Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֵינוֹ מֵהֶם. אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: מָר לָא בְּהֶסְתֵּר פָּנִים אִיתֵיהּ, וְלָא בִּ״וְהָיָה לֶאֱכוֹל״ אִיתֵיהּ! אֲמַר לְהוּ: מִי יָדְעִיתוּ כַּמָּה מְשַׁדַּרְנָא בְּצִנְעָא בֵּי שַׁבּוּר מַלְכָּא? אֲפִילּוּ הָכִי, יְהַבוּ בֵּיהּ רַבָּנַן עֵינַיְיהוּ. אַדְּהָכִי שַׁדּוּר דְּבֵי שַׁבּוּר מַלְכָּא וְגַרְבוּהוּ. אֲמַר: הַיְינוּ דְּתַנְיָא, אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: כׇּל מָקוֹם שֶׁ״נָּתְנוּ חֲכָמִים עֵינֵיהֶם״ — אוֹ מִיתָה אוֹ עוֹנִי.n'est pas d'entre eux, n'appartient pas à la descendance d'Israël. Les Sages dirent à Rava : Maître, tu n'es pas concerné par la dissimulation de la Face, puisque tes prières sont exaucées, et tu n'es pas concerné par « il sera livré pour être dévoré » (Deutéronome 31, 17), puisque les autorités ne te prennent rien ! Il leur dit : Savez-vous combien j'envoie en secret à la maison du roi Chapour ? En réalité, je verse de nombreux présents. Malgré cela, les Sages posèrent leurs yeux sur lui, le regardant avec suspicion. Entre-temps, ceux de la maison du roi Chapour envoyèrent des émissaires et le dépouillèrent. Il dit : C'est ce qui a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabban Chimon ben Gamliel a dit : Partout où « les Sages ont posé leurs yeux », c'est soit la mort, soit la pauvreté.
- ״וְאָנֹכִי הַסְתֵּר אַסְתִּיר פָּנַי בַּיּוֹם הַהוּא״, אָמַר רָבָא, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אַף עַל פִּי שֶׁהִסְתַּרְתִּי פָּנַי מֵהֶם — ״בַּחֲלוֹם אֲדַבֶּר בּוֹ״. רַב יוֹסֵף אָמַר: יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְצֵל יָדִי כִּסִּיתִיךָ״.Sur le verset : « Et Moi, Je cacherai entièrement Ma face en ce jour-là » (Deutéronome 31, 18), Rava a dit : Le Saint, béni soit-Il, a dit : Bien que J'aie caché Ma face d'eux, malgré tout : « Je lui parlerai en songe » (Nombres 12, 6). Rav Yossef a dit : Sa main est étendue sur nous pour nous protéger, comme il est dit : « Et à l'ombre de Ma main, Je t'ai couvert » (Isaïe 51, 16).
- רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה הֲוָה קָאֵי בֵּי קֵיסָר, אַחְוִי לֵיהּ הָהוּא מִינָא: עַמָּא דְּאַהְדְּרִינְהוּ מָרֵיהּ לְאַפֵּיהּ מִינֵּיהּ. אַחְוִי לֵיהּ: יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ. אֲמַר לֵיהּ קֵיסָר לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: מַאי אַחְוִי לָךְ? עַמָּא דְּאַהְדְּרִינְהוּ מָרֵיהּ לְאַפֵּיהּ מִינֵּיהּ, וַאֲנָא מַחְוֵינָא לֵיהּ יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ.Rabbi Yehochoua ben 'Hanania se tenait dans la maison de César. Un certain hérétique (min) lui fit signe, signifiant qu'il appartenait à un peuple dont le Maître a détourné Sa face de lui. Il lui fit signe en retour : Sa main est étendue sur nous. César dit à Rabbi Yehochoua : Que t'a-t-il signifié par ce geste ? Il répondit : « Un peuple dont le Maître a détourné Sa face de lui » ; et moi, je lui ai signifié : « Sa main est étendue sur nous ».
- אֲמַרוּ לֵיהּ לְהָהוּא מִינָא: מַאי אַחְוִיית לֵיהּ? עַמָּא דְּאַהְדְּרִינְהוּ מָרֵיהּ מִינֵּיהּ. וּמַאי אַחְוִי לָךְ? לָא יָדַעְנָא. אֲמַרוּ: גַּבְרָא דְּלָא יָדַע מַאי מַחְווּ לֵיהּ, בְּמָחוֹג יַחְוֵי קַמֵּי מַלְכָּא?! אַפְּקוּהוּ וְקַטְלוּהוּ.Les gens de la maison de César dirent à cet hérétique : Que lui as-tu signifié ? Il répondit : « Un peuple dont le Maître a détourné Sa face de lui ». Et que t'a-t-il signifié ? Il répondit : Je ne sais pas. Ils dirent : Un homme qui ne sait pas ce qu'on lui signifie, oserait-il s'exprimer par gestes devant le roi ?! Ils le firent sortir et le tuèrent.
- כִּי קָא נִיחָא נַפְשֵׁיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה, אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן: מַאי תֶּיהְוֵי עֲלַן מִמִּינָאֵי? אָמַר לָהֶם: ״אָבְדָה עֵצָה מִבָּנִים נִסְרְחָה חׇכְמָתָם״. כֵּיוָן שֶׁאָבְדָה עֵצָה מִבָּנִים — נִסְרְחָה חׇכְמָתָן שֶׁל אוּמּוֹת הָעוֹלָם.Lorsque Rabbi Yehochoua ben 'Hanania était sur le point de mourir, les Sages lui dirent : Que deviendrons-nous face aux hérétiques, quand il n'y aura plus de savant de ta stature pour les réfuter ? Il leur dit : le verset énonce : « Le conseil a disparu des enfants, leur sagesse s'est corrompue » (Jérémie 49, 7). Dès lors que le conseil a disparu des enfants, c'est-à-dire d'Israël, la sagesse des nations du monde s'est corrompue, elle aussi.
- וְאִי בָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״וַיֹּאמֶר נִסְעָה וְנֵלֵכָה וְאֵלְכָה לְנֶגְדֶּךָ״.Et si tu veux, dis que cela se déduit d'ici : « Il dit : Partons et allons, et j'irai à ton niveau » (Genèse 33, 12). Comme Israël s'élève et s'abaisse, ainsi s'élèvent et s'abaissent les nations, à égalité, de sorte qu'elles n'auront jamais l'avantage.
- רַבִּי אִילָא הֲוָה סָלֵיק בְּדַרְגָּא דְּבֵי רַבָּה בַּר שֵׁילָא. שַׁמְעֵיהּ לְיָנוֹקָא דַּהֲוָה קָא קָרֵי: ״כִּי הִנֵּה יוֹצֵר הָרִים וּבוֹרֵא רוּחַ וּמַגִּיד לְאָדָם מַה שִּׂיחוֹ״. אָמַר: עֶבֶד שֶׁרַבּוֹ מַגִּיד לוֹ מַה שִּׂיחוֹ תַּקָּנָה יֵשׁ לוֹ?! מַאי ״מַה שִּׂיחוֹ״? אָמַר רַב: אֲפִילּוּ שִׂיחָה יְתֵירָה שֶׁבֵּין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ מַגִּידִים לוֹ לְאָדָם בִּשְׁעַת מִיתָה.Rabbi Ila montait l'escalier de la maison de Rabba bar Cheila. Il entendit un enfant qui lisait : « Car voici Celui qui forme les montagnes, crée le vent et révèle à l'homme quelle est sa parole » (Amos 4, 13). Il dit : Un serviteur dont le maître lui révèle quelle est sa parole, a-t-il un remède ?! La Guemara demande : Que signifie « quelle est sa parole » ? Rav a dit : Même le propos superflu échangé entre un homme et sa femme, on le révèle à l'homme à l'heure de la mort.
- אִינִי? וְהָא רַב כָּהֲנָא הֲוָה גָּנֵי תּוּתֵי פּוּרְיֵיהּ דְּרַב, וְשַׁמְעֵיהּ דְּסָח וְצָחַק וְעָשָׂה צְרָכָיו. אֲמַר: דָּמֵי פּוּמֵּיהּ דְּרַב כְּמַאן דְּלָא טְעִים לֵיהּ תַּבְשִׁילָא. אֲמַר לֵיהּ: כָּהֲנָא, פּוֹק! לָאו אוֹרַח אַרְעָא!La Guemara demande : Est-ce vrai ? Mais voici que Rav Kahana était couché sous le lit de Rav, et il l'entendit converser, rire et accomplir ses besoins, c'est-à-dire s'unir à sa femme. Rav Kahana dit : La bouche de Rav est comme celle de quelqu'un qui n'a jamais goûté de mets cuit, tant son désir paraît vif. Rav lui dit : Kahana, sors ! Ce n'est pas une conduite convenable ! Rav tenait donc de tels propos avant l'union.
- לָא קַשְׁיָא: כָּאן דִּצְרִיךְ לְרַצּוֹיַהּ, הָא דְּלָא צְרִיךְ לְרַצּוֹיַהּ.La Guemara répond : Ce n'est pas difficile : ici, il s'agit de celui qui a besoin de l'apaiser avant l'union, et un tel propos est permis ; là, il s'agit de celui qui n'a pas besoin de l'apaiser, et ce propos est alors superflu.
- ״וְאִם לֹא תִשְׁמָעוּהָ בְּמִסְתָּרִים תִּבְכֶּה נַפְשִׁי מִפְּנֵי גֵוָה״, אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אִינְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: מָקוֹם יֵשׁ לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּמִסְתָּרִים שְׁמוֹ. מַאי ״מִפְּנֵי גֵוָה״? אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק: מִפְּנֵי גַּאֲווֹתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁנִּיטְּלָה מֵהֶם וְנִתְּנָה לַגּוֹיִם. רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: מִפְּנֵי גַּאֲווֹתָהּ שֶׁל מַלְכוּת שָׁמַיִם.Le verset énonce : « Si vous ne l'écoutez pas, en des lieux secrets (bemistarim) Mon âme pleurera à cause de l'orgueil » (Jérémie 13, 17). Rav Chmouel bar Inya a dit au nom de Rav : Le Saint, béni soit-Il, a un lieu où Il pleure, et son nom est Mistarim. Que signifie « à cause de l'orgueil » ? Rav Chmouel bar Yits'hak a dit : À cause de la fierté d'Israël, qui leur a été enlevée et donnée aux nations. Rabbi Chmouel bar Na'hmani a dit : À cause de la fierté de la royauté des Cieux, qui a été retirée du monde.
- וּמִי אִיכָּא בְּכִיָּה קַמֵּיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא? וְהָאָמַר רַב פָּפָּא: אֵין עֲצִיבוּת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹד וְהָדָר לְפָנָיו עוֹז וְחֶדְוָה בִּמְקוֹמוֹ״! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּבָתֵּי גַוָּאֵי, הָא בְּבָתֵּי בַרָאֵי.La Guemara demande : Y a-t-il donc des pleurs devant le Saint, béni soit-Il ? Mais Rav Pappa n'a-t-il pas dit : Il n'y a pas de tristesse devant le Saint, béni soit-Il, comme il est dit : « Splendeur et majesté sont devant Lui, force et allégresse en Son lieu » (I Chroniques 16, 27) ! La Guemara répond : Ce n'est pas difficile : ceci, qu'Il pleure, concerne les chambres intérieures ; cela, qu'il n'y a pas de tristesse, concerne les chambres extérieures.
- וּבְבָתֵּי בַרָאֵי לָא? וְהָא כְּתִיב: ״וַיִּקְרָא אֲדֹנָי ה׳ צְבָאוֹת בַּיּוֹם הַהוּא לִבְכִי וּלְמִסְפֵּד וּלְקׇרְחָה וְלַחֲגוֹר שָׂק״! שָׁאנֵי חֻרְבַּן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, דַּאֲפִילּוּ מַלְאֲכֵי שָׁלוֹם בְּכוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֵן אֶרְאֶלָּם צָעֲקוּ חוּצָה מַלְאֲכֵי שָׁלוֹם מַר יִבְכָּיוּן״.Et dans les chambres extérieures, non ? Mais il est écrit : « Le Seigneur, Hachem des armées, appela en ce jour-là aux pleurs, au deuil, à la calvitie et à ceindre le sac » (Isaïe 22, 12) ! La Guemara répond : La destruction du Temple est différente, car même les anges de paix ont pleuré, comme il est dit : « Voici, leurs vaillants crient au-dehors, les anges de paix pleurent amèrement » (Isaïe 33, 7).
- ״וְדָמֹעַ תִּדְמַע וְתֵרַד עֵינִי דִּמְעָה כִּי נִשְׁבָּה עֵדֶר ה׳״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שָׁלֹשׁ דְּמָעוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת עַל מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן, וְאַחַת עַל מִקְדָּשׁ שֵׁנִי, וְאַחַת עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁגָּלוּ מִמְּקוֹמָן. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אַחַת עַל בִּיטּוּל תּוֹרָה.Le verset poursuit : « Mon œil pleurera, pleurera, et il en coulera des larmes, car le troupeau d'Hachem est emmené captif » (Jérémie 13, 17). Rabbi Elazar a dit : Ces trois mentions de larmes, pourquoi ? Une pour le premier Temple, une pour le second Temple, et une pour Israël exilé de son lieu. Et certains disent : la dernière est une pour l'abandon de la Torah.
- בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁגָּלוּ, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״כִּי נִשְׁבָּה עֵדֶר ה׳״, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר עַל בִּיטּוּל תּוֹרָה — מַאי ״כִּי נִשְׁבָּה עֵדֶר ה׳״? כֵּיוָן שֶׁגָּלוּ יִשְׂרָאֵל מִמְּקוֹמָן — אֵין לְךָ בִּיטּוּל תּוֹרָה גָּדוֹל מִזֶּה.La Guemara demande : Certes, pour celui qui dit que la dernière larme est pour Israël exilé, c'est ce qui est écrit : « car le troupeau d'Hachem est emmené captif » ; mais pour celui qui dit qu'elle est pour l'abandon de la Torah, que signifie « car le troupeau d'Hachem est emmené captif » ? La Guemara répond : Dès lors qu'Israël est exilé de son lieu, il n'est pas de plus grand abandon de la Torah que celui-là.
- תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁלֹשָׁה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בּוֹכֶה עֲלֵיהֶן בְּכׇל יוֹם: עַל שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה וְאֵינוֹ עוֹסֵק, וְעַל שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲסוֹק בְּתוֹרָה וְעוֹסֵק, וְעַל פַּרְנָס הַמִּתְגָּאֶה עַל הַצִּבּוּר.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : Sur trois, le Saint, béni soit-Il, pleure chaque jour : sur celui qui peut s'adonner à la Torah et ne s'y adonne pas ; sur celui qui ne peut pas s'adonner à la Torah et s'y adonne malgré tout ; et sur le dirigeant qui s'enorgueillit à l'égard de la communauté.
- רַבִּי הֲוָה נָקֵיט סֵפֶר קִינוֹת וְקָא קָרֵי בְּגַוֵּיהּ, כִּי מְטָא לְהַאי פְּסוּקָא ״הִשְׁלִיךְ מִשָּׁמַיִם אֶרֶץ״ — נְפַל מִן יְדֵיהּ, אֲמַר: מֵאִיגָּרָא רָם לְבֵירָא עַמִּיקְתָּא.Rabbi Yehouda HaNassi tenait le livre des Lamentations et y lisait. Lorsqu'il arriva à ce verset : « Il a précipité du ciel à la terre la splendeur d'Israël » (Lamentations 2, 1), le livre lui tomba des mains. Il dit : Du haut d'un toit élevé à un puits profond !
- רַבִּי וְרַבִּי חִיָּיא הֲווֹ שָׁקְלִי וְאָזְלִי בְּאוֹרְחָא, כִּי מְטוֹ לְהָהוּא מָתָא, אָמְרִי: אִיכָּא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הָכָא? נֵזִיל וְנַיקְבֵּיל אַפֵּיהּ. אָמְרִי: אִיכָּא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הָכָא, וּמְאוֹר עֵינַיִם הוּא. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא לְרַבִּי: תִּיב אַתְּ, לָא תְּזַלְזֵל בִּנְשִׂיאוּתָךְ. אֵיזִיל אֲנָא וְאַקְבֵּיל אַפֵּיהּ.Rabbi et Rabbi 'Hiya cheminaient sur la route. Lorsqu'ils arrivèrent dans une certaine ville, ils dirent : Y a-t-il ici un érudit en Torah ? Allons le saluer. Les habitants dirent : Il y a ici un érudit en Torah, mais il est aveugle (littéralement, par euphémisme : il est lumière des yeux). Rabbi 'Hiya dit à Rabbi : Reste assis, toi ; ne porte pas atteinte à ta dignité de Nassi (chef du peuple). J'irai, moi, et je le saluerai.
- תַּקְפֵיהּ וַאֲזַל בַּהֲדֵיהּ. כִּי הֲווֹ מִיפַּטְרִי מִינֵּיהּ, אֲמַר לְהוּ: אַתֶּם הִקְבַּלְתֶּם פָּנִים הַנִּרְאִים וְאֵינָן רוֹאִין — תִּזְכּוּ לְהַקְבִּיל פָּנִים הָרוֹאִים וְאֵינָן נִרְאִין. אֲמַר לֵיהּ: אִיכוּ הַשְׁתָּא מְנַעְתַּן מֵהַאי בִּירְכְּתָא.Rabbi le saisit de force et alla avec lui. Lorsqu'ils prirent congé de lui, il leur dit : Vous avez salué un visage qui est vu et ne voit pas ; puissiez-vous mériter de saluer le Visage qui voit et n'est pas vu. Il (Rabbi) lui dit (à Rabbi 'Hiya) : Si je t'avais écouté, tu m'aurais à présent privé de cette bénédiction.
- אֲמַרוּ לֵיהּ: מִמַּאן שְׁמִיעָא לָךְ? מִפִּרְקֵיהּ דְּרַבִּי יַעֲקֹב שְׁמִיעַ לִי, דְּרַבִּי יַעֲקֹב אִישׁ כְּפַר חִיטַּיָּיא הֲוָה מְקַבֵּיל אַפֵּיהּ דְּרַבֵּיהּ כׇּל יוֹמָא. כִּי קַשׁ, אֲמַר לֵיהּ: לָא נִצְטַעַר מָר, דְּלָא יָכֵיל מָר.Ils lui dirent : De qui as-tu entendu cela ? Il répondit : Je l'ai entendu de la leçon de Rabbi Yaakov, car Rabbi Yaakov de Kefar 'Hittaya saluait son maître chaque jour. Lorsqu'il vieillit, celui-ci lui dit : Que le Maître ne se fatigue pas, car le Maître n'en a plus la force.
- אֲמַר לֵיהּ, מִי זוּטַר מַאי דִּכְתִיב בְּהוּ בְּרַבָּנַן: ״וִיחִי עוֹד לָנֶצַח לֹא יִרְאֶה הַשָּׁחַת כִּי יִרְאֶה חֲכָמִים יָמוּתוּ״. וּמָה הָרוֹאֶה חֲכָמִים בְּמִיתָתָן יִחְיֶה — בְּחַיֵּיהֶן עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.Il lui dit : Est-ce peu de chose, ce qui est écrit au sujet des Sages : « Il vivra encore à jamais, il ne verra pas la fosse ; car il verra que des sages meurent » (Psaumes 49, 10-11) ? Si celui qui voit les Sages dans leur mort vivra, à plus forte raison celui qui les voit de leur vivant.
- רַב אִידִי אֲבוּהּ דְּרַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי הֲוָה רְגִיל דַּהֲוָה אָזֵיל תְּלָתָא יַרְחֵי בְּאוֹרְחָא וְחַד יוֹמָא בְּבֵי רַב, וַהֲווֹ קָרוּ לֵיהּ רַבָּנַן ״בַּר בֵּי רַב דְּחַד יוֹמָא״. חֲלַשׁ דַּעְתֵּיהּ, קָרֵי אַנַּפְשֵׁיהּ: ״שְׂחוֹק לְרֵעֵהוּ אֶהְיֶה וְגוֹ׳״. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן: בְּמָטוּתָא מִינָּךְ, לָא תַּעְנֵישׁ לְהוּ רַבָּנַן.Rav Idi, le père de Rabbi Yaakov bar Idi, avait coutume de voyager trois mois sur la route et de passer un seul jour à la maison d'étude, et les Sages l'appelaient « l'élève d'un seul jour ». Il en fut blessé et s'appliqua à lui-même le verset : « Je suis la risée de mon prochain, etc. » (Job 12, 4). Rabbi Yo'hanan lui dit : Je t'en prie, n'attire pas de châtiment sur les Sages.
- נְפַק רַבִּי יוֹחָנָן לְבֵי מִדְרְשָׁא וּדְרַשׁ: ״וְאוֹתִי יוֹם יוֹם יִדְרֹשׁוּן וְדַעַת דְּרָכַי יֶחְפָּצוּן״. וְכִי בַּיּוֹם דּוֹרְשִׁין אוֹתוֹ וּבַלַּיְלָה אֵין דּוֹרְשִׁין אוֹתוֹ?! אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה אֲפִילּוּ יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עָסַק כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ.Rabbi Yo'hanan sortit vers la maison d'étude et enseigna : « Et c'est Moi que, jour après jour, ils recherchent, et la connaissance de Mes voies qu'ils désirent » (Isaïe 58, 2). Le recherche-t-on donc le jour, et ne Le recherche-t-on pas la nuit ?! Mais c'est pour te dire : Quiconque s'adonne à la Torah, ne serait-ce qu'un seul jour dans l'année, le verset le lui compte comme s'il s'y était adonné toute l'année entière.
- וְכֵן בְּמִדַּת פּוּרְעָנוּת, דִּכְתִיב: ״בְּמִסְפַּר הַיָּמִים אֲשֶׁר תַּרְתֶּם אֶת הָאָרֶץ״. וְכִי אַרְבָּעִים שָׁנָה חָטְאוּ? וַהֲלֹא אַרְבָּעִים יוֹם חָטְאוּ! אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: כׇּל הָעוֹבֵר עֲבֵירָה אֲפִילּוּ יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עָבַר כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ.Et de même pour la mesure du châtiment, comme il est écrit : « Selon le nombre des jours pendant lesquels vous avez exploré le pays, quarante jours, un jour pour une année » (Nombres 14, 34). Ont-ils donc fauté quarante ans ? N'ont-ils pas fauté quarante jours ! Mais c'est pour te dire : Quiconque commet une faute, ne serait-ce qu'un seul jour dans l'année, le verset le lui compte comme s'il avait fauté toute l'année entière.
- אֵי זֶהוּ קָטָן — כׇּל שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִרְכּוֹב עַל כְּתֵפוֹ שֶׁל אָבִיו. מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי זֵירָא:La Michna enseigne : Qui est le petit dispensé de la montée au Temple ? Tout enfant qui ne peut pas monter sur l'épaule de son père pour aller de Jérusalem au Mont du Temple. Rabbi Zeira objecta à cela :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.