Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- כְּעוּרָה זוֹ שֶׁשָּׁנָה רַבִּי? ״לֹא תֹּאכְלֶנּוּ״ – בְּבָשָׂר בְּחָלָב הַכָּתוּב מְדַבֵּר.Est-il donc laid, cet enseignement qu'a transmis Rabbi Yehouda HaNassi, pour que tu en cherches un autre ? « Tu ne le mangeras pas » (Deutéronome 12, 25) : ce verset, superflu pour le sang, parle de la viande au lait.
- אַתָּה אוֹמֵר בְּבָשָׂר בְּחָלָב הַכָּתוּב מְדַבֵּר, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּאֶחָד מִכׇּל הָאִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה? אָמַרְתָּ: צֵא וּלְמַד מִשְּׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מִדּוֹת שֶׁהַתּוֹרָה נִדְרֶשֶׁת בָּהֶן, דָּבָר הַלָּמֵד מֵעִנְיָנוֹ. בַּמֶּה הַכָּתוּב מְדַבֵּר? בִּשְׁנֵי מִינִין, אַף כָּאן בִּשְׁנֵי מִינִין.Tu dis que le verset parle de la viande au lait, ou bien ne s'agit-il que de l'un de tous les interdits de la Torah ? Dis : va et apprends des treize règles par lesquelles la Torah s'interprète, celle de la chose qui s'apprend de son contexte. De quoi parle le verset ? De deux espèces, à savoir des bêtes consacrées rachetées, qui tiennent à la fois du profane et du sacré ; ici aussi, il s'agit de deux espèces, à savoir la viande et le lait.
- אִי מֵהַהִיא – הֲוָה אָמֵינָא: הָנֵי מִילֵּי בַּאֲכִילָה, אֲבָל בַּהֲנָאָה – לָא; קָמַשְׁמַע לַן.Rech Lakich répond : Si c'était de ce verset-là seulement, j'aurais dit que cela ne vaut que pour la consommation, mais pas pour le profit ; il nous enseigne donc, par le verset du Pessa'h, que le profit aussi est interdit.
- וְרַבִּי, בַּהֲנָאָה מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מֵהָכָא: נֶאֱמַר כָּאן ״כִּי עַם קָדוֹשׁ אַתָּה לַה׳״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״וְלֹא יִהְיֶה קָדֵשׁ בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל״, מָה לְהַלָּן בַּהֲנָאָה, אַף כָּאן בַּהֲנָאָה.Et Rabbi Yehouda HaNassi, pour le profit, d'où le tire-t-il ? Il le tire d'ici : il est dit ici : « Car tu es un peuple saint [kadoch] pour Hachem » (Deutéronome 14, 21), et il est dit plus loin : « Et il n'y aura pas de prostitué [kadech] parmi les Bnei Israël » (Deutéronome 23, 18). De même que, là-bas, il s'agit de profit, et non de consommation, de même ici, il s'agit de profit.
- דְּבֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר תָּנָא: ״לֹא תֹאכְלוּ כׇל נְבֵלָה [וְגוֹ׳]״, אָמְרָה תּוֹרָה: כְּשֶׁתִּמְכְּרֶנָּה – לֹא תְּבַשְּׁלֶנָּה וְתִמְכְּרֶנָּה.L'école de Rabbi Eliézer a enseigné : « Vous ne mangerez d'aucune nevela, etc. » (Deutéronome 14, 21), suivi de « Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère » : la Torah a dit : lorsque tu la vendras, tu ne la cuiras pas dans du lait pour la vendre ensuite. La viande au lait est donc interdite au profit.
- דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תָּנָא: ״לֹא תְבַשֵּׁל גְּדִי בַּחֲלֵב אִמּוֹ״ שָׁלֹשׁ פְּעָמִים, אֶחָד לְאִיסּוּר אֲכִילָה, וְאֶחָד לְאִיסּוּר הֲנָאָה, וְאֶחָד לְאִיסּוּר בִּשּׁוּל.L'école de Rabbi Ichmaël a enseigné : « Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère », trois fois (Exode 23, 19 ; 34, 26 ; Deutéronome 14, 21) : une fois pour l'interdit de consommation, une fois pour l'interdit de profit et une fois pour l'interdit de cuisson.
- תַּנְיָא, אִיסִי בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר: מִנַּיִן לְבָשָׂר בְּחָלָב שֶׁאָסוּר? נֶאֱמַר כָּאן ״כִּי עַם קָדוֹשׁ אַתָּה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״וְאַנְשֵׁי קֹדֶשׁ תִּהְיוּן לִי וּבָשָׂר בַּשָּׂדֶה טְרֵפָה לֹא תֹאכֵלוּ״, מָה לְהַלָּן אָסוּר, אַף כָּאן אָסוּר.Il a été enseigné dans une baraïta : Issi ben Yehouda dit : D'où savons-nous que la viande au lait est interdite ? Il est dit ici : « Car tu es un peuple saint » (Deutéronome 14, 21), et il est dit plus loin : « Et vous serez pour Moi des hommes saints, et la chair déchirée dans les champs [tréfa], vous n'en mangerez pas » (Exode 22, 30). De même que, là-bas, c'est interdit à la consommation, de même ici, c'est interdit.
- וְאֵין לִי אֶלָּא בַּאֲכִילָה, בַּהֲנָאָה מִנַּיִן? אָמַרְתָּ קַל וְחוֹמֶר: וּמָה עׇרְלָה שֶׁלֹּא נֶעֶבְדָה בָּהּ עֲבֵירָה – אֲסוּרָה בַּהֲנָאָה, בָּשָׂר בְּחָלָב שֶׁנֶּעֶבְדָה בּוֹ עֲבֵירָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁאָסוּר בַּהֲנָאָה!Et je n'ai appris que l'interdit de la consommation ; pour le profit, d'où le savons-nous ? Tu pourrais dire un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si la 'orla (fruit des trois premières années de l'arbre), avec laquelle aucune transgression n'a été commise, est interdite au profit, la viande au lait, avec laquelle une transgression a été commise, n'est-il pas logique qu'elle soit interdite au profit ?
- מָה לְעׇרְלָה, שֶׁכֵּן לֹא הָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר.La Guemara réfute : Que dire de la 'orla, qui n'a jamais eu de moment où elle était permise ? La viande et le lait, eux, l'étaient avant d'être cuits ensemble.
- חָמֵץ בַּפֶּסַח יוֹכִיחַ, שֶׁהָיְתָה לוֹ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר, וְאָסוּר בַּהֲנָאָה. מָה לְחָמֵץ בַּפֶּסַח, שֶׁכֵּן עָנוּשׁ כָּרֵת.La Guemara propose : Que le 'hamets (levain) à Pessa'h le prouve, car il a eu un moment où il était permis, et il est interdit au profit. Elle réfute : Que dire du 'hamets à Pessa'h, qui est passible de karèt (retranchement) ?
- כִּלְאֵי הַכֶּרֶם יוֹכִיחוּ, שֶׁאֵין עָנוּשׁ כָּרֵת, וְאָסוּר בַּהֲנָאָה.La Guemara propose : Que les kilayim de la vigne le prouvent, qui ne sont pas passibles de karèt et sont interdits au profit.
- לְמָה לִי גְּזֵירָה שָׁוָה? לַיְיתֵי כּוּלַּהּ בְּקַל וָחוֹמֶר מֵעׇרְלָה: וּמָה עׇרְלָה, שֶׁלֹּא נֶעֶבְדָה בָּהּ עֲבֵירָה, אֲסוּרָה בֵּין בַּאֲכִילָה בֵּין בַּהֲנָאָה; בָּשָׂר בְּחָלָב, שֶׁנֶּעֶבְדָה בּוֹ עֲבֵירָה, אֵינוֹ דִּין שֶׁאָסוּר בֵּין בַּאֲכִילָה בֵּין בַּהֲנָאָה!La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin de la guezéra chava (analogie textuelle) ? Qu'on tire tout, consommation et profit, d'un kal va'homer de la 'orla : si la 'orla, avec laquelle aucune transgression n'a été commise, est interdite aussi bien à la consommation qu'au profit, la viande au lait, avec laquelle une transgression a été commise, n'est-il pas logique qu'elle soit interdite aussi bien à la consommation qu'au profit ?
- מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר: חוֹרֵשׁ בְּשׁוֹר וּבַחֲמוֹר, וְחוֹסֵם פִּי פָרָה וְדָשׁ בָּהּ יוֹכִיחַ, שֶׁנֶּעֶבְדָה בָּהֶם עֲבֵירָה וּשְׁרוּ.Elle répond : Parce qu'on peut dire : celui qui laboure avec un bœuf et avec un âne, et celui qui muselle la bouche d'une vache et foule avec elle le prouveront : une transgression a été commise avec eux et ils sont permis ; le kal va'homer seul serait donc insuffisant.
- לְמָה לִי לְמֵימַר ״כִּלְאֵי הַכֶּרֶם יוֹכִיחוּ״, לֵימָא ״עׇרְלָה תּוֹכִיחַ״, וְלִיהְדַּר דִּינָא וְלֵיתֵי בְּמָה הַצַּד.La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin de dire : « que les kilayim de la vigne le prouvent » ? Qu'on dise : « que la 'orla le prouve », et que le raisonnement revienne à son point de départ, et qu'il arrive au ma hatsad (déduction à partir du point commun de deux sources).
- אָמַר רַב אָשֵׁי: מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר, נְבֵלָה תּוֹכִיחַ, שֶׁאֲסוּרָה בַּאֲכִילָה וּמוּתֶּרֶת בַּהֲנָאָה.Rav Achi a dit : c'est parce qu'on peut dire : que la nevela le prouve, qui est interdite à la consommation et permise au profit.
- אֲמַר לֵיהּ רַב מָרְדֳּכַי לְרַב אָשֵׁי: הָכִי אָמְרִינַן מִשְּׁמֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ: כֹּל ״מָה הַצַּד״ – מִגּוּפוֹ פָּרְכִינַן, מֵעָלְמָא לָא פָּרְכִינַן.Rav Mordekhaï a dit à Rav Achi : Voici ce que nous disons au nom de Rech Lakich : Tout ma hatsad, nous le réfutons à partir de lui-même, c'est-à-dire de ses propres sources ; nous ne le réfutons pas à partir d'ailleurs.
- אִי הָכִי, תֵּיתֵי בְּמָה הַצַּד? מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמִיפְרַךְ: מָה לְהַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן – שֶׁכֵּן גִּדּוּלֵי קַרְקַע.S'il en est ainsi, qu'on arrive au ma hatsad ! Parce qu'on peut le réfuter : Que dire du point commun entre eux, qui sont des produits de la terre ? La viande et le lait, eux, n'en sont pas.
- אִי הָכִי, הַשְׁתָּא נָמֵי אִיכָּא לְמִיפְרַךְ: מָה לְכִלְאֵי הַכֶּרֶם, שֶׁכֵּן גִּדּוּלֵי קַרְקַע?S'il en est ainsi, maintenant aussi on peut le réfuter : Que dire des kilayim de la vigne, qui sont des produits de la terre ?
- אֲמַר לֵיהּ רַב מָרְדֳּכַי לְרַב אָשֵׁי: הָכִי אָמְרִינַן מִשְּׁמֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ: כֹּל מָה הַצַּד פָּרְכִינַן כֹּל דְּהוּ, לֹא אִם אָמַרְתָּ חֲדָא מֵחֲדָא – קַל וָחוֹמֶר פָּרְכִינַן, כֹּל דְּהוּ – לָא פָּרְכִינַן.Rav Mordekhaï a dit à Rav Achi : Voici ce que nous disons au nom de Rech Lakich : Tout ma hatsad, nous le réfutons par n'importe quel argument. « Non, si tu dis… », à partir d'une seule source pour une seule autre : nous réfutons par un kal va'homer, c'est-à-dire en invoquant un élément de gravité ou de légèreté ; par n'importe quel argument, nous ne réfutons pas.
- וְלִיפְרוֹךְ לְכוּלְּהוּ, מָה לְכוּלְּהוּ שֶׁכֵּן גִּדּוּלֵי קַרְקַע!La Guemara objecte : Mais qu'on les réfute tous, car ici la déduction provient de trois sources : Que dire de tous ceux-là, qui sont des produits de la terre ?
- אֶלָּא, אֲמַר לֵיהּ רַב מָרְדֳּכַי לְרַב אָשֵׁי, הָכִי אָמְרִינַן מִשְּׁמֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ:Mais alors, Rav Mordekhaï a dit à Rav Achi : Voici ce que nous disons au nom de Rech Lakich :
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