Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- קַשְׁיָא דְּרַבִּי מֵאִיר אַדְּרַבִּי מֵאִיר! תְּרֵי תַּנָּאֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי מֵאִיר.La baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) précédente rapporte que, selon Rabbi Méïr, le temps du Chema (lecture du Chema Israël) du soir commence quand les Cohanim (prêtres) s'immergent pour manger leur terouma (prélèvement donné au Cohen), alors que dans une autre baraïta il le fixe au moment où les gens entrent prendre leur repas la veille de Chabbat. C'est une difficulté : Rabbi Méïr contredit Rabbi Méïr ! La Guemara répond : Ce sont deux Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna), disciples de Rabbi Méïr, qui divergent sur l'avis de Rabbi Méïr.
- קַשְׁיָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אַדְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר!De même, c'est une difficulté : Rabbi Eliézer de la Michna contredit Rabbi Eliézer de la baraïta ! Dans la Michna, Rabbi Eliézer fait commencer le temps du Chema au moment où les Cohanim entrent manger leur terouma, c'est-à-dire à la sortie des étoiles, alors que dans la baraïta il le fait commencer dès que le jour est sanctifié, la veille de Chabbat.
- תְּרֵי תַּנָּאֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: רֵישָׁא לָאו רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא.La Guemara répond : Ce sont deux Tannaïm qui divergent sur l'avis de Rabbi Eliézer. Et si tu veux, dis plutôt : la première partie de la Michna, selon laquelle on commence à lire le Chema quand les Cohanim entrent manger leur terouma, n'est pas de Rabbi Eliézer ; seule la fin, « jusqu'à la fin de la première veille », est de lui.
- עַד סוֹף הָאַשְׁמוּרָה.Il est enseigné dans la Michna que, selon Rabbi Eliézer, on peut lire le Chema du soir jusqu'à la fin de la première veille. La Guemara s'interroge : en combien de veilles la nuit est-elle divisée, et pourquoi Rabbi Eliézer emploie-t-il ce repère plutôt qu'une heure précise ?
- מַאי קָסָבַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר? אִי קָסָבַר שָׁלֹשׁ מִשְׁמָרוֹת הָוֵי הַלַּיְלָה, לֵימָא ״עַד אַרְבַּע שָׁעוֹת״. וְאִי קָסָבַר אַרְבַּע מִשְׁמָרוֹת הָוֵי הַלַּיְלָה, לֵימָא ״עַד שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת״!Que pense Rabbi Eliézer ? S'il pense que la nuit comporte trois veilles, qu'il dise explicitement : « jusqu'à quatre heures » (la fin du premier tiers d'une nuit de douze heures) ! Et s'il pense que la nuit comporte quatre veilles, qu'il dise : « jusqu'à trois heures » !
- לְעוֹלָם קָסָבַר שָׁלֹשׁ מִשְׁמָרוֹת הָוֵי הַלַּיְלָה, וְהָא קָמַשְׁמַע לָן: דְּאִיכָּא מִשְׁמָרוֹת בָּרָקִיעַ וְאִיכָּא מִשְׁמָרוֹת בְּאַרְעָא. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: שָׁלֹשׁ מִשְׁמָרוֹת הָוֵי הַלַּיְלָה, וְעַל כָּל מִשְׁמָר וּמִשְׁמָר יוֹשֵׁב הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְשׁוֹאֵג כָּאֲרִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ מִמָּרוֹם יִשְׁאָג, וּמִמְּעוֹן קָדְשׁוֹ יִתֵּן קוֹלוֹ שָׁאֹג יִשְׁאַג עַל נָוֵהוּ״.La Guemara répond : En réalité, il pense que la nuit comporte trois veilles, et s'il s'exprime en termes de veilles, c'est que ceci nous enseigne qu'il y a des veilles dans le ciel et qu'il y a des veilles sur la terre : de même que notre nuit est divisée en veilles, ainsi l'est celle du monde d'en haut. Comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Eliézer dit : La nuit comporte trois veilles, et à chaque veille, le Saint, béni soit-Il, siège et rugit comme un lion, de douleur pour la destruction du Temple, comme il est dit : « Hachem rugit d'en haut, de Sa sainte demeure Il fait entendre Sa voix ; Il rugit, oui, Il rugit sur Sa demeure » (Jérémie 25, 30). Les trois occurrences du verbe « rugir » dans ce verset correspondent aux trois veilles de la nuit.
- וְסִימָן לַדָּבָר: מִשְׁמָרָה רִאשׁוֹנָה חֲמוֹר נוֹעֵר, שְׁנִיָּה כְּלָבִים צוֹעֲקִים, שְׁלִישִׁית, תִּינוֹק יוֹנֵק מִשְּׁדֵי אִמּוֹ, וְאִשָּׁה מְסַפֶּרֶת עִם בַּעֲלָהּ.Et le signe de la chose – le passage d'une veille à l'autre, perceptible sur terre : à la première veille, l'âne brait ; à la deuxième, les chiens aboient ; à la troisième, le nourrisson tète le sein de sa mère et la femme converse avec son mari.
- מַאי קָא חָשֵׁיב רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אִי תְּחִלַּת מִשְׁמָרוֹת קָא חָשֵׁיב — תְּחִלַּת מִשְׁמָרָה רִאשׁוֹנָה סִימָנָא לְמָה לִי? אוּרְתָּא הוּא! אִי סוֹף מִשְׁמָרוֹת קָא חָשֵׁיב, סוֹף מִשְׁמָרָה אַחֲרוֹנָה לְמָה לִי סִימָנָא? יְמָמָא הוּא!La Guemara demande : Qu'est-ce que Rabbi Eliézer compte par ces signes ? S'il compte le début des veilles, pourquoi ai-je besoin d'un signe pour le début de la première veille ? C'est le soir, visible de tous ! S'il compte la fin des veilles, pourquoi ai-je besoin d'un signe pour la fin de la dernière veille ? C'est le jour !
- אֶלָּא: חָשֵׁיב סוֹף מִשְׁמָרָה רִאשׁוֹנָה, וּתְחִלַּת מִשְׁמָרָה אַחֲרוֹנָה, וְאֶמְצָעִית דְּאֶמְצָעִיתָא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: כּוּלְּהוּ סוֹף מִשְׁמָרוֹת קָא חָשֵׁיב, וְכִי תֵּימָא אַחֲרוֹנָה לָא צְרִיךְ.La Guemara répond : Mais plutôt, il compte la fin de la première veille et le début de la dernière veille, qui nécessitent tous deux un signe, et le milieu de celle du milieu. Et si tu veux, dis : il compte la fin de toutes les veilles. Et si tu objectes qu'un signe pour la fin de la dernière veille n'est pas nécessaire, puisque c'est le jour, ce signe a malgré tout une utilité.
- לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ — לְמִיקְרֵי קְרִיאַת שְׁמַע לְמַאן דְּגָנֵי בְּבַיִת אָפֵל וְלָא יָדַע זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע אֵימַת. כֵּיוָן דְּאִשָּׁה מְסַפֶּרֶת עִם בַּעֲלָהּ וְתִינוֹק יוֹנֵק מִשְּׁדֵי אִמּוֹ, לִיקוּם וְלִיקְרֵי.Quelle est la conséquence pratique de ce signe ? Elle concerne le fait de lire le Chema, pour celui qui dort dans une maison obscure, qui ne voit pas l'aube et ne sait pas quand arrive le temps de la lecture du Chema : dès lors que la femme converse avec son mari et que le nourrisson tète le sein de sa mère, la dernière veille est achevée ; qu'il se lève et lise le Chema.
- אָמַר רַב יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: שָׁלֹשׁ מִשְׁמָרוֹת הָוֵי הַלַּיְלָה, וְעַל כָּל מִשְׁמָר וּמִשְׁמָר יוֹשֵׁב הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְשׁוֹאֵג כַּאֲרִי, וְאוֹמֵר: ״אוֹי שֶׁהֶחֱרַבְתִּי אֶת בֵּיתִי וְשָׂרַפְתִּי אֶת הֵיכָלִי וְהִגְלֵיתִי אֶת בָּנַי לְבֵין אוּמּוֹת הָעוֹלָם״.Rav Its'hak bar Chmouel a dit au nom de Rav : La nuit comporte trois veilles, et à chaque veille, le Saint, béni soit-Il, siège et rugit comme un lion – car le service du Temple était lié à la relève de ces veilles – et dit : « Malheur à Moi, car à cause de leurs fautes J'ai détruit Ma maison, brûlé Mon sanctuaire et exilé Mes enfants parmi les nations du monde ! »
- תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: פַּעַם אַחַת הָיִיתִי מְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ וְנִכְנַסְתִּי לְחוּרְבָּה אַחַת מֵחוּרְבוֹת יְרוּשָׁלַיִם לְהִתְפַּלֵּל. בָּא אֵלִיָּהוּ זָכוּר לַטּוֹב וְשָׁמַר לִי עַל הַפֶּתַח, (וְהִמְתִּין לִי) עַד שֶׁסִּייַּמְתִּי תְּפִלָּתִי. לְאַחַר שֶׁסִּייַּמְתִּי תְּפִלָּתִי אָמַר לִי: ״שָׁלוֹם עָלֶיךָ, רַבִּי״. וְאָמַרְתִּי לוֹ: ״שָׁלוֹם עָלֶיךָ, רַבִּי וּמוֹרִי״. וְאָמַר לִי: בְּנִי, מִפְּנֵי מָה נִכְנַסְתָּ לְחוּרְבָּה זוֹ? אָמַרְתִּי לוֹ: לְהִתְפַּלֵּל. וְאָמַר לִי: הָיָה לְךָ לְהִתְפַּלֵּל בַּדֶּרֶךְ. וְאָמַרְתִּי לוֹ: מִתְיָרֵא הָיִיתִי שֶׁמָּא יַפְסִיקוּ בִּי עוֹבְרֵי דְּרָכִים, וְאָמַר לִי הָיָה לְךָ לְהִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה.À propos de l'importance des veilles de la nuit, la Guemara rapporte un récit : Il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yossé a dit : Une fois, je marchais sur la route, et je suis entré dans une ruine, l'une des ruines de Jérusalem, pour prier. Élie le prophète, de mémoire bénie, est venu et a veillé pour moi à l'entrée (et m'a attendu) jusqu'à ce que j'aie terminé ma prière. Après que j'eus terminé ma prière et que je fus sorti, il m'a dit, avec la déférence due à un maître : « Paix sur toi, mon maître ! » Et je lui ai dit : « Paix sur toi, mon maître et mon enseignant ! » Et il m'a dit : « Mon fils, pourquoi es-tu entré dans cette ruine ? » Je lui ai dit : « Pour prier. » Et il m'a dit : « Tu aurais dû prier sur la route. » Et je lui ai dit : « Je craignais que des passants ne m'interrompent et que je ne puisse me concentrer. » Et il m'a dit : « Tu aurais dû réciter la prière abrégée », instituée précisément pour de telles circonstances.
- בְּאוֹתָהּ שָׁעָה לָמַדְתִּי מִמֶּנּוּ שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים: לָמַדְתִּי שֶׁאֵין נִכְנָסִין לְחוּרְבָּה, וְלָמַדְתִּי שֶׁמִּתְפַּלְּלִין בַּדֶּרֶךְ, וְלָמַדְתִּי שֶׁהַמִּתְפַּלֵּל בְּדֶרֶךְ מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה.Rabbi Yossé conclut : À ce moment-là, j'ai appris de lui trois choses : j'ai appris qu'on n'entre pas dans une ruine ; j'ai appris qu'on prie sur la route, sans devoir entrer dans un bâtiment ; et j'ai appris que celui qui prie sur la route récite une prière abrégée, afin de garder sa concentration.
- וְאָמַר לִי: בְּנִי, מָה קוֹל שָׁמַעְתָּ בְּחוּרְבָּה זוֹ? וְאָמַרְתִּי לוֹ: שָׁמַעְתִּי בַּת קוֹל שֶׁמְּנַהֶמֶת כְּיוֹנָה וְאוֹמֶרֶת: ״אוֹי שֶׁהֶחֱרַבְתִּי אֶת בֵּיתִי וְשָׂרַפְתִּי אֶת הֵיכָלִי וְהִגְלֵיתִי אֶת בָּנַי לְבֵין אוּמּוֹת הָעוֹלָם״. וְאָמַר לִי: חַיֶּיךָ וְחַיֵּי רֹאשְׁךָ, לֹא שָׁעָה זוֹ בִּלְבַד אוֹמֶרֶת כָּךְ, אֶלָּא בְּכָל יוֹם וָיוֹם, שָׁלֹשׁ פְּעָמִים אוֹמֶרֶת כָּךְ. וְלֹא זוֹ בִּלְבַד אֶלָּא, בְּשָׁעָה שֶׁיִּשְׂרָאֵל נִכְנָסִין לְבָתֵּי כְּנֵסִיּוֹת וּלְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת וְעוֹנִין ״יְהֵא שְׁמֵיהּ הַגָּדוֹל מְבֹורָךְ״, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְנַעְנֵעַ רֹאשׁוֹ, וְאוֹמֵר: אַשְׁרֵי הַמֶּלֶךְ שֶׁמְּקַלְּסִין אוֹתוֹ בְּבֵיתוֹ כָּךְ, מַה לּוֹ לָאָב שֶׁהִגְלָה אֶת בָּנָיו, וְאוֹי לָהֶם לַבָּנִים שֶׁגָּלוּ מֵעַל שׁוּלְחַן אֲבִיהֶם.Et il m'a dit : « Mon fils, quelle voix as-tu entendue dans cette ruine ? »
Et je lui ai dit : « J'ai entendu une voix céleste (bat kol) – comme un écho du rugissement du Saint, béni soit-Il – qui gémissait comme une colombe et disait : Malheur à Moi, car J'ai détruit Ma maison, brûlé Mon sanctuaire et exilé Mes enfants parmi les nations du monde ! »
Et il m'a dit : « Par ta vie et par la vie de ta tête ! Ce n'est pas seulement à ce moment-là qu'elle dit cela, mais chaque jour, trois fois, elle dit cela. Et non seulement cela, mais au moment où Israël entre dans les synagogues et dans les maisons d'étude et répond dans le Kaddich : “Que Son grand Nom soit béni”, le Saint, béni soit-Il, hoche la tête et dit : Heureux le roi que l'on loue ainsi dans sa maison ! Mais à présent, qu'a donc le père qui a exilé ses enfants – combien grande est sa douleur ! – et malheur aux enfants qui ont été exilés de la table de leur père ! » - תָּנוּ רַבָּנָן, מִפְּנֵי שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים אֵין נִכְנָסִין לְחוּרְבָּה: מִפְּנֵי חֲשָׁד, מִפְּנֵי הַמַּפּוֹלֶת, וּמִפְּנֵי הַמַּזִּיקִין. ״מִפְּנֵי חֲשָׁד״, וְתִיפּוֹק לֵיהּ ״מִשּׁוּם מַפּוֹלֶת״?Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : Pour trois raisons on n'entre pas dans une ruine : à cause du soupçon de débauche, à cause de l'effondrement, car la ruine risque de s'écrouler, et à cause des démons (mazikin). Trois raisons semblent superflues ; la Guemara demande donc : Pourquoi la raison « à cause du soupçon » ? Qu'il le déduise déjà de la raison de l'effondrement !
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