Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- כְּהַאי גַּוְנָא וַדַּאי צְרִיךְ לְאוֹדוֹעֵיהּ: זוּזֵי, מִי שָׁקֵיל טָבֵי וְשָׁבֵיק חַסִּרֵי?Dans un cas comme celui-ci, il faut assurément lui faire connaître les raisons de la décision, car il y avait matière à soupçon. Rav Pappa expliqua donc : l'an passé, quand l'autre a partagé les pièces d'argent, a-t-il pris les bonnes et laissé les moins bonnes ?
- אֲמַר לֵיהּ: לָא. אֲמַר לֵיהּ: חַמְרָא, כּוּלֵּי עָלְמָא יָדְעִי דְּאִיכָּא דִּבְסִים וְאִיכָּא דְּלָא בְּסִים.Le Samaritain lui répondit : Non, il les a partagées sans distinction, car une pièce en vaut une autre. Il lui dit : Mais pour le vin, tout le monde sait qu'il y en a qui est savoureux et qu'il y en a qui n'est pas savoureux ; on ne peut donc pas le partager à l'insu de son associé.
- גּוּפָא, אָמַר רַב נַחְמָן: זוּזֵי, כְּמַאן דִּפְלִיגִי דָּמוּ. הָנֵי מִילֵּי טָבֵי וְטָבֵי, תְּקוּלֵי וּתְקוּלֵי. אֲבָל טָבֵי וּתְקוּלֵי – לָא.Revenons à la chose même : Rav Na'hman a dit : Des pièces, c'est comme si elles étaient déjà partagées, et il n'est pas nécessaire de les partager en présence des deux associés. Cela ne vaut que s'il s'agit de pièces de bon aloi et de bon aloi, ou de pièces de plein poids et de plein poids. Mais si les unes sont de bon aloi et les autres de plein poids, non : il ne peut les partager sans en informer son associé, car chacun peut préférer une sorte de pièce.
- רַב חָמָא הֲוָה מוֹגַר זוּזֵי בִּפְשִׁיטָא בְּיוֹמָא. כְּלוֹ זוּזֵי דְּרַב חָמָא. הוּא סָבַר: מַאי שְׁנָא מִמָּרָא? וְלָא הִיא מָרָא הָדְרָא בָּעֵינָא וִידִיעַ פְּחָתֵיהּ, זוּזֵי לָא הָדְרִי בְּעֵינַיְיהוּ וְלָא יְדִיעַ פְּחָתֵיהּ.Rav 'Hama louait des zouzim (pièces d'argent) à un pechita (un huitième de zouz) par jour, considérant cela comme une location et non comme un prêt. Les zouzim de Rav 'Hama s'épuisèrent, en punition de l'interdit d'intérêt (voir 71a). Lui pensait : En quoi est-ce différent d'une pioche, que l'on peut louer ? Mais il n'en est rien : la pioche revient telle quelle à son propriétaire et son usure est connue, tandis que les zouzim ne reviennent pas tels quels, car l'emprunteur rend d'autres pièces, et leur usure n'est pas connue. Ce n'est donc pas une location, mais un prêt à intérêt.
- אָמַר רָבָא: שְׁרֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ לְמֵימַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ: הֵילָךְ אַרְבְּעָה זוּזֵי וְאוֹזְפֵיהּ לִפְלָנְיָא זוּזֵי, לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא רִבִּית הַבָּאָה מִלֹּוֶה לְמַלְוֶה. וְאָמַר רָבָא: שְׁרֵי לֵיהּ לְאִינִישׁ לְמֵימַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ ״שְׁקֹל לָךְ אַרְבְּעָה זוּזֵי וֶאֱמוֹר לֵיהּ לִפְלוֹנִי לְאוֹזֹפַן זוּזֵי״. מַאי טַעְמָא – שְׂכַר אֲמִירָה קָא שָׁקֵיל.Rava a dit : Il est permis à un homme de dire à son prochain : Voici quatre zouzim, et prête de l'argent à untel. Bien que le prêteur tire un profit du prêt, ce n'est pas interdit, car la Torah n'a interdit que l'intérêt qui vient de l'emprunteur au prêteur directement, et non par l'intermédiaire d'un tiers. Et Rava a dit : Il est permis à un homme de dire à son prochain : « Prends pour toi quatre zouzim et dis à untel de me prêter de l'argent. » Quelle en est la raison ? Il prend le salaire d'une parole : ces quatre zouzim rémunèrent son intervention auprès du prêteur.
- כִּי הָא דְּאַבָּא מָר בְּרֵיהּ דְּרַב פָּפָּא הֲוָה שָׁקֵיל אוּגְנָא דְקִירָא מִקִּירָאֵי, וַאֲמַר לֵיהּ לַאֲבוּהּ: אוֹזְפִינְהוּ זוּזֵי. אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרַב פָּפָּא: אָכֵיל בְּרֵיהּ דְּמָר רִבִּיתָא! אֲמַר לְהוּ: כֹּל כִּי הַאי רִבִּיתָא נֵיכוֹל, לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא רִבִּית הַבָּאָה מִלֹּוֶה לְמַלְוֶה. הָכָא – שְׂכַר אֲמִירָה קָא שָׁקֵיל, וּשְׁרֵי.Comme dans ce cas où Abba Mar, fils de Rav Pappa, prenait des plaques de cire des marchands de cire et disait à son père : Prête-leur de l'argent. Les Sages dirent à Rav Pappa : Le fils du Maître consomme de l'intérêt ! puisque la cire qu'il reçoit semble être l'intérêt du prêt. Il leur répondit : Tout intérêt de ce genre, puissions-nous en consommer ! Car la Torah n'a interdit que l'intérêt qui vient de l'emprunteur au prêteur directement. Ici, il prend le salaire d'une parole, et c'est permis.
- מַתְנִי׳ שָׁמִין פָּרָה וַחֲמוֹר וְכׇל דָּבָר שֶׁהוּא עוֹשֶׂה וְאוֹכֵל לְמֶחֱצָה. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לַחְלוֹק אֶת הַוְּלָדוֹת מִיָּד – חוֹלְקִין. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְגַדֵּל – יְגַדֵּילוּ.Michna (enseignement des Tannaïm) : On peut évaluer une vache, un âne et toute chose qui travaille et mange, et les confier à un autre pour qu'il les nourrisse et en ait le travail, à moitié du bénéfice : l'éleveur profite du travail de l'animal pendant cette période, puis ils partagent la plus-value de l'animal et ses petits. Là où l'on a coutume de partager les petits aussitôt venu le temps du partage, on les partage. Là où l'on a coutume de les élever encore pendant un certain temps avant le partage, on les élèvera.
- רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שָׁמִין עֵגֶל עִם אִמּוֹ, וּסְיָח עִם אִמּוֹ, וּמַפְרִיז עַל שָׂדֵהוּ, וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ מִשּׁוּם רִבִּית.Rabban Chimon ben Gamliel dit : On peut évaluer un veau avec sa mère et un poulain avec sa mère, bien que ces jeunes animaux ne travaillent pas, sans payer séparément leur entretien. Et l'on peut majorer le loyer de son champ sans craindre l'interdit d'intérêt, comme la Guemara va l'expliquer.
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מַפְרִיז עַל שָׂדֵהוּ וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ מִשּׁוּם רִבִּית, כֵּיצַד? הַשּׂוֹכֵר אֶת הַשָּׂדֶה מֵחֲבֵירוֹ בַּעֲשָׂרָה כּוֹרִים חִטִּין לְשָׁנָה, וְאוֹמֵר לוֹ: תֵּן לִי מָאתַיִם זוּז וַאֲפַרְנְסֶנָּה, וַאֲנִי אַעֲלֶה לְךָ שְׁנֵים עָשָׂר כּוֹרִין לְשָׁנָה – מוּתָּר.Guemara (discussion des Amoraïm) : Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « On peut majorer le loyer de son champ sans craindre l'interdit d'intérêt » : comment cela ? Celui qui loue un champ de son prochain pour dix kor de blé par an et lui dit : Donne-moi deux cents zouz en prêt, je l'équiperai en le fumant et en y employant des ouvriers, et je te paierai douze kor par an, tout en te rendant tes deux cents zouz : c'est permis, car ce loyer plus élevé est le prix d'un champ de meilleure qualité, et non l'intérêt du prêt.
- אֲבָל אֵין מַפְרִיז לֹא עַל חֲנוּת וְלֹא עַל סְפִינָה.Mais on ne peut majorer le loyer ni d'une boutique ni d'un navire : le locataire ne peut emprunter au propriétaire de l'argent pour acheter des marchandises et augmenter en échange le loyer, car ce serait un prêt à intérêt.
- אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: פְּעָמִים שֶׁמַּפְרִיז עַל חֲנוּת לָצוֹר בָּהּ צוּרָה, סְפִינָה לַעֲשׂוֹת לָהּ אִיסְקַרְיָא. חֲנוּת לָצוֹר בָּהּ צוּרְתָּא: דְּצָבוּ בַּהּ אִינָשֵׁי וְהָוֵי אַגְרָא טְפֵי. סְפִינָה לַעֲשׂוֹת לָהּ אִיסְקַרְיָא: כֵּיוָן דְּשַׁפִּירָא אִיסְקַרְיָא טְפֵי – אַגְרָא טְפֵי.Rav Na'hman a dit que Rabba bar Avouh a dit : Il arrive que l'on puisse majorer le loyer d'une boutique, pour y peindre une décoration, et celui d'un navire, pour lui faire une voilure. On explique : une boutique, pour y peindre une décoration, car les gens ont envie d'y venir et les revenus sont plus importants ; un navire, pour lui faire une voilure, car plus la voilure est belle, plus les revenus sont importants. Ce sont donc des investissements dans le bien lui-même, comme pour le champ, et non un intérêt.
- סְפִינְתָּא, אָמַר רַב: אַגְרָא וּפַגְרָא. אֲמַרוּ לֵיהּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי לְרַב: אִי אַגְרָא – לָא פַּגְרָא, אִי פַּגְרָא – לָא אַגְרָא. שְׁתֵיק רַב.À propos de navire, Rav a dit : Il est permis de le louer contre un loyer et une indemnité pour avarie, le locataire payant aussi le navire s'il se brise. Rav Kahana et Rav Assi dirent à Rav : Si l'on perçoit un loyer, pas d'indemnité pour avarie ; si l'on perçoit une indemnité pour avarie, pas de loyer, car si le navire est à la charge du locataire, c'est un prêt, et le loyer serait un intérêt. Rav se tut.
- אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: מַאי טַעְמָא שְׁתֵיק רַב? לָא שְׁמִיעָא לֵיהּ הָא דְּתַנְיָא: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ אֵין מְקַבְּלִין צֹאן בַּרְזֶל מִיִּשְׂרָאֵל, אֲבָל מְקַבְּלִין צֹאן בַּרְזֶל מִן הַגּוֹיִם. אֲבָל אָמְרוּ: הַשָּׁם פָּרָה לַחֲבֵירוֹ, וְאָמַר לוֹ: הֲרֵי פָּרָתְךָ עֲשׂוּיָה עָלַי בִּשְׁלֹשִׁים דִּינָר, וַאֲנִי אַעֲלֶה לְךָ סֶלַע בְּחֹדֶשׁ – מוּתָּר, לְפִי שֶׁלֹּא עֲשָׂאָהּ דָּמִים.Rav Chéchèt a dit : Pourquoi Rav s'est-il tu ? N'a-t-il pas entendu ce qui a été enseigné dans une baraïta : Bien qu'on ait dit qu'on n'accepte pas de « bétail de fer » (investissement garanti : le preneur répond de tout le capital et partage le bénéfice) d'un Israélite, on accepte cependant du « bétail de fer » des non-Juifs. Mais on a dit : Celui qui évalue une vache pour son prochain, et celui-ci lui dit : Ta vache est estimée à ma charge à trente dinars si je ne te la rends pas, et je te paierai un séla par mois pour son usage : c'est permis, car il n'en a pas fait une somme d'argent due en prêt.
- וְלֹא עֲשָׂאָהּ?! אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לֹא עֲשָׂאָהּ דָּמִים מֵחַיִּים, אֶלָּא לְאַחַר מִיתָה.Il n'en a pas fait une somme d'argent ?! Il s'est pourtant engagé à payer la vache ! Rav Chéchèt a dit : Il n'en a pas fait une somme d'argent de son vivant, mais seulement après sa mort : il ne garantit pas la baisse de sa valeur, et ne doit trente dinars que si elle meurt. Ce n'est donc pas un prêt, et il en va de même du navire.
- אָמַר רַב פָּפָּא, הִלְכְתָא: סְפִינָה אַגְרָא וּפַגְרָא.Rav Pappa a dit : La halakha (règle pratique) est que pour un navire, on peut percevoir un loyer et une indemnité pour avarie.
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