Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מֵימָר אָמַר: לָא שָׁבֵיק צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן וְיָהֵיב לְדִידִי. ״רוֹעֵי כֹהֲנִים״ וְהֵן יִשְׂרָאֵל — אֵינָן נֶאֱמָנִין, דְּחָיְישִׁינַן לִלְגִימָא.Il se dit : cet Israélite ne délaissera pas un érudit de la Torah pour me donner à moi le premier-né, alors que je suis un berger ignorant. Quant aux « bergers de Cohanim », prêtres, qui sont eux-mêmes des Israélites, ils ne sont pas dignes de foi, car nous craignons qu’ils ne témoignent mensongèrement dans l’espoir d’une bouchée de la viande du premier-né.
- וְכׇל שֶׁכֵּן כֹּהֵן לְכֹהֵן, דְּחָיְישִׁינַן לְגוֹמְלִין, וְחָיְישִׁינַן לִלְגִימָא. וַאֲתָא רַבָּן שִׁמְעוֹן לְמֵימַר: נֶאֱמָן עַל שֶׁל חֲבֵירוֹ, וְאֵינוֹ נֶאֱמָן עַל שֶׁל עַצְמוֹ. וַאֲתָא רַבִּי מֵאִיר לְמֵימַר: הֶחָשׁוּד עַל הַדָּבָר, לֹא דָּנוֹ וְלֹא מְעִידוֹ.Et à plus forte raison un Cohen témoignant pour un Cohen n’est-il pas digne de foi, car nous craignons des services réciproques, et nous craignons aussi l’espoir d’une bouchée. Et Rabban Chimon vient dire : le berger Cohen est digne de foi concernant le premier-né de son prochain, mais il n’est pas digne de foi concernant le sien. Et Rabbi Méïr vient dire : celui qui est suspect dans ce domaine ne peut ni juger ni témoigner à ce sujet.
- בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר: רוֹעֵי יִשְׂרָאֵל וְהֵן כֹּהֲנִים נֶאֱמָנִין — הַיְינוּ דַּאֲתָא רַבִּי מֵאִיר לְמֵימַר: הֶחָשׁוּד עַל הַדָּבָר לֹא דָּנוֹ וְלֹא מְעִידוֹ.Certes, selon celui qui dit que les bergers d’Israélites, qui sont eux-mêmes des Cohanim, sont dignes de foi, voilà ce qui explique que Rabbi Méïr vienne dire : celui qui est suspect dans ce domaine ne peut ni juger ni témoigner à ce sujet, même pour son employeur israélite.
- אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר: רוֹעֵי כֹהֲנִים בֵּי יִשְׂרָאֵל אֵין נֶאֱמָנִין — מַאי אֲתָא רַבִּי מֵאִיר לְאַשְׁמוֹעִינַן? הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא!Mais selon celui qui dit que les bergers Cohanim employés chez des Israélites ne sont pas dignes de foi, que vient nous apprendre Rabbi Méïr ? C’est déjà l’opinion du premier Tanna, Sage de l’époque de la Michna !
- אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קַפּוֹסַאי, דְּתַנְיָא: רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קַפּוֹסַאי אוֹמֵר: בְּכוֹר בֵּי כֹהֵן צָרִיךְ שְׁנַיִם מִן הַשּׁוּק לְהָעִיד עָלָיו.Il y a entre eux une divergence concernant l’opinion de Rabbi Yehochoua ben Kapoussaï. Car il a été enseigné dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna : Rabbi Yehochoua ben Kapoussaï dit : un premier-né présentant un défaut chez un Cohen nécessite deux personnes prises parmi les gens de l’extérieur pour témoigner à son sujet que le défaut n’a pas été provoqué intentionnellement.
- רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אֲפִילּוּ בְּנוֹ, אֲפִילּוּ בִּתּוֹ. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ עֲשָׂרָה וְהֵן בְּנֵי בֵיתוֹ אֵין מְעִידִין עָלָיו.Rabban Chimon ben Gamliel dit : même son fils, même sa fille peuvent témoigner. Rabbi Yossé dit : même dix personnes, si elles sont membres de sa maisonnée, ne peuvent témoigner à son sujet.
- כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַב קַטִּינָא: סְפֵק בְּכוֹר שֶׁנּוֹלַד בֵּי יִשְׂרָאֵל, צָרִיךְ שְׁנַיִם מִן הַשּׁוּק לְהָעִיד עָלָיו?Selon qui va cet enseignement qu’a rapporté Rav 'Hisda au nom de Rav Katina : un premier-né douteux né chez un Israélite nécessite deux personnes prises parmi les gens de l’extérieur pour témoigner à son sujet que son défaut n’a pas été provoqué intentionnellement ?
- כְּמַאן? כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קַפּוֹסַאי.Selon qui ? Selon Rabbi Yehochoua ben Kapoussaï.
- רַב נַחְמָן אָמַר: בְּעָלִים מְעִידִין עָלָיו, דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, מַעֲשֵׂר לְרַבִּי מֵאִיר מִי מֵעִיד עָלָיו?Rav Na'hman dit : les propriétaires israélites eux-mêmes peuvent témoigner à son sujet. Car, si tu ne dis pas ainsi, mais que tu considères les propriétaires comme suspects, alors, pour un animal de la dîme, selon Rabbi Méïr, qui témoignera à son sujet ?
- מַעֲשֵׂר וַדַּאי מְהֵימַן, דְּאִי בָּעֵי שָׁדֵי בֵּיהּ מוּמָא בְּכוּלֵּיהּ עֶדְרֵיהּ. אֶלָּא סְפֵק בְּכוֹר, לְרַבִּי מֵאִיר מִי מֵעִיד עָלָיו?Pour un animal de la dîme, le propriétaire est assurément digne de foi, car, s’il le voulait, il pourrait provoquer un défaut dans tout son troupeau avant le prélèvement de la dîme. Mais voici plutôt l’argument : concernant un premier-né douteux, selon Rabbi Méïr, qui témoignera à son sujet ?
- וְכִי תֵּימָא, הָכִי נָמֵי דְּלֵית לֵיהּ תַּקַּנְתָּא, וְהָתְנַן, שֶׁהָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כֹּל שֶׁחֲלִיפָיו בְּיַד כֹּהֵן פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת, וְרַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב!Et si tu dis : effectivement, il n’a aucun moyen de devenir permis à la consommation, pourtant nous avons appris dans la Michna, enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi, que Rabbi Yossé disait : tout animal dont le substitut est entre les mains d’un Cohen est exempt des dons sacerdotaux, et Rabbi Méïr l’y oblige ! Il admet donc que l’animal puisse être abattu et consommé.
- אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ: בְּעָלִים מְעִידִין עָלָיו, כֹּהֲנִים הוּא דַּחֲשִׁידִי אַמּוּמֵי, יִשְׂרָאֵל לָא חֲשִׁידִי אַמּוּמֵי.Mais déduis-en : les propriétaires israélites peuvent témoigner à son sujet. Ce sont les Cohanim qui sont suspects de provoquer des défauts ; les Israélites ne sont pas suspects de provoquer des défauts.
- אִיתְּמַר: רַב נַחְמָן אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, רָבָא אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי.Il a été dit par les Sages de la Guemara : Rav Na'hman dit : la halakha, règle pratique, est conforme à Rabban Chimon ben Gamliel. Rava dit : la halakha est conforme à Rabbi Yossé.
- וּמִי אָמַר רָבָא הָכִי? וְהָאָמַר רָבָא: בְּעָלִים עוֹמְדִים עִמָּנוּ בַּחוּץ, נִכְנַס שָׁלֵם וְיָצָא חָבוּל — מְעִידִין עָלָיו! אֵימָא: כׇּל בְּעָלִים עוֹמְדִים, וְלָא חָיְישִׁינַן.Et Rava a-t-il réellement dit cela ? Pourtant Rava a dit : les propriétaires se tiennent avec nous à l’extérieur ; le premier-né est entré intact et est sorti blessé : on peut témoigner à son sujet ! Les membres de la maisonnée peuvent donc témoigner. Dis plutôt : tous les propriétaires se tiennent dehors, y compris les membres de la maisonnée, et nous ne craignons pas que le berger resté à l’intérieur ait provoqué le défaut.
- אִי הָכִי מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא: נֵיחוּשׁ לַחֲשָׁדָא, קָא מַשְׁמַע לַן. וְהִלְכְתָא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, וְדַוְקָא בְּנוֹ וּבִתּוֹ, אֲבָל אִשְׁתּוֹ לָא. מַאי טַעְמָא? אִשְׁתּוֹ כְּגוּפוֹ דָּמֵי.S’il en est ainsi, qu’y a-t-il à nous apprendre ? C’est nécessaire, car tu aurais pu dire : tenons compte du soupçon que le berger ait lui-même provoqué le défaut ; Rava nous apprend qu’on n’en tient pas compte. Et la halakha est conforme à Rabban Chimon ben Gamliel, et cela vaut précisément pour son fils et sa fille ; mais sa femme, non. Pour quelle raison ? Sa femme est considérée comme sa propre personne.
- אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: לְרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר הֶחָשׁוּד עַל הַדָּבָר לֹא דָּנוֹ וְלֹא מְעִידוֹ, וְקָאָמַר רַבִּי מֵאִיר הֶחָשׁוּד לְדָבָר אֶחָד חָשׁוּד לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, כֹּהֲנִים הָכִי נָמֵי דְּלָא דָּיְינִי דִּינָא? וְהָכְתִיב ״וְעַל פִּיהֶם יִהְיֶה כׇּל רִיב וְכׇל נָגַע״!Rav Pappa dit à Abayé : selon Rabbi Méïr, qui dit : « Celui qui est suspect dans ce domaine ne peut ni juger ni témoigner » à ce sujet, et puisque Rabbi Méïr dit : « Celui qui est suspect dans un domaine est suspect à l’égard de la Torah tout entière », les Cohanim ne devraient-ils donc pas non plus rendre de jugements ? Pourtant il est écrit : « Et selon leur parole sera tranché tout litige et toute lésion » (Deutéronome 21, 5) !
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.