Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- הִיא עַצְמָהּ בַּחֲלָבָהּ מִנַּיִן? אָמַרְתָּ קַל וְחוֹמֶר: וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁלֹּא נֶאֱסַר פְּרִי עִם פְּרִי בִּשְׁחִיטָה, נֶאֱסָר פְּרִי עִם הָאֵם בִּשְׁחִיטָה, מְקוֹם שֶׁנֶּאֱסַר פְּרִי עִם פְּרִי בְּבִשּׁוּל – אֵינוֹ דִּין שֶׁנֶּאֱסַר פְּרִי עִם הָאֵם בְּבִשּׁוּל? תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּחֲלֵב אִמּוֹ״.Elle-même dans son propre lait, d'où le savons-nous ? Autrement dit : d'où sait-on qu'il est interdit de cuire la viande de la bête mère dans son propre lait ? Tu pourrais dire un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si, là où le fruit (la progéniture) n'a pas été interdit avec le fruit pour l'abattage, puisqu'on peut abattre le même jour deux petits d'une même mère, le fruit a pourtant été interdit avec la mère pour l'abattage, alors là où le fruit a été interdit avec le fruit pour la cuisson, à savoir le chevreau avec le lait de sa mère, n'est-il pas logique que le fruit, c'est-à-dire le lait, soit interdit avec la mère pour la cuisson ? Malgré cela, le verset enseigne : « dans le lait de sa mère » (Exode 23, 19), pour inclure la viande de la mère dans son propre lait.
- הָא לְמָה לִי קְרָא, הָא אָתְיָא לַהּ? אָמַר רַב אַחָדְבוּי בַּר אַמֵּי: מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר, סוּס בֶּן סוּסְיָא אֲחִי פִּרְדָּה יוֹכִיחַ, שֶׁאָסוּר פְּרִי עִם פְּרִי, וּמוּתָּר פְּרִי עִם הָאֵם.La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin d'un verset, puisque cela vient déjà du kal va'homer ? Rav A'hadvoï bar Ami a dit : le verset est nécessaire parce qu'on peut dire que le cas du cheval né d'une jument, frère d'une mule (sa mère ayant aussi mis bas une mule conçue d'un âne), le prouvera : le kal va'homer est réfuté, puisque le fruit y est interdit avec le fruit, car on ne peut accoupler ce cheval avec la mule, mais que le fruit est permis avec la mère, car on peut accoupler le cheval avec la jument.
- הָתָם, זֶרַע הָאָב הוּא דְּקָא גָרֵים.La Guemara rejette cette preuve : Là-bas, c'est la semence du père qui en est la cause ; l'interdit ne vient pas du fait que tous deux sont les fruits d'une même mère.
- דְּהָא פֶּרֶד בֶּן סוּסְיָא אֲחִי פִּרְדָּה יוֹכִיחַ, שֶׁמּוּתָּר פְּרִי עִם פְּרִי, וְאָסוּר פְּרִי עִם הָאֵם.Car le cas du mulet né d'une jument, frère d'une mule, le prouvera : le fruit y est permis avec le fruit, puisque tous deux sont de la même espèce, et le fruit y est interdit avec la mère, la jument.
- אֶלָּא אָמַר מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא: מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר, עֶבֶד בֶּן שִׁפְחָה אֲחִי מְשׁוּחְרֶרֶת יוֹכִיחַ, שֶׁאָסוּר פְּרִי עִם פְּרִי, וּמוּתָּר פְּרִי עִם הָאֵם!Mais alors, Mar, fils de Ravina, a dit : le verset est nécessaire parce qu'on peut dire que le cas de l'esclave cananéen, fils d'une servante et frère d'une affranchie, le prouvera : le fruit y est interdit avec le fruit, car cet esclave est interdit à sa sœur affranchie, et le fruit y est permis avec la mère, qui est restée servante !
- הָתָם גֵּט שִׁיחְרוּר הוּא דְּקָא גָרֵים, דְּהָא עֶבֶד בֶּן מְשׁוּחְרֶרֶת אֲחִי שִׁפְחָה יוֹכִיחַ, שֶׁמּוּתָּר פְּרִי עִם פְּרִי, וְאָסוּר פְּרִי עִם הָאֵם.La Guemara rejette encore : Là-bas, c'est l'acte d'affranchissement qui en est la cause, et non la parenté, car le cas de l'esclave, fils d'une affranchie et frère d'une servante, le prouvera : le fruit y est permis avec le fruit, tous deux ayant statut d'esclaves, et le fruit y est interdit avec la mère, qui est affranchie.
- אֶלָּא אָמַר רַב אִידִי בַּר אָבִין: מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר, כִּלְאֵי זְרָעִים יוֹכִיחוּ, שֶׁאָסוּר פְּרִי עִם פְּרִי, וּמוּתָּר פְּרִי עִם הָאֵם. כְּלוּם נֶאֱסָר פְּרִי עִם פְּרִי אֶלָּא עַל יְדֵי הָאֵם? דְּהָא חִיטֵּי וּשְׂעָרֵי בְּכַדָּא וְלָא מִיתַּסְרוּ.Mais alors, Rav Idi bar Avin a dit : le verset est nécessaire parce qu'on peut dire que les kilayim de semences (mélange d'espèces interdit) le prouveront : le fruit y est interdit avec le fruit, une espèce ne pouvant être semée avec une autre, et le fruit y est permis avec la mère, c'est-à-dire avec la terre où on le sème. La Guemara rejette encore : Le fruit n'est-il interdit avec le fruit que par l'intermédiaire de la mère ? L'interdit n'existe en effet que lorsqu'on les sème dans la terre, car du blé et de l'orge placés dans une jarre ne sont pas interdits. L'interdit ne prouve donc rien.
- אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: מִשּׁוּם דְּאִיכָּא לְמֵימַר, מָה לִפְרִי עִם פְּרִי, שֶׁכֵּן שְׁנֵי גּוּפִים, תֹּאמַר בִּפְרִי עִם הָאֵם, שֶׁכֵּן גּוּף אֶחָד, מִשּׁוּם הָכִי אִיצְטְרִיךְ קְרָא.Mais alors, Rav Achi a dit : le verset est nécessaire parce qu'on peut dire : Que dire du fruit avec le fruit, le chevreau et le lait de sa mère, qui sont deux corps distincts ? Dirais-tu la même chose du fruit avec la mère, qui sont un seul corps ? C'est pourquoi le verset a été nécessaire.
- אָמַר רַב אָשֵׁי: מִנַּיִן לְבָשָׂר בְּחָלָב שֶׁאָסוּר בַּאֲכִילָה? שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא תֹאכַל כׇּל תּוֹעֵבָה״ – כֹּל שֶׁתִּעַבְתִּי לָךְ הֲרֵי הוּא בְּבַל תֹּאכַל.Rav Achi a dit : D'où savons-nous que la viande au lait est interdite à la consommation, alors que le verset n'interdit explicitement que la cuisson ? Comme il est dit : « Tu ne mangeras aucune abomination » (Deutéronome 14, 3) : tout ce dont je t'ai fait une abomination, voici que cela tombe sous « tu ne mangeras pas ».
- וְאֵין לִי אֶלָּא בַּאֲכִילָה, בַּהֲנָאָה מִנַּיִן? כִּדְרַבִּי אֲבָהוּ, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״לֹא יֹאכַל״, ״לֹא תֹאכַל״, ״לֹא תֹּאכְלוּ״ – אֶחָד אִיסּוּר אֲכִילָה וְאֶחָד אִיסּוּר הֲנָאָה בַּמַּשְׁמָע, עַד שֶׁיִּפְרוֹט לְךָ הַכָּתוּב, כְּדֶרֶךְ שֶׁפָּרַט לְךָ בִּנְבֵלָה לַגֵּר בִּנְתִינָה וְלַגּוֹי בִּמְכִירָה.Et je n'ai appris que l'interdit de la consommation ; pour le profit qu'on en tire, d'où le savons-nous ? Selon l'enseignement de Rabbi Abahou, car Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Elazar : Partout où il est dit « il ne mangera pas », « tu ne mangeras pas », « vous ne mangerez pas », l'interdit de consommation comme l'interdit de profit sont sous-entendus, à moins que le verset ne te précise que le profit est permis, comme il te l'a précisé pour la nevela (bête morte sans abattage rituel) : à l'étranger résident par don et au non-Juif par vente.
- דְּתַנְיָא: ״לֹא תֹאכְלוּ כׇּל נְבֵלָה לַגֵּר אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ אוֹ מָכוֹר לְנׇכְרִי״ – אֵין לִי אֶלָּא לְגֵר בִּנְתִינָה, וּלְגוֹי בִּמְכִירָה; לְגֵר בִּמְכִירָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לַגֵּר תִּתְּנֶנָּה אוֹ מָכוֹר״.Car il a été enseigné dans une baraïta : « Vous ne mangerez d'aucune nevela ; à l'étranger qui est dans tes portes tu la donneras et il la mangera, ou vends-la à un non-Juif » (Deutéronome 14, 21). Je n'ai appris que la cession à l'étranger résident par don et au non-Juif par vente ; à l'étranger résident par vente, d'où le savons-nous ? Le verset enseigne : « à l'étranger… tu la donneras… ou vends-la ».
- לְגוֹי בִּנְתִינָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּתְּנֶנָּה… אוֹ מָכוֹר לְנׇכְרִי״. נִמְצָא אֶחָד גֵּר וְאֶחָד גּוֹי, בֵּין בִּמְכִירָה בֵּין בִּנְתִינָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: דְּבָרִים כִּכְתָבָן, לְגֵר בִּנְתִינָה וְלַגּוֹי בִּמְכִירָה.Au non-Juif par don, d'où le savons-nous ? Le verset enseigne : « tu la donneras… ou vends-la à un non-Juif ». Il se trouve donc que, pour l'étranger résident comme pour le non-Juif, c'est permis aussi bien par vente que par don. Telles sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yehouda dit : Les choses s'entendent comme elles sont écrites : à l'étranger résident par don et au non-Juif par vente.
- מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה? אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כִּדְקָאָמַר רַבִּי מֵאִיר, לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״לֹא תֹאכְלוּ כׇל נְבֵלָה לַגֵּר אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ וּמָכוֹר״ – ״אוֹ״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִדְבָרִים כִּכְתָבָן הוּא דַּאֲתָא: לְגֵר בִּנְתִינָה, וְלַגּוֹי בִּמְכִירָה.Quelle est la raison de Rabbi Yehouda ? S'il te venait à l'idée de comprendre le verset comme le dit Rabbi Méïr, que le Miséricordieux écrive : « Vous ne mangerez d'aucune nevela ; à l'étranger qui est dans tes portes tu la donneras et il la mangera, et vends-la. » Pourquoi ai-je besoin de « ou » ? Déduis-en qu'il vient nous enseigner que les choses s'entendent comme elles sont écrites : à l'étranger résident par don et au non-Juif par vente.
- וְרַבִּי מֵאִיר אָמַר לָךְ: הַאי ״אוֹ״ לְהַקְדִּים נְתִינָה דְּגֵר לִמְכִירָה דְּגוֹי. וְרַבִּי יְהוּדָה, לְהַקְדִּים נְתִינָה דְגֵר לִמְכִירָה דְּגוֹי לָא צְרִיךְ קְרָא, סְבָרָא הוּא: זֶה אַתָּה מְצוֶּּוה לְהַחְיוֹתוֹ, וְזֶה אִי אַתָּה מְצוֶּּוה לְהַחֲיוֹתוֹ.Et Rabbi Méïr te dira : Ce « ou » sert à faire passer le don à l'étranger résident avant la vente au non-Juif. Et Rabbi Yehouda ? Selon lui, faire passer le don à l'étranger résident avant la vente au non-Juif n'exige pas de verset, c'est une déduction logique : à celui-ci, tu as l'ordre de le faire vivre, et à celui-là, tu n'as pas l'ordre de le faire vivre.
- (סִימָן: שַׁבָּת, חוֹרֵשׁ, וְכִלְאֵי זְרָעִים, אוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ, וְשִׁילּוּחַ הַקֵּן).(Moyen mnémotechnique : Chabbat ; celui qui laboure ; et les kilayim de semences ; « lui et son petit » ; et le renvoi du nid.) Ces mots rappellent les objections qui suivent contre l'enseignement de Rav Achi.
- אֶלָּא מֵעַתָּה,Mais alors, à présent que, selon Rav Achi, tout ce qui a été fait abomination est interdit à la consommation,
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