Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דִּכְתִיבָא בְּהֶדְיָא – קָתָנֵי, דְּאָתְיָא מִדְּרָשָׁא – לָא קָתָנֵי.Ce qui est écrit explicitement dans la Torah, le Tanna de la Michna l'enseigne ; ce qui provient d'une drasha (interprétation d'un verset), il ne l'enseigne pas. La Michna ne prouve donc rien.
- תָּא שְׁמַע: שְׁאָלָהּ וְשָׁאַל בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, שְׂכָרָהּ וְשָׂכַר בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, שְׁאָלָהּ וְשָׂכַר בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, שְׂכָרָהּ וְשָׁאַל בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, אַף עַל פִּי שֶׁהַבְּעָלִים עוֹשִׂין מְלָאכָה בְּמָקוֹם אַחֵר, וָמֵתָה – פָּטוּר.Viens et entends une preuve d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Si quelqu'un a emprunté une bête et a emprunté les services de son propriétaire avec elle, ou l'a louée et a loué son propriétaire avec elle, ou l'a empruntée et a loué son propriétaire avec elle, ou l'a louée et a emprunté son propriétaire avec elle, bien que le propriétaire effectue un travail pour lui dans un autre lieu, loin de la bête, et qu'elle soit morte, l'emprunteur ou le locataire est exempt.
- סַבְרוּהָ הָא מַנִּי – רַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּאָמַר: שׂוֹכֵר כְּשׁוֹמֵר שָׂכָר דָּמֵי! וְהָא הַאי תַּנָּא קָתָנֵי מִילְּתָא דְּאָתְיָא מִדְּרָשָׁא, וְאִילּוּ שׁוֹמֵר חִנָּם לָא קָתָנֵי!Ils ont supposé dans la maison d'étude : selon qui est cette baraïta ? C'est Rabbi Yehouda, qui dit : Le locataire est comparable à un gardien rémunéré. La baraïta applique donc l'exemption à l'emprunteur et au gardien rémunéré. Or voici que ce Tanna enseigne une chose qui provient d'une drasha, à savoir le cas du gardien rémunéré, alors qu'il n'enseigne pas le cas du gardien bénévole ! Il semble donc que l'exemption ne s'applique pas au gardien bénévole, puisqu'elle ne vaut pas pour une négligence.
- הָא מַנִּי – רַבִּי מֵאִיר הִיא, דְּאָמַר: שׂוֹכֵר כְּשׁוֹמֵר חִנָּם דָּמֵי, וְתַנָּא שׁוֹמֵר חִנָּם, וְהוּא הַדִּין לְשׁוֹמֵר שָׂכָר.On réfute cette preuve : Selon qui est cette baraïta ? C'est Rabbi Méïr, qui dit : Le locataire est comparable à un gardien bénévole. Et le Tanna a enseigné ainsi le cas du gardien bénévole, et il en va de même pour le gardien rémunéré. L'auteur de la baraïta étant incertain, on n'en peut rien prouver.
- אִיבָּעֵית אֵימָא כִּדְמַחְלֵיף רַבָּה בַּר אֲבוּהּ וְתָנֵי: שׂוֹכֵר כֵּיצַד מְשַׁלֵּם? רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּשׁוֹמֵר שָׂכָר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּשׁוֹמֵר חִנָּם.Si tu veux, dis que la baraïta est bien selon Rabbi Yehouda, comme Rabba bar Avouh inverse les opinions et enseigne : Le locataire, comment paie-t-il en cas d'accident ? Rabbi Méïr dit : Comme un gardien rémunéré. Rabbi Yehouda dit : Comme un gardien bénévole.
- אָמַר רַב הַמְנוּנָא: לְעוֹלָם הוּא חַיָּיב עַד שֶׁתְּהֵא פָּרָה וְחוֹרֵשׁ בָּהּ, חֲמוֹר וּמְחַמֵּר אַחֲרֶיהָ, וְעַד שֶׁיְּהוּ בְּעָלִים מִשְּׁעַת שְׁאֵילָה עַד שְׁעַת שְׁבוּרָה וּמֵתָה. אַלְמָא קָסָבַר ״בְּעָלָיו עִמּוֹ״ – אַכּוּלַּהּ מִילְּתָא מַשְׁמַע.Rav Hamnouna a dit : Il – l'emprunteur – est toujours passible, à moins que l'objet emprunté ne soit une vache et que le propriétaire laboure avec elle pour l'emprunteur, ou un âne et qu'il le conduise derrière lui, c'est-à-dire que le propriétaire et sa bête soient occupés au même travail ; et à moins que le propriétaire ne soit au service de l'emprunteur depuis le moment de l'emprunt jusqu'au moment où la bête s'est brisée ou est morte. Il en ressort qu'il pense que l'expression « son propriétaire est avec lui » (Exode 22, 14) signifie : pendant toute l'affaire.
- מֵתִיב רָבָא: שְׁאָלָהּ וְשָׁאַל בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, שְׂכָרָהּ וְשָׂכַר בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, שְׂכָרָהּ וְשָׁאַל בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, שְׁאָלָהּ וְשָׂכַר בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, אַף עַל פִּי שֶׁהַבְּעָלִים עוֹשִׂין מְלָאכָה בְּמָקוֹם אַחֵר וָמֵתָה – פָּטוּר. מַאי לָאו ״בִּמְלָאכָה אַחֶרֶת״?Rava a objecté à partir de la baraïta citée : S'il l'a empruntée et a emprunté son propriétaire avec elle, s'il l'a louée et a loué son propriétaire avec elle, s'il l'a louée et a emprunté son propriétaire avec elle, s'il l'a empruntée et a loué son propriétaire avec elle, bien que le propriétaire effectue un travail dans un autre lieu et qu'elle soit morte, il est exempt. N'est-ce pas « dans un autre lieu » au sens de : à un autre travail que celui de la bête ? L'exemption vaudrait donc même dans ce cas, contre Rav Hamnouna.
- לָא, בְּאוֹתָהּ מְלָאכָה. אֶלָּא, מַאי ״מָקוֹם אַחֵר״? דְּקָא מְרַפֵּי וְאָזֵיל קַמַּהּ.On répond : Non, il s'agit du même travail. Mais alors, que signifie « un autre lieu » ? Il s'agit d'un cas où il ameublit la terre à la houe en marchant devant elle : même travail, mais pas au même endroit.
- וְהָא מִדְּסֵיפָא ״עַל גַּבָּהּ״ הָוֵי, רֵישָׁא בִּמְלָאכָה אַחֶרֶת, דְּקָתָנֵי סֵיפָא: שְׁאָלָהּ וְאַחַר כָּךְ שָׁאַל בְּעָלֶיהָ, שְׂכָרָהּ וְאַחַר כָּךְ שָׂכַר בְּעָלֶיהָ עִמָּהּ, אַף עַל פִּי שֶׁהַבְּעָלִים חוֹרְשִׁין עַל גַּבָּהּ וָמֵתָה – חַיָּיב!Mais voici que, du fait que la fin de la baraïta parle du propriétaire travaillant à côté d'elle, on déduit que le début parle d'un propriétaire occupé à un autre travail. Car la fin enseigne : S'il l'a empruntée et a ensuite emprunté son propriétaire, ou s'il l'a louée et a ensuite loué son propriétaire avec elle, bien que le propriétaire laboure à côté d'elle et qu'elle soit morte, il est passible !
- אָמְרִי: רֵישָׁא וְסֵיפָא בְּאוֹתָהּ מְלָאכָה, וְרֵישָׁא רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן, וְסֵיפָא רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן. רֵישָׁא רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן, דְּאַף עַל גַּב דְּלָאו עַל גַּבָּהּ אֶלָּא בְּאוֹתָהּ מְלָאכָה, כֵּיוָן דַּהֲווֹ בְּעָלִים בִּשְׁעַת שְׁאֵילָה – פָּטוּר. וְסֵיפָא רְבוּתָא קָא מַשְׁמַע לַן, דְּאַף עַל גַּב דְּעַל גַּבָּהּ, כֵּיוָן דְּלָא הֲווֹ בְּעָלִים בִּשְׁעַת שְׁאֵילָה – חַיָּיב.Ils ont dit pour résoudre : Le début et la fin parlent du même travail, et le début nous enseigne une nouveauté et la fin nous enseigne une nouveauté. Le début nous enseigne une nouveauté : bien que le propriétaire ne soit pas à côté d'elle, mais seulement occupé au même travail, puisque le propriétaire était au service de l'emprunteur au moment de l'emprunt, il est exempt. Et la fin nous enseigne une nouveauté : bien qu'il soit à côté d'elle, puisque le propriétaire n'était pas à son service au moment de l'emprunt, il est passible.
- הַאי מַאי?! אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא רֵישָׁא בִּמְלָאכָה אַחֶרֶת, וְסֵיפָא בְּאוֹתָהּ מְלָאכָה – הַיְינוּ רְבוּתָא.Qu'est-ce que cela ?! On comprend bien si tu dis que le début traite d'un autre travail, et la fin du même travail : c'est là la nouveauté ; on voit que seul compte le moment de l'emprunt, quel que soit le travail.
- אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ רֵישָׁא וְסֵיפָא בְּאוֹתָהּ מְלָאכָה, מַאי רְבוּתָא? אִידֵּי וְאִידֵּי בְּאוֹתָהּ מְלָאכָה הָוֵי!Mais si tu dis que le début et la fin traitent du même travail, quelle est la nouveauté ? L'un et l'autre cas relèvent du même travail ! Il faut donc conclure que le début parle d'un autre travail, ce qui réfute la première partie de la règle de Rav Hamnouna.
- וְעוֹד, תַּנְיָא: מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״אִם בְּעָלָיו עִמּוֹ לֹא יְשַׁלֵּם״ אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁאִם בְּעָלָיו אֵין עִמּוֹ שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם? אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״בְּעָלָיו אֵין עִמּוֹ״ – לוֹמַר לָךְ: הָיָה עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁאֵילָה – אֵין צָרִיךְ לִהְיוֹת עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁבוּרָה וּמֵתָה, הָיָה עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁבוּרָה וּמֵתָה – צָרִיךְ לִהְיוֹת עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁאֵילָה.Et de plus, il a été enseigné dans une baraïta, contre la seconde partie de sa règle : Du sens de ce qui est dit : « Si son propriétaire est avec lui, il ne paiera pas » (Exode 22, 14), ne sais-je pas que, si son propriétaire n'est pas avec lui, « il paiera certainement » ? Pourquoi donc le verset dit-il : « Son propriétaire n'est pas avec lui » (Exode 22, 13) ? Pour te dire : S'il était avec lui au moment de l'emprunt, il n'a pas besoin d'être avec lui au moment où la bête s'est brisée ou est morte ; s'il était avec lui au moment où elle s'est brisée ou est morte, il doit aussi avoir été avec lui au moment de l'emprunt.
- וְתַנְיָא אִידַּךְ: מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״בְּעָלָיו אֵין עִמּוֹ שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם״ אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁאִם בְּעָלָיו עִמּוֹ לֹא יְשַׁלֵּם? אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אִם בְּעָלָיו עִמּוֹ״? לוֹמַר לְךָ: כֵּיוָן שֶׁיָּצְאָה מֵרְשׁוּת מַשְׁאִיל שָׁעָה אַחַת בִּבְעָלִים וָמֵתָה – פָּטוּר. תְּיוּבְתָּא דְּרַב הַמְנוּנָא. תְּיוּבְתָּא.Et il a été enseigné dans une autre baraïta : Du sens de ce qui est dit : « Son propriétaire n'est pas avec lui, il paiera certainement », ne sais-je pas que, si son propriétaire est avec lui, il ne paiera pas ? Pourquoi donc le verset dit-il : « Si son propriétaire est avec lui » ? Pour te dire : Dès qu'elle est sortie du domaine du prêteur, ne serait-ce qu'un instant, avec son propriétaire au service de l'emprunteur, et qu'elle est morte, il est exempt. Réfutation de Rav Hamnouna. C'est une réfutation (teyouvta, réfutation définitive).
- אַבָּיֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה, וּמְתָרֵץ לִקְרָאֵי כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה. רָבָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹנָתָן, וּמְתָרֵץ לִקְרָאֵי כְּרַבִּי יוֹנָתָן.Comment les Tannaïm de ces baraïtot déduisent-ils cela ? Abayé pense comme Rabbi Yochiya, selon qui deux éléments mentionnés ensemble s'entendent conjointement (voir 94b), et il explique les versets selon Rabbi Yochiya. Rava pense comme Rabbi Yonatan, selon qui chacun des éléments vaut séparément, et il explique les versets selon Rabbi Yonatan.
- אַבָּיֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה וּמְתָרֵץ לִקְרָאֵי כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה: ״בְּעָלָיו אֵין עִמּוֹ שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם״, טַעְמָא דְּלֵיתֵיהּ בְּתַרְוַיְיהוּ, הָא אִיתֵיהּ בַּחֲדָא וְלֵיתֵיהּ בַּחֲדָא – פָּטוּר.Abayé pense comme Rabbi Yochiya et explique les versets selon Rabbi Yochiya : Le texte parle des deux moments, l'emprunt et l'accident. « Son propriétaire n'est pas avec lui, il paiera certainement » : la raison est qu'il n'était là à aucun des deux moments ; mais s'il était là à l'un et pas à l'autre, il est exempt.
- וְהָא כְּתִיב: ״אִם בְּעָלָיו עִמּוֹ לֹא יְשַׁלֵּם״, טַעְמָא דְּאִיתֵיהּ בְּתַרְוַיְיהוּ, הָא אִי אִיתֵיהּ בַּחֲדָא וְלֵיתֵיהּ בַּחֲדָא – מִחַיַּיב.Or il est écrit : « Si son propriétaire est avec lui, il ne paiera pas » : la raison est qu'il était là aux deux moments ; mais s'il était là à l'un et pas à l'autre, il est passible. Les deux versets se contredisent donc.
- לוֹמַר לָךְ: הָיָה עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁאֵילָה – אֵינוֹ צָרִיךְ לִהְיוֹת עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁבוּרָה וּמֵתָה, הָיָה עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁבוּרָה וּמֵתָה – צָרִיךְ לִהְיוֹת עִמּוֹ בִּשְׁעַת שְׁאֵילָה.Il faut alors dire : ils viennent pour te dire : S'il était avec lui au moment de l'emprunt, il n'a pas besoin d'être avec lui au moment où elle s'est brisée ou est morte ; s'il était avec lui au moment où elle s'est brisée ou est morte, il doit aussi avoir été avec lui au moment de l'emprunt.
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