Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דְּלָא כְּרַבִּי דּוֹסָא, דְּתַנְיָא: רַבִּי דּוֹסָא אוֹמֵר, וְאָמְרִי לַהּ: אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר, הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה מֵחֲבֵרוֹ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא מְסָרָהּ לוֹ אֶלָּא בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הִיא כְּרַגְלֵי הַלּוֹקֵחַ. וְהַמּוֹסֵר בְּהֵמָה לָרוֹעֶה, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא מְסָרָהּ לוֹ אֶלָּא בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הִיא כְּרַגְלֵי הָרוֹעֶה.Cette Michna (enseignement des Tannaïm, Sages de l'époque de la Michna, compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Dossa, car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Dossa dit, et certains disent qu'Abba Chaoul dit : Celui qui achète une bête à son prochain la veille de Yom Tov (jour de fête), même si le vendeur ne la lui a livrée que pendant Yom Tov lui-même, voici qu'elle est comme les pieds de l'acheteur : elle ne peut être menée que là où l'acheteur peut se rendre. Et celui qui remet une bête au berger, même s'il ne la lui a remise que pendant Yom Tov lui-même, voici qu'elle est comme les pieds du berger. Or la Michna enseigne qu'une bête remise au berger reste comme les pieds de son propriétaire.
- אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי דּוֹסָא, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּרוֹעֶה אֶחָד, כָּאן בִּשְׁנֵי רוֹעִים. דַּיְקָא נָמֵי דְּקָתָנֵי: לִבְנוֹ אוֹ לָרוֹעֶה, שְׁמַע מִינַּהּ.La Guemara rejette cette opposition : Tu peux même dire que la Michna est conforme à Rabbi Dossa, et ce n'est pas difficile : Ici, dans la baraïta, il s'agit d'une ville qui n'a qu'un seul berger : le propriétaire sait d'avance à qui il confiera sa bête, et son lieu de repos est donc celui du berger ; là, dans la Michna, il s'agit d'une ville où il y a deux bergers : comme on ignore à qui la bête sera remise, elle reste comme les pieds de son propriétaire. La formulation de la Michna est aussi précise en ce sens, car elle enseigne : à son fils ou au berger, ce qui suggère qu'au départ il ne savait pas à qui il la donnerait. Déduis-en que c'est bien cela.
- אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי דּוֹסָא. וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כִּסְתַם מִשְׁנָה, וּתְנַן: הַבְּהֵמָה וְהַכֵּלִים כְּרַגְלֵי הַבְּעָלִים!Rabba bar bar 'Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : La halakha (la loi pratique) est conforme à l'opinion de Rabbi Dossa. La Guemara s'étonne : Rabbi Yo'hanan a-t-il vraiment dit cela ? Mais Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit en règle générale : La halakha est conforme à une Michna anonyme ? Or nous avons appris dans notre Michna : La bête et les objets sont comme les pieds du propriétaire !
- וְלָאו אוֹקֵימְנָא — כָּאן בְּרוֹעֶה אֶחָד, כָּאן בִּשְׁנֵי רוֹעִים!La Guemara répond : N'avons-nous pas établi que ici, dans la baraïta de Rabbi Dossa, il s'agit d'un seul berger, et là, dans la Michna, de deux bergers ? Il n'y a donc aucune contradiction à trancher la halakha à la fois selon Rabbi Dossa et selon la Michna.
- תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁנַיִם שֶׁשָּׁאֲלוּ חָלוּק אֶחָד בְּשׁוּתָּפוּת, זֶה לֵילֵךְ בּוֹ שַׁחֲרִית לְבֵית הַמִּדְרָשׁ, וְזֶה לִיכָּנֵס בּוֹ עַרְבִית לְבֵית הַמִּשְׁתֶּה. זֶה עֵרַב עָלָיו לַצָּפוֹן, וְזֶה עֵרַב עָלָיו לַדָּרוֹם. זֶה שֶׁעֵרַב עָלָיו לַצָּפוֹן — מְהַלֵּךְ לַצָּפוֹן כְּרַגְלֵי מִי שֶׁעֵרַב עָלָיו לַדָּרוֹם.Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta : Deux personnes qui ont emprunté une même tunique en association, celui-ci pour aller avec elle le matin à la maison d'étude, et celui-là pour entrer avec elle le soir à la maison de festin ; celui-ci a fait un érouv à cause d'elle vers le nord (un érouv de limites, dépôt de nourriture qui déplace le lieu de résidence pour Chabbat ou Yom Tov) et celui-là a fait un érouv à cause d'elle vers le sud : celui qui a fait un érouv à cause d'elle vers le nord peut marcher avec elle vers le nord seulement comme les pieds de celui qui a fait un érouv à cause d'elle vers le sud, c'est-à-dire jusqu'où ce dernier a le droit d'aller.
- וָזֶה שֶׁעֵרַב עָלָיו לַדָּרוֹם — מְהַלֵּךְ לַדָּרוֹם כְּרַגְלֵי מִי שֶׁעֵרַב עָלָיו לַצָּפוֹן.Et celui qui a fait un érouv à cause d'elle vers le sud peut marcher avec elle vers le sud seulement comme les pieds de celui qui a fait un érouv à cause d'elle vers le nord, car la tunique est comme les pieds de chacun des deux emprunteurs et ne peut aller que là où tous deux peuvent se rendre.
- וְאִם מִצְּעוּ אֶת הַתְּחוּם — הֲרֵי זֶה לֹא יְזִיזֶנָּה מִמְּקוֹמָהּ.Et s'ils ont placé la limite au milieu, c'est-à-dire si chacun a placé son érouv à deux mille coudées de la maison, l'un au nord et l'autre au sud, de sorte que la limite de chacun s'arrête exactement à la maison, alors celui-ci ne la déplacera pas de son endroit.
- אִתְּמַר: שְׁנַיִם שֶׁלָּקְחוּ חָבִית וּבְהֵמָה בְּשׁוּתָּפוּת, רַב אָמַר: חָבִית מוּתֶּרֶת וּבְהֵמָה אֲסוּרָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: חָבִית נָמֵי אֲסוּרָה.Il a été dit par les Amoraïm (Sages de l'époque de la Guemara) : Deux personnes qui ont acheté en association un tonneau de vin ou une bête avant Yom Tov pour les partager pendant la fête, alors que leurs limites de déplacement diffèrent : Rav a dit : Le tonneau est permis : chacun peut porter sa part jusqu'où il a le droit d'aller ; et la bête est interdite : chaque part ne peut être portée que dans l'espace commun aux deux. Et Chmouel a dit : Le tonneau aussi est interdit au-delà de cet espace commun.
- מַאי קָסָבַר רַב? אִי קָא סָבַר יֵשׁ בְּרֵירָה — אֲפִילּוּ בְּהֵמָה תִּשְׁתְּרֵי! וְאִי קָסָבַר אֵין בְּרֵירָה — אֲפִילּוּ חָבִית נָמֵי אֲסוּרָה!La Guemara interroge : Que pense Rav ? S'il pense qu'il y a berera (désignation rétroactive : le partage révèle que chaque part appartenait dès le début de la fête à celui qui l'a reçue), même la bête devrait être permise ! Et s'il pense qu'il n'y a pas de berera, même le tonneau devrait aussi être interdit !
- לְעוֹלָם קָסָבַר יֵשׁ בְּרֵירָה, וְשַׁנְיָא בְּהֵמָה — דְּקָא יָנְקִי תְּחוּמִין מֵהֲדָדֵי. אָמְרִי לֵיהּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי לְרַב: לְאִיסּוּר מוּקְצֶה לֹא חָשְׁשׁוּ, לְאִיסּוּר תְּחוּמִין חָשְׁשׁוּ?! שָׁתֵיק רַב.La Guemara répond : En réalité, il pense qu'il y a berera, mais la bête est différente, car les limites se nourrissent l'une de l'autre : une bête vivante ne se partage pas ; chaque partie de son corps se nourrit de l'autre, si bien que la part de l'un s'est mêlée à celle de l'autre après le début de la fête. Rav Kahana et Rav Assi ont dit à Rav : Selon ce raisonnement, on ne s'est pas inquiété de l'interdit de moukts'é (ce qui a été écarté de l'esprit pour Yom Tov), mais on s'est inquiété de l'interdit des limites ?! Rav s'est tu et n'a pas répondu.
- מַאי הָוֵי עֲלַהּ? רַבִּי הוֹשַׁעְיָא אָמַר: יֵשׁ בְּרֵירָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵין בְּרֵירָה.La Guemara demande : Quelle est la conclusion à ce sujet ? Rabbi Hochaya a dit : Il y a berera ; le tonneau et la bête sont donc tous deux permis. Et Rabbi Yo'hanan a dit : Il n'y a pas de berera ; tous deux sont donc interdits.
- וְסָבַר רַבִּי הוֹשַׁעְיָא יֵשׁ בְּרֵירָה? וְהָתְנַן: הַמֵּת בְּבַיִת, וְלוֹ פְּתָחִים הַרְבֵּה — כּוּלָּן טְמֵאִים. נִפְתַּח אֶחָד מֵהֶן — הוּא טָמֵא, וְכוּלָּן טְהוֹרִים. חִשֵּׁב לְהוֹצִיאוֹ בְּאֶחָד מֵהֶן, אוֹ בַּחַלּוֹן שֶׁיֵּשׁ בּוֹ אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה — מַצֶּלֶת עַל הַפְּתָחִים כּוּלָּן.La Guemara s'étonne : Et Rabbi Hochaya pense-t-il vraiment qu'il y a berera ? Mais nous avons appris dans une Michna : Si le mort est dans une maison, et qu'elle a de nombreuses entrées, toutes sont temé'ot (impures rituellement), car on peut sortir le mort par chacune d'elles. Si l'une d'elles a été ouverte, elle est impure, et toutes les autres sont tehorot (pures). Si l'on a eu l'intention de le sortir par l'une d'elles, ou par une fenêtre qui mesure quatre téfa'him sur quatre, cela protège toutes les entrées contre l'impureté.
- בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: וְהוּא שֶׁחִשֵּׁב עָלָיו עַד שֶׁלֹּא יָמוּת הַמֵּת. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מִשֶּׁיָּמוּת הַמֵּת.Beit Chamaï disent : Et cela vaut seulement s'il a eu cette intention avant que le mort ne meure. Et Beit Hillel disent : Même après que le mort est mort.
- וְאִתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַבִּי הוֹשַׁעְיָא: לְטַהֵר אֶת הַפְּתָחִים מִכָּאן וּלְהַבָּא. מִכָּאן וּלְהַבָּא — אִין, לְמַפְרֵעַ — לָא.Et il a été dit à ce sujet, Rabbi Hochaya a dit : Selon Beit Hillel, l'intention sert à purifier les entrées à partir de maintenant et pour la suite. À partir de maintenant et pour la suite, oui ; rétroactivement, non. Ce qui se trouvait dans les entrées avant cette intention reste impur : Rabbi Hochaya n'admet donc pas la berera.
- אֵפוֹךְ, רַבִּי הוֹשַׁעְיָא אָמַר: אֵין בְּרֵירָה, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: יֵשׁ בְּרֵירָה.La Guemara résout la contradiction : Inverse les opinions : Rabbi Hochaya a dit : Il n'y a pas de berera, et Rabbi Yo'hanan a dit : Il y a berera.
- וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן בְּרֵירָה? וְהָאָמַר רַב אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָאַחִין שֶׁחָלְקוּ — לָקוֹחוֹת הֵן, וּמַחְזִירִין זֶה לָזֶה בַּיּוֹבֵל.La Guemara s'étonne : Et Rabbi Yo'hanan admet-il donc la berera ? Mais Rav Assi n'a-t-il pas dit que Rabbi Yo'hanan a dit : Les frères qui ont partagé un héritage sont considérés comme des acheteurs l'un de l'autre, et ils se restituent leurs parts l'un à l'autre au Jubilé. On ne dit donc pas que le partage révèle la part que chacun a héritée dès le décès du père.
- וְכִי תֵּימָא: כִּי לֵית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן בְּרֵירָה — בִּדְאוֹרָיְיתָא, אֲבָל בִּדְרַבָּנַן — אִית לֵיהּ,Et si tu dis : Quand Rabbi Yo'hanan n'admet-il pas la berera ? Seulement pour ce qui relève de la Torah, mais pour ce qui relève des Rabbanan (décret rabbinique), comme les limites, il l'admet,
- וּבִדְרַבָּנַן מִי אִית לֵיהּ? וְהָתָנֵי אַיּוֹ —la Guemara demande : Mais pour ce qui relève des Rabbanan, l'admet-il ? Ayo n'a-t-il pas enseigné le contraire au sujet de l'érouv des limites ?
- רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין אָדָם מַתְנֶה עַל שְׁנֵי דְּבָרִים כְּאֶחָד, אֶלָּא: אִם בָּא חָכָם לַמִּזְרָח — עֵירוּבוֹ לַמִּזְרָח, לַמַּעֲרָב — עֵירוּבוֹ לַמַּעֲרָב, וְאִילּוּ לְכָאן וּלְכָאן — לָא.Rabbi Yehouda dit : Un homme ne peut pas poser une condition sur deux choses à la fois, c'est-à-dire sur deux Sages venant chacun d'un côté en décidant le lendemain lequel il ira écouter. Mais : il peut dire, à propos d'un seul Sage : si le Sage vient à l'est, son érouv sera à l'est ; à l'ouest, son érouv sera à l'ouest. Mais pour ici et là, lorsqu'il y a un Sage de chaque côté, non : cela reviendrait à déterminer rétroactivement quel érouv a pris effet.
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