Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דְּחָרִיף – הָוֵי טִבְעָא. דַּהֲבָא דְּלָא חָרִיף – הָוֵי פֵּירָא, וְקָנֵי לֵיהּ פֵּירָא לְטִבְעָא.qui a cours, accepté partout par les marchands, est une monnaie ; l'or, qui n'a pas cours aussi facilement, est une marchandise ; et la marchandise acquiert pour lui la monnaie.
- אָמַר רַב אָשֵׁי: כְּיַלְדוּתֵיהּ מִסְתַּבְּרָא, מִדְּקָתָנֵי: ״הַנְּחֹשֶׁת קוֹנָה אֶת הַכֶּסֶף״.Rav Achi a dit : il est raisonnable d'enseigner selon sa jeunesse, puisqu'il est enseigné ensuite dans la Michna (enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) : « le cuivre acquiert l'argent ».
- אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא כַּסְפָּא לְגַבֵּי דַּהֲבָא פֵּירָא הָוֵי, הַיְינוּ דְּקָא תָנֵי: ״הַנְּחֹשֶׁת קוֹנָה אֶת הַכֶּסֶף״, דְּאַף עַל פִּי דִּלְגַבֵּי דַּהֲבָא פֵּירָא הָוֵיא, לְגַבֵּי נְחֹשֶׁת טִבְעָא הָוֵי. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ כַּסְפָּא לְגַבֵּי דַּהֲבָא טִבְעָא הָוֵי, הַשְׁתָּא לְגַבֵּי דַּהֲבָא דַּחֲשִׁיב מִינֵּיהּ, אָמְרַתְּ טִבְעָא הָוֵי, לְגַבֵּי נְחֹשֶׁת, דְּאִיהוּ חֲשִׁיב וְאִיהוּ חָרִיף – מִבַּעְיָא?Si tu dis, cela se comprend, que l'argent, par rapport à l'or, est une marchandise, c'est pourquoi il enseigne : « le cuivre acquiert l'argent » : bien que, par rapport à l'or, l'argent soit une marchandise, par rapport au cuivre, il est une monnaie. Mais si tu dis que l'argent, par rapport à l'or, est une monnaie, alors, puisque par rapport à l'or, qui a plus de valeur que lui, tu dis qu'il est une monnaie, par rapport au cuivre, alors qu'il a plus de valeur et qu'il a plus cours, faut-il le dire ?
- אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הָנֵי פְּרִיטֵי, בְּאַתְרָא דְּסָגַיִי – אִינְהוּ חֲרִיפִי טְפֵי מִכַּסְפָּא, אֵימָא טִבְעָא הָוֵי! קָא מַשְׁמַע לַן, כֵּיוָן דְּאִיכָּא דּוּכְתָּא דְּלָא סָגֵי בֵּיהּ – פֵּירָא הָוֵי.Il le fallait. Il aurait pu te venir à l'esprit de dire : ces peroutot de cuivre, là où elles circulent, ont plus cours que l'argent ; dis donc qu'elles sont une monnaie ! Il nous enseigne que, puisqu'il existe un lieu où elles ne circulent pas, elles sont une marchandise.
- וְאַף רַבִּי חִיָּיא סְבַר דַּהֲבָא טִבְעָא הָוֵי. דְּרַב אוֹזֵיף דִּינָרֵי מִבְּרַתֵּיה דְּרַבִּי חִיָּיא, לְסוֹף אִיַּיקּוּר דִּינָרֵי. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא, אֲמַר לֵיהּ: זִיל שַׁלֵּים לַהּ טָבִין וּתְקִילִין. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא דַּהֲבָא טִבְעָא הָוֵי – שַׁפִּיר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ פֵּירָא הָוֵי, הָוֵה לֵיהּ סְאָה בִּסְאָה, וְאָסוּר!Et Rabbi 'Hiyya, lui aussi, pense que l'or est une monnaie. Car Rav a emprunté des dinars d'or à la fille de Rabbi 'Hiyya ; à la fin, les dinars ont renchéri. Il est venu devant Rabbi 'Hiyya, craignant que rendre des dinars plus chers soit un intérêt interdit. Il lui a dit : va, paie-la avec des dinars de bon aloi et de bon poids, en nombre égal à ceux empruntés. Si tu dis, cela se comprend, que l'or est une monnaie, c'est bien. Mais si tu dis qu'il est une marchandise, c'est un cas de séa contre séa (emprunter une mesure de produit et rendre la même mesure), et c'est interdit, car le prix du produit peut monter entre-temps (voir plus loin, 75a).
- רַב דִּינָרֵי הֲווֹ לֵיהּ, וְכֵיוָן דַּהֲווֹ לֵיהּ דִּינָרֵי – נַעֲשָׂה כְּאוֹמֵר לָהּ: הַלְוֵינִי עַד שֶׁיָּבֹא בְּנִי אוֹ עַד שֶׁאֶמְצָא מַפְתֵּחַ.La Guemara rejette cette preuve : Rav avait des dinars ailleurs, et puisqu'il avait des dinars, c'est comme s'il lui avait dit : prête-moi jusqu'à ce que mon fils arrive, ou jusqu'à ce que je trouve la clé, ce qui est permis.
- אָמַר רָבָא: הַאי תַּנָּא סָבַר דַּהֲבָא טִבְעָא הָוֵי, דְּתַנְיָא: פְּרוּטָה שֶׁאָמְרוּ – אֶחָד מִשְּׁמוֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְקִדּוּשֵׁי אִשָּׁה. אִיסָּר – אֶחָד מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה בְּדִינָר שֶׁל כֶּסֶף. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִקָּח וּמִמְכָּר.Rava a dit : ce Tanna (Sage de l'époque de la Michna) pense que l'or est une monnaie, car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : la perouta dont on a parlé vaut un huitième de l'issar italien. Quelle conséquence pratique en découle ? Pour les fiançailles d'une femme, qui se font avec au moins une perouta. L'issar vaut un vingt-quatrième du dinar d'argent. Quelle conséquence pratique en découle ? Pour l'achat et la vente.
- דִּינָר שֶׁל כֶּסֶף – אֶחָד מֵעֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה בְּדִינָר שֶׁל זָהָב. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְפִדְיוֹן הַבֵּן.Le dinar d'argent vaut un vingt-cinquième du dinar d'or. Quelle conséquence pratique en découle ? Pour le rachat du fils premier-né : le père doit au Cohen (prêtre) cinq sélaïm, soit vingt dinars d'argent ; s'il donne un dinar d'or, le Cohen lui rend cinq dinars d'argent.
- אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא טִבְעָא הָוֵי, מְשַׁעֵר תַּנָּא בְּמִידֵּי דְּקִיץ! אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ פֵּירָא הָוֵי, מְשַׁעֵר תַּנָּא בְּמִידֵּי דְּאוֹקֵיר וְזִיל? זִימְנִין דְּמַהְדַּר לֵיהּ כָּהֲנָא וְזִימְנִין דְּמוֹסֵיף לֵיהּ אִיהוּ לְכָהֲנָא. אֶלָּא, שְׁמַע מִינַּהּ: טִבְעָא הָוֵי. שְׁמַע מִינַּהּ.Si tu dis, cela se comprend, qu'il est une monnaie, le Tanna évalue au moyen d'une chose fixe ! Mais si tu dis qu'il est une marchandise, le Tanna évaluerait-il au moyen d'une chose qui renchérit et baisse ? Parfois le Cohen lui rendrait davantage, et parfois c'est lui qui ajouterait au Cohen ! Plutôt, déduis-en qu'il est une monnaie. Déduis-en.
- תְּנַן הָתָם, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֹא יַעֲשֶׂה אָדָם סְלָעִין דִּינְרֵי זָהָב, וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין. רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ חַד אָמַר: מַחְלוֹקֶת בִּסְלָעִים עַל דִּינָרִין, דְּבֵית שַׁמַּאי סָבְרִי: כַּסְפָּא טִבְעָא, וְדַהֲבָא פֵּירָא, וְטִבְעָא אַפֵּירָא לָא מְחַלְּלִינַן. וּבֵית הִלֵּל סָבְרִי: כַּסְפָּא פֵּירָא, וְדַהֲבָא טִבְעָא, וּפֵירָא אַטִּבְעָא מְחַלְּלִינַן. אֲבָל פֵּירוֹת עַל דִּינָרִין – דִּבְרֵי הַכֹּל מְחַלְּלִינַן.Nous avons appris là-bas, dans une Michna (Maasser Chéni 2, 7) : Beit Chammaï disent : un homme ne convertira pas des sélaïm d'argent de maasser chéni (seconde dîme) en dinars d'or, et Beit Hillel le permettent. Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich sont en désaccord. L'un a dit : la machlokèt (divergence d'opinions) porte sur les sélaïm contre des dinars, car Beit Chammaï pensent : l'argent est une monnaie et l'or une marchandise, et nous ne rachetons pas une monnaie sur une marchandise ; et Beit Hillel pensent : l'argent est une marchandise et l'or une monnaie, et nous rachetons une marchandise sur une monnaie. Mais des fruits sur des dinars, de l'avis de tous, nous rachetons.
- מַאי טַעְמָא – מִידֵּי דְּהָוֵה אַכֶּסֶף לְבֵית הִלֵּל. כֶּסֶף לְבֵית הִלֵּל, אַף עַל גַּב דְּכַסְפָּא לְגַבֵּי דַּהֲבָא פֵּירָא הָוֵי, לְגַבֵּי פֵּירָא טִבְעָא הָוֵי. זָהָב נָמֵי לְבֵית שַׁמַּאי, אַף עַל גַּב דְּדַהֲבָא לְגַבֵּי כַּסְפָּא פֵּירָא הָוֵי, לְגַבֵּי פֵּירָא טִבְעָא הָוֵי. וְחַד אָמַר: אַף בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין מַחְלוֹקֶת.Quelle en est la raison ? C'est comme pour l'argent selon Beit Hillel. L'argent, selon Beit Hillel, bien que l'argent, par rapport à l'or, soit une marchandise, est une monnaie par rapport à une marchandise. L'or aussi, selon Beit Chammaï, bien que l'or, par rapport à l'argent, soit une marchandise, est une monnaie par rapport à une marchandise. Et l'autre a dit : même pour des fruits sur des dinars, il y a machlokèt.
- וּלְמַאן דְּאָמַר: אַף בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין מַחְלוֹקֶת, אַדְּמִיפַּלְגִי בְּסִלְעִין עַל דִּינָרִין – לִפְלוּג בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין! אִי אִיפְּלוּג בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין, הֲוָה אָמֵינָא: הָנֵי מִילֵּי בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין, אֲבָל בְּסִלְעִין עַל דִּינָרִין – מוֹדוּ לָהֶן בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי דְּדַהֲבָא לְגַבֵּי כַּסְפָּא פֵּירָא הָוֵי וְלָא מְחַלְּלִינַן, קָא מַשְׁמַע לַן.Et selon celui qui dit : même pour des fruits sur des dinars il y a machlokèt, plutôt que d'être en désaccord sur les sélaïm contre des dinars, qu'ils soient en désaccord sur des fruits contre des dinars ! S'ils avaient été en désaccord sur des fruits contre des dinars, j'aurais dit : cela ne vaut que pour des fruits sur des dinars, mais pour des sélaïm sur des dinars, Beit Hillel reconnaissent à Beit Chammaï que l'or, par rapport à l'argent, est une marchandise, et nous ne rachetons pas. Il nous enseigne qu'ils sont en désaccord là aussi.
- תִּסְתַּיֵּים דְּרַבִּי יוֹחָנָן הוּא דְּאָמַר אֵין מְחַלְּלִין, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן:Concluons que c'est Rabbi Yo'hanan qui a dit : on ne rachète pas des fruits sur des dinars d'or, car Rabbi Yo'hanan a dit :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.