Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- גְּמָ׳ בִּשְׁלָמָא בֵּית הִלֵּל — קָא מְפָרְשִׁי טַעְמַיְיהוּ וְטַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי, אֶלָּא בֵּית שַׁמַּאי — מַאי טַעְמָא לָא אָמְרִי כְּבֵית הִלֵּל?GUEMARA : Certes, Beit Hillel expliquent leur raison et la raison de Beit Chammaï (« à l'heure où les gens se couchent… » et « quand tu marches en chemin ») ; mais Beit Chammaï, pour quelle raison ne disent-ils pas comme Beit Hillel ?
- אָמְרִי לָךְ בֵּית שַׁמַּאי: אִם כֵּן, נֵימָא קְרָא ״בַּבֹּקֶר וּבָעֶרֶב״, מַאי ״בְּשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ״? בִּשְׁעַת שְׁכִיבָה — שְׁכִיבָה מַמָּשׁ, וּבִשְׁעַת קִימָה — קִימָה מַמָּשׁ.Beit Chammaï te diront : S'il en était ainsi, que le verset dise : « Le matin et le soir » ! Que signifie « quand tu te couches et quand tu te lèves » ? Au moment du coucher, il faut réciter en étant réellement couché, et au moment du lever, en étant réellement levé.
- וּבֵית שַׁמַּאי: הַאי ״וּבְלֶכְתְּךָ בַדֶּרֶךְ״, מַאי עֲבִיד לְהוּ?Et Beit Chammaï, ce verset « Et quand tu marches en chemin », qu'en font-ils ?
- הָהוּא מִבְּעֵי לְהוּ, לְכִדְתַנְיָא: ״בְּשִׁבְתְּךָ בְּבֵיתֶךָ״ — פְּרָט לְעוֹסֵק בְּמִצְוָה, ״וּבְלֶכְתְּךָ בַדֶּרֶךְ״ — פְּרָט לְחָתָן. מִכָּאן, אָמְרוּ: הַכּוֹנֵס אֶת הַבְּתוּלָה — פָּטוּר, וְאֶת הָאַלְמָנָה — חַיָּיב.Réponse : Ils en ont besoin pour ce qui a été enseigné (dans une baraïta) : « Quand tu es assis dans ta maison » : à l'exclusion de celui qui est occupé à une mitsva ; « et quand tu marches en chemin » : à l'exclusion du marié. De là, ils ont dit : Celui qui épouse une vierge est exempt (patour) de la lecture du Chema la nuit de ses noces, et celui qui épouse une veuve est obligé ('hayav).
- מַאי מַשְׁמַע?La Guemara demande : D'où le déduit-on ?
- אָמַר רַב פָּפָּא: כִּי דֶרֶךְ. מָה דֶּרֶךְ רְשׁוּת, אַף כֹּל רְשׁוּת.Rav Pappa a dit : « Ta maison » est rapproché du « chemin » : de même que le chemin est facultatif (rechout, un déplacement sans mitsva), de même tout ce qui oblige au Chema est facultatif ; mais celui qui est occupé à une mitsva en est exempt.
- מִי לָא עָסְקִינַן דְּקָא אָזֵיל לִדְבַר מִצְוָה, וַאֲפִילּוּ הָכִי אָמַר רַחֲמָנָא: לִקְרֵי. אִם כֵּן לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״בְּשֶׁבֶת וּבְלֶכֶת״ מַאי ״בְּשִׁבְתְּךָ וּבְלֶכְתְּךָ״? — בְּשֶׁבֶת דִּידָךְ וּבְלֶכֶת דִּידָךְ הוּא דְּמִחַיְּיבַתְּ, הָא דְּמִצְוָה פְּטִירַתְּ.La Guemara objecte : Ne parle-t-on pas aussi du cas où il marche pour une affaire de mitsva, et pourtant le Miséricordieux a dit : qu'il récite ? Réponse : S'il en était ainsi, que le Miséricordieux écrive : « en étant assis et en marchant ». Que signifie « quand tu es assis (bechivtekha) et quand tu marches (ouvlekhtekha) » ? C'est dans ta propre position assise et dans ta propre marche que tu es obligé ; mais celle d'une mitsva, tu en es exempt.
- אִי הָכִי אֲפִילּוּ כּוֹנֵס אֶת הָאַלְמָנָה נָמֵי?S'il en est ainsi, même celui qui épouse une veuve devrait être exempt aussi, puisqu'il accomplit une mitsva !
- הַאי טְרִיד, וְהַאי לָא טְרִיד.Réponse : Celui-ci (qui épouse une vierge) est préoccupé, et celui-là (qui épouse une veuve) n'est pas préoccupé.
- אִי מִשּׁוּם טִרְדָּא, אֲפִילּוּ טָבְעָה סְפִינָתוֹ בַּיָּם נָמֵי! וְכִי תֵּימָא: הָכִי נָמֵי, אַלְּמָה אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר זַבְדָּא אָמַר רַב: אָבֵל חַיָּיב בְּכָל הַמִּצְוֹת הָאֲמוּרוֹת בַּתּוֹרָה, חוּץ מִן הַתְּפִילִּין, שֶׁהֲרֵי נֶאֱמַר בָּהֶם ״פְּאֵר״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״פְּאֵרְךָ חֲבוֹשׁ עָלֶיךָ״?!Si c'est à cause de la préoccupation, alors même celui dont le navire a sombré en mer devrait être exempt aussi ! Et si tu dis : En effet, il est exempt, pourquoi donc Rabbi Abba bar Zavda a-t-il dit au nom de Rav : L'endeuillé (avel) est obligé dans toutes les mitsvot mentionnées dans la Torah, sauf les tefilin (phylactères), car il est dit à leur sujet « splendeur », comme il est dit : « Ta splendeur, attache-la sur toi » (Ézéchiel 24, 17) ? Si l'endeuillé, pourtant préoccupé, est obligé, pourquoi le marié serait-il exempt ?
- הָתָם טְרִיד טִרְדָּא דְמִצְוָה, הָכָא טְרִיד טִרְדָּא דִרְשׁוּת.Réponse : Là (le marié), il est préoccupé d'une préoccupation de mitsva ; ici (le naufragé, l'endeuillé), il est préoccupé d'une préoccupation profane (rechout).
- וּבֵית שַׁמַּאי?La Guemara revient à sa question : Et Beit Chammaï, comment interprètent-ils « quand tu marches en chemin » ?
- הָהוּא מִבְּעֵי לְהוּ — פְּרָט לִשְׁלוּחֵי מִצְוָה.Réponse : Ils en ont besoin pour en exclure les envoyés en mission de mitsva, qui sont exempts du Chema.
- וּבֵית הִלֵּל אָמְרִי: מִמֵּילָא שְׁמַע מִינַּהּ דַּאֲפִילּוּ בַדֶּרֶךְ נָמֵי קָרֵי.Et Beit Hillel disent : Bien que le verset serve à cela, on en déduit de soi-même que, même en chemin (lorsqu'il ne s'agit pas d'une mitsva), on récite aussi le Chema.
- תָּנוּ רַבָּנַן, בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים: עוֹמְדִין וְקוֹרִין, יוֹשְׁבִין וְקוֹרִין, וּמַטִּין וְקוֹרִין, הוֹלְכִין בַּדֶּרֶךְ וְקוֹרִין, עוֹשִׂין בִּמְלַאכְתָּן וְקוֹרִין. וּמַעֲשֶׂה בְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, שֶׁהָיוּ מְסוּבִּין בְּמָקוֹם אֶחָד, וְהָיָה רַבִּי יִשְׁמָעֵאל מוּטֶּה, וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה זָקוּף. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע, הִטָּה רַבִּי אֶלְעָזָר וְזָקַף רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. אָמַר לוֹ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל: יִשְׁמָעֵאל אָחִי, אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה — מָשָׁל לְאֶחָד שֶׁאוֹמְרִים לוֹ זְקָנְךָ מְגוּדָּל! אָמַר לָהֶם: יִהְיֶה כְּנֶגֶד הַמַּשְׁחִיתִים. אַף כָּךְ אַתָּה, כָּל זְמַן שֶׁאֲנִי זָקוּף — אַתָּה מוּטֶּה, עַכְשָׁיו כְּשֶׁאֲנִי הִטֵּתִי אַתָּה זָקַפְתָּ.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : Beit Hillel disent : On peut se tenir debout et réciter, être assis et réciter, être allongé et réciter, marcher en chemin et réciter, faire son travail et réciter. Et il arriva que Rabbi Ichmaël et Rabbi Elazar ben Azaria étaient attablés (accoudés pour le repas) dans un même lieu ; Rabbi Ichmaël était allongé et Rabbi Elazar ben Azaria était redressé. Lorsque arriva l'heure de la lecture du Chema du soir, Rabbi Elazar s'allongea (comme Beit Chammaï) et Rabbi Ichmaël se redressa. Rabbi Elazar ben Azaria dit à Rabbi Ichmaël : Ichmaël mon frère, je vais te proposer une parabole : à quoi cela ressemble-t-il ? À quelqu'un à qui l'on dit : Ta barbe est bien fournie ! Il leur dit : Qu'elle soit livrée à ceux qui la détruisent ! (Ainsi, au lieu d'accepter le compliment, il fait le contraire.) Toi aussi, de même : tout le temps que j'étais redressé, tu étais allongé ; maintenant que je me suis allongé, tu t'es redressé !
- אָמַר לוֹ: אֲנִי עָשִׂיתִי כְּדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל, וְאַתָּה עָשִׂיתָ כְּדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמָּא יִרְאוּ הַתַּלְמִידִים וְיִקְבְּעוּ הֲלָכָה לְדוֹרוֹת.Rabbi Ichmaël lui dit : Moi, j'ai agi selon les paroles de Beit Hillel, et toi, tu as agi selon les paroles de Beit Chammaï. Et de plus, peut-être que les élèves verraient ta conduite et fixeraient la halakha pour les générations en ce sens.
- מַאי ״וְלֹא עוֹד״?La Guemara demande : Que signifie « et de plus » ? La première raison ne suffisait-elle pas ?
- וְכִי תֵּימָא: בֵּית הִלֵּל נָמֵי אִית לְהוּ מַטִּין, הָנֵי מִילֵּי דְּמַטֵּה וַאֲתָא מֵעִיקָּרָא. אֲבָל הָכָא, כֵּיוָן דְּעַד הַשְׁתָּא הֲוֵית זָקוּף וְהַשְׁתָּא מוּטֶּה, אָמְרִי: שְׁמַע מִינַּהּ כְּבֵית שַׁמַּאי סְבִירָא לְהוּ, שֶׁמָּא יִרְאוּ הַתַּלְמִידִים וְיִקְבְּעוּ הֲלָכָה לְדוֹרוֹת.Réponse : Et si tu dis : Beit Hillel admettent aussi que l'on peut réciter allongé (pourquoi donc Rabbi Ichmaël s'est-il redressé ?), cela ne vaut que lorsqu'on était allongé dès le départ. Mais ici, puisque jusqu'à présent tu étais redressé et que maintenant tu t'es allongé, les élèves diront : Déduis-en qu'ils pensent comme Beit Chammaï. Peut-être les élèves verront-ils et fixeront-ils la halakha pour les générations ; c'est pourquoi il fallait que je me redresse.
- תָּנֵי רַב יְחֶזְקֵאל: עָשָׂה כְּדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי — עָשָׂה, כְּדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל — עָשָׂה.Rav Ye'hezkel a enseigné : Celui qui a agi selon les paroles de Beit Chammaï a bien agi ; selon les paroles de Beit Hillel, il a bien agi.
- רַב יוֹסֵף אָמַר: עָשָׂה כְּדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי — לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. דִּתְנַן: מִי שֶׁהָיָה רֹאשׁוֹ וְרוּבּוֹ בַּסּוּכָּה וְשֻׁלְחָנוֹ בְּתוֹךְ הַבַּיִת, בֵּית שַׁמַּאי פּוֹסְלִין, וּבֵית הִלֵּל מַכְשִׁירִין.Rav Yossef a dit : Celui qui a agi selon les paroles de Beit Chammaï n'a rien fait du tout, et doit réciter de nouveau, comme nous avons appris (dans une Michna, Soucca 28a) : Celui qui avait la tête et la plus grande partie de son corps dans la soucca et sa table à l'intérieur de la maison, Beit Chammaï le déclarent non valable et Beit Hillel le déclarent valable.
- אָמְרוּ לָהֶם בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: מַעֲשֶׂה שֶׁהָלְכוּ זִקְנֵי בֵּית שַׁמַּאי וְזִקְנֵי בֵּית הִלֵּל לְבַקֵּר אֶת רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן הַחוֹרָנִית, מְצָאוּהוּ שֶׁהָיָה רֹאשׁוֹ וְרוּבּוֹ בַּסּוּכָּה וְשֻׁלְחָנוֹ בְּתוֹךְ הַבַּיִת, וְלֹא אָמְרוּ לוֹ כְּלוּם.Beit Hillel dirent à Beit Chammaï : Il arriva que les anciens de Beit Chammaï et les anciens de Beit Hillel allèrent rendre visite à Rabbi Yo'hanan ben Ha'Horanit pendant Souccot ; ils le trouvèrent la tête et la plus grande partie du corps dans la soucca et sa table à l'intérieur de la maison, et ils ne lui dirent rien.
- אָמְרוּ לָהֶם: וּמִשָּׁם רְאָיָה?! אַף הֵם אָמְרוּ לוֹ: אִם כֵּן הָיִיתָ נוֹהֵג לֹא קִייַּמְתָּ מִצְוַת סוּכָּה מִיָּמֶיךָ.Beit Chammaï leur dirent : Et de là tu tirerais une preuve ?! Eux aussi lui dirent : Si telle était ta coutume, tu n'as jamais accompli de tes jours la mitsva de la soucca ! De même, celui qui agit comme Beit Chammaï n'a pas accompli son obligation selon Beit Hillel.
- רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: עָשָׂה כְּדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי — חַיָּיב מִיתָה. דִּתְנַן, אָמַר רַבִּי טַרְפוֹן: אֲנִי הָיִיתִי בָּא בַּדֶּרֶךְ וְהִטֵּתִי לִקְרוֹת כְּדִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי וְסִכַּנְתִּי בְּעַצְמִי מִפְּנֵי הַלִּסְטִים, אָמְרוּ לוֹ: כְּדַאי הָיִיתָ לָחוּב בְּעַצְמְךָ, שֶׁעָבַרְתָּ עַל דִּבְרֵי בֵּית הִלֵּל.Rav Na'hman bar Its'hak a dit : Celui qui a agi selon les paroles de Beit Chammaï est passible de mort, comme nous avons appris (dans notre Michna) : Rabbi Tarfon a dit : Je venais en chemin et je me suis allongé pour réciter selon les paroles de Beit Chammaï, et je me suis mis en danger à cause des brigands. Ils lui dirent : Tu aurais mérité d'être coupable de ta propre mort, car tu as transgressé les paroles de Beit Hillel.
- מַתְנִי׳ בַּשַּׁחַר מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וְאַחַת לְאַחֲרֶיהָ. וּבָעֶרֶב מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וּשְׁתַּיִם לְאַחֲרֶיהָ. אַחַת אֲרוּכָּה וְאַחַת קְצָרָה.MICHNA : Le matin, on récite deux bénédictions avant le Chema (« Qui forme la lumière » et « D'un amour immense ») et une après (« Vrai et ferme ») ; et le soir, on récite deux bénédictions avant et deux après (« Vrai et fidèle » et « Fais-nous coucher »), l'une longue, l'autre courte.
- מָקוֹם שֶׁאָמְרוּ לְהַאֲרִיךְ — אֵינוֹ רַשַּׁאי לְקַצֵּר, לְקַצֵּר — אֵינוֹ רַשַּׁאי לְהַאֲרִיךְ. לַחְתּוֹם — אֵינוֹ רַשַּׁאי שֶׁלֹּא לַחְתּוֹם, שֶׁלֹּא לַחְתּוֹם — אֵינוֹ רַשַּׁאי לַחְתּוֹם.Là où les Sages ont dit de prolonger une bénédiction, on n'a pas le droit d'abréger ; d'abréger, on n'a pas le droit de prolonger. De conclure (par une formule « Béni sois-Tu… »), on n'a pas le droit de ne pas conclure ; de ne pas conclure, on n'a pas le droit de conclure.
- גְּמָ׳ מַאי מְבָרֵךְ?GUEMARA : Que récite-t-on comme bénédictions avant le Chema du matin ?
- אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא:Rabbi Yaakov a dit au nom de Rabbi Ochaya :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.