Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֶלָּא, אִי אָמְרַתְּ ״אַהֲבָה רַבָּה״ הֲווֹ אָמְרִי, מַאי בְּרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ? דִּלְמָא הַאי דְּלָא אָמְרִי ״יוֹצֵר אוֹר״ מִשּׁוּם דְּלָא מְטָא זְמַן ״יוֹצֵר אוֹר״, וְכִי מְטָא זְמַן ״יוֹצֵר אוֹר״ הֲווֹ אָמְרִי.La Guemara poursuit : Mais si tu dis qu'ils omettaient « Créateur de la lumière » et disaient « D'un grand amour » (Ahava rabba), d'où déduirait-on que les bénédictions qui précèdent le Chema ne s'empêchent pas l'une l'autre (l'omission de l'une n'invalide pas l'autre) ? Peut-être que s'ils ne disaient pas « Créateur de la lumière » (Yotser or), c'est parce que le moment de « Créateur de la lumière » n'était pas encore arrivé (le soleil n'était pas encore levé), et lorsque le moment de « Créateur de la lumière » arrivait, ils la disaient ! Puisque Rech Lakich en a déduit que les bénédictions ne s'empêchent pas, c'est donc qu'ils disaient « Créateur de la lumière ».
- וְאִי מִכְּלָלָא מַאי?La Guemara demande : Et si cette conclusion n'est tirée que par déduction, qu'importe ? La déduction semble solide.
- דְּאִי מִכְּלָלָא, לְעוֹלָם ״אַהֲבָה רַבָּה״ הֲווֹ אָמְרִי. וְכִי מְטָא זְמַן ״יוֹצֵר אוֹר״ הֲווֹ אָמְרִי לֵיהּ. וּמַאי ״בְּרָכוֹת אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ״ — סֵדֶר בְּרָכוֹת.La Guemara répond : Car si ce n'est que par déduction, on pourrait dire qu'en réalité ils disaient « D'un grand amour », et lorsque le moment de « Créateur de la lumière » arrivait, ils la disaient. Et que signifie alors « les bénédictions ne s'empêchent pas l'une l'autre » ? Il s'agit de l'ordre des bénédictions : celui qui les intervertit est quitte, mais on ne peut rien en déduire sur la bénédiction unique qu'ils disaient.
- וְקוֹרִין עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת ״שְׁמַע״, ״וְהָיָה אִם שָׁמוֹעַ״, ״וַיֹּאמֶר״, ״אֱמֶת וְיַצִּיב״, וַעֲבוֹדָה, וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים.Et la Michna (Tamid 5, 1) a enseigné que les Cohanim au Temple lisaient les Dix Commandements, « Écoute » (Chema), « Et ce sera si vous écoutez » (Vehaya im chamoa), « Et Il dit » (Vayomer), « Vrai et ferme » (Emet veyatsiv), le service (Avoda) et la bénédiction des Cohanim.
- אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אַף בִּגְבוּלִין בִּקְּשׁוּ לִקְרוֹת כֵּן, אֶלָּא שֶׁכְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : Même en province (hors du Temple), on a voulu lire ainsi (les Dix Commandements chaque jour), mais on les avait déjà abolis à cause de la récrimination des hérétiques (minim), qui prétendaient que seuls les Dix Commandements avaient été donnés au Sinaï.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: בִּגְבוּלִין בִּקְּשׁוּ לִקְרוֹת כֵּן, אֶלָּא שֶׁכְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.Il a été enseigné de même (dans une baraïta) : Rabbi Nathan dit : En province, on a voulu lire ainsi, mais on les avait déjà abolis à cause de la récrimination des hérétiques.
- רַבָּה בַּר בַּר חַנָּה סְבַר לְמִקְבְּעִינְהוּ בְּסוּרָא, אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: כְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.Rabba bar bar 'Hana pensa les instituer à Soura. Rav 'Hisda lui dit : On les a déjà abolis à cause de la récrimination des hérétiques.
- אֲמֵימַר סְבַר לְמִקְבְּעִינְהוּ בִּנְהַרְדְּעָא, אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי: כְּבָר בִּטְּלוּם מִפְּנֵי תַּרְעוֹמֶת הַמִּינִין.Amémar pensa les instituer à Neharde'a. Rav Achi lui dit : On les a déjà abolis à cause de la récrimination des hérétiques.
- וּבְשַׁבָּת מוֹסִיפִין בְּרָכָה אַחַת לַמִּשְׁמָר הַיּוֹצֵא. מַאי בְּרָכָה אַחַת? אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ: מִשְׁמָר הַיּוֹצֵא אוֹמֵר לַמִּשְׁמָר הַנִּכְנָס: ״מִי שֶׁשִּׁכֵּן אֶת שְׁמוֹ בַּבַּיִת הַזֶּה, הוּא יַשְׁכִּין בֵּינֵיכֶם אַהֲבָה וְאַחְוָה וְשָׁלוֹם וְרֵיעוּת״.La Michna de Tamid enseigne encore : Et le Chabbat, on ajoute une bénédiction pour la garde sortante (le michmar, groupe de Cohanim qui achevait sa semaine de service). Quelle est cette bénédiction ? Rabbi 'Helbo a dit : La garde sortante dit à la garde entrante : « Que Celui qui a fait résider Son Nom dans cette maison fasse résider parmi vous l'amour, la fraternité, la paix et l'amitié. »
- מָקוֹם שֶׁאָמְרוּ לְהַאֲרִיךְ. פְּשִׁיטָא הֵיכָא דְּקָא נָקֵיט כָּסָא דְחַמְרָא בִּידֵיהּ וְקָסָבַר דְּשִׁכְרָא הוּא, וּפָתַח וּמְבָרֵךְ אַדַּעְתָּא דְשִׁכְרָא, וְסַיֵּים בִּדְחַמְרָא — יָצָא. דְּאִי נָמֵי אִם אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ — יָצָא. דְּהָא תְּנַן: עַל כּוּלָּם אִם אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ — יָצָא.Nous avons appris dans la Michna : « Là où les Sages ont dit d'allonger la bénédiction, on n'a pas le droit de l'abréger. » La Guemara pose d'abord un cas simple : Il est évident que si quelqu'un tenait à la main une coupe de vin en pensant que c'était de la bière, et qu'il a commencé à réciter la bénédiction en vue de la bière (« par la parole de qui tout existe », Chéhakol), puis, s'en rendant compte, a terminé par celle du vin (« Créateur du fruit de la vigne »), il est quitte. Car même s'il avait dit « par la parole de qui tout existe », il serait quitte, puisque nous avons appris (dans la Michna, plus loin 40a) : Sur tous les aliments, s'il a dit « par la parole de qui tout existe », il est quitte a posteriori.
- אֶלָּא הֵיכָא דְּקָא נָקֵיט כָּסָא דְשִׁכְרָא בִּידֵיהּ וְקָסָבַר דְּחַמְרָא הוּא, פְּתַח וּבָרֵיךְ אַדַּעְתָּא דְחַמְרָא, וְסַיֵּים בִּדְשִׁכְרָא, מַאי?Mais si quelqu'un tenait à la main une coupe de bière en pensant que c'était du vin, a commencé la bénédiction en vue du vin et a terminé par celle de la bière, qu'en est-il ?
- בָּתַר עִיקַּר בְּרָכָה אָזְלִינַן, אוֹ בָּתַר חֲתִימָה אָזְלִינַן?Suit-on l'essentiel de la bénédiction (son début, dit en vue du vin, ce qui ne convient pas à la bière), ou suit-on la conclusion ?
- תָּא שְׁמַע: שַׁחֲרִית, פָּתַח בְּ״יוֹצֵר אוֹר״ וְסִיֵּים בְּ״מַעֲרִיב עֲרָבִים״ — לֹא יָצָא. פָּתַח בְּ״מַעֲרִיב עֲרָבִים״ וְסִיֵּים בְּ״יוֹצֵר אוֹר״ — יָצָא.Viens et entends une preuve (d'une baraïta) : Le matin, s'il a commencé par « Créateur de la lumière » et terminé par « Qui fait venir les soirs » (Maariv aravim), il n'est pas quitte. S'il a commencé par « Qui fait venir les soirs » et terminé par « Créateur de la lumière », il est quitte.
- עַרְבִית, פָּתַח בְּ״מַעֲרִיב עֲרָבִים״ וְסִיֵּים בְּ״יוֹצֵר אוֹר״ — לֹא יָצָא. פָּתַח בְּ״יוֹצֵר אוֹר״ וְסִיֵּים בְּ״מַעֲרִיב עֲרָבִים״ — יָצָא.Le soir, s'il a commencé par « Qui fait venir les soirs » et terminé par « Créateur de la lumière », il n'est pas quitte. S'il a commencé par « Créateur de la lumière » et terminé par « Qui fait venir les soirs », il est quitte.
- כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר: הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר הַחִתּוּם.Le principe général : tout suit la conclusion ('hitoum) de la bénédiction. On pourrait donc trancher la question du vin et de la bière.
- שָׁאנֵי הָתָם דְּקָאָמַר ״בָּרוּךְ יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת״.La Guemara rejette : Là-bas, c'est différent, car on dit en conclusion : « Béni sois-Tu… qui forme les luminaires » : cette conclusion est une bénédiction complète à elle seule, ce qui n'est pas le cas des bénédictions courtes sur les aliments.
- הָנִיחָא לְרַב דְּאָמַר כָּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ הַזְכָּרַת הַשֵּׁם אֵינָהּ בְּרָכָה — שַׁפִּיר. אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כָּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ מַלְכוּת אֵינָהּ בְּרָכָה, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?La Guemara objecte : Cela va bien selon Rav, qui a dit : Toute bénédiction qui ne contient pas la mention du Nom divin n'est pas une bénédiction ; la conclusion « Béni sois-Tu, Hachem… », qui contient le Nom, est donc une bénédiction valable, c'est bien. Mais selon Rabbi Yo'hanan, qui a dit : Toute bénédiction qui ne contient pas la mention de la royauté divine (« Roi du monde ») n'est pas une bénédiction, que peut-on dire ? La conclusion ne mentionne pas la royauté !
- אֶלָּא כֵּיוָן דְּאָמַר רַבָּה בַּר עוּלָּא: כְּדֵי לְהַזְכִּיר מִדַּת יוֹם בַּלַּיְלָה וּמִדַּת לַיְלָה בַּיּוֹם, כִּי קָאָמַר בְּרָכָה וּמַלְכוּת מֵעִיקָּרָא — אַתַּרְוַיְיהוּ קָאָמַר.La Guemara répond : Plutôt, ce cas est différent pour une autre raison : puisque Rabba bar Oula a dit que l'on mentionne dans ces bénédictions « Il crée l'obscurité » le jour et « Il roule la lumière devant l'obscurité » la nuit afin de mentionner l'attribut du jour la nuit et l'attribut de la nuit le jour, lorsqu'on dit la bénédiction et la royauté au début, on les dit en vue des deux (le jour et la nuit). Le début est donc lui aussi valable, et on ne peut rien en déduire pour le vin et la bière.
- תָּא שְׁמַע מִסֵּיפָא: ״כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר: הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר הַחִתּוּם״. כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר לְאֵתוּיֵי מַאי? לָאו לְאֵתוּיֵי הָא דַּאֲמַרַן?Viens et entends une preuve de la fin de la baraïta : « Le principe général : tout suit la conclusion. » « Le principe général », pour inclure quoi ? N'est-ce pas pour inclure ce que nous avons dit (le vin et la bière) ?
- לָא, לְאֵתוּיֵי נַהֲמָא וְתַמְרֵי. הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דַּאֲכַל נַהֲמָא, וְקָסָבַר דְּתַמְרֵי אֲכַל, וּפְתַח אַדַּעְתָּא דְתַמְרֵי וְסַיֵּים בִּדְנַהֲמָא — הַיְינוּ בַּעְיָין!La Guemara rejette : Non, c'est pour inclure le cas du pain et des dattes. Comment est-ce ? Si l'on dit qu'il a mangé du pain en pensant avoir mangé des dattes, a commencé la bénédiction finale en vue des dattes et terminé par celle du pain, c'est exactement notre question !
- לָא צְרִיכָא: כְּגוֹן דַּאֲכַל תַּמְרֵי, וְקָסָבַר נַהֲמָא אֲכַל, וּפְתַח בִּדְנַהֲמָא, וְסַיֵּים בִּדְתַמְרֵי [— יָצָא]. דַּאֲפִילּוּ סַיֵּים בִּדְנַהֲמָא — נָמֵי יָצָא.Ce n'est nécessaire que dans le cas où il a mangé des dattes en pensant avoir mangé du pain, a commencé par celle du pain et terminé par celle des dattes : il est quitte, car même s'il avait terminé par celle du pain, il serait aussi quitte.
- מַאי טַעְמָא — דְּתַמְרֵי נָמֵי מֵיזָן זָיְינִי.Quelle en est la raison ? Car les dattes aussi nourrissent. La question du vin et de la bière reste donc sans réponse.
- אָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כָּל שֶׁלֹּא אָמַר ״אֱמֶת וְיַצִּיב״ שַׁחֲרִית, וֶ״אֱמֶת וֶאֱמוּנָה״ עַרְבִית — לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְהַגִּיד בַּבֹּקֶר חַסְדֶּךָ וֶאֱמוּנָתְךָ בַּלֵּילוֹת״.Rabba bar 'Hinnana l'Ancien a dit au nom de Rav : Quiconque n'a pas dit « Vrai et ferme » (Emet veyatsiv) le matin et « Vrai et digne de foi » (Emet veémouna) le soir n'est pas quitte de son obligation, comme il est dit : « Proclamer le matin Ta bonté, et Ta fidélité dans les nuits » (Psaumes 92, 3).
- וְאָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא [סָבָא] מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: הַמִּתְפַּלֵּל, כְּשֶׁהוּא כּוֹרֵעַ כּוֹרֵעַ בְּבָרוּךְ, וּכְשֶׁהוּא זוֹקֵף — זוֹקֵף בַּשֵּׁםEt Rabba bar 'Hinnana l'Ancien a dit encore au nom de Rav : Celui qui prie l'Amida, lorsqu'il s'incline, s'incline à « Béni », et lorsqu'il se redresse, se redresse au Nom divin.
- אָמַר שְׁמוּאֵל: מַאי טַעְמָא דְרַב — דִּכְתִיב: ״ה׳ זוֹקֵף כְּפוּפִים״.Chmouel a dit : Quelle est la raison de Rav ? Car il est écrit : « Hachem redresse ceux qui sont courbés » (Psaumes 146, 8).
- מֵתִיבִי: ״מִפְּנֵי שְׁמִי נִחַת הוּא״.On a objecté (d'un verset dit du Cohen) : « Devant Mon Nom, il s'humilie » (Malachie 2, 5) ; il faudrait donc être incliné au moment du Nom !
- מִי כְּתִיב ״בִּשְׁמִי״? ״מִפְּנֵי שְׁמִי״ כְּתִיב.La Guemara répond : Est-il écrit « à Mon Nom » ? C'est « devant Mon Nom » qui est écrit : on s'incline avant de prononcer le Nom, au mot « Béni ».
- אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְחִיָּיא בַּר רַב: בַּר אוֹרְיָאן, תָּא וְאֵימָא לְךָ מִלְּתָא מְעַלַּיְיתָא דְּאָמַר אֲבוּךְ. הָכִי אָמַר אֲבוּךְ: כְּשֶׁהוּא כּוֹרֵעַ — כּוֹרֵעַ בְּ״בָרוּךְ״, כְּשֶׁהוּא זוֹקֵף — זוֹקֵף בַּשֵּׁם.Chmouel dit à 'Hiya bar Rav : Fils de la Torah, viens, que je te dise une belle parole qu'a dite ton père. Voici ce qu'a dit ton père : Lorsqu'on s'incline, on s'incline à « Béni » ; lorsqu'on se redresse, on se redresse au Nom.
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