִּי דּוֹסְתַּאי בַּר יַנַּאי מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: שָׁמַעְתִּי שֶׁמְּקַדְּרִין בֶּהָרִים.La Guemara demande : Et Rabbi Méïr pense-t-il que les te'houmin sont d'ordre toranique ?! Or nous avons appris (dans une Michna), à propos de la mesure des limites avec une corde de cinquante coudées : S'il ne peut pas l'absorber, c'est-à-dire si la corde ne peut pas enjamber le dénivelé d'un bord à l'autre, dans ce cas, Rabbi Dostaï bar Yannaï a dit au nom de Rabbi Méïr : J'ai entendu que l'on perce les montagnes : on mesure comme si la montagne était percée, à l'horizontale, sans tenir compte de la pente.
- וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא — מִי מְקַדְּרִין? וְהָא אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: אֵין מְקַדְּרִין לֹא בְּעָרֵי מִקְלָט, וְלֹא בְּעֶגְלָה עֲרוּפָה — מִפְּנֵי שֶׁהֵן שֶׁל תּוֹרָה.Et s'il te vient à l'esprit que les te'houmin sont d'ordre toranique, est-ce que l'on percerait les montagnes ? Or Rav Na'hman a dit que Rabba bar Avouh a dit : On ne perce les montagnes ni pour les villes de refuge, ni pour la génisse à la nuque brisée (pour déterminer la ville la plus proche d'un cadavre), parce qu'elles sont de la Torah.
- לָא קַשְׁיָא: הָא דִידֵיהּ, הָא דְרַבֵּיהּ. דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: ״בְּזוֹ אָמַר רַבִּי דּוֹסְתַּאי בַּר יַנַּאי מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: שָׁמַעְתִּי שֶׁמְּקַדְּרִין בֶּהָרִים״. שְׁמַע מִינַּהּ.La Guemara répond : Ce n'est pas difficile : ceci (l'opinion selon laquelle les te'houmin sont toraniques) est la sienne, cela (l'indulgence dans la mesure) est celle de son maître. C'est d'ailleurs précis dans le texte, puisqu'il est enseigné : « Dans ce cas, Rabbi Dostaï bar Yannaï a dit au nom de Rabbi Méïr : J'ai entendu que l'on perce les montagnes. » Ce « j'ai entendu » montre que Rabbi Méïr rapporte une tradition sans la partager. Déduis-en que c'est bien cela.
- וּרְמִי דְּאוֹרָיְיתָא אַדְּאוֹרָיְיתָא לְרַבִּי מֵאִיר,Et oppose alors une règle toranique à une règle toranique selon Rabbi Méïr,
- דִּתְנַן: נָגַע בְּאֶחָד בַּלַּיְלָה, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם חַי אִם מֵת, וּלְמָחָר הִשְׁכִּים וּמְצָאוֹ מֵת. רַבִּי מֵאִיר מְטַהֵר וַחֲכָמִים מְטַמְּאִין, שֶׁכׇּל הַטֻּמְאוֹת כִּשְׁעַת מְצִיאָתָן.car nous avons appris (dans une Michna) : Si quelqu'un a touché une personne la nuit, sans savoir si elle était vivante ou morte, et que le lendemain il s'est levé tôt et l'a trouvée morte, Rabbi Méïr le déclare pur, car on suppose que la personne était vivante jusqu'à ce que sa mort soit établie, et les Sages le déclarent impur, car toutes les impuretés sont considérées comme au moment de leur découverte. Ainsi, Rabbi Méïr est indulgent même dans un doute d'ordre toranique. Pourquoi alors ne suppose-t-il pas, dans le cas de la terouma de l'érouv, qu'elle est restée pure jusqu'à ce que son impureté soit établie ?
- אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: מִשְׁנָתֵנוּ שֶׁהָיָה עָלֶיהָ שֶׁרֶץ כָּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת. אִי הָכִי, בְּהָא לֵימָא רַבִּי יוֹסֵי סְפֵק עֵירוּב כָּשֵׁר?!Rabbi Yirmeya a dit : Notre Michna traite d'un cas où un reptile impur se trouvait sur elle (la terouma) pendant tout le crépuscule. La Guemara objecte : S'il en est ainsi, est-ce dans ce cas que Rabbi Yossé dirait qu'un érouv douteux est valable ?! Il n'y a ici aucun doute.
- רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: הָכָא בִּשְׁתֵּי כִּיתֵּי עֵדִים עָסְקִינַן, אַחַת אוֹמֶרֶת: מִבְּעוֹד יוֹם נִטְמָאָה, וְאַחַת אוֹמֶרֶת: מִשֶּׁחָשֵׁיכָה.C'est Rabba et Rav Yossef qui donnent la solution, car ils ont dit tous les deux : Ici, nous traitons de deux groupes de témoins, l'un disant : Elle est devenue impure alors qu'il faisait encore jour, et l'autre disant : Elle n'est devenue impure qu'après la tombée de la nuit.
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