Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- עַד דַּאֲתָא – אִגְּנִיב. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא חַיְּיבִינְהוּ. אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרַב פָּפָּא: הָא שְׁמִירָה בִּבְעָלִים הִיא! אִכְּסִיף. לְסוֹף אִיגַּלַּאי מִילְּתָא דְּהַהִיא שַׁעְתָּא שִׁכְרָא הֲוָה שָׁתֵי.Le temps qu'il revienne, le manteau fut volé. Ils vinrent devant Rav Pappa, qui les déclara redevables de payer. Les Sages dirent à Rav Pappa : Mais c'est une garde avec les propriétaires ! (le propriétaire étant au service du gardien, celui-ci est exempté). Rav Pappa fut embarrassé. Finalement, la chose se révéla : à ce moment-là, il buvait de la bière, et n'était donc pas au service du gardien ; le jugement était juste.
- הָנְהוּ בֵּי תְרֵי דַּהֲווֹ קָא מְסַגּוּ בְּאוֹרְחָא, חַד אֲרִיךְ וְחַד גּוּצָא. אֲרִיכָא רְכִיב חֲמָרָא וַהֲוָה לֵיהּ סְדִינָא, גּוּצָא מִיכַּסֵּי סַרְבָּלָא וְקָא מְסַגֵּי בְּכַרְעֵיהּ. כִּי מְטוֹ לְנַהֲרָא, שַׁקְלֵיהּ לְסַרְבָּלֵיהּ וְאוֹתְבֵיהּ עִילָּוֵי חֲמָרָא, וְשַׁקְלֵיהּ לִסְדִינֵיהּ דְּהָהוּא וְאִיכַּסִּי בֵּיהּ. שַׁטְפוּהּ מַיָּא לִסְדִינֵיהּ.Il y eut le cas de ces deux hommes qui marchaient en chemin, l'un grand et l'autre petit. Le grand montait un âne et avait un drap de lin ; le petit était couvert d'un manteau de laine (sarbala) et marchait à pied. Quand ils arrivèrent à une rivière, le petit prit son manteau et le posa sur l'âne pour le garder au sec, et il prit le drap de cet homme, le grand, et s'en couvrit. L'eau emporta son drap.
- אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, חַיְּיבֵיהּ. אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: אַמַּאי? שְׁאֵלָה בִּבְעָלִים הִיא! אִכְּסִיף. לְסוֹף אִיגַּלַּאי מִילְּתָא דִּבְלָא דַּעְתֵּיהּ שַׁקְלֵיהּ, וּבְלָא דַּעְתֵּיהּ אוֹתְבֵיהּ.Le grand vint devant Rava, qui déclara le petit redevable. Les Sages dirent à Rava : Pourquoi ? C'est un emprunt avec les propriétaires ! (le prêteur était au service de l'emprunteur, puisqu'il portait son manteau). Rava fut embarrassé. Finalement, la chose se révéla : c'est à l'insu du grand que le petit avait pris le drap et à son insu qu'il avait posé le manteau sur l'âne ; ce n'était donc pas un emprunt, mais un vol.
- הָהוּא גַּבְרָא דְּאוֹגַר לֵיהּ חֲמָרָא לְחַבְרֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי, לָא תֵּיזוֹל בְּאוֹרְחָא דִּנְהַר פְּקוֹד דְּאִיכָּא מַיָּא, זִיל בְּאוֹרְחָא דְנַרֶשׁ דְּלֵיכָּא מַיָּא. אָזֵיל בְּאוֹרְחָא דִּנְהַר פְּקוֹד וּמִית חַמְרָא. כִּי אֲתָא, אָמַר: אִין, בְּאוֹרְחָא דִּנְהַר פְּקוֹד אֲזַלִי, וּמִיהוּ לֵיכָּא מַיָּא.Un certain homme loua un âne à son compagnon. Il lui dit : Vois, ne va pas par le chemin de Nehar Pekod, où il y a de l'eau dans laquelle l'âne risque de se noyer ; va par le chemin de Narech, où il n'y a pas d'eau. Le locataire alla par le chemin de Nehar Pekod, et l'âne mourut. Quand il revint, il dit : Oui, je suis allé par le chemin de Nehar Pekod, mais il n'y avait pas d'eau ; la mort de l'âne a donc une autre cause.
- אֲמַר לֵיהּ רָבָא: מָה לֵיהּ לְשַׁקֵּר, אִי בָּעֵי אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא בְּאוֹרְחָא דְנַרֶשׁ אֲזַלִי. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: ״מָה לִי לְשַׁקֵּר״ בִּמְקוֹם עֵדִים – לָא אָמְרִינַן.Rava lui dit que sa parole est recevable, selon le raisonnement : Pourquoi mentirait-il ? S'il l'avait voulu, il aurait pu lui dire : Moi, je suis allé par le chemin de Narech. Abayé lui dit : « Pourquoi mentirais-je ? », là où il y a des témoins, nous ne le disons pas. Or on peut établir par des témoins que ce chemin n'est pas sans eau.
- ״שְׁמוֹר לִי״, וְאָמַר לוֹ ״הַנַּח לְפָנַי״ – שׁוֹמֵר חִנָּם. אָמַר רַב הוּנָא: אָמַר לוֹ הַנַּח לְפָנֶיךָ – אֵינוֹ לֹא שׁוֹמֵר חִנָּם וְלֹא שׁוֹמֵר שָׂכָר. אִיבַּעְיָא לְהוּ: הַנַּח סְתָמָא, מַאי? תָּא שְׁמַע: שְׁמוֹר לִי וְאָמַר לוֹ הַנַּח לְפָנַי – שׁוֹמֵר חִנָּם. הָא סְתָמָא – וְלֹא כְּלוּם.La Michna (enseignement des Tannaïm, Sages de cette époque) a enseigné : Si l'un dit : « Garde pour moi », et que l'autre lui dit : « Pose devant moi », il est gardien bénévole. Rav Houna a dit : S'il lui a dit : « Pose devant toi », il n'est ni gardien bénévole ni gardien rémunéré et n'a aucune responsabilité. Ils ont posé la question : « Pose » sans rien préciser, qu'en est-il ? Viens et entends une preuve de la Michna : « Garde pour moi », et il lui dit : « Pose devant moi », il est gardien bénévole. Mais s'il a parlé sans préciser, ce n'est rien du tout.
- אַדְּרַבָּה, מִדְּאָמַר רַב הוּנָא: ״הַנַּח לְפָנֶיךָ״ – הוּא דְּאֵינוֹ לֹא שׁוֹמֵר חִנָּם וְלֹא שׁוֹמֵר שָׂכָר, הָא סְתָמָא שׁוֹמֵר חִנָּם הָוֵי! אֶלָּא מֵהָא לֵיכָּא לְמִשְׁמַע מִינַּהּ.Au contraire ! De ce que Rav Houna a dit : « Pose devant toi », c'est dans ce cas qu'il n'est ni gardien bénévole ni gardien rémunéré ; mais s'il a dit « pose » sans préciser, il est gardien bénévole ! Il faut donc dire qu'on ne peut rien déduire de cela, les déductions se contredisant.
- לֵימָא כְּתַנָּאֵי: אִם הִכְנִיס בִּרְשׁוּת בַּעַל חָצֵר – חַיָּיב. רַבִּי אוֹמֵר: בְּכוּלָּם אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיְּקַבֵּל עָלָיו בַּעַל הַבַּיִת לִשְׁמוֹר.Dirons-nous que cela correspond à une machlokèt (divergence d'opinions) de Tannaïm ? En effet, on a enseigné dans une Michna (Bava Kama 47b) : S'il a fait entrer ses biens avec la permission du propriétaire de la cour, et qu'ils ont été endommagés, celui-ci est responsable. Rabbi Yehouda HaNassi dit : Dans tous ces cas, il n'est responsable que si le propriétaire de la maison a accepté de garder. Les Sages seraient donc pour la responsabilité dans un cas non précisé, et Rabbi contre.
- מִמַּאי? דִּלְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמְרִי רַבָּנַן הָתָם אֶלָּא בְּחָצֵר דְּבַת נַטּוֹרֵי הִיא, וְכִי קָאָמַר לֵיהּ ״עַיֵּיל״ – ״עַיֵּיל דְּאִינְטַר לָךְ״ קָאָמַר לֵיהּ. אֲבָל הָכָא, שׁוּקָא לָאו בַּר נַטּוֹרֵי הוּא, ״אַנַּח וְתִיב נְטַר לָךְ״ קָאָמַר לֵיהּ.D'où le sais-tu ? Peut-être les Sages n'ont-ils dit leur avis là-bas qu'à propos d'une cour, qui est un lieu propre à la garde, et quand le propriétaire lui a dit : « Fais entrer », c'est : « Fais entrer pour que je te garde cela » qu'il lui a dit. Mais ici, le marché n'est pas un lieu propre à la garde : « Pose, assieds-toi et garde pour toi-même » est ce qu'il lui a dit.
- אִי נָמֵי: עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי הָתָם אֶלָּא בַּחֲצֵירוֹ, דִּלְעַיּוֹלֵי רְשׁוּתָא קָא בָעֵי לְמִשְׁקַל מִינֵּיהּ וְכִי יָהֵיב לֵיהּ רְשׁוּתָא לְעַיּוֹלֵי – ״תִּיב וְנַטַּר לָךְ״ קָאָמַר לֵיהּ. אֲבָל הָכָא – ״הַנַּח וַאֲנָא מְנַטַּרְנָא״ קָאָמַר לֵיהּ. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ ״הַנַּח וְתִיב וְנַטַּר״ קָאָמַר לֵיהּ, אִי לְאוֹתֹבֵה, רְשׁוּתָא בָּעֵי לְמִשְׁקַל מִינֵּיהּ?Ou bien : peut-être Rabbi n'a-t-il dit son avis là-bas que dans sa cour, car pour entrer il doit obtenir de lui la permission, et quand il lui donne la permission d'entrer, c'est : « Assieds-toi et garde pour toi-même » qu'il lui dit. Mais ici, « Pose, et moi je garderai » est ce qu'il lui a dit. Car s'il te venait à l'esprit que c'est : « Pose, assieds-toi et garde » qu'il lui a dit, aurait-il besoin d'obtenir de lui la permission pour poser quelque chose dans un lieu public ?
- הִלְוָהוּ עַל הַמַּשְׁכּוֹן – שׁוֹמֵר שָׂכָר. לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? דְּתַנְיָא: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ עַל הַמַּשְׁכּוֹן וְאָבַד הַמַּשְׁכּוֹן – יִשָּׁבַע וְיִטּוֹל מְעוֹתָיו, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.S'il lui a prêté sur gage, il est gardien rémunéré du gage. Dirons-nous que la Michna n'est pas conforme à Rabbi Eliézer ? Car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Celui qui prête à son compagnon sur gage, et le gage a été perdu : il jure qu'il n'a pas été négligent et il reprend son argent, telles sont les paroles de Rabbi Eliézer ; il n'est donc que gardien bénévole.
- רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: יָכוֹל לוֹמַר לוֹ: כְּלוּם הִלְוִיתַנִי אֶלָּא עַל הַמַּשְׁכּוֹן? אָבַד הַמַּשְׁכּוֹן – אָבְדוּ מְעוֹתֶיךָ. אֲבָל הִלְוָהוּ אֶלֶף זוּז בִּשְׁטָר וְהִנִּיחַ לוֹ מַשְׁכּוֹן עֲלֵיהֶם, דִּבְרֵי הַכֹּל: אָבַד הַמַּשְׁכּוֹן – אָבְדוּ מְעוֹתָיו.Rabbi Akiva dit : L'emprunteur peut lui dire : Ne m'as-tu prêté que sur le gage ? Le gage est perdu, ton argent est perdu ! Mais s'il lui a prêté mille zouz (pièces d'argent) par un acte et qu'il a déposé chez lui un gage pour cette somme, de l'avis de tous, si le gage est perdu, son argent est perdu : le gage ne sert pas ici de preuve de la dette, puisqu'il y a un acte.
- אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן – שֶׁמִּשְׁכְּנוֹ בִּשְׁעַת הַלְוָאָתוֹ, כָּאן – שֶׁמִּשְׁכְּנוֹ שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת הַלְוָאָתוֹ.Tu peux même dire que la Michna est conforme à Rabbi Eliézer, et ce n'est pas difficile : ici, dans la baraïta, il s'agit du cas où il a pris le gage au moment du prêt, le gage servant alors de preuve ; là, dans la Michna, du cas où il a pris le gage en dehors du moment du prêt, pour garantir le recouvrement ; il est alors gardien rémunéré.
- וְהָא אִידֵּי וְאִידֵּי,Mais l'une et l'autre, la Michna et la baraïta,
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