Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וּמְהַלֵּךְ כְּעוֹשֶׂה מַעֲשֶׂה דָּמֵי.et celui qui marche est considéré comme celui qui accomplit un travail. Mais comme il travaille à un cep et en mange un autre, il ne mangerait pas sans l'institution des Sages.
- וּבַחֲמוֹר כְּשֶׁהִיא פּוֹרֶקֶת. כְּשֶׁהִיא פּוֹרֶקֶת מֵהֵיכָן אָכְלָה! אֵימָא עַד שֶׁתְּהֵא פּוֹרֶקֶת. תְּנֵינָא לְהָא, דְּתָנוּ רַבָּנַן: חֲמוֹר וְגָמָל אוֹכְלִים מִמַּשּׂאוֹי שֶׁעַל גַּבֵּיהֶן, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִטּוֹל בְּיָדוֹ וְיַאֲכִילֵם.La Michna enseigne : « Et l'ânesse, lorsqu'elle se décharge. » La Guemara s'étonne : Lorsqu'elle se décharge, de quoi mangerait-elle ? Sa charge lui est retirée ! Dis plutôt : elle mange jusqu'à ce qu'elle soit déchargée. Nous avons ainsi enseigné dans la Michna ce que nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : L'âne et le chameau mangent de la charge qu'ils ont sur le dos, à condition que le conducteur n'en prenne pas dans sa main pour les nourrir.
- מַתְנִי׳ אוֹכֵל פּוֹעֵל קִישּׁוּת אֲפִילּוּ בְּדִינָר, כּוֹתֶבֶת וַאֲפִילּוּ בְּדִינָר. רַבִּי אֶלְעָזָר חַסָּמָא אוֹמֵר: לֹא יֹאכַל פּוֹעֵל יָתֵר עַל שְׂכָרוֹ, וַחֲכָמִים מַתִּירִין. אֲבָל מְלַמְּדִין אֶת הָאָדָם שֶׁלֹּא יְהֵא רַעַבְתָן וִיהֵא סוֹתֵם אֶת הַפֶּתַח בְּפָנָיו.MICHNA : Un ouvrier peut manger un concombre, même s'il vaut un dinar, ou une datte, même si elle vaut un dinar. Rabbi Élazar 'Hisma dit : L'ouvrier ne mangera pas plus que son salaire, et les Sages le permettent. Mais on enseigne à l'homme à ne pas être glouton, ce qui lui ferait se fermer la porte au visage, car on ne l'engagerait plus.
- גְּמָ׳ חֲכָמִים הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ אֲבָל מְלַמְּדִין: לְתַנָּא קַמָּא לֵית לֵיהּ ״מְלַמְּדִין״. לְרַבָּנַן אִית לְהוּ ״מְלַמְּדִין״.GUEMARA : « Les Sages », c'est le premier Tanna (Sage de l'époque de la Michna) ! Pourquoi répéter le même avis ? Il y a entre eux la phrase « Mais on enseigne » : le premier Tanna n'admet pas « on enseigne » ; les Sages admettent « on enseigne ».
- אִיבָּעֵית אֵימָא: אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַב אַסִּי. דְּאָמַר רַב אַסִּי: אֲפִילּוּ לֹא שְׂכָרוֹ אֶלָּא לִבְצוֹר אֶשְׁכּוֹל אֶחָד – אוֹכְלוֹ. וְאָמַר רַב אַסִּי: אֲפִילּוּ לֹא בָּצַר אֶלָּא אֶשְׁכּוֹל אֶחָד – אוֹכְלוֹ.Si tu veux, dis : il y a entre eux la règle de Rav Assi, car Rav Assi a dit : Même si le propriétaire ne l'a engagé que pour vendanger une seule grappe, il la mange. Et Rav Assi a dit aussi : Même s'il n'a vendangé qu'une seule grappe, il la mange.
- וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הָךְ קַמַּיְיתָא – מִשּׁוּם דְּלָא אִיכָּא לְמִיתַּב לְכֵלָיו שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת. אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא לְמִיתַּב לְכֵלָיו שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת – אֵימָא לִיתֵּב בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר לֵיכוֹל.Et il fallait énoncer les deux règles : car s'il nous avait enseigné seulement la première, on aurait dit que c'est parce qu'il n'y a rien d'autre à mettre dans les récipients du maître de maison. Mais là où il y a à mettre dans les récipients du maître de maison, j'aurais dit : qu'il mette d'abord, et qu'il mange ensuite.
- וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא – דְּאֶפְשָׁר לְקַיּוֹמֵי לְבַסּוֹף, אֲבָל הָכָא דְּלָא אֶפְשָׁר לְקַיּוֹמֵי לְבַסּוֹף – אֵימָא לָא, צְרִיכָא.Et s'il nous avait enseigné seulement celle-ci, la seconde, on aurait dit que c'est parce qu'il est possible d'accomplir sa tâche à la fin ; mais ici, où il n'est pas possible d'accomplir sa tâche à la fin, puisqu'il mangerait l'unique grappe, j'aurais dit : non. Il fallait donc les deux.
- אִיבָּעֵית אֵימָא: אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַב. דְּאָמַר רַב: מָצָאתִי מְגִילַּת סְתָרִים בֵּי רַבִּי חִיָּיא, וְכָתוּב בָּהּ: אִיסִי בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר: ״כִּי תָבֹא בְּכֶרֶם רֵעֶךָ״ – בְּבִיאַת כׇּל אָדָם הַכָּתוּב מְדַבֵּר.Si tu veux, dis : il y a entre eux la règle de Rav, car Rav a dit : J'ai trouvé un rouleau secret (où l'on notait des enseignements pour ne pas les oublier) chez Rabbi 'Hiya, et il y était écrit : Isi ben Yehouda dit : « Lorsque tu entreras dans la vigne de ton prochain » (Deutéronome 23, 25) : le verset parle de l'entrée de tout homme, même non engagé.
- וְאָמַר רַב: לָא שְׁבַק אִיסִי חַיֵּי לְכׇל בְּרִיָּה.Et Rav a dit : Isi n'a laissé de quoi vivre à aucune créature, car les passants videraient toutes les vignes. Le premier Tanna n'admet pas l'avis d'Isi, tandis que les Sages l'admettent.
- אָמַר רַב אָשֵׁי, אַמְרִיתַהּ לִשְׁמַעְתָּא קַמֵּיהּ דְּרַב כָּהֲנָא: דִּלְמָא בְּעוֹשִׂין בִּסְעוּדָּתָם, דְּעָבְדוּ וְאָכְלוּ? אָמַר לִי: אֲפִילּוּ הָכִי, נִיחָא לֵיהּ לְאִינִישׁ (לְאוֹגַר אָגוֹרֵי) [דְּנוֹגַר אֲגִירֵי] וְנִיקְטְפֵיהּ לְפַרְדֵּיסֵיהּ, וְלָא נֵיתוֹ כּוּלֵּי עָלְמָא (וְאָכְלוּ לֵיהּ).Rav Achi a dit : J'ai rapporté cet enseignement devant Rav Kahana, en suggérant : Peut-être Isi parle-t-il de ceux qui travaillent pour leur repas, qui travaillent et mangent, même sans avoir été engagés ? Il m'a dit : Même ainsi, un homme préfère engager des salariés qui cueilleront les fruits de son verger, plutôt que tout le monde vienne en manger.
- אִיבַּעְיָא לְהוּ: פּוֹעֵל מִשֶּׁלּוֹ הוּא אוֹכֵל, אוֹ מִשֶּׁל שָׁמַיִם הוּא אוֹכֵל?Ils ont posé la question : L'ouvrier, mange-t-il du sien, comme un supplément de salaire, ou mange-t-il du bien du Ciel, comme un don de la Torah ?
- לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? דְּאָמַר: תְּנוּ לְאִשְׁתִּי וּבָנַי. אִי אָמְרַתְּ: מִשֶּׁלּוֹ הוּא אוֹכֵל – יָהֲבִינַן לְהוּ, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ: מִשֶּׁל שָׁמַיִם הוּא אוֹכֵל – לְדִידֵיהּ זַכִּי לֵיהּ רַחֲמָנָא, לְאִשְׁתּוֹ וּבָנָיו – לָא זַכִּי לְהוּ רַחֲמָנָא, מַאי?Quelle différence pratique cela fait-il ? Le cas où il dit : Donnez ma part à ma femme et à mes enfants. Si tu dis qu'il mange du sien, nous leur donnons ; mais si tu dis qu'il mange du bien du Ciel, c'est à lui que le Miséricordieux l'a accordé ; à sa femme et à ses enfants, le Miséricordieux ne l'a pas accordé. Qu'en est-il ?
- תָּא שְׁמַע: אוֹכֵל פּוֹעֵל קִישּׁוּת וַאֲפִילּוּ בְּדִינָר, כּוֹתֶבֶת וַאֲפִילּוּ בְּדִינָר. אִי אָמְרַתְּ מִשֶּׁלּוֹ הוּא אוֹכֵל – אֲגִיר בְּדַנְקָא אָכֵיל בְּזוּזָא?! וְאֶלָּא מַאי – מִשֶּׁל שָׁמַיִם הוּא אוֹכֵל, סוֹף סוֹף אֲגִיר בְּדַנְקָא אָכֵיל בְּזוּזָא! אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר – רַחֲמָנָא זַכִּי לֵיהּ, הָכָא נָמֵי רַחֲמָנָא זַכִּי לֵיהּ.Viens et entends une preuve de la Michna : Un ouvrier peut manger un concombre, même s'il vaut un dinar, ou une datte, même si elle vaut un dinar. Si tu dis qu'il mange du sien, engagé pour une danka (un sixième de dinar), mangerait-il pour un zouz (un dinar) ? La Guemara rejette : Mais alors quoi, il mange du bien du Ciel ? De toute façon, engagé pour une danka, il mange pour un zouz ! Mais que peux-tu dire ? Que le Miséricordieux le lui a accordé ; ici aussi, le Miséricordieux le lui a accordé, même comme salaire.
- תָּא שְׁמַע, רַבִּי אֶלְעָזָר חַסָּמָא אוֹמֵר: לֹא יֹאכַל פּוֹעֵל יוֹתֵר עַל שְׂכָרוֹ, וַחֲכָמִים מַתִּירִין. מַאי לָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: דְּמָר סָבַר מִשֶּׁלּוֹ הוּא אוֹכֵל, וּמָר סָבַר מִשֶּׁל שָׁמַיִם הוּא אוֹכֵל.Viens et entends une preuve de la Michna : Rabbi Élazar 'Hisma dit : L'ouvrier ne mangera pas plus que son salaire, et les Sages le permettent. N'est-ce pas sur ceci qu'ils divergent : qu'un Maître estime qu'il mange du sien, et que l'autre Maître estime qu'il mange du bien du Ciel ?
- לָא דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִשֶּׁלּוֹ הוּא אוֹכֵל, וְהָכָא ״בִּכְנַפְשְׁךָ״ קָמִיפַּלְגִי. מָר סָבַר: כְּנַפְשְׁךָ בִּדְבַר שֶׁמּוֹסֵר נַפְשׁוֹ עָלָיו,La Guemara rejette : Non ! Tous admettent qu'il mange du sien, et ici ils divergent sur « selon ton âme » (kenafchekha, Deutéronome 23, 25). Un Maître, Rabbi Élazar 'Hisma, estime que « selon ton âme » signifie : pour ce à quoi il livre son âme, son salaire, pour lequel il risque sa vie ; il ne mange donc pas plus que ce salaire.
- וּמָר סָבַר כְּנַפְשְׁךָ: מָה נַפְשְׁךָ, אִם חָסַמְתָּ – פָּטוּר, אַף פּוֹעֵל אִם חָסַמְתָּ – פָּטוּר.Et l'autre Maître, les Sages, estime que « comme toi-même » signifie : de même que toi-même, si tu t'es muselé, tu es exempt, de même l'ouvrier, si tu l'as muselé, tu es exempt du paiement. Ce mot enseigne donc autre chose et ne limite pas la quantité.
- תָּא שְׁמַע: נָזִיר שֶׁאָמַר ״תְּנוּ לְאִשְׁתִּי וּבָנַי״ – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ. וְאִי אָמְרַתְּ מִשֶּׁלּוֹ הוּא אוֹכֵל – אַמַּאי אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ? הָתָם, מִשּׁוּם ״לָךְ לָךְ״ אָמְרִין נְזִירָא: ״סְחוֹר סְחוֹר לְכַרְמָא לָא תִּקְרַב״.Viens et entends une preuve d'une baraïta : Un nazir (naziréen, à qui le raisin est interdit), employé dans une vigne, qui a dit : « Donnez à ma femme et à mes enfants », on ne l'écoute pas. Or si tu dis qu'il mange du sien, pourquoi ne l'écoute-t-on pas ? La Guemara répond : Là, c'est à cause de l'adage : « Va, va, dit-on au nazir, fais le tour, fais le tour, de la vigne ne t'approche pas ! » On le pénalise pour qu'il évite ce travail.
- תָּא שְׁמַע: פּוֹעֵל שֶׁאָמַר ״תְּנוּ לְאִשְׁתִּי וּבָנַי״ – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ. וְאִי אָמְרַתְּ מִשֶּׁלּוֹ הוּא אוֹכֵל – אַמַּאי אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ? מַאי פּוֹעֵל – נָזִיר. וְהָתַנְיָא ״נָזִיר״, וְהָתַנְיָא ״פּוֹעֵל״! מִידֵּי גַּבֵּי הֲדָדֵי תַּנְיָין?Viens et entends une preuve d'une baraïta : Un ouvrier qui a dit : « Donnez à ma femme et à mes enfants », on ne l'écoute pas. Or si tu dis qu'il mange du sien, pourquoi ne l'écoute-t-on pas ? La Guemara répond : Quel ouvrier ? C'est un nazir. On objecte : Mais il a été enseigné « nazir », et il a été enseigné « ouvrier » ! La Guemara répond : Sont-ils donc enseignés côte à côte ? Ce sont deux baraïtot distinctes, et l'on ne peut rien déduire de la différence de termes.
- תָּא שְׁמַע: מִנַּיִן לְפוֹעֵל שֶׁאָמַר ״תְּנוּ לְאִשְׁתִּי וּבָנַי״ שֶׁאֵין שׁוֹמְעִין לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֶל כֶּלְיְךָ לֹא תִתֵּן״. וְכִי תֵּימָא: הָכִי נָמֵי נָזִיר, אִי הָכִי מִשּׁוּם ״אֶל כֶּלְיְךָ לֹא תִּתֵּן״, מִשּׁוּם ״לָךְ לָךְ״ אָמְרִין נְזִירָא הוּא!Viens et entends une preuve d'une autre baraïta : D'où savons-nous qu'un ouvrier qui a dit : « Donnez à ma femme et à mes enfants », on ne l'écoute pas ? Comme il est dit : « Mais dans ton récipient tu n'en mettras pas » (Deutéronome 23, 25). Et si tu dis : ici aussi, il s'agit d'un nazir, s'il en est ainsi, est-ce à cause de « dans ton récipient tu n'en mettras pas » ? C'est à cause de « Va, va, dit-on au nazir » !
- אִין הָכִי נָמֵי, וְאַיְּידֵי דְּקָתָנֵי לַהּ בִּלְשׁוֹן פּוֹעֵל – קָא נָסֵיב לֵהּ קְרָא דְּפוֹעֵל.La Guemara répond : Oui, en effet, il s'agit d'un nazir. Mais puisqu'elle l'enseigne avec le terme « ouvrier », elle cite le verset de l'ouvrier, simple appui, car la règle est d'institution rabbinique.
- תָּא שְׁמַע: הַשּׂוֹכֵר אֶת הַפּוֹעֵל לְקַצּוֹת בִּתְאֵנִיםViens et entends une preuve d'une Michna (Maasrot 2, 7) : Celui qui engage l'ouvrier pour sécher des figues
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