Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְאֵין מְבָרְכִין עָלָיו, וְאֵין מְזַמְּנִין עָלָיו, וּפָטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע וּמִן הַתְּפִלָּה וּמִן הַתְּפִילִּין וּמִכׇּל מִצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה. וּבְשַׁבָּת מֵיסֵב וְאוֹכֵל בָּשָׂר וְשׁוֹתֶה יַיִן, וּמְבָרֵךְ וּמְזַמֵּן, וּמְבָרְכִין עָלָיו וּמְזַמְּנִין עָלָיו, וְחַיָּיב בְּכָל הַמִּצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מִתּוֹךְ שֶׁנִּתְחַיֵּיב בְּאֵלּוּ — נִתְחַיֵּיב בְּכוּלָּן.Et on ne récite pas de bénédiction pour lui (on n'a pas besoin que d'autres récitent pour lui la bénédiction du pain), et on ne l'associe pas au zimoun (l'invitation collective à réciter le Birkat Hamazone, qui requiert trois convives) ; et il est exempt de la lecture du Chema, de la Tefila (l'Amida), des tefilines (phylactères) et de toutes les mitsvot mentionnées dans la Torah. Mais le Chabbat, il s'accoude au repas selon son habitude, mange de la viande et boit du vin, récite les bénédictions et dit le zimoun ; on récite les bénédictions pour lui et on l'associe au zimoun, et il est obligé de toutes les mitsvot mentionnées dans la Torah. Rabban Chimon ben Gamliel dit : Du fait qu'il est obligé de celles-ci (les mitsvot liées aux repas de Chabbat), il est obligé de toutes.
- וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי בֵּינַיְיהוּ — תַּשְׁמִישׁ הַמִּטָּה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.Et Rabbi Yo'hanan a dit : Quelle est la différence pratique entre eux (entre le premier Tanna et Rabban Chimon ben Gamliel, qui semblent dire la même chose) ? Les relations conjugales sont la différence entre eux : selon le premier Tanna, elles restent interdites même le Chabbat, car s'en abstenir n'est pas un deuil public ; selon Rabban Chimon ben Gamliel, puisqu'il n'y a pas de deuil le Chabbat, il est tenu d'accomplir le devoir conjugal.
- קָתָנֵי מִיהַת פָּטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע וּמִן הַתְּפִלָּה וּמִן הַתְּפִילִּין וּמִכׇּל מִצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה! אָמַר רַב פָּפָּא: תַּרְגְּמָא אַמַּחֲזִיר פָּנָיו וְאוֹכֵל. רַב אָשֵׁי אָמַר: כֵּיוָן שֶׁמּוּטָּל עָלָיו לְקוֹבְרוֹ, כְּמוּטָל לְפָנָיו דָּמֵי. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּקׇם אַבְרָהָם מֵעַל פְּנֵי מֵתוֹ״, וְנֶאֱמַר: ״וְאֶקְבְּרָה מֵתִי מִלְּפָנָי״, כָּל זְמַן שֶׁמּוּטָּל עָלָיו לְקוֹבְרוֹ כְּמוּטָל לְפָנָיו דָּמֵי.En tout cas, il est enseigné dans cette baraïta : il est exempt de la lecture du Chema, de la Tefila, des tefilines et de toutes les mitsvot mentionnées dans la Torah – même lorsqu'il mange dans une autre maison, alors que notre Michna ne l'exempte que lorsque le défunt est étendu devant lui ! Rav Pappa a dit : Explique-la (la baraïta) comme portant sur le cas où il détourne son visage et mange en présence du défunt (n'ayant pas d'autre pièce). Rav Achi a dit : l'expression « étendu devant lui » n'est pas à prendre à la lettre : puisqu'il lui incombe de l'enterrer, c'est comme si le défunt était étendu devant lui, comme il est dit : « Et Avraham se leva de devant son mort » (Genèse 23, 3), et il est dit : « Afin que j'enterre mon mort de devant moi » (Genèse 23, 4) – alors qu'à ce moment-là, il n'était pas devant lui. Tout le temps qu'il lui incombe de l'enterrer, c'est comme s'il était étendu devant lui.
- מֵתוֹ — אִין, אֲבָל מְשַׁמְּרוֹ — לָא.On déduit de notre Michna : son mort (son proche parent), oui, il est exempt des mitsvot ; mais celui qui ne fait que le veiller (sans être son parent), non.
- וְהָתַנְיָא: הַמְשַׁמֵּר אֶת הַמֵּת, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מֵתוֹ — פָּטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע וּמִן הַתְּפִלָּה וּמִן הַתְּפִילִּין וּמִכׇּל מִצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה! מְשַׁמְּרוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מֵתוֹ, מֵתוֹ אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מְשַׁמְּרוֹ.Mais voici qu'il a été enseigné dans une baraïta : Celui qui veille le mort, bien que ce ne soit pas son mort (son parent), est exempt de la lecture du Chema, de la Tefila, des tefilines et de toutes les mitsvot mentionnées dans la Torah ! La Guemara répond que les deux sources se complètent : il est exempt dans les deux cas – s'il le veille, bien que ce ne soit pas son mort, et si c'est son mort, bien qu'il ne le veille pas.
- מֵתוֹ וּמְשַׁמְּרוֹ — אִין, אֲבָל מְהַלֵּךְ בְּבֵית הַקְּבָרוֹת — לָא. וְהָתַנְיָא: לֹא יְהַלֵּךְ אָדָם בְּבֵית הַקְּבָרוֹת וּתְפִילִּין בְּרֹאשׁוֹ וְסֵפֶר תּוֹרָה בִּזְרוֹעוֹ וְקוֹרֵא. וְאִם עוֹשֶׂה כֵּן — עוֹבֵר מִשּׁוּם ״לוֹעֵג לָרָשׁ חֵרֵף עוֹשֵׂהוּ״.Il en ressort que si c'est son mort ou s'il le veille, oui, il est exempt ; mais celui qui marche dans un cimetière, non. Mais voici qu'il a été enseigné dans une baraïta : Un homme ne marchera pas dans un cimetière avec des tefilines sur la tête et un rouleau de la Torah au bras, en lisant dedans. Et s'il le fait, il transgresse le verset : « Celui qui se moque du pauvre outrage son Créateur » (Proverbes 17, 5) – car le défunt, qui ne peut plus accomplir de mitsvot, est comme humilié par celui qui les accomplit devant lui.
- הָתָם, תּוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת הוּא דְאָסוּר, חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת — חַיָּיב. דְּאָמַר מָר מֵת תּוֹפֵס אַרְבַּע אַמּוֹת לִקְרִיאַת שְׁמַע. הָכָא, חוּץ לְאַרְבַּע אַמּוֹת נָמֵי פָּטוּר.La Guemara répond : Là (au cimetière), c'est à l'intérieur de quatre coudées de la tombe que c'est interdit ; au-delà de quatre coudées, il est obligé (de la prière et des tefilines), comme le Maître l'a dit : Le mort occupe quatre coudées pour la lecture du Chema (il est interdit de lire le Chema dans les quatre coudées qui l'entourent). Ici (s'agissant de son proche ou de celui qui le veille), même au-delà de quatre coudées, il est exempt.
- גּוּפָא. הַמְשַׁמֵּר אֶת הַמֵּת אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מֵתוֹ — פָּטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע וּמִן הַתְּפִלָּה וּמִן הַתְּפִילִּין וּמִכׇּל מִצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה. הָיוּ שְׁנַיִם — זֶה מְשַׁמֵּר וְזֶה קוֹרֵא, וְזֶה מְשַׁמֵּר וְזֶה קוֹרֵא. בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: הָיוּ בָּאִים בִּסְפִינָה — מַנִּיחוֹ בְּזָוִית זוֹ, וּמִתְפַּלְּלִין שְׁנֵיהֶם בְּזָוִית אַחֶרֶת.Revenons à la chose elle-même (la baraïta citée plus haut) : Celui qui veille le mort, bien que ce ne soit pas son mort, est exempt de la lecture du Chema, de la Tefila, des tefilines et de toutes les mitsvot mentionnées dans la Torah. S'ils étaient deux, celui-ci veille et celui-là lit le Chema, puis celui-là veille et celui-ci lit. Ben Azaï dit : S'ils voyageaient en bateau avec le défunt, on le pose dans ce coin-ci du bateau, et tous deux prient dans un autre coin.
- מַאי בֵּינַיְיהוּ? אָמַר רָבִינָא: חוֹשְׁשִׁין לְעַכְבָּרִים אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ. מָר סָבַר: חָיְישִׁינַן. וּמַר סָבַר: לָא חָיְישִׁינַן.Quelle est la différence pratique entre eux ? Ravina a dit : S'inquiète-t-on des souris ? – voilà la différence entre eux. Un Maître (le premier Tanna) pense : on s'en inquiète (même dans un bateau, on ne laisse pas le défunt sans surveillance, de peur que les souris ne le rongent), et un Maître (Ben Azaï) pense : on ne s'en inquiète pas dans un bateau.
- תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹלִיךְ עֲצָמוֹת מִמָּקוֹם לְמָקוֹם, הֲרֵי זֶה לֹא יִתְּנֵם בְּדִסַקַּיָּא וְיִתְּנֵם עַל גַּבֵּי חֲמוֹר וְיִרְכַּב עֲלֵיהֶם, מִפְּנֵי שֶׁנּוֹהֵג בָּהֶם מִנְהַג בִּזָּיוֹן. וְאִם הָיָה מִתְיָרֵא מִפְּנֵי גּוֹיִם וּמִפְּנֵי לִסְטִים — מוּתָּר. וּכְדֶרֶךְ שֶׁאָמְרוּ בַּעֲצָמוֹת כָּךְ אָמְרוּ בְּסֵפֶר תּוֹרָה.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : Celui qui transporte des ossements de défunts d'un endroit à un autre ne les mettra pas dans une sacoche (disakaya, un grand sac de cuir) pour les placer sur le dos d'un âne et monter dessus, car il les traite d'une manière méprisante. Mais s'il avait peur des non-Juifs ou des brigands et doit chevaucher rapidement, c'est permis. Et de la même façon qu'ils l'ont dit pour les ossements, ainsi l'ont-ils dit pour un rouleau de la Torah.
- אַהֵיָיא? אִילֵּימָא אַרֵישָׁא — פְּשִׁיטָא! מִי גָּרַע סֵפֶר תּוֹרָה מֵעֲצָמוֹת? אֶלָּא אַסֵּיפָא.À quoi cette dernière phrase se rapporte-t-elle ? Si l'on dit : à la première partie (l'interdit), c'est évident ! Un rouleau de la Torah vaut-il moins que des ossements ? Bien sûr qu'on ne le traite pas avec mépris. Elle se rapporte plutôt à la dernière partie : en cas de danger, il est permis de monter même sur un rouleau de la Torah.
- אָמַר רַחֲבָה אָמַר רַב יְהוּדָה: כָּל הָרוֹאֶה הַמֵּת וְאֵינוֹ מְלַוֵּהוּ עוֹבֵר מִשּׁוּם ״לֹעֵג לָרָשׁ חֵרֵף עֹשֵׂהוּ״. וְאִם הִלְוָהוּ מַה שְּׂכָרוֹ? אָמַר רַב אַסִּי, עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״מַלְוֵה ה׳ חוֹנֵן דָּל״ ״וּמְכַבְּדוֹ חֹנֵן אֶבְיוֹן״.Ra'hava a dit au nom de Rav Yehouda : Quiconque voit le mort (porté en terre) et ne l'accompagne pas transgresse le verset : « Celui qui se moque du pauvre outrage son Créateur » (Proverbes 17, 5). Et s'il l'a accompagné, quelle est sa récompense ? Rav Assi a dit : Le verset dit à son sujet : « Il prête à Hachem, celui qui a pitié du pauvre » (Proverbes 19, 17), et : « Celui qui a pitié du nécessiteux L'honore » (Proverbes 14, 31).
- רַבִּי חִיָּיא וְרַבִּי יוֹנָתָן הֲווֹ שָׁקְלִי וְאָזְלִי בְּבֵית הַקְּבָרוֹת. הֲוָה קָשַׁדְיָא תְּכֵלְתָּא דְרַבִּי יוֹנָתָן. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא: דַּלְיַיהּ, כְּדַי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ: לְמָחָר בָּאִין אֶצְלֵנוּ, וְעַכְשָׁיו מְחָרְפִין אוֹתָנוּ.Rabbi 'Hiya et Rabbi Yonathan marchaient dans un cimetière. Le fil d'azur (tekhélèt, des tsitsit) de Rabbi Yonathan traînait par terre, sur les tombes. Rabbi 'Hiya lui dit : Relève-le, afin qu'ils (les morts) ne disent pas : Demain ils viennent chez nous (pour être enterrés), et maintenant ils nous outragent !
- אֲמַר לֵיהּ: וּמִי יָדְעִי כּוּלֵּי הַאי? וְהָא כְּתִיב: ״וְהַמֵּתִים אֵינָם יוֹדְעִים מְאוּמָה״! אֲמַר לֵיהּ: אִם קָרִיתָ — לֹא שָׁנִיתָ. אִם שָׁנִיתָ — לֹא שִׁלַּשְׁתָּ. אִם שִׁלַּשְׁתָּ — לֹא פֵּירְשׁוּ לְךָ. ״כִּי הַחַיִּים יוֹדְעִים שֶׁיָּמוּתוּ״ — אֵלּוּ צַדִּיקִים שֶׁבְּמִיתָתָן נִקְרְאוּ חַיִּים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְנָיָהוּ בֶן יְהוֹיָדָע בֶּן אִישׁ חַי רַב פְּעָלִים מִקַּבְצְאֵל הוּא הִכָּה אֵת שְׁנֵי אֲרִאֵל מוֹאָב וְהוּא יָרַד וְהִכָּה אֶת הָאֲרִי בְּתוֹךְ הַבּוֹר בְּיוֹם הַשָּׁלֶג״.Rabbi Yonathan lui dit : Et savent-ils (les morts) tant de choses ? Il est pourtant écrit : « Et les morts ne savent rien » (Ecclésiaste 9, 5) ! Rabbi 'Hiya lui dit : Si tu as lu le verset, tu ne l'as pas relu ; si tu l'as relu, tu ne l'as pas lu une troisième fois ; si tu l'as lu une troisième fois, on ne te l'a pas expliqué correctement. « Car les vivants savent qu'ils mourront » (Ecclésiaste 9, 5) : ce sont les justes, qui même dans leur mort sont appelés vivants, comme il est dit : « Et Benayahou, fils de Yehoyada, fils d'un homme vivant (vaillant), aux nombreux exploits, de Kavtseël ; c'est lui qui frappa les deux Arièl de Moav ; et il descendit et frappa le lion au milieu de la fosse, un jour de neige » (II Samuel 23, 20).
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.